dimanche 19 avril 2015

Le 10 avril 2015, une journée placée sous le signe du rhum



Vendredi 10 avril, pas LA journée du rhum, non non ; juste une journée forte en rhum(s) !


Une bien jolie photo ! Merci Jean-Claude :)
Comme vous devriez désormais le savoir, se tient à Paris, le dernier w-e de mai le salon dédié au rhum, le Rhum Fest.
Il y aura bien entendu un paquet, que dis-je, UN PAQUET d'exposants qui seront là pour vous faire déguster leurs produits, mais également des master class ou encore un bar collector.

C'est également l'occasion de décerner des médailles aux meilleurs rhums dans 17 catégories différentes. Oui, dix-sept catégories ; et là, vous vous dites : ça doit en faire des bouteilles ! Eh bien vous êtes encore loin du compte :) Je vais vous expliquer pourquoi je vous dis ça.
Un concours donc, avec comme souvent dans une compétition, des éliminatoires.

Ces éliminatoires se tiennent sur quatre journées et permettent d'effectuer une première sélection. Les rhums ainsi choisis seront alors dégustés par un jury de professionnels internationaux, qui décernera les médailles.

Le premier jour de ces éliminatoires s'est tenue le... 10 avril. C'est bien, vous suivez.


J'étais juste en face - vraiment sympa :)
Les quatorze jurés du jour ont rendez-vous dans un bar/restaurant du 13ème arrondissement de Paris, rue des Cinq Diamants.

Dix heures (ou presque ;)), tout le monde est là et je retrouve certains autres amateurs de ma connaissance.
Le briefing commence, nos deux maîtres de cérémonie nous expliquent comment la journée va se dérouler.
Nous sommes séparés en trois groupes tirés au sort, chacun à sa table, où nous sont remis les différents documents nécessaires (principalement les fiches de notation bien entendu).

Le matin sera dédié aux rhums blancs à base de pur jus de canne. Ça me plait ça !
La table une aura à tester les 40°, tandis que les tables deux (la mienne) et trois seront sur les 50° et plus.
Mes quatre camarades de tablée et moi-même nous installons et je réalise alors le nombre de verres sur la table, je les compte et je m'aperçois qu'il y en a : beaucoup !
Je comprends pourquoi quand nos hôtes nous expliquent que nous en avons treize à déguster, et ça, rien qu'à notre table, les autres en ayant un nombre sensiblement proche.
Treize rhums blancs d'au moins 50°, à 10h30 du matin, ça promet :D


Je vous laisse imaginer le doux parfum qui a envahi la pièce ;)
C'est parti !

Chaque verre est habillé d'un post-il portant le numéro du rhum qu'il va recevoir. Une fois cette première étape accomplie, c'est la danse des bouteilles ; une sorte mercato :
"Il me faut la deux, qui a la deux ?
- Moi j'ai la onze là, il me manque encore la une, la quatre et la sept.
- Tiens la sept, tu me file la onze. Et si quelqu'un a la trois sous la main, je prends.
- Moi je viens de coller mon dernier post-it, il me faut tout !
- BINGO !"

Studieux qu'on vous dit !
Règne alors un silence religieux à ma table. Nous sommes concentrés sur la tâche qui nous incombe.
Nous devons noter l'aspect visuel, le nez, la bouche, la longueur/finale et si oui ou non il a des défauts.
Au final cela donne une note sur vingt.

Chacun commence son "travail". Il n'y a que très peu de mots échangés, cet exercice est individuel et le calme est essentiel à de bonnes conditions de dégustation.

Échantillon numéro un. Ma technique sera la suivante : je commence par regarder la robe, ici le côté translucide, cristallin (normal pour des rhums blancs), je passe ensuite un bon moment sur le nez afin de déceler au mieux toutes les caractéristiques olfactives. Je prends alors une petite gorgée que je garde quelques secondes en bouche en faisant tourner le liquide partout, là encore pour déterminer de la meilleure manière possible les qualités (ou pas) du rhum et enfin je l'avale, en étant toujours très attentif à ce qu'il m'offre.
À ce moment-là j'ai déjà une bonne idée des notes que je vais mettre, mais afin d'être sûr et certain je me livre à nouveau au même exercice, si ce n'est que cette fois-ci je n'avale pas et me sers du crachoir prévu à cet effet.
Je finalise mes notes, les additionne et obtiens la note finale.
Voilà, et de un !

