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dimanche 17 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 2



Vous vous en doutez, après les blancs, nous allons maintenant nous attarder sur les vieux, et il y en a beaucoup, des vieux !


Faisons donc, pour commencer, un petit tour par deux embouteilleurs indépendants, l'un écossais et l'autre danois ; deux fameuses nations du rhum :P


Le premier est Rum&Cane, dont on n'a pas trop entendu parler. Ils ont deux cordes à leur arc, avec un rhum de Grenade, le Six Saints et plusieurs single casks.
Ce rhum de Grenade est leur entrée de gamme en quelque sorte, et pour une entrée de gamme c'est plutôt réussi. Il est sans sucre ajouté et plutôt sec mais avec des arômes fruités au nez, banane et poire.

Un autre embouteilleur indépendant, écossais cette fois

Le choix en termes de single casks, lui est assez vaste, avec sept ou huit rhums d'origines différentes.
Je n'en ai cependant dégusté "que" quatre.

"Pour commencer, un rhum des Philippines.
- De où ?
- Des Philippines.
- Pardon ?
- Des Philippines.
- Ca ne serait pas là d'où vient le Don Papa ?
- Si, tout à fait.
- Ah, mais tu as dû te régaler alors !
- Eh bien, à vrai dire, ce n'est pas si loin de la réalité que ça.
- Très drôle..."

Voilà un rhum au profil plutôt original et éloigné de son cousin que l'on connait. Seul point commun, l'orange, bien que moins présente ici, et surtout de manière moins liquoreuse. Ajoutez-y la cerise et des arômes empyreumatiques et vous avez un nez agréable.
En bouche c'est moins gourmand, les notes brulées sont très présentes et associées à d'autres, légèrement chimiques (plastique) et médicinales. La finale est longue sur ces mêmes notes médicinales et de réglisse.
Bref, intéressant :)

Des bouteilles bien reconnaissables
Leur Belize ensuite (donc de la distillerie Travellers), qui offre ce que l'on peut attendre d'un rhum de cette provenance, à savoir de la gourmandise, avec de la vanille, de la noix de coco et ici, un peu de pâte d'amande. C'est sympa, mais rien de neuf.

Je suis assez fan des rhums de Jamaïque, et j'ai donc sauté sur leur rhum de cette île, mais là je dois avouer que j'ai été déçu. Si ce n'est une banane relativement timide, pas de marqueurs jamaïcains ici. Si vous aimez ces rhums "puants" et très expressifs, passons à la suivante.

Et elle nous vient des Fidji, et là ça envoie ! Il m'a rappelé la version Berry Bros, si ce n'est que cette dernière est à plus de 60°. En réduit à 46°, eh bien on a toujours les mêmes arômes mais en peu plus abordable (la version Berry's pique un peu). Une bouteille pour les amateurs de finesse et de délicatesse... ou pas :p


En fait pas goûté
Allons maintenant faire une excursion au Danemark avec cette énigmatique marque qu'est Ekte.
A ma connaissance, personne n'avait même eu vent de l'existence de cet embouteilleur indépendant. Comme beaucoup je suis allé faire un tour sur le stand pour découvrir ce nouvel arrivant, au quelques douze bouteilles.
Ces rhums sont divisés en deux groupes, les assemblages et les single casks ; les deux ayant des identités visuelles très différentes.

Commençons par les bouteilles fines et allongées. Il y a six blends aux profils très variés. Ils offrent un dégradé, du rhum le plus doux à celui qui a le plus de caractère.
Je n'ai goûté que deux références de cet arc-en-ciel de saveurs (mon âme de poète qui parle - ou pas). Les deux plus secs et intenses. Le Aged and Geeky qui est un blend Guyana/Barbade/Jamaïque/Trinidad, sec, boisé et torréfié (surtout sur la finale), qui fait le boulot. Le Pungent and Geeky, blend Jamaïque/Barbade, est assez clairement sous l'influence de l'île de Bob Marley : intense, puissant (un peu plus fort en alcool d'ailleurs avec ses 47°), empyreumatique et aux marqueurs jamaïcains. Pas mal du tout, il faudrait voir le prix (j'y reviendrai).
Je regrette un peu de ne pas en avoir goûté plus, il aurait pu y avoir de bonnes surprises.

Long Pond, meilleure distillerie de Jamaïque ?
Les single casks maintenant. Là aussi je n'ai pu en goûter que deux, je suis resté sur la Jamaïque dont ils ont deux expressions, un 12 ans issu de la distillerie Monymusk et un 15 ans, venant lui, de chez Long Pond. Les deux sont bons, leur style particulier (comme un benêt je n'ai pas pris de note, mais mon souvenir est vraiment sur quelque chose typique de cette île). Les non amateurs de sensations fortes sont priés de circuler. J'ai également eu de bons échos sur d'autres de ces bouteilles. 
Tous ces single casks sont brut de fût et sans altération. Il me semble qu'ils sont partiellement vieillis sous les tropiques mais c'est à confirmer. Précision importante, toutes les informations nécessaires sont indiquées sur les étiquettes de ces bouteilles.
Nous avons donc affaire à des produits de grande qualité. La question suivante est : à quel prix ?
C'est un point qui a fait débat durant le Rhum Fest. Le problème c'est que l'on ne sait pas à l'heure actuelle à combien ils seraient vendus en France. En effet les seules indications de prix que l'on peut trouver sont ceux pratiqués au Danemark. Or les tarifs danois, principalement du fait des taxes sur les alcools, sont bien plus élevés que dans d'autres pays d'Europe. Alors oui, ils sont très élevés, allant environ de 150€ à 300€ mais il est dur de deviner leur coût une fois distribués en France.
A suivre.


Habillement reconnaissable (comme celui des hôtesses...)
Nous sortons du monde des embouteilleurs indépendants pour aller en Colombie, avec la marque Dictador.
Je ne m'étais jamais penché sur ces bouteilles opaques jusqu'à récemment.
Après avoir dégusté l'ensemble de leur gamme, je les vois comme une alternative à d'autres rhums de tradition espagnole, avec leurs arômes qui sortent un peu des (trop) classiques vanille et caramel.

En plus des arômes "courants", le 12 ans nous donne du café, le 20 ans de la noisette et de l'orange. L'Insolent de la noix, de l'orange, du café et du poivre tandis que le Perpetual apporte de la coco en plus du précédent mais en reste très proche.
L'ensemble ne donne pas une impression (très) sucrée et permet de découvrir d'autres arômes que ceux qui nous sont présentés par les poids lourds de ce marché des rons. Pour moi, pas à se damner non plus, vous l'aurez compris.


Je leur souhaite toute la réussite possible
Une petite curiosité maintenant, dégustée au bar des nouveautés, dont javais vaguement entendu parler auparavant et qui avait titillé ma curiosité : le rhum Matugga.
Ils ont deux bouteilles à leur arc : un gold rum et un spiced. Je n'ai dégusté que le premier.
Petite info sur ces rhums : ils sont élaborés à base de mélasse d'Ouganda et distillés en Angleterre, puis vieillis juste quelques semaines.

