Affichage des articles dont le libellé est Ferroni. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ferroni. Afficher tous les articles

dimanche 10 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 1


Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu).
Et oui, l'édition 2016 du Rhum Fest Paris s'est achevée lundi soir, après trois journées intenses et des mois de préparation.

L'homme, sans sa poussette, a pu s'y rendre le samedi (une des deux journées publiques) et le lundi (la journée pro).
Quelle a été son expérience ? Pourquoi se met-il à parler de lui à la troisième personne ? Et surtout, quoi de neuf dans le rhum ?


Je sais que vous adorez quand je vous raconte mes mésaventures dans les transports en commun mais je vais m'abstenir cette fois-ci :p
Je vais plutôt me concentrer sur ce qui a fait de ce Rhum Fest, cette année encore, un événement incontournable, à savoir deux éléments majeurs : les gens et... les rhums.

Les gens

Commençons donc par parler de cette bande de joyeux lurons, qui ont rendu mon samedi invivable !
Comme les deux années précédentes, j'avais en tête un objectif principal, déguster le plus de nouveautés possibles, prendre de notes et vous en faire profiter ici-même.
Seulement voilà, c'était sans compter sur tous ces satanés confrères et autres amateurs de cette boisson alcoolisée. Ils m'ont totalement empêché de faire ce pour quoi j'étais venu avec leurs questions saugrenues et leurs interminables monologues !

:D

Bon, j'en ai terminé avec tous cette trop évidente ironie !
J'ai adoré les échanges que j'ai pu avoir avec toutes les personnes croisées sur ce week-end (essentiellement le samedi - oui j'ai aussi aimé vous parler, vous autres, gens du lundi mais je veux dire par là que j'ai plus parlé le samedi que le lundi, pas de jugement de valeur ici, plus une notion quantitative, ce qui ne veut pas dire que la qualité des discussions du samedi était médiocre, bien au contraire... Comment ça, je m'enfonce ? :p)
Bref, que ce soit des rencontres avec des lecteurs du blog (et leur feedback très précieux et encourageant :)), avec des confrères de la Confrérie de Rhum, des camarades blogueurs (salut la Légion Rhumaine, salut Nico et bien sûr salut Benoît o/) ou encore avec des professionnels, voire les organisateurs de ce salon, tous furent, au choix : intéressants, instructifs, drôles, enrichissants, spirituels (plusieurs options par conversation sont possibles :)).

Cela va donc être les quelques lignes en mode "Oscars" de cet article :
"Je voulais remercier mes parents sans lesquels tout cela n'aurait pas été possible. Mais aussi mes lecteurs, merci pour vos retours sur les différents articles et sur leur style. Je n'oublie pas les exposants et leur passion contagieuse. Bien sûr, mes co-blogueurs et nos conversations behind the scenes. Et pour finir, Cyrille et Anne, toujours accessibles et disponibles. Ah et mon chat ! Merci à vous tous et à l'année prochaine !"

Ça c'est fait.

10° de moins mais la canne est toujours là

Et les rhums dans tout ça ? Sur mes deux jours de Rhum Fest, j'ai pu goûter un paquet de trucs.
Commençons par les rhums blancs où beaucoup de nouveautés étaient présentes.

Le premier rhum que j'ai dégusté est le Depaz Cuvée de la Montagne, nouvelle édition. Nouvelle, car ce rhum existait déjà mais sous une autre forme (et pas que de bouteille). En effet, la différence majeure est le plus faible taux d'alcool, puisque l'on passe de 55° à 45°, ce qui fait une sacrée chute dans les degrés.
Au nez nous avons le jus de canne (pas très intense), de fines notes fruitées et un léger côté huileux. Je l'ai préféré en bouche (qu'au nez) ; il est très canne et très frais. La finale n'est que moyennement longue.
Un bon rhum blanc agricole, mais je l'aurais préféré à son ancien titrage.



Un mix plutôt réussi
Direction la Compagnie des Indes et leur blanc, le Tricorne. Il s'agit d'un blend entre rhum de mélasse (environ 55%), rhum pur jus de canne (40%) et arrack d'Indonésie (d'une certaine manière l'ancêtre du rhum dont la principale différence d'élaboration est l'ajout de riz rouge pendant la fermentation - 5%).
Le résultat est assez expressif et plutôt déroutant (positivement). L'attaque est vive et là aussi intéressante et la fin de bouche est épicée et empyreumatique (a priori l'influence de l'arrack). La finale, elle, est trop courte, dommage.
Un rhum "mutant" qui a plus de qualités que de défauts.

