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dimanche 9 octobre 2016

Mon Rhum Live 2016 - partie 2


Nous avoilà donc à la seconde partie, la seconde journée et la seconde série de dégustations de ce Whisky Live 2016 à Paris.

Elle s'est pour ainsi dire exclusivement passée dans la partie VIP (pas de VIP le lundi donc ouverte à tous). C'est là qu'étaient disponibles les rhums (et autres joyeusetés à haut degré d'alcool) embouteillés pour les 60 ans de la Maison du Whisky ; et il y en avait un paquet. Trop pour pouvoir prendre des notes exhaustives et détaillées pour chacune de ces bouteilles. Je vais donc être très rapide sur certaines et un peu moins sur d'autres. La manière dont j'ai fonctionné ici était plus au coup de cœur et moins à l'analyse.
Aller, on s'y jette (et on s'en jette un petit par la même occasion).

Commençons par cette gamme, qui a fait soulever plus d'un sourcil de curieux : Transcontinental Rum Line. Sur le papier, pas mal du tout : du brut de fût à petit tirage sur des distilleries connues. A noter qu'elle se compose de six rhums mais que le Diamond avait disparu dans d'atroces souffrances la veille.
Nous suivons l'ordre de dégustation conseillé par la personne de l'autre côté du comptoir et débutons donc par le Panama 2010. Et ne passons pas trop de temps dessus, je ne lui ai rien trouvé d'intéressant, si ce n'est peut-être son côté fumé sur la finale. Voilà, voilà...

Second arrêt de cette croisière rhumesque, la Jamaïque, mais une Jamaïque à tendance gourmande (surtout au nez) et par trop typée, avec le Worthy Park 2006. La poire et la banane sont assez impressionnantes au nez. En bouche, il est plus sec que l'on pouvait s'y attendre et l'alcool est assez présent. La finale est à dominante empyreumatique et je lui ai trouvé une touche... fromagère, ben ouais. Pas mal ce rhum.

On part ensuite en Guyane Anglaise et donc dans la région du Demerara, avec cet Uitvlugt 1998. Je n'aurais pas du tout reconnu de quoi il s'agissait à l'aveugle. Empyreumatique et végétale et une finale sur un brûlé assez sympa. Ouais bon, ne casse pas trois pates à un canard.

Et hop, retour en Jamaïque mais cette fois-ci chez Hampden, avec ce millésime 2000. Un nez très lacté et très Hampden. En bouche, lui aussi est végétal et légèrement piquant. La finale est très longue sur des notes grillées en plus des autres arômes. Il se défend, surtout son nez.

Dernier arrêt à la Barbade pour un... Foursquare 2006. Et oui, encore un. Il ne déroge pas à la règle : c'est bon sur les arômes habituels, cependant il m'a donné l'impression d'avoir un alcool un peu trop présent en bouche.

Au final, une série qui ne m'aura pas conquis dans son intégralité.


Deux embouteillages de chez Berry's ensuite avec un Monymusk (Jamaïque) et un Demerara (Guyana), sans plus de précision sur l'alambic utilisé.
Je passe rapidement dessus car ni l'un, ni l'autre ne m'ont emballés. Ils ne sont pas mauvais mais ne proposent rien de nouveau et je ne leur ai pas trouvé une réelle identité.


Un petit passage en Haïti, car même s'il n'y avait pas de nouveau batch de clairin, un nouveau clairin était disponible : un blend des trois (Sajous, Vaval et Casimir), réduit à 45%. Franchement je n'en attendais pas grand-chose étant donné que pour moi chacun de ces "rhums" d'Haïti a sa propre identité, je me suis demandé "pourquoi les gâcher en les mélangeant ?". Eh bien, cela a été une agréable surprise. Nous avons des marqueurs inimitables des clairins et on se prend même à chercher (voire à trouver ^^), l'influence de l'un et de l'autre... Pas mal !


Deux Rum Nation "Small Batch" de Guyana : un Enmore et un Diamond.
Le Enmore ne m'a pas plu avec son manque de chaleur et de gourmandise (typique vieillissement continental, dans ce qu'il n'a pas de meilleur).
Le Diamond, en revanche a deux visages : un nez gourmand sur le caramel, le bois, la réglisse et un léger tabac et une bouche très différente sur des notes fumées. Intéressant.


Petite escapade chez les agricoles pour continuer, avec Neisson, Bally et Bielle.


Neisson, d'abord, avec deux 2007, l'un embouteillé avec la Maison du Whisky et l'autre avec Velier (et une différence de 0.1%). Ils sont bons, mais je n'ai pas eu de coup de cœur, comme par exemple sur le 2004 de l'année dernière. Un tout petit mot quand même ; le LMDW est assez porté sur la noix et m'a fait penser (en moins bien) au Single Cask 2004 japonais. Le Velier est plus expressif mais sans être meilleur. Au suivant.


Et le suivant c'est un rhum qui avait déjà fait couler pas mal d'encre avant d'être dégusté. Un Bally 1998 brut de fût - le premier brut de fût de la maison martiniquaise. Ajoutez à cela que c'est un millésime 1998 - année dite exceptionnelle dans la région - et vous avez un buzz.
Le nez m'a vraiment beaucoup plu, un très beau nez d'agricole sur les épices, le tabac et les fruits à coque. Malheureusement j'ai trouvé la bouche et la finale en dessous avec un peu d'astringence et un boisé trop marqué. Dommage, le début promettait tant...


Le Bielle enfin. Je ne dirais que ceci : j'aurais cru à un Libération à l'aveugle. Et ça, ça veut dire beaucoup et en bien ! :)


Pas le temps de dire "ouf" que l'on repart avec un autre embouteilleur indépendant : Silver Seal.
Là aussi, deux rhums. Un Uitvlugt d'abord. Encore un qui ne m'a pas fait vibrer ; là aussi rien de nouveau ou d'intéressant. Un Hampden ensuite, bien typé, avec son lot de fruits pourris, de touche acide, de tabac et de solvant. Malheureusement, il manque de gourmandise à mon goût, ce qui m'empêche de l'apprécier pleinement.
Ce qui n'est pas le cas du Hampden de chez Habitation Velier (l'officiel, pas celui pour les 60 ans de LMDW, que je n'ai pas goûté), qui est tout simplement une bombe et peut-être même le meilleur jamaïcain que j'ai pu déguster ! Intense, gourmand, extrême, long, complexe... Une tuerie.


