Affichage des articles dont le libellé est Christian de Montaguère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christian de Montaguère. Afficher tous les articles

dimanche 17 janvier 2016

Le Rhumaton, le retour - partie 1



Vous vous en souvenez sans doute, il y a presque un an et demi, je vous avais fait le récit de cette journée intense, dédiée à la visite de mes cavistes préférés.

Ce temps est assez lointain et je ne jouis plus du luxe de pouvoir passer des journées entières à écumer mes boutiques de prédilection. Il m'est déjà difficile d'aller en visiter un, c'est pour dire ^^

Oui mais voilà, le département dans lequel je travaille a eu la bonne idée de fermer une semaine entre Noël et le Nouvel An. Ma première réaction : "Ah ben merde, je manque déjà de jours de congé et en plus je suis forcé d'en utiliser cinq...". Mais après un moment, je me suis dit que cela serait l'occasion de passer du temps avec l'ex-occupant de la poussette et, pourquoi pas, de retourner chez quelques cavistes ;)

Et les cavistes, ce n'est pas ce qui manque. Impossible de tout caser sur une journée, à moins d'être tout le temps pressé et stressé. Un plan commence donc à germer dans mon esprit : étaler ces visites sur deux jours, l'un en compagnie de Roudoudou et l'autre sans.
D'ailleurs, voilà un autre obstacle à cette activité : mon fils est beaucoup moins accommodant depuis qu'il n'est plus dans sa poussette (à dormir :p). Bon, je le comprends, ce n'est pas passionnant d'être dans un endroit où rien n'est intéressant (sauf de potentiels biscuits ou un poisson rouge :)).

Passée cette entrée, de bonnes choses vous attendent
Parmi les boutiques dans lesquelles je souhaitais me rendre il y avait entre autre L'Adresse Gourmande, qui comme vous le savez, n'est pas la plus proche, je la garde donc pour le deuxième jour.
Je voulais commencer par Juhlès, car c'est là où je ne m'étais pas rendu depuis le plus longtemps. Pour finir, je me dis que je vais passer chez Christian de Montaguère le premier jour parce que juste à côté il y a deux boucheries super bonnes et je voulais manger une super entrecôte :D
Ce qui nous laisse donc A'Rhum pour le second jour.

Me voilà donc avec un plan !


Jour 1
Métro ligne 13, puis ligne 4 (la fameuse ligne du rhum :)) et un Roudoudou passionné par les tunnels du métro. On sort à l'air libre et on parcourt les quelques 300 mètres qui nous séparent de notre objectif.
Petite frayeur à l'approche de la boutique quand de loin j'ai cru qu'elle était fermée, fêtes de fin d'année tout ça. Mais non tout va bien. Je rentre et vois au fond de la boutique le sympathique responsable spiritueux que je connais un peu.
Une des premières choses qu'il me dit : "Je n'ai plus de Velier."
Alors oui, petite déception, je ne venais pas que pour ça mais avais un petit espoir. Pas grave, je scrute les étagères à rhums et remarque deux ou trois choses qui m'intriguent, et toutes en dégustation :)
Un rhum de Marie-Galante embouteillé par un embouteilleur indépendant pour commencer. Il s'agit d'un Bielle mis en bouteille par un vigneron, sous le nom de Saut de l'Ange (je crois mais je ne retrouve rien sur le net à son sujet, donc si je me plante et que vous avez le nom correct, n'hésitez pas ! ;)). Bref, pas mal. Je n'ai pas vraiment reconnu du Bielle cependant. La bouteille était presque vide et cela pourrait être intéressant d'y goûter à nouveau mais comme il s'agit d'un embouteillage assez confidentiel, ça risque d'être compliqué.

J'adore ces étagères, et pas uniquement pour ce qu'elles supportent :)
J'ai pu ensuite déguster ou redéguster quelques embouteillages de la Distillerie de Paris (donc de Juhlès). Si vous n'en avez goûté aucun, n'hésitez pas, certains sont atypiques et intéressants.
Cette fois-ci, mon choix c'est porté sur leur embouteillage jamaïcain, que j'ai trouvé pas mal. Un assemblage de plusieurs distilleries de l'île, typé jamaïcain sans être extrême. Un prix raisonnable (attention quand même il s'agit d'un 50cl), ça fera un cadeau pour la belle-sœur \o/
Ajoutez-y une discussion sur les enfants et sur le Cognac et voilà 45 minutes bien agréablement remplies et une première bouteille dans la besace.


Et c'est reparti pour la ligne 4, arrêt Saint Placide, destination finale : Christian de Montaguère.