Niveau dégustation, il nous offre des arômes étonnants. Il est très expressif sur des notes médicinales (camphre) et torréfiées (chocolat noir). Ces arômes marqueront votre palais un long moment.

Un rhum qui sort vraiment de l'ordinaire, tant par son origine que par ses caractéristiques gustatives (même si ce n'est peut-être pas un modèle d'équilibre), intéressant !




Finissons cette seconde excursion au Rhum Fest (en attendant la troisième) avec des agricoles vieux, et pas des moindres.

J'y suis allé sans conviction et là : bonne surprise
Commençons par Saint James et deux nouvelles expressions de cette maison.
Le Cuvée Excellence pour débuter.
Un assemblage des rhums d'âges différents pour une moyenne de 6 ans.
Au nez, le boisé est présent de différentes manières, entre autre de par les fruits à coque. Il est gourmand et des notes mentholées amènent de la fraîcheur.
La bouche est moins boisée et trouve un bel équilibre.
Le fût revient sur la finale qui est relativement longue sur des notes torréfiées et de sucre roux. La fraîcheur est toujours présente.

Le millésime 2001 ensuite (même forme de bouteille que le 2000 sorti il y a quelques temps et qui ne m'avait pas vraiment convaincu).
Le nez est très différent du Cuvée Excellence, il offre des notes florales capiteuses mais aussi des arômes de café, d'orange et de fruits (au sirop et confits). Gourmandise et complexité sont au rendez-vous.
C'est en bouche que le boisé apparaît et même assez nettement (il apporte même un aspect tannique). Les épices accompagnent le fût.
La finale est très longue et reste intense, sur le boisé et les fruits à coque. Elle n'est pas exempte d'une certaine fraîcheur. Après quelques minutes, des discrètes notes de bois mouillé se font sentir (seul bémol à mon avis, même si d'autres personnes pourront apprécier).

Deux Saint James simplement bons, en revanche je ne connais pas leurs prix. On peut les penser relativement bon marché - comme la plupart des rhums de cette maison - ce qui les rendrait d'autant plus attractifs.


Un des meilleurs rhums proposés cette année
Et donc pour finir, allons faire un tour chez Depaz avec leur millésime 2002.

Depaz est la distillerie de Martinique qui m'a fait arriver sur les rhums agricoles, avec lesquels j'avais beaucoup de mal, grâce à leur XO.
On peut regretter le manque de nouveautés proposées par cette maison tant leurs produits sont bons. Alors oui, de nouvelles bouteilles - le contenant - ont été adoptées pour la gamme mais ce n'est pas ce que j'appellerais une nouveauté (le contenu est annoncé comme le même, ce qui fait froncer quelques sourcils - n'ayant pas pu faire de comparatif, je ne vais pas me prononcer).
Donc cette année avec le blanc, dont je vous ai parlé la semaine dernière et ce millésime, c'est un peu la fête ^^

Et alors que donne-t-il ?
Le nez est riche et équilibré. Boisé, fruits à coque (noix), pâte d'amande, orange, pruneaux et un léger aspect minéral constituent son profil aromatique. La bouche est dans la même veine et offre un superbe équilibre. La finale est longue, boisée et toujours légèrement minérale.
Un superbe rhum agricole !


C'est ainsi que s'achève cette seconde partie de mon Rhum Fest 2016.
Rendez-vous pour la troisième et dernière !



Retrouvez la première partie ici : Mon Rhum Fest 2016 - partie 1


dimanche 10 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 1


Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu).
Et oui, l'édition 2016 du Rhum Fest Paris s'est achevée lundi soir, après trois journées intenses et des mois de préparation.

L'homme, sans sa poussette, a pu s'y rendre le samedi (une des deux journées publiques) et le lundi (la journée pro).
Quelle a été son expérience ? Pourquoi se met-il à parler de lui à la troisième personne ? Et surtout, quoi de neuf dans le rhum ?


Je sais que vous adorez quand je vous raconte mes mésaventures dans les transports en commun mais je vais m'abstenir cette fois-ci :p
Je vais plutôt me concentrer sur ce qui a fait de ce Rhum Fest, cette année encore, un événement incontournable, à savoir deux éléments majeurs : les gens et... les rhums.

Les gens

Commençons donc par parler de cette bande de joyeux lurons, qui ont rendu mon samedi invivable !
Comme les deux années précédentes, j'avais en tête un objectif principal, déguster le plus de nouveautés possibles, prendre de notes et vous en faire profiter ici-même.
Seulement voilà, c'était sans compter sur tous ces satanés confrères et autres amateurs de cette boisson alcoolisée. Ils m'ont totalement empêché de faire ce pour quoi j'étais venu avec leurs questions saugrenues et leurs interminables monologues !

:D

Bon, j'en ai terminé avec tous cette trop évidente ironie !
J'ai adoré les échanges que j'ai pu avoir avec toutes les personnes croisées sur ce week-end (essentiellement le samedi - oui j'ai aussi aimé vous parler, vous autres, gens du lundi mais je veux dire par là que j'ai plus parlé le samedi que le lundi, pas de jugement de valeur ici, plus une notion quantitative, ce qui ne veut pas dire que la qualité des discussions du samedi était médiocre, bien au contraire... Comment ça, je m'enfonce ? :p)
Bref, que ce soit des rencontres avec des lecteurs du blog (et leur feedback très précieux et encourageant :)), avec des confrères de la Confrérie de Rhum, des camarades blogueurs (salut la Légion Rhumaine, salut Nico et bien sûr salut Benoît o/) ou encore avec des professionnels, voire les organisateurs de ce salon, tous furent, au choix : intéressants, instructifs, drôles, enrichissants, spirituels (plusieurs options par conversation sont possibles :)).

Cela va donc être les quelques lignes en mode "Oscars" de cet article :
"Je voulais remercier mes parents sans lesquels tout cela n'aurait pas été possible. Mais aussi mes lecteurs, merci pour vos retours sur les différents articles et sur leur style. Je n'oublie pas les exposants et leur passion contagieuse. Bien sûr, mes co-blogueurs et nos conversations behind the scenes. Et pour finir, Cyrille et Anne, toujours accessibles et disponibles. Ah et mon chat ! Merci à vous tous et à l'année prochaine !"

Ça c'est fait.

10° de moins mais la canne est toujours là

Et les rhums dans tout ça ? Sur mes deux jours de Rhum Fest, j'ai pu goûter un paquet de trucs.
Commençons par les rhums blancs où beaucoup de nouveautés étaient présentes.

Le premier rhum que j'ai dégusté est le Depaz Cuvée de la Montagne, nouvelle édition. Nouvelle, car ce rhum existait déjà mais sous une autre forme (et pas que de bouteille). En effet, la différence majeure est le plus faible taux d'alcool, puisque l'on passe de 55° à 45°, ce qui fait une sacrée chute dans les degrés.
Au nez nous avons le jus de canne (pas très intense), de fines notes fruitées et un léger côté huileux. Je l'ai préféré en bouche (qu'au nez) ; il est très canne et très frais. La finale n'est que moyennement longue.
Un bon rhum blanc agricole, mais je l'aurais préféré à son ancien titrage.