Une des dernières étapes se passe à la Réunion, avec la distillerie Savanna et deux nouveautés, les deux ayant subi une très longue fermentation puisqu'il s'agit de rhums grand arôme.
Le blanc est un grand arôme brut de fût à 57% dans la série des Lontan. Comme on peut s'y attendre le nez est extrêmement expressif sur des arômes de pomme, de caramel brûlé et un côté épicé/médicinal. Pas vraiment gourmand mais très intéressant de par son intensité. Cette gourmandise va venir ensuite en bouche de manière très agréable.
La "vraie" nouveauté est le vieux, qui est le premier de la série HERR (High Ester Rum Reunion), un brut de fût, qui a été conçu de manière à être le plus "extravagant" possible. Je ne me suis pas encore renseigné sur les détails de production, mais de ce que j'en sais, c'est une sorte de "très grand arôme" (terme qu'il va falloir que je pense à déposer :p).
Ce truc est juste un ovni ! Des arômes hyper intenses et pour ainsi dire jamais rencontrés, de cette manière, auparavant. Ce qui m'a le plus frappé, c'est la fraise et la cerise, qui ne m'avaient jamais sautées au nez de cette manière. Il y a beaucoup d'autres choses là-dedans et le résultat est unique et la longueur hors du commun (mieux vaut finir une dégustation par cette chose ^^). Il n'a pas fait l'unanimité mais n'a laissé personne indifférent. Personnellement ce n'est pas mon truc.


Pour finir (ou presque), allons en Thaïlande avec le rhum blanc pur jus que vous connaissez déjà, le Chalong Bay. Je l'aime bien ce rhum Thaï, très jus de canne mais avec beaucoup de douceur. Il y a de la nouveauté chez eux aussi avec trois rhums infusés. Cette infusion se fait lors de la distillation avec les vapeurs des herbes et épices (locales) en question. J'ai fait l'impasse sur la cannelle (je n'aime pas ça) mais ai goûté le basilic thaï et la citronnelle, deux herbes aromatiques que j'aime beaucoup.
Le citronnelle est très marqué par cette herbe, voire trop. Elle domine clairement le rhum. Le goût est cependant bien franc et pas déplaisant, sans doute plus pour cocktails selon moi.
Celui au basilic thaï en revanche est super bien mesuré et offre la fraîcheur et le goût anisé de cette herbe sans masquer le rhum, que ce soit au nez ou en bouche ; la finale est même dominée par le rhum. Une curiosité réussie selon moi.


C'est en fini des rhums mais je ne pouvais fermer ce nouveau chapitre Whisky Live sans vous parler d'un whisky qui m'a marqué, et je n'étais pas le seul, loin de là !
La dernière destination sera donc le Japon avec la maison Nikka. Plus précisément un Single cask Coffey Grain brut de fût de 1995. C'est bien simple, tous les gens qui y ont goûté (et il y avait de sacrés palais) ont cru qu'il s'agissait d'un rhum. Mais attention un rhum qui serait dominé par une noix de coco super gourmande et complétée par un boisé léger et des notes discrètes de tabac (ça peut faire penser à des rhums de Belize voire de la Barbade). Cette noix de coco a conquis tous les dégustateurs. Une très belle découverte !



Cette fois-ci s'en est fini, j'espère que vous aurez apprécié le voyage en ma compagnie :)



Retrouvez la première partie ici-même.

dimanche 19 avril 2015

Le 10 avril 2015, une journée placée sous le signe du rhum



Vendredi 10 avril, pas LA journée du rhum, non non ; juste une journée forte en rhum(s) !


Une bien jolie photo ! Merci Jean-Claude :)
Comme vous devriez désormais le savoir, se tient à Paris, le dernier w-e de mai le salon dédié au rhum, le Rhum Fest.
Il y aura bien entendu un paquet, que dis-je, UN PAQUET d'exposants qui seront là pour vous faire déguster leurs produits, mais également des master class ou encore un bar collector.

C'est également l'occasion de décerner des médailles aux meilleurs rhums dans 17 catégories différentes. Oui, dix-sept catégories ; et là, vous vous dites : ça doit en faire des bouteilles ! Eh bien vous êtes encore loin du compte :) Je vais vous expliquer pourquoi je vous dis ça.
Un concours donc, avec comme souvent dans une compétition, des éliminatoires.

Ces éliminatoires se tiennent sur quatre journées et permettent d'effectuer une première sélection. Les rhums ainsi choisis seront alors dégustés par un jury de professionnels internationaux, qui décernera les médailles.

Le premier jour de ces éliminatoires s'est tenue le... 10 avril. C'est bien, vous suivez.


J'étais juste en face - vraiment sympa :)
Les quatorze jurés du jour ont rendez-vous dans un bar/restaurant du 13ème arrondissement de Paris, rue des Cinq Diamants.

Dix heures (ou presque ;)), tout le monde est là et je retrouve certains autres amateurs de ma connaissance.
Le briefing commence, nos deux maîtres de cérémonie nous expliquent comment la journée va se dérouler.
Nous sommes séparés en trois groupes tirés au sort, chacun à sa table, où nous sont remis les différents documents nécessaires (principalement les fiches de notation bien entendu).

Le matin sera dédié aux rhums blancs à base de pur jus de canne. Ça me plait ça !
La table une aura à tester les 40°, tandis que les tables deux (la mienne) et trois seront sur les 50° et plus.
Mes quatre camarades de tablée et moi-même nous installons et je réalise alors le nombre de verres sur la table, je les compte et je m'aperçois qu'il y en a : beaucoup !
Je comprends pourquoi quand nos hôtes nous expliquent que nous en avons treize à déguster, et ça, rien qu'à notre table, les autres en ayant un nombre sensiblement proche.
Treize rhums blancs d'au moins 50°, à 10h30 du matin, ça promet :D


Je vous laisse imaginer le doux parfum qui a envahi la pièce ;)
C'est parti !