Mais avant tout, passage obligé par une boucherie que j'affectionne énormément : Le Bourdonnec. Ce blog n'étant pas un blog sur le bœuf, je vais faire court. C'est un des rares bouchers qui travaille la viande maturée, une viande qui "pourrit" 90 jours dans une atmosphère particulière, ce qui développe son goût et la rend plus tendre. Une fois les parties vertes et bleues enlevées (oui je sais, ça ne fait pas forcément rêver ^^), le résultat est simplement hallucinant. Malheureusement, mais assez naturellement, il faut y mettre le prix. S'ils n'ont pas d'entrecôte de prête, vous trouverez votre bonheur parmi toutes leurs autres succulences ! :)
Mais voilà, ô tristesse, ils étaient fermés en cette dernière semaine de l'année... Heureusement, j'ai mon plan B, une autre boucherie, dans la rue de l'Abbé Grégoire celle-ci, plus traditionnelle mais à la qualité des produits irréprochable. À moi (ou plutôt "à nous" vu la quantité que Roudoudou en a mangé) l'entrecôte d'environ 600g, persillée à souhait.


J'avoue, je recycle cette photo d'un autre article :P
C'est donc équipé pour reprendre des forces au déjeuner, que je dévore les quelques mètres qui me séparent de la boutique de l'Art de vivre au Caraïbes. C'est Jerry qui m’accueille (c'est d'ailleurs lui qui m'avait parlé de cette seconde boucherie). On papote de choses et d'autres alors que je scanne les étagères à merveilles. Et je vois un rhum dont j'ai beaucoup entendu parler mais que je n'avais pas dégusté à ce jour, le Foursquare Port Cask Finish. Et juste à côté, de la même distillerie de Barbade : le Doorly's 12 ans. Je me dis qu'il y a une chance qu'un des deux soient en dégustation. Eh bien non... Les deux étaient ouverts ! Cool :)
Pour rester sur la même gamme de prix, et ajouter une troisième bouteille à cette dégustation, je demande si le La Mauny Signature est également à déguster, et c'est le cas, parfait.

On débute par le Doorly's 12 ans ; il est dans la droite lignée du XO et en est proche. Typique de la Barbade, un rhum sec, boisé, équilibré et aux arômes délicats. Pour un prix très attractif, une trentaine d'euros.

Le Port Finish ensuite (même distillerie : Foursquare), lui aussi pour une trentaine d'euros. On retrouve les caractéristiques de la Barbade mais avec la gourmandise en plus. En effet, il n'est pas dénué de douceur (sans être sucré) ni d'un certain fruité. Un rhum agréable, qui pourra faire la transition entre des rhums sucrés et d'autre plus secs, et qui pourra satisfaire autant les amateurs que les débutants.
C'est celui que j'ai ramené chez moi et il aura exactement cette double fonction. Là aussi une trentaine d'euros, décidément... Et, que ce soit l'un ou l'autre, ce sont des rhums sans aucun ajout. Richard Seale (patron de cette distillerie) est un fervent défenseur des "vrais" rhums, vierges d'additifs.

Le line up du jour
Fin de la dégustation avec un des derniers La Mauny sorti, le Signature. Je vous en ai déjà parlé dans cet article. Un VO (3 ans de vieillissement), qui n'a pas à rougir devant certains de ses grands frères et qui peut se déguster pur, ce qui est rare pour un "simple" VO. Bref, impression confirmée à cette seconde dégustation : une vraie complexité, une relative douceur et les repères agricoles bien présents.
Et là encore un petit prix !

Cette excursion chez Christian de Montaguère permet, une nouvelle fois, de montrer qu'il existe nombre de rhums de qualité à prix réduits. Ces trois-là en sont de parfaits exemples.


C'est ainsi que s'achève cette première journée.


dimanche 20 décembre 2015

Ça sera le fût numéro 25.5 pour moi, merci.



Est commercialisée depuis deux jours une bouteille un peu spéciale, la cuvée issue du partenariat entre la distillerie La Favorite (de Martinique) et la Confrérie du Rhum.

A cette occasion ont eu lieu deux soirées, hier et avant-hier, chez Christian de Montaguère, ayant pour but de découvrir (déguster) cette cuvée ainsi que de rencontrer le patron de La Favorite, Franck Dormoy.

Une bonne partie de la gamme de la distillerie La Favorite

N’ayant pu m’y rendre le vendredi, j’étais content de voir qu’une soirée de rattrapage serait organisée le samedi, avec un avantage non négligeable : beaucoup moins de monde :P

Arrivé sur place, je salue Christian, rencontre un confrère avec lequel j’avais pas mal échangé par internet mais que je n’avais pas encore rencontré (salut Jonathan J) et me positionne tout proche de la table de dégustation. Après quelques minutes d’attente et l’arrivée d’autres confrères (salut Laurent et salut Sylvrine - merci pour la photo ;)), la soirée débute.