C'est le seul rhum de la Compagnie des Indes que j'ai goûté cette fois-ci étant celui qui m'intriguait le plus. On ne peut malheureusement pas tout goûter, même sur deux jours, et il faut donc faire des choix ; même si j'ai toujours des regrets par la suite ^^



Des producteurs super sympa
Un rhum des îles Canaries maintenant - première fois que je goûtais un rhum de cette provenance - et pur jus de canne qui plus est, qui répond au nez de Ron Aldea Caña Pura.
Je ne savais même pas qu'étaient produits des rhums dans ces îles et encore moins à base de pur jus de canne à sucre.
Au nez et en bouche, pas de doute, nous sommes bien sur un rhum "agricole", mais une version faible en alcool (42%) et très douce. Il n'est pas désagréable mais manque, pour moi, d'intensité et de fraîcheur.
Intéressante découverte que ce rhum.
Un rapide détour par leurs vieux (toujours pur jus de canne). Ils en ont deux.
Le Superior, un 10 ans à 40%. Un rhum gourmand et relativement doux, sur des arômes pâtissiers et de fruits à coque. En bouche, le fût américain se fait sentir avec la vanille et la noix de coco et pour finir des arôme torréfiés font leur apparition.
Le second, le Tradicion est vieilli en fûts ayant contenu du Cognac et du vin rouge. Il s'agit d'un 22 ans (si je me souviens bien), qui titre à 42%. Plus boisé que le précédent et même légèrement tannique, il est dominé par des arômes de noix et de café.
Deux rhums pas inintéressants et différents des agricoles de nos îles mais un peu trop doux à mon goût.


50 l, la majeure partie en vieillissement
Une vraie curiosité pour continuer, le Guildive 1800 de chez Ferroni.
Ferroni - les rhums de Marseille - je vous en ai déjà parlé l'année dernière. Ils nous offraient deux blancs cette année, le Dame Jeanne, en fait simplement le nouveau nom du Fresh Cane sorti l'année dernière, et ce mystérieux Guildive 1800.
Ce que Guillaume Ferroni a en fait voulu réaliser est un rhum comme ceux qui étaient produits dans les années 1800 aux Antilles. Pas de jus de canne ici donc mais bien de la mélasse. Pas de colonne créole non plus, mais un alambic à repasse datant de ces années-là.
Une toute petite production (une cinquantaine de litres dont certains ont été mis à vieillir) pour un résultat pour le moins atypique !
Un nez très expressif, qui, à l'aveugle, m'aurait fait penser à un rhum de Jamaïque. En bouche, des notes végétales font leur apparition. La finale est très longue, malgré ses 40 petits degrés, sur les épices (poivre surtout ainsi qu'un léger côté pimenté) et des notes brûlées.
Une vraie découverte que ce rhum !


A tester une nouvelle fois
Et pour finir avec les blancs, l'Intense de Karukera. Un rhum auquel est apportée une attention toute particulière lors de son élaboration et qui est réduit à 60%. Mais que ce soit au nez ou en bouche, des degrés sont d'une remarquable discrétion, extrêmement bien intégrés. Vous aurez de la canne, des agrumes et du fruit de la passion. La finale est longue et demeure sur la canne à sucre.
Un rhum qui a énormément fait le buzz durant le salon tant certaines personnes l'ont trouvé exceptionnel, le positionnant au sommet des rhums blancs agricoles. Et je dois bien l'admettre, il est vraiment très bon !
Voilà un bon candidat pour mes soirées de dégustation de rhums blancs agricoles et une excellent moyen de savoir si cet Intense est aussi remarquable que ce que certains dégustateurs ont pu penser.



Je ne vous parle pas du Jamaïcain overproof (75.5°) de chez Habitation Velier, étant donné que je vous l'ai présenté lors de mon précédent article. Mais décidément il envoie, et pas qu'en alcool ; il est d'une intensité et d'une longueur hors du commun...




A suivre...


dimanche 5 juillet 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 3



Que de choses de goûtées lors de ce Rhum Fest !