Chaque verre est habillé d'un post-il portant le numéro du rhum qu'il va recevoir. Une fois cette première étape accomplie, c'est la danse des bouteilles ; une sorte mercato :
"Il me faut la deux, qui a la deux ?
- Moi j'ai la onze là, il me manque encore la une, la quatre et la sept.
- Tiens la sept, tu me file la onze. Et si quelqu'un a la trois sous la main, je prends.
- Moi je viens de coller mon dernier post-it, il me faut tout !
- BINGO !"

Studieux qu'on vous dit !
Règne alors un silence religieux à ma table. Nous sommes concentrés sur la tâche qui nous incombe.
Nous devons noter l'aspect visuel, le nez, la bouche, la longueur/finale et si oui ou non il a des défauts.
Au final cela donne une note sur vingt.

Chacun commence son "travail". Il n'y a que très peu de mots échangés, cet exercice est individuel et le calme est essentiel à de bonnes conditions de dégustation.

Échantillon numéro un. Ma technique sera la suivante : je commence par regarder la robe, ici le côté translucide, cristallin (normal pour des rhums blancs), je passe ensuite un bon moment sur le nez afin de déceler au mieux toutes les caractéristiques olfactives. Je prends alors une petite gorgée que je garde quelques secondes en bouche en faisant tourner le liquide partout, là encore pour déterminer de la meilleure manière possible les qualités (ou pas) du rhum et enfin je l'avale, en étant toujours très attentif à ce qu'il m'offre.
À ce moment-là j'ai déjà une bonne idée des notes que je vais mettre, mais afin d'être sûr et certain je me livre à nouveau au même exercice, si ce n'est que cette fois-ci je n'avale pas et me sers du crachoir prévu à cet effet.
Je finalise mes notes, les additionne et obtiens la note finale.
Voilà, et de un !

Les G.O.
Je mange un petit morceau de biscotte me rince la bouche et c'est parti pour le suivant, treize fois de suite :)

Quand je parlais de l'ambiance studieuse, c'était pour la première bouteille. Arrivés à la moitié de la série, on se détend un peu et on commence à entendre quelques commentaires et quelques blagues. Nous restons tout de même concentrés et persévérons sous le regard sévère des organisateurs ;).
Il y a du très bon et du moins bon.

Voilà, treize ! Nous rendons nos fiches de notation afin que les totaux puissent être faits.

Mais ça ne s'est pas arrêté là. Afin d'affiner la sélection, les deux tables qui avaient de 50° et plus vont goûter les quatre meilleurs de l'autre table et les noter à leur tour (nous avons dû en fait en goûter cinq dans la mesure où il y avait deux ex-æquo à la table trois).

Hop, cinq de plus et c'est après avoir donc testé dix-huit rhums que nous sommes passés à table. Et ça tombe bien, je mourais de faim ; après tout ce liquide, du solide sera le bienvenu !
Un faux-filet (très bien cuit) des pommes de terre sautées, une petite ratatouille et pour finir un mi-cuit au chocolat.

Me voilà quelque peu requinqué et prêt pour la seconde dégustation.


Et c'est reparti !
Nous reprenons nos places et nous apprenons "à quelle sauce nous allons être mangés". A ma table, ça sera les rhums vieux de mélasse de 7 à 10 ans de vieillissement, la table numéro une nous aidera dans cette tâche.

Neuf rhums de plus !

Et là, il y a de tout ; des anglais, des espagnols et même du rhum français. Et il y a du bon et du moins bon (voire du vraiment pas bon).

Nous nous livrons donc au même exercice que dans la matinée - marrant au passage de reconnaître des rhums (ou du moins penser en reconnaître ^^).

Nous arrivons au terme de la découverte de ces rhums de mélasse (dans une ambiance bon enfant et encore un peu moins studieuse).
Voilà, 28 rhums, ça nous aura fait une journée chargée (oui il n'y a pas que la journée qui était chargée... ;)).

"Comment ? Oui, pardon ? De quoi ? Quatre de plus ? Ah oui quand même !"

Et oui quatre de plus, les quatre premiers de la table numéro une arrivent chez nous tandis que nos qualifiés passent chez eux.


C'est avec une langue qui pique un peu que j'achève le dernier verre de ce marathon.



La petite dernière Caroni par Velier
Et là, vous vous dites : il a dû rentrer s'effondrer chez lui jusqu'au lendemain matin, après avoir bu 32 rhums. Que nenni !
Il faisait beau et bon ce jour-là et je devais rendre visite à un pote à la Maison du Whisky de Odéon pour y découvrir les deux nouveaux Caroni.
Conclusion logique : me voilà sur le chemin vers le carrefour de l'Odéon ; et puis, je me dis qu'un peu de marche ne pourra pas me faire de mal :)

Je flâne un peu, passe du 13ème au 6ème et après un second déjeuner (oui ça creuse tout ça ;)), j'arrive en vue de mon objectif.
Je salue Raoul et ses collègues. On papote rhum et il me sort les deux bouteilles que je suis venu déguster.

Alors oui, je sais, mon palais n'était plus dans les meilleures dispositions pour déguster un nouveau rhum (et encore moins deux) mais après y avoir trempé mes lèvres, j'ai été assez enthousiasmé par la version réduite à 55°, qui pour moi est plus fruitée et moins sur les arômes monolithiques de Caroni que sa version à 64.5°.
Bref me voilà sorti de la boutique avec un sac sous le bras...


Et c'est donc bien avec trente-quatre rhums dégustés que s'achève cette journée placée sous le signe du rhum : un gros SIGNE du rhum :)


On se prépare pour l’événement ! ;)








dimanche 22 mars 2015

La Martinique, la Guadeloupe... et Louviers - Partie 1



Il y a quelques semaines, un certain Florent me contactait pour me parler d'un salon de dégustation de spiritueux, qui se tiendrait dans la mégalopole normande de Louviers et m'invita à m'y rendre.