Nos convives nous parlent rapidement de ce rhum et nous expliquent qu’il s’agit du résultat de deux ans de travail, de négociations et, bien sûr, de dégustation :D Le résultat : 1000 bouteilles.

Le moment tant attendu arrive mais avant de passer aux deux échantillons de cette fameuse cuvée nous passons d’abord par le Cœur de Canne, qui est le blanc « premium » de la distillerie, puis par le Cœur de Rhum, le VSOP de la maison.

Ancien embouteillage aux reflets bleutés
Ce Cœur de Canne est pour moi un classique des rhums blancs agricoles, il fait des ti-punchs de toute beauté – sur la canne principalement mais aussi des notes fruitées et florales. Ajoutez à sa qualité, son rapport quantité/prix (environ 20€ pour un litre) et vous comprendrez que je n’ai pu repartir de la boutique sans une petite bouteille J

Le Cœur de Rhum, lui, est selon mes goûts, honorable sans pour autant trouver grâce à mes yeux.

Petit détail, qui a son importance, tout au long de la soirée, le maître des lieux nous a régalé de petits niama-niama (comme dirait ma tante), avec une terrine de canard au gingembre, des tartines de lambi, des boudins antillais et du chocolat noir de République Dominicaine. Arrivés à point nommé.

Nous arrivons au cœur de la soirée avec la dégustation des deux échantillons de cette Cuvée Spéciale 1995 ; deux car chacun issus d’un fût différent. Les bouteilles issues de deux autres fûts seront également disponibles à l’avenir. Ceux du soir sont le 25 et le 26, on commence par le premier (oui je sais ça sonne un peu con comme phrase « on commence par le premier » mais je fais ce que je veux !).

Avant de vous en dire plus, deux infos intéressantes : La Favorite pense produire prochainement un nouveau rhum blanc issu de canne rouge et explore la possibilité d'avoir des rhums d'un vieillissement entre leur Cœur de Canne et leurs très vieilles cuvées. A suivre !

La couleur, tout d’abord, est relativement foncée et attirante, entre l’ambre et le bronze.
Le nez, ensuite, est très séduisant. Il est complexe, nous offrant des arômes gourmands de caramel, de vanille, de pâte d’amande et de cerise à l’eau-de-vie. Tous ces éléments sont très bien liés les uns aux autres et l’ensemble est très équilibré et vraiment très agréable. Après quelques minutes dans le verre des notes de café apparaissent aussi. Bref, il m’a beaucoup plu !
En bouche, j’ai été un peu moins séduit, sans pouvoir vraiment mettre le doigt sur ce qui ne m’a pas emballé. Bonne surprise, malgré tout, ce n’est pas sucré (contrairement à d’autres rhums de La Favorite) ; il est assez doux mais équilibré grâce aux 45%. Le boisé est discret pour un 20 ans de vieillissement. Une discrète note salée se fait même sentir.

J'aime bien cette association de couleurs
Le fût 26 maintenant.
Un nez moins séduisant que le précédent. Il se passe moins de choses et il est moins gourmand. La différence n’est pas majeure non plus mais il m’a donné une impression moins équilibrée et moins « aboutie ».
En bouche, c’est l’inverse ! C’est celui-ci qui m’a fait la plus forte impression : plus de puissance, des saveurs plus marquées, explosives et un bois plus marqué. Bref, un rhum plus à mon goût.


En résumé deux bons rhums, chacun avec leurs qualités. Si l'un avait rassemblé le nez du 25 et la bouche du 26, j’aurais sérieusement envisagé d’en prendre une bouteille (ou plutôt un coffret, puisqu’il s’agit d’un coffret avec deux verres sérigraphiés en plus de la bouteille). Là je n’ai pas sauté le pas, 205€ tout de même.

Les avis des convives ont été partagés entre ces deux fûts et les coffrets achetés étaient de l’un ou de l’autre.



Bref, j’ai passé un bon samedi soir J


dimanche 22 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 1


Samedi 7 novembre, 00h51. Un mail arrive dans ma boîte. Envoyeur : Christian de Montaguère. Objet : invitation pour une rencontre avec Luca Gargano. Réaction dans la tête de Laurent : "Tatata tata tata" (sur un air de samba).

On est parti pour passer une bonne soirée !