Les G.O.
Je mange un petit morceau de biscotte me rince la bouche et c'est parti pour le suivant, treize fois de suite :)

Quand je parlais de l'ambiance studieuse, c'était pour la première bouteille. Arrivés à la moitié de la série, on se détend un peu et on commence à entendre quelques commentaires et quelques blagues. Nous restons tout de même concentrés et persévérons sous le regard sévère des organisateurs ;).
Il y a du très bon et du moins bon.

Voilà, treize ! Nous rendons nos fiches de notation afin que les totaux puissent être faits.

Mais ça ne s'est pas arrêté là. Afin d'affiner la sélection, les deux tables qui avaient de 50° et plus vont goûter les quatre meilleurs de l'autre table et les noter à leur tour (nous avons dû en fait en goûter cinq dans la mesure où il y avait deux ex-æquo à la table trois).

Hop, cinq de plus et c'est après avoir donc testé dix-huit rhums que nous sommes passés à table. Et ça tombe bien, je mourais de faim ; après tout ce liquide, du solide sera le bienvenu !
Un faux-filet (très bien cuit) des pommes de terre sautées, une petite ratatouille et pour finir un mi-cuit au chocolat.

Me voilà quelque peu requinqué et prêt pour la seconde dégustation.


Et c'est reparti !
Nous reprenons nos places et nous apprenons "à quelle sauce nous allons être mangés". A ma table, ça sera les rhums vieux de mélasse de 7 à 10 ans de vieillissement, la table numéro une nous aidera dans cette tâche.

Neuf rhums de plus !

Et là, il y a de tout ; des anglais, des espagnols et même du rhum français. Et il y a du bon et du moins bon (voire du vraiment pas bon).

Nous nous livrons donc au même exercice que dans la matinée - marrant au passage de reconnaître des rhums (ou du moins penser en reconnaître ^^).

Nous arrivons au terme de la découverte de ces rhums de mélasse (dans une ambiance bon enfant et encore un peu moins studieuse).
Voilà, 28 rhums, ça nous aura fait une journée chargée (oui il n'y a pas que la journée qui était chargée... ;)).

"Comment ? Oui, pardon ? De quoi ? Quatre de plus ? Ah oui quand même !"

Et oui quatre de plus, les quatre premiers de la table numéro une arrivent chez nous tandis que nos qualifiés passent chez eux.


C'est avec une langue qui pique un peu que j'achève le dernier verre de ce marathon.



La petite dernière Caroni par Velier
Et là, vous vous dites : il a dû rentrer s'effondrer chez lui jusqu'au lendemain matin, après avoir bu 32 rhums. Que nenni !
Il faisait beau et bon ce jour-là et je devais rendre visite à un pote à la Maison du Whisky de Odéon pour y découvrir les deux nouveaux Caroni.
Conclusion logique : me voilà sur le chemin vers le carrefour de l'Odéon ; et puis, je me dis qu'un peu de marche ne pourra pas me faire de mal :)

Je flâne un peu, passe du 13ème au 6ème et après un second déjeuner (oui ça creuse tout ça ;)), j'arrive en vue de mon objectif.
Je salue Raoul et ses collègues. On papote rhum et il me sort les deux bouteilles que je suis venu déguster.

Alors oui, je sais, mon palais n'était plus dans les meilleures dispositions pour déguster un nouveau rhum (et encore moins deux) mais après y avoir trempé mes lèvres, j'ai été assez enthousiasmé par la version réduite à 55°, qui pour moi est plus fruitée et moins sur les arômes monolithiques de Caroni que sa version à 64.5°.
Bref me voilà sorti de la boutique avec un sac sous le bras...


Et c'est donc bien avec trente-quatre rhums dégustés que s'achève cette journée placée sous le signe du rhum : un gros SIGNE du rhum :)


On se prépare pour l’événement ! ;)








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