Je reprends mon cahier d'écolier et je vois qu'il me rente encore pas mal de choses dont je dois vous parler.
Ce qui est "rigolo" c'est qu'en parlant avec un confrère, je lui demande son top 5 de cette édition 2015, et 3 des 5 rhums qu'il me sort n'ont même pas trouvé le chemin de mon verre... Soit je ne les ai tout simplement pas vus, soit je n'ai pas eu le temps de m'y pencher. Bon en même temps, ça en fait encore pas mal à découvrir et ça c'est bien :)


Les entrées de gamme et les deux premiers jamaïcains
Hop, on se remet en route, et nous voilà au stand de la Compagnie des Indes.
Avant tout, j'aime bien cette marque. Je m'explique : voilà un embouteilleur indépendant français, qui sélectionne ses rhums partout dans le monde, qui fait de petites quantités dont des bruts de fûts. Ce qui ne gâte rien : le (jeune) patron est très sympa et ne se prend pas la tête.
Et leurs rhums alors ? Eh bien, leur gamme s'étoffe assez rapidement et offre donc une diversité qui permettra à chaque amateur d'y trouver son bonheur.

Lors du salon, j'ai pu en déguster huit, ouais quand même, ça bosse dur !
Voilà mes impressions du moment.

Le blend Caraïbes tout d'abord. C'est un de leurs deux rhums d'entrée de gamme, le plus sec des deux. En effet le budget est limité, malheureusement, je trouve que ses qualités aussi. Attention rien de mauvais ou d’écœurant, juste rien qui m'ai convaincu. Passons à autre chose, il en reste sept !
Et de 6 avec les deux jamaïcains suivants
Jamaïque 7 ans ; vous connaissez mon faible pour les rhums de cette île et leur typicité, voyons voir celui-ci. Ouhla ! Voilà un nez original, sur le gin et la chartreuse ! Pas du tout dans cette typicité jamaïcaine que j'affectionne, mais qu'à cela ne tienne, c'est très sympa. La bouche reste sur la même veine, même si là, le bois apparaît ainsi que les marqueurs jamaïcains en arrière-plan.
J’enchaîne sur la version brut de fût. Quoi de neuf ? Une intensité augmentée, des arômes végétaux encore plus présents et une longueur multipliée. Une belle découverte !
Le Fiji ensuite. Là aussi je passe rapidement, je n'ai pas écrit grand-chose sur mon cahier d'écolier, c'est qu'il ne m'a pas marqué.
La Compagnie des Indes nous propose également un rhum en provenance d'Indonésie (berceau de la canne à sucre et de l'arrak, ancêtre du rhum). C'est la première fois que j'ai eu l'occasion de déguster un rhum de cette origine ; on n'en sait pas plus sur cette origine justement, car la distillerie est gardée secrète - aucune idée de pourquoi. Et alors il donne quoi ce rhum ? Eh bien il donne quelque chose d'original, au nez, des épices (jasmin surtout), de la fraise et un côté lacté, comme on peut avoir sur certains jamaïcains mais en moins prononcé. En bouche on retrouve certains de ces éléments et l'on a sur la finale un côté fût brûlé assez sympa. Original et pas dénué d'intérêt ce rhum indonésien :)
Et de 10 ! 
Destination Cuba pour leur prochaine référence. Je ne suis pas spécialiste des rhums cubains, mais celui-ci, gustativement, pour moi ne vient pas de là. Je ne dis pas qu'il y a tromperie sur la marchandise hein, non simplement que quand je découvre un rhum qui vient de Cuba je ne m'attends pas à ça : un rhum porté sur les épices et avec des notes empyreumatiques, bref un rhum que j'aime bien :D
La Barbade ensuite ; un nez orange, bois et genièvre, pas franchement typé Barbade. Cependant en bouche, on retrouve plus cette typicité Barbade, entre autre avec un boisé plus prononcé. Une bonne expression de cette île.
On termine, par un retour en Jamaïque avec leur Navy Strenght. C'est un blend de rhums provenant de quatre distilleries de l'île. Au nez, pas de doute, nous sommes bien sur un jamaïcain, ça fait plaisir. Le degré d'alcool apporte puissance et longueur. La finale là aussi se décline sur des arômes brûlés/grillés. Il m'a bien plu.



Le rhum de Paris
Un stand qu'il ne fallait pas manquer, de par la diversité, l'originalité et la nouveauté des rhums proposés était "Les rhums de demain" (je crois :p).

Il y avait par exemple deux rhums de la distillerie californienne "The Lost Spirits", que je connaissais déjà grâce à Helena (thanks again!), qui a eu la gentillesse de m'en envoyer des échantillons il y a quelques mois de cela.
Si on reste aux USA, était également en dégustation le Koloa de Hawaï -provenance qui fait rêver - qui est élaboré à base de pur jus de canne ; pas mal tout ça. Bon ben en fait, non... Pas grand-chose au nez, pas grand-chose en bouche... tant pis.