Je lis brièvement l'email et comprends donc qu'il y une soirée organisée dans la boutique de Christian pour rencontrer Luca Gargano, le patron de Velier (embouteilleur indépendant et importateur italien), et aussi bien plus que cela.
J'ai déjà écrit un article sur ma première rencontre avec le monsieur il y a presque un an et demi de cela, dans lequel j'avais eu du mal à ne pas laisser transparaître mon enthousiasme.
Cette fois-ci le flyer nous annonce la dégustation de clairins (ces fameux rhums blancs de pur jus de canne d'Haïti), du Libération (j'imagine le 2015), ce rhum agricole de Marie Galante élaboré sur alambic dans la distillerie Bielle avec l'aide de Gianni Capovilla, et enfin une surprise. Et moi j'aime bien les surprises, surtout quand elles ont un rapport - même éloigné - avec Velier ;)

Quand il sert il ne fait pas semblant :)
Cette fois-ci je ne fais pas mon boulet et pense à réserver ma place pour cette soirée qui s'annonce exceptionnelle.


Jeudi 12, date fatidique, je me mets en route depuis le boulot et arrive presque à l'heure sur les lieux. Je peux donc, pour une fois, assister au début de - ce qu'on pourrait appeler - la master class.

Et là... Par où commencer ?

Vous le savez, j'adore les r(h)ums by Velier ; les Demerara bien sûr, je vous l'ai suffisamment rabâché (et je ne me priverai pas d'en rajouter des couches à l'avenir ;)), mais aussi les clairins, les Caronis (de plus en plus) et les Libération. Malgré ça je vais plutôt commencer par ce qui m'a le plus marqué : Luca, ses histoires et ses projets.

Et, là aussi, par où commencer ?

Dix-huit ans, un Luca aux cheveux longs devient manager des ventes des rhums Saint James pour l'Italie et parvient à doubler les ventes, entre autre grâce à une idée révolutionnaire pour l'époque, récompenser le meilleur commercial par un voyage en Martinique (alors qu'habituellement ces voyages étaient organisés en Champagne ou du côté de Cognac, voire en Ecosse pour les plus aventureux).
C'est à cette époque qu'il découvre les Antilles... et les antillaises, sur un air de biguine :)

Quelques années plus tard, il rachète la société Velier dont il augmente le chiffre d'affaire année après année pour en faire ce que l'on connait aujourd'hui.

Sur un tabouret pour les 2 dissipés du fond
Bien sûr quelques autres étapes clefs sont à mentionner : 
- La découverte de la distillerie Caroni, que je vous ai déjà raconté, mais que je pourrais écouter encore et encore tant elle est passionnante.
- La rencontre avec Yesu Persaud, qui deviendra son mentor, voire même son père de rhum et sa prise de participation chez Demerara Distillers Limited. Ces deux éléments lui donneront accès à certains fûts d'exception et lui permettront de réaliser des embouteillages remarquables, voire légendaires (qui a dit Skeldon ?).
- Le voyage à Haïti, la découverte d'un pays hors du commun où l'agriculture n'a pour ainsi dire pas évolué depuis deux cents ans et où les produits sont au delà du bio. Bien sûr, cela est allé de pair avec la visite de très nombreuses distilleries (ou guildiveries comme on dit là-bas) - il faut savoir qu'il y en a plusieurs centaines sur l'île - et la sélection des trois clairins désormais commercialisés par Velier : Sajous, Vaval et Casimir.


Il y en a un paquet d'autres histoires et de détails truculents, qui lorsqu'ils sont racontés par ce personnage, prennent toute leur saveur. Il y a un côté one man show dans ses apparitions, qui les rendent encore plus passionnantes, vivantes, intéressantes et drôles.
Si vous avez l'occasion de voir Luca Gargano, ne manquez pas ça, même sans les rhums, ça vaut le détour ! :)



Les deux premiers d'une longue série.
Alors, et les rhums justement ? A quoi avons-nous eu droit ce soir-là ?
Eh bien, comme annoncé, on commence par un clairin. Le Sajous, du batch 3. J'ai eu l'occasion d'y goûter lors du Whisky Live et ce n'est pas mon préféré sur les trois de cette dernière fournée mais il reste très expressif et typique de ces rhums pur jus haïtiens découverts il y a environ deux ans. Un bon début de dégustation.
C'est le seul auquel nous avons eu droit ce soir-là et ce n'est pas bien grave vu la suite des hostilités.


La suite, justement avec le Libération 2015 sous ses deux versions. Je vous en ai également parlé dans mon article relatant mes aventures Whisky Liviennes. Les deux sont bons et plus boisés que leurs prédécesseurs ; ma préférence reste du côté du 2012 version intégrale (brut de fût) mais cette version plus âgée de presque trois ans se défend plutôt bien.