De bonnes têtes de vainqueurs :)

Louviers est une petite ville de l'Eure (en Normandie) qui se trouve à une centaine de kilomètres de Paris.
Depuis 4 ans, elle est le théâtre en mars d'un salon de dégustation de spiritueux, avant tout de whiskies mais également, depuis deux ans, de rhums.

Bref, je vérifie mon agenda de ministre, évoque l'idée avec mon allemande de femme et l'idée devient réaliste et concrète.
Rendez-vous est pris pour le dimanche 15 mars !


Et donc nous y voilà, dimanche dernier, en route pour Louviers. Après un épisode Rouennais sur lequel je ne m'attarde pas, pour ne pas passer pour un vil individu (oui je sais, en disant ça j’attise votre curiosité mais je ne dirai rien :p), direction Louviers à une trentaine de kilomètres de là.
On se gare un peu au hasard et je rentre dans un troquet pour demander mon chemin vers les Caves voûtées du Moulin, de sympathiques habitués hauts en couleur me renseignent ; on a de la chance, nous ne sommes qu'à 3 minutes à pieds.

Après une petite frayeur (pas moyen de mettre la main sur les tickets) et à l'aide de la technologie moderne (j'ai pu les retrouver dans mes mails sur mon téléphone), nous pouvons enfin pénétrer dans le bâtiment qui abrite l'événement.
A l'entrée, on nous attache un petit bracelet en tissu au poignet et l'on nous remet un calepin présentant les différentes marques, un stylo (ce qui s'est avéré fort utile pour prendre des notes, même si vous vous en doutez, un professionnel de ma trempe avait bien entendu tout prévu - ou pas :P) et bien sûr, un verre.


Le terme "cave voûtée" désigne en fait... une cave voûtée. De rien.
C'est parti !


Tout d'abord je dois parler du lieu en lui-même, vraiment super sympa et bien choisi. Les caves voûtées donnent un cachet certain et offrent suffisamment de place pour permettre à un grand nombre d'exposants de présenter leurs produits. Une vraie ambiance s'en dégage !


Je fais un rapide tour du propriétaire et repère quelques marques bien connues.


Je jette mon dévolu sur Mezan pour commencer et débute par leur Long Pond 2000. Long Pond est une distillerie de Jamaïque qui produit des rhums habituellement assez expressifs et complexes ayant une profondeur intéressante. Là je dois avouer être un peu rester sur ma faim, peut-être les 40% d'alcool qui lui coupent un peu les ailes. Pas désagréable pour autant mais j'en attendais sans doute trop, je plaide coupable.
J'aurais bien voulu en goûter un ou deux autres mais pour une raison dont je ne rappelle pas (non je n'étais pas - encore - pompette) j'ai quitté leur stand.
Quoi qu'il en soit, j'ai entendu dire qu'il n'était impossible que Mezan sorte des bruts de fûts à l'avenir, voilà de quoi relancer mon intérêt pour cette marque.


Un peu plus loin je repère un grand barbu de ma connaissance et vais lui présenter mes respects. On papote un peu et il me parle des différentes distilleries représentées au salon. J'apprends qu'il travaille en fait sur le salon et s'occupe des rhums de tradition française distribués par Dugas (Trois Rivières, La Mauny ou encore Séverin). Rien qui m'intéresse - car je les connais déjà - sur ce stand, mais une sélection variée de blancs et de vieux présentant une belle variété de rhums des Antilles Françaises, parfaite pour faire découvrir nos rhums.
Il m'indique également où trouver le Bar aux Curiosités où se trouve Florent (oui, celui-là même qui m'avait contacté quelques semaines plus tôt). Ce sera ma prochaine étape.

Une étagère comme on aimerait en avoir chez soi :)

Je commence à jeter un œil à l'imposante étagère remplie de merveilles en tous genres, un très beau florilège de spiritueux : whiskies, rhums, mezcals... !
Comme vous pouvez vous en douter, c'est la seconde catégorie qui attire le plus mon attention.

La voici !
Je vois quatre rhums que je n'ai pas encore eu l'occasion de goûter, dont le Montebello 1982 dans sa carafe à ruban rouge bien reconnaissable.

Un groupe de personnes discutent non loin de là, je me rapproche et pense identifier mon hôte, et en effet c'est bien lui. On y va de nos très originaux "Salut Florent", "Salut Laurent" et on commence à papoter. Il m'explique un peu comment l'organisation s'est passée, quels distilleries/distributeurs ont pu venir, ainsi que sa philosophie de partage dans ce monde des spiritueux.

Et là comme pour illustrer son propos, il me sert un verre de ce Montebello 1982. Qu'est-ce qu'il nous raconte ? Premièrement il faut savoir que c'est un traditionnel et non un agricole. Objectivement c'est un produit de qualité qui offre une certaine fraîcheur, qui vient donner du peps et une longueur impressionnante. Malheureusement pour moi, il présente aussi cette saveur de caramel brûlé qui me dérange parfois sur certains rhums de Guadeloupe.
Je sais qu'il plairait à certaines de mes connaissances mais moi, ce n'est pas mon truc ; un peu comme les vieux Damoiseau (d'ailleurs pas si loin de celui-ci gustativement).


Après ce sympathique intermède, je repars dans la foule, pour aller y "picorer" les rhums qui m'intéressent, m'intriguent, que j'aime ou auxquels je veux donner une seconde chance.

Une bonne petite sélection ma foi
Etape obligée, de par la diversité de leur offre et la qualité des produits distribués : la table LMDW,
Pas question cependant de tout goûter, j'en connais déjà une bonne partie.

Premier arrêt : Rum Nation Barbados, que je ne connaissais pas.
Sans aucun doute, nous sommes à la Barbade, on reconnait bien ce profil typique avec cependant deux particularités. Tout d'abord, c'est doux ; pas liquoreux ou écœurant mais légèrement sucré et je ne trouve pas que cela colle (à cause du sucre peut-être :p) avec la typicité Barbade. En revanche j'apprécie plutôt ce côté torréfié habituellement absent des rhums issus de ce pays. Au final un rhum pas mauvais, qui plaira à certains mais auquel je privilégierai par un exemple un R.L. Seales.