Un mix plutôt réussi
Direction la Compagnie des Indes et leur blanc, le Tricorne. Il s'agit d'un blend entre rhum de mélasse (environ 55%), rhum pur jus de canne (40%) et arrack d'Indonésie (d'une certaine manière l'ancêtre du rhum dont la principale différence d'élaboration est l'ajout de riz rouge pendant la fermentation - 5%).
Le résultat est assez expressif et plutôt déroutant (positivement). L'attaque est vive et là aussi intéressante et la fin de bouche est épicée et empyreumatique (a priori l'influence de l'arrack). La finale, elle, est trop courte, dommage.
Un rhum "mutant" qui a plus de qualités que de défauts.

C'est le seul rhum de la Compagnie des Indes que j'ai goûté cette fois-ci étant celui qui m'intriguait le plus. On ne peut malheureusement pas tout goûter, même sur deux jours, et il faut donc faire des choix ; même si j'ai toujours des regrets par la suite ^^



Des producteurs super sympa
Un rhum des îles Canaries maintenant - première fois que je goûtais un rhum de cette provenance - et pur jus de canne qui plus est, qui répond au nez de Ron Aldea Caña Pura.
Je ne savais même pas qu'étaient produits des rhums dans ces îles et encore moins à base de pur jus de canne à sucre.
Au nez et en bouche, pas de doute, nous sommes bien sur un rhum "agricole", mais une version faible en alcool (42%) et très douce. Il n'est pas désagréable mais manque, pour moi, d'intensité et de fraîcheur.
Intéressante découverte que ce rhum.
Un rapide détour par leurs vieux (toujours pur jus de canne). Ils en ont deux.
Le Superior, un 10 ans à 40%. Un rhum gourmand et relativement doux, sur des arômes pâtissiers et de fruits à coque. En bouche, le fût américain se fait sentir avec la vanille et la noix de coco et pour finir des arôme torréfiés font leur apparition.
Le second, le Tradicion est vieilli en fûts ayant contenu du Cognac et du vin rouge. Il s'agit d'un 22 ans (si je me souviens bien), qui titre à 42%. Plus boisé que le précédent et même légèrement tannique, il est dominé par des arômes de noix et de café.
Deux rhums pas inintéressants et différents des agricoles de nos îles mais un peu trop doux à mon goût.


50 l, la majeure partie en vieillissement
Une vraie curiosité pour continuer, le Guildive 1800 de chez Ferroni.
Ferroni - les rhums de Marseille - je vous en ai déjà parlé l'année dernière. Ils nous offraient deux blancs cette année, le Dame Jeanne, en fait simplement le nouveau nom du Fresh Cane sorti l'année dernière, et ce mystérieux Guildive 1800.
Ce que Guillaume Ferroni a en fait voulu réaliser est un rhum comme ceux qui étaient produits dans les années 1800 aux Antilles. Pas de jus de canne ici donc mais bien de la mélasse. Pas de colonne créole non plus, mais un alambic à repasse datant de ces années-là.
Une toute petite production (une cinquantaine de litres dont certains ont été mis à vieillir) pour un résultat pour le moins atypique !
Un nez très expressif, qui, à l'aveugle, m'aurait fait penser à un rhum de Jamaïque. En bouche, des notes végétales font leur apparition. La finale est très longue, malgré ses 40 petits degrés, sur les épices (poivre surtout ainsi qu'un léger côté pimenté) et des notes brûlées.
Une vraie découverte que ce rhum !


A tester une nouvelle fois
Et pour finir avec les blancs, l'Intense de Karukera. Un rhum auquel est apportée une attention toute particulière lors de son élaboration et qui est réduit à 60%. Mais que ce soit au nez ou en bouche, des degrés sont d'une remarquable discrétion, extrêmement bien intégrés. Vous aurez de la canne, des agrumes et du fruit de la passion. La finale est longue et demeure sur la canne à sucre.
Un rhum qui a énormément fait le buzz durant le salon tant certaines personnes l'ont trouvé exceptionnel, le positionnant au sommet des rhums blancs agricoles. Et je dois bien l'admettre, il est vraiment très bon !
Voilà un bon candidat pour mes soirées de dégustation de rhums blancs agricoles et une excellent moyen de savoir si cet Intense est aussi remarquable que ce que certains dégustateurs ont pu penser.



Je ne vous parle pas du Jamaïcain overproof (75.5°) de chez Habitation Velier, étant donné que je vous l'ai présenté lors de mon précédent article. Mais décidément il envoie, et pas qu'en alcool ; il est d'une intensité et d'une longueur hors du commun...




A suivre...


dimanche 28 février 2016

Les dégustations : une transversale de blancs purs jus de canne


Laissez-moi vous faire le compte-rendu d'une soirée passée à déguster divers blancs de Guadeloupe mais surtout de Martinique.

L'offre de rhums blancs pur jus de canne est de plus en plus grande sur le marché. Que ce soient les blancs "basiques" ou les hauts-de-gamme (avec du millésime, du monovariétal, du degré différent, de la carafe...).
On entend beaucoup parler depuis  quelques temps de ces rhums blancs premiums destinés à la dégustation plutôt qu'à la réalisation de cocktails (ti-punch en tête).

Il y a quelques mois je m'étais justement livré à l'exercice de comparer différents rhums blancs "agricoles" premiums et vous avais montré la photo des différents concurrents.
Mon frère (camarade de dégustation) et moi avions été le plus emballés par le HSE Titouan Lamazou (version 50%, qui malheureusement ne se trouve plus, elle a été remplacée par une version à 40%), puis par le Longueteau Parcelle n°9. Dernier du classement le Bologne Black Cane, qui m'avait pourtant plu lors du Rhum Fest de l'année dernière.

Dans le désordre.

Bouteille originale
Quoi qu'il en soit, pour cette seconde dégustation sur le même thème, nous avons fait une sélection de six rhums un peu plus hétéroclite, entre haut-de-gamme et basique. Je vais vous en parler dans l'ordre de dégustation que nous avons suivi.
Je m'excuse par avance pour la plupart des photos, qui ne sont pas de moi :(


Pour commencer le La Mauny Ter Rouj'. Nouveau venu chez La Mauny que j'avais pu goûter lors du Salon Dugas. C'était l'occasion cette fois d'y retremper les lèvres dans de meilleures conditions.
Au nez, je reste sur cette impression d'un rhum pas trop frais et pas trop porté sur le jus de canne. Il a un côté réglisse assez prononcé ainsi que des arômes d'agrumes (citron jaune). Après un moment des notes florales deviennent très présentes.
En bouche, l’alcool est assez discret (rappelons qu'il n'est "qu'à 45°") et c'est plutôt doux. La canne est ici plus présente tandis que le citron demeure et que la réglisse devient anis.
La finale est sur la canne et le citron. Les arômes floraux reviennent.
Moins intéressé que lors de la découverte de ce rhum, je suis un peu déçu. 
Pas mal du tout


On enchaîne avec la Cuvée Castelmore des Héritiers Madkaud.
Au nez une certaine rondeur et une impression d'avoir en face de soi le jus de canne fraîchement pressé plus que sa version distillée. Il change et devient un peu terreux (ce qui n'est pas négatif). La relative fraîcheur diminue encore au profit de notes florales.
En bouche, il nous offre un bel équilibre et se situe principalement sur le jus de canne (l'habituel cette fois). Il n'est pas dénué d'une très légère douceur.
La finale est plutôt longue sur des arômes de canne, des arômes terreux et des notes de feuille de canne sèche.
Celui-ci était bien plus à notre goût que le précédent.
De bons blancs


La Guadeloupe ensuite et le Longueteau 50°.
Voilà un beau nez, équilibré et gourmand. Il nous propose du jus de canne, du sucre de canne, de légères notes de citron vert et un peu de poivre. Fraîcheur et gourmandise. Après un moment la fraîcheur (qui devient un peu acidité) prend le dessus.
En bouche, l'attaque est très légèrement sucrée et l'arôme dominant est la canne à sucre. Il manque un peu d'intensité.
La finale est moyennement longue, principalement sur des notes végétales et terreuses.
Pas mal du tout, dommage que la bouche et la finale ne soient pas au niveau du nez cependant.
Surprise !