Tout est sur l'étiquette
Nous avons ensuite eu droit à un rhum de la Barbade.
J'avais déjà pu y tremper les lèvres il y a quelques semaines et je ne peux que confirmer que, malgré son jeune âge (même pas trois ans), il est étonnamment "abouti". Un rhum qui méritera une dégustation posée pour en apprécier pleinement les qualités !

Ce rhum fait partie de la série, à sortir, Habitation Velier, qui comprendra des rhums d'horizons différents. La Jamaïque (avec entre autre un blanc à la fermentation de 3 mois (!) ainsi que des vieux) qui produit des rhums tellement expressifs et typés, définitivement parmi mes origines préférées du rhum.
La Barbade donc, avec la distillerie Foursquare, dont le patron Richard Seal est un fervent défenseur de rhums authentiques et vierges de tout ajout. Parmi les rhums classiques de cette distillerie vous avez par exemple le RL Seales 10 ans, et sa forme de bouteille si caractéristique ; c'est pour moi un bon rapport qualité prix qui vous donnera une bonne idée des rhums de ce pays (et bien sûr un rhum sans aucun additif).
La Guyane Anglaise, avec un très intriguant Port Mourant (alambic en bois) blanc !
Et enfin Marie Galante avec l'alambic qui sert déjà à l'élaboration des rhums Libération.
Si vous voulez voir toutes ces jolies - et informatives - étiquettes, c'est par-là : http://www.velier.it/prodotti/ricerca-e-selezioni-gargano/habitation-velier

J'ai HÂTE ! :)


To be continued...


dimanche 20 septembre 2015

Longueteau : des rhums blancs bleus et rouges


C'est sous ce titre hautement spirituel (j'en ris encore, haha, hihi, hoho ; j'avais cherché un truc à base de Courtetard et puis j'ai abandonné - spéciale dédicace à ceux qui comprendront cette blague de bas étage) que je compte vous parler d'une soirée récemment passée en bonne compagnie, dédiée à une maison familiale de Guadeloupe : Longueteau.

Toute la gamme. Si vous avez un doute, offrez-moi la troisième en partant de la gauche, je m'en contenterai ;)

Vendredi 11 septembre, début de soirée : départ du boulot, rendez-vous est pris chez Christian de Montaguère pour déguster la nouvelle gamme de la distillerie Longueteau en compagnie d'autres membres de la Confrérie du Rhum (et ça en fait un paquet de soiffards, en plus de moi :P).

Je vous ai parlé de ces rhums de Guadeloupe lors de mon compte rendu sur le Rhum Fest de cette année puisque j'avais eu l'occasion d'y déguster leur rhum blanc uniquement élaboré à partir de canne rouge (une variété de canne à sucre), mais plus encore à partir d'une parcelle précise, la numéro 9.
Et ça donnait quoi ? Un des tout meilleur rhums blancs qu'il m'ait été donné de goûter !
Cela va-t-il se confirmer lors d'une seconde dégustation ?


Nos hôtes
Bref, 18h00, me voilà arrivé, enfin. C'est plein ! Compliqué de se frayer un chemin jusqu'au "comptoir improvisé", heureusement un Christian, très serviable, passe dans les rangs armé d'une bouteille. Comme je suis à la bourre, je dois rattraper le groupe (et j'ai aussi loupé toutes les explications, mais je vais y revenir) et je demande à Christian s'il peut me servir le premier rhum de la dégustation : le Cuvée de la Confrérie, 100% canne bleue.

En voilà un autre que j'avais eu la chance de déguster lors du Rhum Fest un peu plus tôt cette année, et d'acheter deux semaines plus tôt :). Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que je l'aime bien.
Cependant il est toujours intéressant de se frotter une nouvelle fois à un rhum goûté par le passé.
Mon impression se confirme, c'est bon. Sur la canne bien sûr, mais aussi assez sec et des touches florales (moins prononcées que dans le Black Cane de Bologne et c'est tant mieux, à mon avis).
Bref, je ne regrette pas mon achat de deux bouteilles !


On passe du bleu au rouge, en enchaînant avec le premier rhum parcellaire en dégustation ce jour : la parcelle n°1.
Si je ne m'abuse c'est la première fois que cela est fait : faire des embouteillages à partir d'une parcelle unique pour mettre en avant les différences géographiques et météorologiques pouvant exister d'une parcelle à l'autre.
Au Rhum Fest
Cette numéro 1 est bonne, sans nul doute mais je ne lui ai pas trouvé un caractère ou des marqueurs spécifiques. Un peu moins sec et un peu moins floral que le canne bleue, un  peu plus puissant également puisque l'on est ici à 55° contre 50° pour la Cuvée de la Confrérie. Habituellement je trouve que 50° (voire 52.5° - oui donc de chez Neisson ^^) est le degré idéal pour un rhum blanc agricole (en ti-punch ou non) mais je dois avoir été conquis par le surcroît de puissance de ces rhums parcellaires.