La France n'était pas en reste avec la distillerie de Paris, Ferroni (les rhums de Marseille) et la Cuvée n°3 de la Confrérie du rhum.
Alors cette distillerie de Paris ? Projet ambitieux de la maison Julhès (pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous invite à lire cet article-ci), qui consiste à distiller différents alcools à Paris même, après que cette activité ait disparu il y a de très nombreuses années. Eh bien, ça y est l'alambic est en fonctionnement et produit, entre autre, du rhum. Ce rhum est élaboré à partir de sucre transformé de Galabé (de la Réunion donc).
C'est un rhum atypique, avec un nez très citronné et un peu sur le gin. En bouche, ça change complètement puisque l'on a quelque chose de plus "lourd", avec des arômes de cacao et de fleur. Il faudra que j'y trempe à nouveau mes lèvres !

Trois des références les plus intéressantes de la gamme
Direction la cité phocéenne maintenant avec un nouvel embouteilleur indépendant français : Ferroni. Ils proposent une gamme très variée, avec un blanc pur jus de l'Île Maurice, qui est pour moi une réussite. Un rhum de dégustation, qui devrait également pouvoir être utilisé pour la confection de ti-punchs de qualité :)
Ils ont également à leur catalogue un rhum en provenance de Belize (et donc de la distillerie Travellers). Là je ne vais pas être impartial, j'ai aimé tous les rhums que j'ai pu déguster en provenance de cette distillerie ; celui-là ne déroge pas à la règle, j'adore son boisé et ses notes de coco.
Leur gamme est étoffée par deux produits à base de rhum : le Honey Rhum, pour les plus nuls en anglais, un rhum aromatisé au miel et le Merveilleux Falernum, élément qui rentre dans la composition de cocktails et qui à mon avis, peut même se boire comme ça, tant les épices sont bien dosées.
Leur créneau haut de gamme est rempli par un guadeloupéen de 1998 (vraisemblablement un Damoiseau comme tous les rhums de Guadeloupe de 1998 sortis chez des embouteilleurs indépendants). Vous savez que je ne suis pas un grand fan de cette "série" de rhums et je n'ai même pas goûté celui-là ; je devrai avoir l'occasion de le déguster d'ici peu de temps, je verrai si mon avis change :)
Guadeloupe 1
Et j'ai gardé, ce qui selon moi est, le meilleur pour la fin : le Rosé Rhum Blend. Comme son nom l'indique c'est un blend, les rhums le composant provenant de Guyane Anglaise, de l'Île Maurice et de Trinidad. L'ensemble est vieilli en fût de Cognac puis affiné en fût de vin doux naturel (Rasteau pour être précis). Au nez il donne cette étrange impression d'être gourmand sans être sucré, ce qui est confirmé en bouche, il est sec et boisé mais tout est bien dosé, même l'alcool est en bonne proportion. Il s'agit d'un rhum d'un très bon rapport qualité/prix, puisqu'il devrait être trouvable pour une quarantaine d'euros.
La Confrérie du Rhum est un groupe Facebook rassemblant des amateurs d'alcool de canne de toute la France (et même du monde) dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Les admins de ce groupe ont depuis peu lancé des cuvées de rhum estampillées Confrérie de Rhum.
La troisième était en dégustation en avant-première au Rhum Fest, et cette fois, c'est un rhum blanc ! Et agricole s'il vous plait !
Guadeloupe 2
C'est la distillerie Longueteau qui a bien voulu participer. Elle m'a laissé une très bonne impression avec un nez sur la canne et une impression vive, sèche et "droite". L'attaque, elle, est plus douce tout en restant fraîche. La finale est assez longue, ce qui ne gâte rien. Bref, en voilà une qui rejoindra mes rayonnages personnels ;)

Restons un instant en Guadeloupe chez Longueteau, qui proposait sur le salon (et d'ici la fin d'année chez les cavistes) leur Canne Rouge, rhum élaboré à partir d'une unique variété de canne : la canne rouge (bravo ceux qui suivent, les autres vous sortez !). Afin d'en apprécier la singularité, j'ai commencé par goûter leur blanc "générique" à 55°, qui est déjà un bon agricole et qui doit, là aussi, être parfait pour la réalisation de ti-punchs.
Eh bien, il y a une différence indéniable avec le Canne Rouge, qui est plus floral et plus fruité. Il m'a laissé une très bonne impression ! Aussi ne serait-il pas étonnant que je me retrouve avec deux blancs de chez Longueteau sur mes étagères assez rapidement (enfin d'ici à ce qu'elle sorte quoi ;)).