On revient en Martinique, chez Depaz et leur blanc à 50°.
Au nez, il est très clairement sur cette typicité rhum blanc à base de jus de canne. Cependant ses notes beurrées et poivrées le rendent encore plus intéressant. Une légère impression florale s'en dégage également après quelques instants (qui reste assez discrète). Il n'est pas vraiment gourmand et plutôt "droit".
La bouche est aussi dominée par le jus de canne. Il est sec et pourtant très légèrement sucré. Il est vif et explosif. Bref, une belle bouche, bien équilibrée et intense.
La finale est longue sur la canne (encore une fois) et les agrumes (pamplemousse puis citron)
C'est celui qui nous a le plus plu !
Et soit dit en passant, c'est aussi le moins cher de cette sélection :)


Toujours une à la maison
On continue avec un classique (pour moi en tout cas), le Cœur de Canne de la Favorite.
Avant tout il mérite qu'on y laisse le nez quelques secondes pour bien en sentir les parfums. Le jus de canne est l'arôme principal même si des notes plus végétales, sèches, s'en dégagent. Une légère impression huileuse est également présente.
Il est agréable en bouche, et est caractérisé par une légère douceur. C'est là aussi le jus de canne qui domine ; il est complimenté par une légère pointe de poivre. L'alcool est présent mais bien équilibré.
La finale est longue sur... le jus de canne, ainsi que les agrumes, ce qui lui permet de garder de la fraîcheur.
Il fait le boulot :)
A noter que de manière surprenante, il se trouve entre 20€ et 35€.

Une bien belle carafe

Nous terminons avec le Clément Colonne Créole, que je n'avais encore jamais goûté.
Voilà un nez atypique ! Un poivre bien présent et un côté surprenant pain d'épices. Il est sec et offre aussi des arômes végétal et terreux. Un côté frais, citronné, se développe. Dans l'ensemble, même après un temps passé dans le verre, il reste assez "fermé".
La bouche est plus classique que le nez, avec le jus de canne à sucre. Il est assez sec et pas désagréable mais demeure simple.
La finale est aussi assez classique sur la canne et le poivre. Après un moment les notes terreuses reviennent.
Un rhum qui a son identité (en tout cas au nez) mais qui ne nous a pas convaincu.




Résultat des courses, ce Depaz termine premier, suivi du Castelmore, qui devance d'une très courte tête le Longueteau et le Cœur de Canne. Le Ter Rouj' et le Colonne Créole finissent derniers, respectivement 5ème et 6ème.

Une dégustation intéressante, qui met en lumière plusieurs choses (soit sur mes goûts, soit sur quelques vérités sans que ce soient nécessairement des surprises) :
- Premium ne veut pas dire meilleur
- La contenant n'a aucun influence sur le goût (oui je sais, La Palice n'est pas loin)
- Il y a d'excellents rhums à petits prix
- Les conditions de dégustation peuvent vraiment être importantes
- Je ne recherche pas, dans cette catégorie de rhums, les produits très singuliers et atypiques

Et bien sûr, pour savoir quelles sont nos préférences, la seule solution : goûter, beaucoup, encore et toujours (et pour ça les échantillons, c'est drôlement bien !).

Là aussi dans le désordre :p
  

dimanche 24 janvier 2016

Le Rhumaton, le retour - partie 2



C'est remis de mes aventures de la veille (dégustations matinales, digestion d'un demi bœuf et exploration du métro), que je me prépare pour cette deuxième journée. Avec donc comme points de chute : L'Adresse Gourmande aux Clayes sous Bois et A'Rhûm dans le 3ème arrondissement de Paris.

C'est parti !


Jour 2
Il va falloir que je déménage pour m'en rapprocher :)
Je ne pars pas les mains vides. J'avais dit à Jérôme (le patron de l'Adresse Gourmande) que je lui ferai goûter de Chantal Comte Plantation de La Montagne Pelée (Depaz) Hors d'Âge ; je la glisse donc dans mon sac. En chemin je passe devant une boulangerie qui propose des kuign amann individuels et j'en mets un en poche (enfi, dans un sac, dans ma poche, je tiens quand même à mon blouson :p).

Cette fois-ci je suis prêt et après un trajet d'environ 45 minutes, j'arrive enfin aux abords de ce lieu d'échanges et de plaisir (non, pas ceux-là, bande de gros dégoûtants...).
Je suis comme d'habitude très bien accueilli (tous les clients le sont) et l'on commence à se lancer dans une longue discussion ponctuée de dégustations, qui durera une heure et demi.
Soyez avertis : quand vous mettez un pied à L'Adresse Gourmande et que vous êtes un passionné, le temps s'écoule différemment, il passe beaucoup plus vite !
Des discussions captivantes sur des bouteilles et des distilleries, des dégustations variées et des produits au top (autant solides que liquides). Paradoxalement (ou pas), il faut savoir y prendre son temps. Pour apprécier pleinement ce que cette boutique et votre hôte ont à vous offrir, il ne faut pas être pressé, et c'est tant mieux.

Une partie des rhums...
Côté dégustation, je restais dans mon optique de trouver des bouteilles de qualité à prix modique et je me suis mis en tête de faire un tour du côté des rhums blancs (agricoles bien évidemment).
Beaucoup de très bons produits et un choix large. Parmi ceux que je veux goûter une nouvelle fois pour affiner mon avis, il y a le Bielle Canne Grise et le Fighting Spirit Blue de Chantal Comte. Seul le second est en dégustation mais sur les conseils du maître des lieux je lui laisse me verser quelques centilitres du rhum Toucan pour accompagner le Chantal Comte.
Je lui verse en parallèle un petit verre du Depaz tout juste sorti de ma besace (qui a été drôlement apprécié :)).

Je prends mon temps et apprécie les arômes de ces deux rhums pendant presque 45 minutes avant de les porter à mes lèvres. Le Toucan supporte la comparaison au départ, et j'ai redécouvert ce rhum agricole de Guyane Française. Cependant après un moment, il développe des arômes floraux - qui plairont à certains - que je n'apprécie pas trop sur les rhums blancs.
Le Figthing Spirit (distillerie du Simon en Martinique), lui, est resté sec, fruité, sur la canne bien sûr durant toute la durée de la dégustation, il ne "s'altère" pas.