Et ce second rhum parcellaire justement, issu de la parcelle n°9 ? Eh bien, toujours très bien ! Je n'ai pas été aussi transporté que lors de ma première dégustation mais il reste mon préféré des trois, car en plus des critères énumérés plus haut, il ajoute un côté fruité très agréable. C'est ce côté fruité qui m'avait tant séduit au Rhum Fest mais je pense qu'il avait été décuplé par ma dégustation du Longueteau 55° juste avant, précisément pour bien voir la différence avec la gamme "normale".
Vous pouvez être sûr que je vais en acheter quelques-unes !


La dégustation ne s'arrête pas là, puisque nous avons ensuite eu droit à deux vieux, le 6 ans et son nouveau packaging ainsi que le nouveau 10 ans.
Je dois avouer avoir un faible pour les blancs mais être moins emballé par les vieux. Attention, ce sont des rhums de bonne qualité, j'ai un VSOP à la maison et je dois dire que le 6 ans ne m'a pas déplu. Cependant, sur les vieux agricoles, je préfère d'autres maisons (plutôt en Martinique). Je trouve les vieux Longueteau trop boisé de manière générale. Je ne m'éternise donc pas.


Les cannes
Une fois la dégustation terminée (et un dernier petit verre de la parcelle n°9 :D), je suis allé trouver François Longueteau pour lui demander un court de rattrapage.
Et là je dois dire qu'il avait bien fait les choses ; il avait avec lui de la canne rouge et de la canne bleue (oui la plante), du jus des deux cannes et des photos du domaine (pour bien voir les parcelles), tout ça pour bien aller avec ces magnifiques rhums blancs.

Les cannes tout d'abord, sont visuellement très différentes l'une de l'autre : la couleur; et là vous n'y croirez pas, la canne rouge est rouge et la canne bleue est plutôt... bleue, oui je sais, qui l'eu crut ? :D
Mais aussi les yeux et les nœuds.
Les jus
Les jus, eux aussi, sont loin d'être semblables, le bleu étant plus végétal et le rouge plus fruité. Un des deux est aussi plus sucré que l'autre et là je vais passer pour un simplet, mais je ne sais plus lequel (je crois que c'est le rouge mais je n'en suis pas sûr...).

Et ces parcelles alors ?
Avant tout, la terre sur laquelle ces cannes sont plantées ne change pas d'une parcelle à l'autre, ou de manière si minime que cela ne changera pour ainsi dire rien à la canne. Ce qui importe ici, c'est le positionnement de la parcelle et son exposition aux éléments : proche d'un bois et donc abrité du vent et moins exposée au soleil ou encore plus proche de la mer. Voilà les facteurs qui vont avoir une influence sur les cannes d'une même variété et rendre, in fine, les rhums différents.
Et je peux vous affirmer qu'il y en a des différences entre les rhums issus de ces deux parcelles. J'ai hâte de pouvoir déguster celles qui vont suivre et de pouvoir les comparer les unes aux autres !


Voilà, c'est sur ces explications que cette soirée s'est achevée.
Je dois juste ajouter, pour ne louper aucun élément majeur de cette soirée, la rencontre avec des passionnés, les retrouvailles avec d'autres et un échange de bouteilles derrière une camionnette, digne des petits trafiquants de bas étage :D

La joyeuse compagnie ! :)

dimanche 2 novembre 2014

Une très sympathique soirée entre confrères

Chers lecteurs, bonsoir.

Dans certains de mes articles, je fais référence à un groupe Facebook : La Confrérie du Rhum.
C'est "simplement" un groupe d'échanges autour du rhum. Les 2800 et quelques membres sont composés d'amateurs en tous genres, du novice cherchant des conseils, aux professionnels partageant leur expérience.

La Confrérie du rhum (comment ça c'est écrit dessus ? :P)


Il y a quelques temps, l'un des confrères lança l'idée d'organiser une réunion, ce qui suscita immédiatement beaucoup d'intérêt (bien sûr il n'était pas question de rassembler 2800 personnes :P). Or deux des membres de la confrérie : Christian et Jerry avaient le local rêvé pour un tel événement : la boutique de l'art de vivre aux Caraïbes, chez Christian de Montaguère, dont j'ai déjà parlé sur ce blog à plusieurs reprises.


Après quelques semaines à ruminer le projet, le concept, le lieu et la date étaient fixés !
Les mardi et mercredi 27 et 28 octobre à la boutique pour une dégustation très variée et riche en surprises :)



Me voilà donc, mercredi dernier, en route vers le 6ème arrondissement de Paris juste après le boulot.