Second arrêt : Savanna 5 ans.
La maison Savanna se trouve à la Réunion et est une distillerie qui sort un nombre insensé de rhums différents : des traditionnels (à base de mélasse), des agricoles (à base de jus de canne), des grands arômes (un temps de fermentation long), des finitions (quelques mois passés dans des fûts ayant contenu d'autres alcools après le vieillissement principal), des bruts de fûts (le rhum étant mis en bouteille à son degré alcoolique naturel de sortie de fût)...
Je ne connais pas encore bien ce qu'ils font et je le regrette, il va falloir que je mette les papilles sur des bruts de fûts et des grands arômes. Si vous voulez en savoir plus sur Savanna, foncez là :
http://durhum.com/distillerie-savanna/
Les cheveux gris viennent d'un défaut de l'appareil photo bien entendu

J'ai quand même (re)goûté leur traditionnel 5 ans d'âge, une base dans leur gamme. Bon et bien je n'aime toujours pas ; pour moi la principale caractéristique gustative de ce rhum c'est le plastique brûlé (que je retrouve sur plusieurs rhums de la Réunion et auquel je ne me fais pas).
Cela ne me rebute absolument pas pour le reste de la gamme, d'autant moins quand j'entends le plus grand bien de certaines de leurs bouteilles.

Troisième arrêt : Clarin Sajous batch 2.
Déjà dégusté lors du Whisky Live en fin d'année dernière.
Je vous ai déjà parlé des clairins, ces rhums haïtiens on ne peut plus naturels, tout étant réalisé à l'ancienne.
Trois clairins sont trouvables par chez nous, tous trois sélectionnés et distribués par Luca Gargano qui est allé sur place, a visité bon nombre de distilleries et a choisi les trois plus intéressantes pour nous en faire profiter, ici en Europe.
Il y a déjà eu deux "batchs" (deux millésimes en quelque sorte), un en 2012 et un en 2013 pour chacun des trois (Sajous, Vaval et Casimir). Il s'agit ici du clairin Sajous 2013.
Je l'avais beaucoup aimé dans sa version 2012, très fraîche, sur le jus de canne et les agrumes.
Son petit frère est moins net, moins précis. Il se rapproche un peu du Vaval batch 1 mais sans être aussi attractif à mon goût. Il reste très expressif, trait commun à tous les clairins et reste un très bon rhum. Si vous n'avez jamais dégusté ces clairins, foncez, ils valent le détour.



To be continued...



dimanche 28 décembre 2014

Une - autre - très sympathique soirée entre confrères

Bonsoir à vous, les amateurs de bonnes choses ! 


Un mur qu'on aimerait avoir chez soi :)
Au début du mois j'ai eu l'occasion d'être convié à une soirée dégustation avec d'autres membres de la Confrérie de Rhum (le groupe Facebook) à la boutique d'Odéon de la Maison du Whisky.

En deux mots, la Maison du Whisky (LMDW pour les intimes) est une entreprise qui importe, distribue et vend (dans ses quelques enseignes) principalement des spiritueux.
Comme vous êtes malins, vous aurez deviné qu'ils sont spécialisés dans le whisky, bien vu ! Heureusement pour moi, ils ont à leur catalogue tout un tas d'autres spiritueux : cognac, calvados... Et bien sûr, rhum !
C'est justement cette boutique tout à côté d'Odéon à Paris, qui offre le choix le plus varié, avec au rez-de-chaussée et au sous-sol le magasin à proprement parler et un espace dégustation au premier étage. J'ai d'ailleurs hésité à appeler cet article : "La ligne 4 ou ma route du rhum - 4ème arrêt : Odéon", mais cet article porte plus sur la soirée que sur la boutique en elle-même.


Rendez-vous était donc donné juste après la fermeture du magasin pour les privilégiés du soir. L'idée : déguster des rhums de chez Velier (plus besoin que je vous présente cette honorable maison italienne ;)) ; je prends !



Deux des nouveaux demerara.
Simplement une très jolie photo !
Un petit mot tout de même pour vous dire que dans l'après-midi avait lieu une dégustation de quelques-uns de ces rhums, ouverte au public. Il y a un certain nombre de dégustations du genre à la boutique d'Odéon, renseignez-vous, ça peut valoir le coup (et il y a de tous les spiritueux, pas que du rhum).
Je n'ai pu que profiter de quelques minutes de cet évènement, juste le temps de me voir offrir un clairin Sajous sur glace, et pourquoi pas ?



Après avoir salué quelques confrères que j'avais déjà pu rencontrer lors d'autres événements, direction le premier étage, c'est là que ça va se passer.

Je vois un petit peu se qui se trouve sur la table : des clairins, des Caronis, des Demerara... Bon bon bon, ça va bien se mettre tout ça :D

Le Daniele en pleine contemplation.
Mais avant de passer à la dégustation, nous attendons notre maître de cérémonie : Daniele (prononcez à l'italienne : Daniélé).

Daniele travaille chez Velier et j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de parler avec lui à plusieurs reprises ; quelqu'un de passionnant, qui a vécu de nombreuses expériences rhumesques et qui en connait un rayon.



Ça remplit, ça remplit... ça remplit ;) 
Bien sûr, Raoul et ses camarades de LMDW seront également là pour s'assurer que tout se passe bien (comprendre : que les verres soient toujours pleins ;)).

Je vais également profiter de la présence d'un confrère photographe pour illustrer cet article de photos d'une bien meilleure qualité que d'habitude :D (comment ça, c'est pas dur ?!). Il va y en avoir un paquet !