Je n'ai normalement pas de remords à utiliser des rhums blancs premiums pour réaliser mes ti-punchs, et bien cela serait peut-être le cas avec celui-là.
Il est un peu cher puisque vendu chez les cavistes aux alentours des 45€, mais je dois bien admettre qu'il les vaut. Sans aucun doute un des meilleurs agricoles blancs sur le marché !

J'ai redécouvert le Toucan, qui n'est vraiment pas mal, mais le Fighting Spirit Blue est exceptionnel !
C'est quelques minutes avant de prendre congé, que je me suis retrouvé avec un nouveau verre dans la main. Un autre rhum blanc au nez plus que prometteur, un nez complexe et gourmand à la fois, frais et intense, un nez tout simplement exceptionnel. Malheureusement la bouche ne tient pas la distance, surtout au niveau de sa longueur, ses arômes disparaissant bien trop vite. Une impression mitigée donc sur ce rhum de Taïti, le rhum Mana'o. Bien content d'avoir pu y goûter après avoir lu pas mal de choses à son sujet. J'ai même pu repartir avec un petit sample, merci Jérôme ! :)

Mais tout ça ne nous dit pas avec quelle bouteille à petit prix je suis reparti. Eh bien, j'ai jeté mon dévolu sur le Bielle Canne Grise, qui m'avait fait forte impression lors du Whisky Live et que Jérôme m'a conseillé. Et je sais que tôt ou tard, j'aurai dans mon armoire à malices ce Figthing Spirit Blue !

Bon, ce n'est pas tout ça mais si je reste plus, je loupe mon train. Je prends donc congé en remerciant mon hôte pour tout et prends le chemin de la quatrième et dernière étape de ce rhumaton.


Une bonne heure plus tard, nous y voilà : A'Rhûm.

Vue tellement familière :)
Durant le trajet, je me rends compte que j'ai la dalle (le kouign amann a aidé, mais il me faut plus de gras et de sucre ! :D). Qu'à cela ne tienne, je rentre dans la boutique où je suis accueilli, non pas par Freddy mais par son vendeur.
Je lui explique mon idée de trouver un rhum petit budget mais typique d'une origine. Après avoir passé un bon nombre de rhums en revue, je me rends compte que ce n'est pas si simple ; il y en a que j'ai déjà, d'autres que je connais et je ne n'apprécie pas ou pas assez pour me les procurer.

La faim me rattrape et je demande s'il y a des endroits sympas où manger un morceau dans les environs. Sur ses conseils je me dirige vers le bistrot du coin. Je rentre et sur qui je tombe ? Freddy et Jean-Luc Braud, grand professionnel des spiritueux (et accessoirement le prof que j'ai eu pendant deux jours lors d'une formation sur le rhum en octobre dernier).
Je m'installe avec eux et participe gaiement à la conversation sur Rhum avec un grand "R" et tout ce qui peut tourner autour.
J'en profite pour commander une crème brûlée (oui ça n'aura pas été le jour des repas les plus équilibrés :D).

Des rhums commerce équitable !

Une fois que tout le monde a fini, nous retournons à la boutique. Alors que je m’apprête à m'obstiner dans les rhums à petits prix, le maître des lieux me parle du rhum Fair Belize 8 ans (brut de fût à 62%) créé exclusivement pour A'Rhûm. Il se trouve que j'avais pu y goûter quelques semaines auparavant en compagnie d'autres amoureux du rhum et qu'il m'avait plu.

Je cède donc bien volontiers à sa proposition de le déguster. Il ne sera pas seul, puisque je me retrouve également avec un verre du 10 ans juste à côté. Et alors que Freddy me parle de "son" rhum, je le déguste tranquillement. C'est bon et l'alcool est exceptionnellement bien intégré ! Il me fait part de son avis sur la similitude qu'il peut exister entre ce brut de fût de Belize et certains rhums de Guyane Anglaise dans la veine Velier, dont il est également grand amateur. Sur le moment, je n'ai pas vraiment ressenti ce lien qui aurait pu exister.
Mais le hasard a voulu qu'un collègue de travail me fasse goûter, à l'aveugle, ce rhum Fair, une semaine après mon passage chez A'Rhûm. Eh bien, j'ai d'abord pensé avoir affaire à un Guyana brut de fût... Comme quoi il sait de quoi il parle le Freddy :D

Vous ne serez sans doute pas étonnés de savoir que je suis donc reparti avec un bouteille, brisant ainsi la série d'achats de bouteilles à petits prix ^^



Au final, me voilà avec une belle série de rhums très variés, ainsi que quelques petites gourmandises ;)

Un bilan très positif et une expérience, que j'espère pouvoir renouveler d'ici dans moins d'un an :)

Le fruit de dures journées de "travail" ;)

mercredi 9 juillet 2014

La ligne 4 ou ma route du rhum - 2ème arrêt : Etienne Marcel

Reprenons le métro avec une (voire plusieurs) bouteille dans le caddie, heu, la poussette. Retour sur la ligne 4 pour quelques stations et un arrêt à Etienne Marcel. On débarque dans la rue du même nom que l’on prend tout droit. Attention, il faut suivre, « aller tout droit » ça sonne facile, mais la rue change deux fois de nom sur les 250 mètres que vous avez à parcourir, comme pour vous piéger : rue aux Ours puis rue du Grenier Saint Lazare. Rendons-nous au 34.


A’rhûm – Cave à rhum et épicerie fine

Sobre et classe à la fois
Vous pourrez aisément repérer la boutique grâce aux deux fûts disposés de chaque côté de la devanture et qui sont du meilleur effet. Évidemment les bouteilles exposées en vitrine annoncent la couleur, ou plutôt les couleurs : blanc et ambré :p
Nous voilà à la fameuse épreuve, que j’ai décidé désormais d’appeler, le franchissement de porte avec poussette (sans doute bientôt discipline olympique où je pense avoir toutes mes chances). Ma chance pendant plusieurs mois a été de me rendre à la boutique en journée et pas sur le week-end, autrement dit à des heures plutôt creuses, ce qui m’a presque toujours permis d’avoir de l’aide pour passer cette satanée porte (oui il semblerait d’ailleurs que le comité olympique pense également à faire une discipline par équipe de deux, avec une ouvreur et un pousseur).
Nous y voici ! Et là, on a l’impression d’être dans l’antre du rhum. Il y en a partout ! De nombreuses étagères entièrement remplies de bouteilles, elles-mêmes remplies de rhum, bien sûr.
On est tout de suite accueilli par l’un des compères : Freddy, le capitaine ou Aurélien, son second, et heureusement parce que l’on peut facilement être perdu devant une telle pléthore de flacons. Le côté « antre » est accentué par les dimensions du lieu, en effet, l’espace disponible est mangé par les bouteilles et les cartons, aussi les explications sur l’organisation du lieu sont les bienvenues et sont toujours données aux nouveaux visiteurs, non sans un côté didactique (qui restera présent sur le reste de la visite). On commence par les Antilles Françaises, puis on continue notre tour du monde du rhum région par région, pays par pays, il y en a partout ! J
Je n’oublie pas la petite étagère juste sur la droite en rentrant avec quelques produits gastronomiques, mais c’est plus un détail, l’accent étant vraiment mis sur mon alcool de prédilection (et il semblerait que ce ne soit pas que le mien).