Arrivée un peu avant 19h, ce qui m'a valu un petit cadeau, étant parmi les premiers arrivés, avec entre autre des verres HSE, dont l'un est présentement le contenant d'un ti-punch tout à fait excellent.
J'échange quelques mots avec Jerry puis monte à l'étage où auront lieu les réjouissances.

Quelques confrères sont déjà là et nous nous présentons rapidement. Après quelques minutes, tous les convives sont là et le maître des lieux nous rejoint.

Notre hôte :)

Christian nous présente les rhums que nous allons déguster, au nombre de 6 et de styles tout à fait différents.

Mais avant de passer à la dégustation, nous faisons un petit "tour de table" afin que tout le monde ait l'occasion de se faire connaitre. Notons la présence parmi nous de Cyrille (créateur du Rhum Fest) et Anne, tous deux travaillant pour le magazine Rumporter, oui du beau monde :) Sans compter l'Homme à la poussette bien sûr, hahaha... ha. Désolé...

La Sélection variée du jour (de droite à gauche pour l'ordre de dégustation).

Bref, la dégustation commence.
Nous commençons naturellement par les blancs.

Je vous ai déjà parlé des deux blancs, puisque j'avais pu les goûter sur le salon Dugas. En deux mots, le Trois Rivières a un beau potentiel mais manque de puissance, le même en 50° ou 55° serait le bienvenu.
Le Nine Leaves est très intéressant, dans son style, avec ses arômes de poire et de banane.

Je passe rapidement sur le Origenes 18, typique du style espagnol et qui n'est donc pas/plus à mon goût. Le nez n'est pas désagréable mais en bouche, il ne se passe pas grand-chose et c'est très linéaire...

Le Sixty Six ensuite, on y retrouve les marqueurs de la distillerie Foursquare de la Barbade. Voilà quelque chose qui est plus dans mes préférences. Je l'ai trouvé très proche du R.L. Seales 10, donc tant qu'à faire autant acheter ce dernier puisqu'il est moins cher.

Je vous ai également déjà parlé du Libération 2012, même s'il s'agissait ici de la version réduite. C'est très simple : il est excellent ; l'intégrale (brut de fût) lui étant encore supérieure.

Et enfin (ou pas *regard mystérieux*) le Dillon 12 ans. Quand j'ai vu le line up du soir, je dois avouer que c'est celui qui m'a rendu le plus impatient.
Dillon est une marque que je connais mal et qui souffre de son image de rhum de grande surface à prix très modique. Mais voilà, il y a quelques mois, j'ai eu l'occasion de déguster leur VO (qui coûte à peine plus de 20€) et j'ai été surpris, positivement. Depuis j'en ai entendu du bien mais sans avoir l'occasion de tremper mes lèvres dans d'autres de leurs bouteilles.
Avec la rentrée, ils sortent deux nouveautés : le 7 ans et le 12 ans (ce dernier étant trouvable à moins de 50€ !).
Je n'ai pas été déçu ! Il présente un très bon équilibre entre la canne et le bois, sans que celui-ci prenne le pas sur le distillat, une grande richesse aromatique et une belle longueur.
J'en connais un qui ne devrait pas tarder à se retrouver à côté de ses petits copains agricoles dans mon étagère qui leur est réservée :)





Pensant en rester là, nous avons alors en fait eu droit à une bouteille surprise : un Damoiseau 1995 brut de fût (plus de 66° quand même, ouais ça commence à taper).

Je dois dire, au risque de heurter certaines sensibilités, que Damoiseau ce n'est pas mon truc. Celui-ci ne déroge pas vraiment à la règle même si son attaque m'a bien plu.
Le souci vient ensuite avec un boisé, qui pour moi, est trop présent et d'une nature qui je n'aime pas.

Je sais qu'il a beaucoup plu à pas mal de monde ce soir-là et tant mieux, mais il n'est pas pour moi.




Mais il serait trop simpliste de décrire cette soirée uniquement par ses dégustations.
En, effet, pour moi l'intérêt principal a été de rencontrer et d'échanger avec d'autres amoureux du rhum. C'est grâce à ça que cette soirée aura été si agréable :)
Et cette soirée n'aurait pas eu lieu sans les administrateurs de la Confrérie du Rhum et Christian de Montaguère, merci à vous tous !

Puisque nous sommes aux remerciements, merci Sylvrine pour les photos (oui comme un benêt j'ai oublié d'en prendre...).


Mais ça ne s'est pas arrêté là ! Nous avons eu droit à un ti punch préparé par Christian lui-même avec le nouveau Longueteau 2014 édition spéciale La Route du Rhum.