Merci à Cig Cigar ;)


Les trois côte à côte.
Nous ouvrons les hostilités par Haïti et un de ses clairins : le Sajous version 2013. Ces clairins sont définitivement super intéressants. Rappelons que ce sont des rhums (blancs) élaborés à partir de jus de canne (et pas de mélasse) qui offrent des arômes très intenses qui viennent principalement du temps de fermentation très long. Velier nous présente depuis l'année dernière des clairins de trois distilleries différentes : Sajous, Vaval et Casimir. Ces premiers millésimes (2012) ont des profils très différents les uns des autres (que dire de l'extrême Casimir ?!) et ma préférence allait au Vaval, que je trouvais le plus équilibré des trois, avec une très belle proposition à mi-chemin entre les caractéristiques d'un pur rhum agricole et des arômes rares et riches de fruits et de truffe, autrement dit, à la jonction du Sajous et du Casimir.

Les 2013 sont pour moi moins éloignés les uns des autres mais toujours exceptionnels de richesse aromatique.


Les bouteilles au fond sont ouvertes :D
En plus de nous parler des rhums en eux-mêmes, Daniele nous raconte Haïti et c'est captivant : un quelque chose de Paradis perdu.
Un pays épargné par beaucoup des travers de l'industrialisation et de la modernité, une nature vierge, des habitants très accueillants et des produits les plus naturels possibles.


Sur la photo de gauche, en plus des trois bouteilles sur lesquelles je vais revenir, l'ordinateur portable sur lequel Daniele nous a montré bon nombre de photos d'un de ses voyages à Haïti et surtout, bien sûr, des distilleries, ce qui nous donna une idée des conditions dans lesquelles ces rhums (clairins) sont élaborés.
On ne peut s'empêcher de faire le lien entre ces arômes végétaux et fruités et le pays dont ils sont issus, on boit un petit peu d'Haïti !


En parlant d'Haïti, Daniele nous a transporté sur place de par ses anecdotes mais il nous a aussi bien fait marrer avec ces histoires de "koko" et de "zozo" (je vous laisserai vous renseigner sur ce que c'est :p), comme en témoignent les photos suivantes :


"De ce poids-là."


"De cette taille-là."
"De cette forme-là."
  
"De cette puissance-là."

Bref.^^

Le Caroni en question (et un ptit truc)
Suite de la dégustation, nous passons aux Caronis en commençant par un rhum qui n'est composé qu'en petite partie de Caroni : le Papalin. En effet il s'agit d'un assemblage de trois rhums, l'un cubain, le second du Venezuela et le troisième, donc, de Trinidad. L'ensemble a donc trois influences différentes et est assez doux. C'est un bon rhum équilibré pour entrer dans les spiritueux de canne de qualité.

Après cette entrée en matière, nous passons au Caroni 1996 version réduite à 55°. Il est excellent, bien supérieur, selon moi, à la version 1994 de 18 ans. Son boisé est très présent mais sous différentes formes, tels que les fruits secs et c'est définitivement un des Caronis les plus agréables qu'il m'ait été donné de boire. Je devrais pouvoir mettre la main sur une version non réduite prochainement, j'ai hâte de voir ce que ça peut donner.

Je ne m'étends pas trop sur Caroni ayant consacré les quatre derniers articles de mon blog à cette distillerie. Mais en deux mots : des rhums atypiques pour amateurs avertis, qui une fois domptés peuvent offrir ces sensations uniques. Il m'aura fallu du temps mais ça y est je les ai apprivoisés et j'espère pouvoir déguster de vieilles bouteilles (surtout les Velier) !



Mon téléphone avec la photo des samples de la boutique éphémère.
Dernière étape du voyage : la Guyane Anglaise et plus précisément la région de Demerara.

Nous avons pu goûter deux des nouveaux embouteillages : Le Diamond 1999 et le blend (assemblage) Diamond and Port Mourant 1995. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de ces rhums ; lors de ma visite à la boutique éphémère où certains de ces rhums étaient disponibles en avant premières (ils n'étaient alors pas encore mis en bouteille) et également lors du Whisky Live il y a quelques mois.

Et des cigares ;)
Confirmation de mes impressions d'alors, le Diamond 1999 n'est pas trop à mon goût, je le trouve un peu âpre, comme trop marqué par le bois.

Je lui préfère le blend, qui pour moi est mieux réussi et plus équilibré entre le distillat et l'influence du fût.

Cependant sur les quatre sortis à la rentrée, ce sont les deux autres (pas en dégustation ce soir-là) auxquels vont ma préférence, le Uitvlugt 1997 et le second blend, le Enmore and Port Mourant 1998 (n'hésitez pas à lire la critique détaillée et très bien écrite : http://durhum.com/enmore-port-mourant-1998/).


De la bogossitude un peu partout (et je ne parle pas (que) de moi :P Hahaha... hum, désolé)


C'est sur ces belles choses et beaucoup de discussions entre amateurs que s'est achevée cette soirée à LMDW, mais qui s'est ensuite prolongée dans un tout nouveau bar à cocktails du second arrondissement : le Mabel.

J'avais déjà pas mal entendu parler de cet endroit et de son vaste choix de rhums, ainsi que ses "vrais" cocktails originaux, pas des trucs à deux ou trois ingrédient, non, de véritables créations gustatives.

J'avais une photo de mon cocktail du soir, mais la qualité plus que médiocre (pour ne pas dire totalement pourrie) de cette dernière m'a dissuadé de vous la montrer - croyez-moi c'est pour votre bien !


Je vais plutôt finir par deux photos marrantes pour conclure cet article et essayer de vous transmettre l'ambiance qui a régné durant cette soirée :)

Merci à Raoul (malgré son gilet ;))
Saurez-vous reconnaître les rhums cachés sur cette photo ? :)

dimanche 27 juillet 2014

Le Rhumathon

Bonjour à tous,


Il y a quelques semaines, je vous ai emmené sur ma route du rhum.
Et puis je me suis dit "Et si je passais par toutes ces boutiques en une journée ?".
Oui j'ai des idées bizarres.
Ça tombe bien, en ce moment mon w-e est sur le dimanche et le lundi, ce qui me laisse donc un jour de semaine pour visiter mes cavistes préférés (et donc avec pas grand monde, ce qui permet d'avoir les vendeurs pour soi - oui il m'arrive d'être un peu perso ^^).
Et comme tout événement sportif de portée internationale, il sera immortalisé par un nombre non négligeable de photographies !