La visite continue naturellement vers le fond de la boutique où sont rangées les rhums arrangés et autres ti’punchs. Mais il y a surtout, l’espace dégustation !
Cette partie reflète bien le côté bondé du magasin, en effet, imaginez une planche (épaisse et stable, rassurez-vous) posée sur plein de cartons (qui sont d’ailleurs pleins) et vous avez l’espace dégustation :D
Même si dit comme ça, cela peut sembler sommaire, cela ne m’a jamais empêché de pouvoir goûter plein de choses dans de bonnes conditions.
À la manière d’un barman, notre guide, va nous poser quelques questions (dont vous connaissez la teneur si vous avez lu les précédents articles, sinon, ben… lisez-les !) pour identifier nos goûts, nos préférences, nos envies du moment et notre budget. Une fois les informations récoltées, la dégustation pourra commencer jusqu’à ce que la bouteille parfaite soit identifiée. Je parlais du côté didactique un peu plus tôt, c’est une caractéristique qui va ponctuer toute la dégustation et qui permet de récolter des informations très intéressantes et de « s’instruire » sur le monde du rhum.

Quelques bouteilles achetées chez A'Rhûm qui ont été des étapes importantes dans mon histoire du rhum. Vous connaissez déjà bien l'UF30E et le Depaz ; le Plantation Guatemala est, pour moi, un des meilleurs rapports qualité/prix en traditionnel !




C’est le moment des considérations toutes personnelles à moi que j'ai :
- Les trois bouteilles juste au-dessus auront vraiment été importants dans ma découverte du rhum, merci de mes les avoir présentées.
- J’ai commencé mon apprentissage en ces lieux, qui resteront donc toujours spéciaux pour moi ;)
- Ici il n’y a que du rhum (ou presque), vous êtes là pour ça et pas autre chose.
- Les côtés didactique et apprentissage sont précieux, absorbez autant d’information que possible !
- Privilégiez les jours de semaine si vous en avez la possibilité et si vous êtes un peu pressés. Bon là, c’est vraiment mon avis et je dois admettre avoir été un peu habitué à ces moments privilégiés où je suis un des rares clients dans la boutique ce qui permet de papoter avec ces messieurs de chez A’Rhûm ; et je ne parle même pas de l'honneur de rester dans la boutique après la fermeture et la chance de parler rhum avec des "pointures" :)
- Ne vous laissez pas rebuter par la relative exiguïté des lieux.
- La manière dont est menée la dégustation est très bien faite : un verre par rhum, de l’eau entre chaque… Bref les conditions idéales.
- Je sais maintenant qu'il me faut vraiment ce La Mauny 1979 !
- Et pour finir, les poissons rouges c’est drôlement bien pour occuper un enfant :D


Retrouvons-nous bientôt pour le dernier arrêt sur la ligne du rhum :)

mercredi 25 juin 2014

"- Oh, juste une dédicace. - Vous voulez pas un rhum d'abord ?"

Samedi 19 avril, week-end de Pâques, météo variable.

Nous recevons quelques jours à la maison ma belle sœur et son mec. Ce samedi le plan c'est shopping du côté de rue de Rennes. Et là, assez naturellement, vous vous dites "Ah ben voilà une super journée en perspective !", je vous sais adeptes de l'ironie :p
Mais détrompez-vous, c'est également aujourd'hui qu'Alexandre Vingtier va dédicacer son livre 101 rhums à découvrir chez Christian de Montaguère. Là pour ceux qui connaissent un peu le coin, vous voyez tout de suite la proximité géographique entre la rue de Rennes et la Mecque de l'art de vivre aux Caraïbes.
Tout le monde se met d'accord sur les activités de l'aprem et je me retrouve seul (enfin pas vraiment puisque, comme vous vous en doutez, mon fils est là dans son véhicule de prédilection, également appelé "la charrette à rhum" :D).
Je suis juste censé aller à la boutique, acheter un exemplaire du bouquin, me le faire dédicacer et rejoindre les autres. Et moi-même je suis convaincu que ça va se passer comme ça. Quel naïf...

Je parcours les quelques centaines de mètres jusqu'au lieu de la dédicace et arrive à destination.
"Bonjour, ça va bien ?
- Oui et toi ? Et là-dedans ça va ? (s'adressant à Jonah dans la poussette)
- Bien, merci. Il est en haut pour la dédicace Alexandre Vingtier ?
- Heu ben non, il arrive d'ici une bonne heure théoriquement."

Et merde... Ben évidemment qu'il y avait un horaire ; il allait pas arriver à l'ouverture du magasin et rester là toute la journée à attendre les intéressés non plus.

"Ah ok, zut. Bon je vais peut-être pas attendre une heure quand même, surtout sil il a un peu de retard. Je repasserai à 16h00 pile, à tout à l'heure."

Après donc une petite pause shopping, je reprends le chemin de chez Christian et Jerry ^^

"Rebonjour, c'est encore moi.
- Il de devrait plus tarder, tu ne veux pas déguster un truc en attendant ?
- Ah ben si vous me prenez par les sentiments."
Et c'est parti :)

Plus d'agricole !
A cette époque, j'avais déjà un bon pied dans le rhum agricole et j'étais en phase découverte (j'y suis toujours à vrai dire). De plus, les médailles de Rhum Fest avaient été attribuées peut de temps auparavant et j'avais bien envie d'essayer le HSE V.S.O.P. et ses 4 ans syndicaux. On y ajoute le Depaz V.S.O.P. (mais de 6 ans quand même), on nous voilà avec, entre autre, ces deux bouteilles-là à déguster.

Bon, je ne me souviens même pas les autres que j'ai goûtées ce jour-là et c'est avec ces deux rhums que je suis reparti à la maison. Le Saint Etienne n'est pas encore ouvert (HSE = Habitation Saint Etienne), mais je me rappelle d'un bon équilibre entre le fût et le jus de canne et ça pour un prix abordable (46€).
Le Depaz, lui, m'a plus intrigué. J'ai retrouvé le côté très végétal et jus de canne qui m'avaient beaucoup plus sur le XO de la même maison, à tel point qu'en essayant de faire une comparaison entre celui que j'avais devant moi et celui à la maison (tout ça à l'intérieur de ma tête, si si, il s'en passe des choses là-dedans !), la différence ne m'a pas sautée aux papilles. Ce n'est que plus tard lorsque je les dégustais l'un à la suite de l'autre que j'ai pu apprécié le côté plus rond et moins "brut" du XO (mais ça reste de Depaz ! - dit-il de son air du gars qui peut lâcher ce genre de phrase en se disant que tout le monde comprend :D). Ce face to face m'a permis de faire encore plus monter le Depaz XO dans mon estime, c'est vraiment un très beau rhum. Il va falloir que je me renseigne sur leur très très haut de gamme moi !

N'oublions pas pourquoi je suis là : 101 rhums à découvrir.
Alexandre Vingtier arrive avec sa petite valise à roulettes et après avoir salué les personnes présentes, va s'installer à t'étage, dans l'espace "lounge".
Jerry se propose très gentiment de s'occuper de Roudoudou pendant que je vais au premier afin de pouvoir rencontrer l'auteur. Jerry a trouvé une bonne technique : rendre mon fils addict aux tuiles de coco :D

Je monte donc et me présente brièvement, Alexandre me demande un peu ce qu'il peut écrire et je dois avouer être en manque d'inspiration, en plus, même si le petit est entre de bonnes mains, ça fait bizarre de ne pas être avec lui. Je cherchais donc un truc pas trop con à dire tout en étant un peu stressé et pressé par le temps, et c'est là qu'est né "l'homme à la poussette" ou en tout cas, son nom :)
L'homme à la poussette est né :)

dimanche 15 juin 2014

L'exploration continue - Partie 1

Chers lecteurs,

Vous avez déjà pu suivre une partie de aventures et découvertes rhumesques lors de mes précédents articles.
Une chose sur laquelle j'ai insisté (et vous feriez mieux de vous y faire, c'est pas près de s'arrêter :p) est l'évolution de mon goût et de mes goûts. En commençant par des traditionnels sucrés, puis des traditionnels moins sucrés et plus boisés, puis des bruts de fûts toujours traditionnels et enfin des agricoles (blancs et vieux). J'insiste sur le fait que ça ne veut pas dire que je ne bois désormais que des agricoles, loin s'en faut. Je pense être à peu près sur du 50/50 traditionnel, agricole dans mes achats à l'heure actuelle.

Après mon anniversaire et la multiplication par deux de mes demerara de chez Velier, je suis passé par une phase, que j'appellerais, de diversification. A cette période, je ne suis pas encore versé dans les agricoles, qui restent exceptionnels dans la cave. Cela ne m’empêchera pas de découvrir et de tester beaucoup de choses sur cette fin d'année 2013 et début 2014.

Vide, comme quoi elle est pas si mal :)
Le mois de décembre a vu l'acquisition de quatre bouteilles très éloignées les unes des autres.
Je me souviens qu'après être passé à des choses plus sèches (moins sucrées), j'avais à nouveau envie de me procurer un rhum gourmand. Je suis donc passé chez mon caviste (je n'en avais qu'un à l'époque), A'Rhums avec les indications suivantes pour aider les profilers que sont Freddy et Aurélien :
"Bonjour, j'aimerais un rhum gourmand mais qui s'éloigne un peu des arômes classiques."
Après quelques dégustations, je suis reparti ce jour-ci avec le Diplomatico single vintage 2000. Alors oui, je sais, Diplomatico... J'ai développé une certaine allergie à cette marque - assez bêtement je dois dire - avant même d'avoir goûté leurs produits, cette sorte de réaction épidermique que je peux avoir lorsqu'on parle d'un produit qui devient extrêmement populaire et qui a beaucoup de succès. En effet, par défaut, j'ai tendance à prendre la position opposée, sans réelle raison. Bref, cette bouteille était la première de leur gamme que je goûtais et elle répondait parfaitement à mes attentes du moment (sucré sans être écœurant tout en étant assez équilibré et long).
En passant, j'ai d'ailleurs pu goûter plus récemment le "fameux" Reserva exclusiva, trouvable absolument partout et sans grande surprise je l'ai trouvé trop sucré. Il est facile d'abord et il n'est pas bien compliqué de comprendre pourquoi il rencontre ce franc succès.
En revanche, je ne comprends toujours pas comment un collègue à moi me disait récemment être un amateur de whisky et trouver ce rhum à son goût. J'ai l'impression qu'il est aux antipodes de ce qu'un amateur de whisky peut aimer, mais je ne m'y connais que très peu en whisky.


Mon premier mais pas le dernier !

Après ce retour aux sources, j'étais mûr pour essayer de nouvelles choses. Et c'est deux semaines plus tard, que j'ai fait la connaissance de l'univers des Caroni.
"Bonjour, j'aimerais un rhum qui n'a rien à voir avec tout ce que j'ai pu goûter jusqu'alors mais tout en restant sur du traditionnel et de la puissance."
Aurélien ma dirigé ce jour-là vers ces rhums très lourds de Trinidad, en me précisant qu'il s'agit de rhums Velier (il sait me prendre par les sentiments le bougre !). Je déguste donc et me rend compte que cela répond totalement à ma requête du jour : quelque chose de différent. Et comment !
Honnêtement, je ne peux pas dire que ce soit ma tasse de thé. Ma bouteille est encore pleine aux 3/4 et n'est pas prête d'être finie. Cependant je suis quand même reparti avec, pour au moins avoir un Caroni dans ma cave, je pense que c'est un must. Pour vous donner une idée, les Caroni développent des arômes de cuir, pneu, tabac, hydrocarbures... Oui c'est différent :)
Depuis j'ai eu l'occasion d'en goûter d'autres (de chez Velier et de chez Bristol Classics) et je dois avouer qu'ils m'ont plus plu, avec un côté moins monolithique, "prends ça dans ta gueule". Sans doute donc une piste à explorer, mais il faudrait que je fasse ça vite, vu que les stocks réduisent dangereusement.
Et de 5 !



La suivante n'est pas super originale mais a eu le mérite d'augmenter mes stocks de demerara : le Diamond 1996 (ben oui de chez Velier...). Il s'agit du 16 ans et non du 15 ans ; ouais parce que pour faire simple ils ont sorti deux Diamond 1996, c'est sûr ça aide :P Bref un demerara plus vanillé que les autres, mais qui présente toujours les mêmes qualités dont j'ai déjà parlé : un boisé qui se mêle bien aux arômes du rhum, une puissance et une longueur en bouche impressionnantes. Je ne sais même plus ce que j'ai demandé ce jour-là en arrivant à la boutique, de toute manière j'ai dû me laisser écarter du droit chemin par leur vitrine de bouteilles de collection où ce trouvait ce Diamond ^^
Mon premier amour agricole




Il y a ensuite eu cette fameuse première bouteille de rhum agricole décrite dans un autre article : le Depaz XO, un petit bijou. Pour ce qui est de ma demande du jour, je n'avais certainement pas demandé de l'agricole mais ça ne m'a pas empêché de partir avec !



Le mois de janvier verra deux éléments importants dans mon histoire du rhum : mes premières bouteilles de rhum blanc (et j'ai pas commencé par n'importe quoi comme vous allez le voir) et ma découverte de la boutique de Christian de Montaguère !

Du potentiel dans ces clairins

Les rhums blancs... Je les avais toujours imaginés juste bon à faire des cocktails et autres rhums arrangés, bon ben sans grande surprise j'avais tort. Certains sont faits pour ça et d'autres sont élaborés dans un esprit de dégustation. Vous allez penser que je fais vraiment un blocage sur Velier (ou vous n'aurez pas tort) mais ce sont des produits de chez Velier qui m'ont fait me rendre compte du potentiel des rhums non-vieillis (la couleur ambrée des rhums vient de leur temps passé en fût - vieillissement - et parfois de l'ajout de caramel).