Mon esprit enfiévré s'est mis à élaborer des plans pour pouvoir passer chez les trois dans la même journée mais sur un laps de temps "limité", parce que quand même j'ai aussi d'autres trucs à faire dans la vie ; oui je sais, c'est triste :p

Quoi qu'il en soit, le lundi en question se rapproche, je trépigne à l'idée d'y être et nous sommes prêts mon plan et moi !
Ce n'est que le matin même que je me rends compte que A'Rhûm et Christian de Montaguère n'ouvrent pas avant l'après-midi (14h30 pour le premier et 14h00 pour le second)... Voilà qui ne fait pas mes affaires et qui met mon plan de conquête du monde en péril !

Donc je m'adapte ; nouvelle organisation : Julhès en 1 (ils ouvrent à 10h00 :)), CdM en 2 et A'Rhûm en 3.

Bien évidemment, ça ne va pas se passer comme ça non plus :D


La station la plus lointaine de chez moi sur la ligne 4.

Midi et demi, départ de l'appart, direction Julhès.

Moi, j'adore cette entrée !

Une bonne demi heure plus tard, arrivée dans cette vénérable maison. Je me dirige tout de go dans le fond du magasin vers les spiritueux mais je ne vois aucun des deux vendeurs auxquels je suis habitué et qui connaissent bien leur rayon (dont ce fameux spécialiste en fromages qui en connait plus que moi sur les spiritueux ;)).
Mais très vite le caviste vins vient à mon aide. Je demande avant tout si je peux prendre quelques photos pour mon blog, ce qui ne pose pas de problème.


Je déguste ensuite deux "petits" rhums, dont le Fair Belize, qui m'avait beaucoup plu il y a un an et que j'avais acheté. Eh bien, il me plait toujours bien, il manque sans doute d'un peu de complexité, mais j'aime vraiment son boisé.

La majeure partie de leurs rhums (vous reconnaissez la bouteille pile au centre ?)


Je fais également un petit point sur ce qu'il leur reste en Velier, à savoir pas grand chose et puis j'y vais. Je prends une photo de la boutique depuis l'extérieur et je me rends compte que cette visite m'a pris bien moins longtemps que prévu et qu'il est trop tôt, les autres cavistes n'étant pas encore ouverts.



Que faire pour "tuer" le temps mais sans sortir du thème de la journée ?




Et c'est là que me vient l'idée folle d'intégrer une quatrième étape sur la ligne 4, également appelée "ma route du rhum" : La Maison du Whisky à Odéon (oui cette ligne 4 est vraiment bien achalandée dites donc ! :D).
Là aussi je voulais surtout voir si certains Demerara de Velier avaient survécu et il n'y avait en magasin que du Diamond (81 et les deux 96 si je ne m'abuse) dont je suis déjà suffisamment pourvu.

C'est là que j'ai fait la connaissance de Raoul, sympathique vendeur (même si je n'ai eu connaissance de son prénom que plus dans la journée) avec lequel j'ai pu parler de pas mal de choses, Velier, le monde du rhum, les prix qui montent, la tendance à suivre l'exemple du whisky ou encore d'autres embouteilleurs indépendants.

Je n'ai même pas eu le réflexe de prendre une photo de la boutique, ça sera pour autre fois...

Une foi dehors, me voilà donc du côté d'Odéon, il est environ 13h55 et là je me demande où je vais, le premier magasin qui ouvre ou alors le plus loin de chez moins pour finir par celui sur le chemin de la maison ? Après avoir buggé quelques minutes (certaines personnes ont dû se demander ce que ce charmant jeune homme faisant à rester planté là dans la rue comme un benêt :p).



Station synonyme de rhum depuis un bon moment dans mon esprit monomaniaque, même si cette fois, je n'ai pas pris le metro :)
Bref, je choisis la seconde option et me voilà en chemin pour A'Rhûm et comme j'ai une demi heure pour y arriver je décide donc de me faire le trajet à pieds ; je ne me plains pas, le chemin étant fort sympathique.


Après cette agréable balade, me voilà donc un peu en avance. Peu de temps après Freddy arrive et ouvre la boutique - bon je sais que ce n'était pas juste pour moi, mais ça m'a un peu donné cette impression et ce n'était pas désagréable ;)

Les fameux tonneaux qui montent la garde :)
Nous parlons de différentes choses et en arrivons naturellement vers le fond de la boutique pour la phase dégustation. Aujourd'hui au menu : cachaça.

En effet je n'avais encore jamais eu l'occasion de m'intéresser à cet alcool de canne à sucre brésilien, mais avec cette magnifique victoire de Brésil lors de la Coupe du Monde organisée sur place je me dis que c'est l'occasion !
Comment ? Pardon ? Ah... Ils n'ont pas gagné ? Ils ne sont fait pour le moins malmener par l'Allemagne ? Oui bon en fait j'avoue j'étais au courant, je vous rappelle que ma femme est allemande. Le hasard a même voulu que nous regardions la finale dans un château à boire du champagne (dure la vie hein :p), mon épouse m'ayant fait une fort agréable surprise ce w-e là. Merci mon Amour <3

Là où se cachent, principalement, les rhums agricoles.
Bref, cela ne v'a pas m'arrêter dans ma dégustation de cachaça. Rappelons rapidement que c'est un alcool uniquement distillé à base de vésou mais à degré moidre à la sorti de l'alambic. Elle est dans l'immense majeure partie des cas blanche (non-vieillie) et sert de base pour cocktails ; qui a dit caïpirinha ?

J'en ai goûté cinq si je ne m'abuse. Une qui se rapprochait franchement de certains rhums blancs agricoles, pas désagréable du tout donc. Une autre s'est faite remarquer par son léger côté fumé, intéressant. Une troisième avec un nez de poivre super agréable mais un peu décevante en bouche. Et enfin deux vieillies, une juste une paire d'années et la dernière six ans ; pas super intéressantes finalement, le vieillissement n'apportant pas grand chose et atténuant le côté jus de canne qui est pour moi l'intérêt principal des versions blanches.
Bouteille qui se remarque.