Le premier alcool blanc de canne à sucre à s'être retrouvé dans ma cave a été le clairin Sajous d'Haiti. C'est un clairin élaboré à partir de jus de canne et non de mélasse, un agricole d'une certaine manière donc, et non un rhum, mais je dois avouer que la différence est très mince : un temps de fermentation du vesou plus long puisqu'il peut atteindre jusqu'à une douzaine de jour alors que la plupart des rhums ont un temps de fermentation du jus de canne environ de 48h.
Gargano + Capovilla = succès


Peu de temps après j'ai pu déguster et être séduit par le Rhum Rhum PMG, qui s'est donc également retrouvé sur mes étagères. Il s'agit de la version non vieillie du superbe Libération 2010, puis 2012 (et bientôt 2014).
Comme pour les autres rhums, nous avons le choix pour les blancs entre traditionnels et agricoles. Et là, autant pour les rhums vieux, je me peux trouver mon bonheur dans les deux familles, autant pour les rhums blancs, ma préférence va sans conteste aux agricoles, qui sont plus riches et intéressants. De manière générale ils sont bien plus végétaux en bouche, ils sont frais et épicés et présentent (naturellement) les arômes du jus de canne.








To be continued...


dimanche 8 juin 2014

Donner un peu plus de crédit à l'agricole


Le rhum agricole et moi ça n'a pas toujours été une histoire d'amour.

Avant de vous parler de cette tardive idylle, un rapide rappel sur ce qu'est le rhum agricole, par opposition au rhum traditionnel (je ne vais pas énumérer toutes les sous catégories).
Commençons par dire que l'un comme l'autre sont fait uniquement à base de canne à sucre (si on met des côtés de potentiels ajouts, par exemple de caramel, pour influencer la couleur), mais il y a une différence de taille.

On a d'un côté le rhum traditionnel (souvent également appelé industriel - pour moi ces deux mots sonnent contradictoires d'ailleurs, mais bon), c'est le rhum qui est fait à base de mélasse, sous-produit de la production de sucre. Vous récoltez votre canne, vous faites votre sucre et il vous reste un truc : la mélasse ; c'est ce produit qui va être distillé et donner votre rhum traditionnel. Historiquement la distillerie était souvent rattachée à une sucrerie mais bien souvent, la sucrerie attenante ne suffisait plus à fournir la distillerie qui devait alors acheter des mélasses à d'autres sucreries (voire à d’autres pays). Certaines distilleries ne sont d'ailleurs absolument pas rattachées à une usine sucrière et doivent donc importer l'intégralité de leur matière première.
La canne à sucre produit donc deux sources de revenus : le sucre et le rhum.

De l'autre côté, nous avons le rhum agricole. Ce dernier est directement fait à partir du jus de la canne à sucre, le vesou (hop nouveau mot pour briller en société ;)). Ici la canne est donc cultivée avec pour unique usage la fabrication de rhum. Rien d'étonnant donc à ce que le goût soit différent, et pas qu'un peu ! Cette catégorie est très peu représentée dans le monde : Martinique, Guadeloupe, Île de la Réunion, Île Maurice, Guyane Française, Haïti, Brésil ; je ne crois pas en avoir oublié. J’ajouterais, même si c'est un peu simplifié, que le Brésil est surtout connu pour la Cachaça et Haïti pour ses clairins (et Barbancourt), qui a dit Velier ?
Depuis 8 ans, il existe également une appellation d'origine contrôlée, qui concerne uniquement les rhums de Martinique élaborés en accord avec les critères (très stricts) de cette AOC. Il a quand même fallu 20 ans de démarches pour faire voir le jour à cette appellation, c'est pas n'importe quoi, mais malheureusement, les consommateurs ne sont pas toujours au courant et on peut s'interroger sur les retombées positives de cette AOC sur les rhums de Martinique. Cela vaut-il vraiment le coup ? Personnellement je pense que oui, c'est le témoignage d'un sérieux et d'une exigence qui doivent être salués.
Il est à noter que la production de cette variété de rhum représente grosso modo (les chiffres varient selon les sources) entre 5% et 10% de la production de rhum dans le monde. Non, ça fait pas lourd et on a bien de la chance d'être français ! :)

Bon voilà, l'homme à la poussette remballe ses lunettes et son air de Monsieur je sais tout.


Oui, la bouteille est vide, c'est bon signe :)

Je crois que mon problème avec les rhums agricoles ça a été les mauvais rhums blancs (vous savez les trucs de supermarchés mélangés à des mauvais jus de fruits qui vous donnent mal au crâne le lendemain, et là je reste soft :P) bus en soirées durant ma jeunesse, depuis quelques années révolue. J'ai associé les mauvais rhums à un arôme précis, que malheureusement j'ai "longtemps" retrouvé dans les rhums agricoles - non, amateurs et défenseurs des rhums agricoles, ne me jetez pas tout de suite des fruits pourris, j'ai changé !
Par contre je n'ai jamais bien compris comment le changement s'est opéré. J'ai persévéré et ai continué à goûter des rhums agricoles de temps en temps, mais sans succès, jusqu'au jour où, en visite chez A'Rhum (oui ils ont fait beaucoup pour moi et pour l'intérêt de mon fils pour les poissons rouges :)), après avoir dégusté quelques traditionnels, Freddy m'invite à essayer le Depaz XO. Alors là en même temps, il n'a pas attaqué avec n'importe quoi le Freddy, cette bouteille reste un de mes rhums préférés, tout simplement (bon, ma bouteille est terminée, il va falloir se réapprovisionner). Et là je suis sur le postérieur, abasourdi. Un agricole sans ce "truc agricole" qui jusqu'alors me dérangeait. Pour être plus précis, je le sentais toujours (mais moins) et je le trouvais intéressant.
Je ne sais plus dans quel état j'erre, et presque sans m'en rendre compte, voilà que je repars avec la bouteille.
BIM ! Mon premier rhum agricole, le premier d'une série qui ne cesse, depuis, de s'agrandir.


Si je devais essayer d'identifier les principales différences gustatives entre les deux types de rhum décrits plus haut, voilà ce que je dirais :
- Les rhums agricoles sont souvent plus secs, végétaux et épicés que les rhums traditionnels.
Ma première chez l'Esprit
- Les rhums traditionnels sont souvent moins secs, végétaux et épicés que les rhums agricoles. Comment ça, c'est pas drôle ? Bon ok, les industriels sont souvent plus doux (si ce n'est sucré), sur des arômes de vanille et de caramel, et du coup sans doute plus abordables. Oui c’est sommaire et réducteur, mais j’essaye vraiment de parler d’une majorité, de cette majorité qui remporte tant de succès.

Attention, bien que j'ai maintenant appris à aimer les rhums agricoles, je n'en dénigre pas les rhums traditionnels pour autant. Quoi ? Qui a encore dit Velier ? Mais pas seulement les Demerara de chez Velier, non, là par exemple je déguste un Don Jose brut de fût du Panama de chez L'Esprit et je ne m'en porte pas plus mal ;)

Je ne sais donc pas ce qui a déclenché ce changement de cœur mais je suis bien content d'avoir pu agrandir mon éventail de recherche de rhums et d'avoir étendu mon champ des possibles !