Au final m'a préférée a sans doute été la Kapoeira, avec un nez poivré et une bouche qui se rapproche de certains agricoles mais malheureusement en moins expressif/fougueux.


Mais je suis, pour l'instant, vraiment sur les dégustations pures et pas sur les cocktails, donc je passe mon tour sur la cachaça ; ça viendra sans doute un jour :)


Il y avait aussi une bouteille que je souhaitais goûter, ou plutôt goûter à nouveau, puisque quelques mois plus tôt j'avais eu l'occasion d'y tremper mes lèvres. Si je vous dis rhum étant l'assemblage entre du hors d'âge et trois millésimes : le 1976, le 1970 et le 1952. Et oui, vous avez tous trouvé (ou pas), il s'agit du Clément XO et sa jolie carafe. Cette seconde dégustation a confirmé mes souvenirs : très très bien !

La vitrine à merveilles !
Si vous avez l’œil, vous pouvez d'ailleurs apercevoir cette bouteille, sur la gauche de la vitrine (troisième étage).


A vrai dire, il y avait encore autre chose que j'avais pu goûter deux semaines auparavant (oui ça commence à faire pas mal).
Celui-ci je n'avais pas besoin de le retester et je voulais juste savoir si il restait encore une bouteille pour me la procurer. Si je vous dis rhum arrangé + marais salant + zone érogène, vous me dites ? Absolument, le Point G des rhums de Ced. Oui, je comprends que certains d'entre vous désirent quelques explications ; je vais le faire de tête.

Cette marque de rhums arrangés a été créée par Cédric Brement il y a maintenant quelques années, du côté de Nantes et rafle tous les prix et toutes les récompenses possibles ! La gamme est assez réduite (enfin huit quand même) mais va en s'étoffant. Ce qui pour moi en fait un bon produit est le parfait équilibre entre le rhum, les fruits et le sucre. Il en devient dangereux tant il est facile et agréable à boire. Une des leurs bouteilles phares est le rhum arrangé ananas victoria, sans doute le plus doux de la gamme. Est née dans l'esprit de Cédric Brement l'idée de prendre un petit nombre de ces bouteilles, environ 200, et de les "oublier" quelques temps dans un marais salant. Le double effet du soleil et des marées (avec l'eau de mer recouvrant les bouteilles) a eu des effets, que personnellement je trouve très intéressants : une douceur en bouche encore plus prononcée (mais pas au niveau sucre, au niveau alcool), un fruit encore plus présent et enfin une légère et subtile note iodée. Le point G est une bonne idée marketing puisque cette lettre fait référence à plusieurs mots dont "gabelle", l'impôt sur le sel mis en place au moyen-âge. Bref, bien que son prix soit un peu plus élevé que celui du reste de la gamme (35€ contre 28€), il vaut le coup et va très vite être compliqué à trouver, si ce n'est déjà le cas :)



Dernière étape du jour.
Je repars de là après une visite plus longue qu'initialement prévue et me mets en chemin vers la dernière ligne droite de mon marathon du rhum : Christian de Montaguère.

Si vous souhaitez faire partie de l'association contre les reflets intempestifs, faites moi signe...
Et c'est après exactement huit stations sur la désormais fameuse ligne 4 (:P) que j'arrive à bon port. C'est un Jerry, fringuant dans son tee-shirt de la Compagnie du Rhum (groupe de passionnés sur Facebook), qui m’accueille. Il remarque immédiatement l'absence de poussette et me dit que dans ces conditions, il est exclu qu'il s'occupe de moi ! :D

La boite à malices au centre de la pièce ;)

Après cette entrée en matière, je vais jeter un œil vers le recoin où se situent les célèbres Demerara de chez Velier pour voir ce qu'il reste et je suis assez agréablement surpris de voir qu'ils leurs en restent pas mal de différents et jette mon dévolu sur le Blairmont 1991, ma bouteille actuelle étant presque terminée.


Je me renseigne ensuite sur la disponibilité du HSE Small Cask, petite bouteille orange de 50 cl fort appréciable. Si vous suivez mes aventures, vous savez que c'est la bouteille que Freddy de A'Rhûm m'avait offert comme cadeau de mariage et qui a connu sa belle mort depuis. Et là bonne surprise à nouveau (enfin pas vraiment une surprise puisque je m'étais renseigné avant ^^), il y en avaient encore quelques-unes. Eh bien après mon passage il y en a eu une de moins et je crois savoir que quelques jours plus tard, elles avaient toutes disparues ;)


Une étagère qui fait rêver ! Avec les Saint James presque tout en haut à droite.
Pour finir ma visite et ce marathon, une petite dégustation s'imposait.
J'avais eu l'occasion de goûter, lors du Rhum Fest, les Trois Rivières et les Saint James, tous deux de Martinique, et j'étais alors reparti avec le 5 ans de chez Trois Rivières, qui m'avait beaucoup plu. Je souhaitais me refrotter au 8 ans ainsi que me rafraîchir la mémoire sur les Saint James qui m'avaient assez positivement marqués (surtout le 7 ans). Ce qui nous donne à la dégustation le Trois Rivières 8 ans, le Saint James 7 ans et le Saint James 12 ans. Ce sont ces deux derniers qui ont vraiment retenu mon attention, le premier étant fougueux et intense non sans être dénué de finesse et le second - naturellement - plus boisé mais sans masquer les épices et la fraîcheur de la canne. À ces intérêts gustatifs, il faut ajouter un autre argument de poids : leur prix est extrêmement attractif pour des rhums de cet âge-là. Je pense que je les goûterai à nouveau dans un future assez proche afin de déterminer lequel des deux a ma préférence et le rapatrier à la maison.
Comme quoi il faut savoir se détacher de certains a priori que l'on peut avoir sur certaines marques, puisque comme beaucoup d'entre vous j'imagine, Saint James représentait pour moi un rhum blanc de super marché...



C'est donc encore un peu plus chargé que je quitte les lieux et que je peux déclarer que ce marathon du rhum fut un franc succès !

Le résultat de la course et des courses ;)

Et j'ajouterai que ça aurait été une autre paire de manches avec une poussette ! :)