Il est super bien passé, le dosage parfait a dû y être pour quelque chose ;)

Exercice du bras :)



Ou comment bien finir la soirée ! ;)
On dirait une pub :D






dimanche 27 juillet 2014

Le Rhumathon

Bonjour à tous,


Il y a quelques semaines, je vous ai emmené sur ma route du rhum.
Et puis je me suis dit "Et si je passais par toutes ces boutiques en une journée ?".
Oui j'ai des idées bizarres.
Ça tombe bien, en ce moment mon w-e est sur le dimanche et le lundi, ce qui me laisse donc un jour de semaine pour visiter mes cavistes préférés (et donc avec pas grand monde, ce qui permet d'avoir les vendeurs pour soi - oui il m'arrive d'être un peu perso ^^).
Et comme tout événement sportif de portée internationale, il sera immortalisé par un nombre non négligeable de photographies !

Mon esprit enfiévré s'est mis à élaborer des plans pour pouvoir passer chez les trois dans la même journée mais sur un laps de temps "limité", parce que quand même j'ai aussi d'autres trucs à faire dans la vie ; oui je sais, c'est triste :p

Quoi qu'il en soit, le lundi en question se rapproche, je trépigne à l'idée d'y être et nous sommes prêts mon plan et moi !
Ce n'est que le matin même que je me rends compte que A'Rhûm et Christian de Montaguère n'ouvrent pas avant l'après-midi (14h30 pour le premier et 14h00 pour le second)... Voilà qui ne fait pas mes affaires et qui met mon plan de conquête du monde en péril !

Donc je m'adapte ; nouvelle organisation : Julhès en 1 (ils ouvrent à 10h00 :)), CdM en 2 et A'Rhûm en 3.

Bien évidemment, ça ne va pas se passer comme ça non plus :D


La station la plus lointaine de chez moi sur la ligne 4.

Midi et demi, départ de l'appart, direction Julhès.

Moi, j'adore cette entrée !

Une bonne demi heure plus tard, arrivée dans cette vénérable maison. Je me dirige tout de go dans le fond du magasin vers les spiritueux mais je ne vois aucun des deux vendeurs auxquels je suis habitué et qui connaissent bien leur rayon (dont ce fameux spécialiste en fromages qui en connait plus que moi sur les spiritueux ;)).
Mais très vite le caviste vins vient à mon aide. Je demande avant tout si je peux prendre quelques photos pour mon blog, ce qui ne pose pas de problème.


Je déguste ensuite deux "petits" rhums, dont le Fair Belize, qui m'avait beaucoup plu il y a un an et que j'avais acheté. Eh bien, il me plait toujours bien, il manque sans doute d'un peu de complexité, mais j'aime vraiment son boisé.

La majeure partie de leurs rhums (vous reconnaissez la bouteille pile au centre ?)


Je fais également un petit point sur ce qu'il leur reste en Velier, à savoir pas grand chose et puis j'y vais. Je prends une photo de la boutique depuis l'extérieur et je me rends compte que cette visite m'a pris bien moins longtemps que prévu et qu'il est trop tôt, les autres cavistes n'étant pas encore ouverts.



Que faire pour "tuer" le temps mais sans sortir du thème de la journée ?




Et c'est là que me vient l'idée folle d'intégrer une quatrième étape sur la ligne 4, également appelée "ma route du rhum" : La Maison du Whisky à Odéon (oui cette ligne 4 est vraiment bien achalandée dites donc ! :D).
Là aussi je voulais surtout voir si certains Demerara de Velier avaient survécu et il n'y avait en magasin que du Diamond (81 et les deux 96 si je ne m'abuse) dont je suis déjà suffisamment pourvu.

C'est là que j'ai fait la connaissance de Raoul, sympathique vendeur (même si je n'ai eu connaissance de son prénom que plus dans la journée) avec lequel j'ai pu parler de pas mal de choses, Velier, le monde du rhum, les prix qui montent, la tendance à suivre l'exemple du whisky ou encore d'autres embouteilleurs indépendants.

Je n'ai même pas eu le réflexe de prendre une photo de la boutique, ça sera pour autre fois...

Une foi dehors, me voilà donc du côté d'Odéon, il est environ 13h55 et là je me demande où je vais, le premier magasin qui ouvre ou alors le plus loin de chez moins pour finir par celui sur le chemin de la maison ? Après avoir buggé quelques minutes (certaines personnes ont dû se demander ce que ce charmant jeune homme faisant à rester planté là dans la rue comme un benêt :p).



Station synonyme de rhum depuis un bon moment dans mon esprit monomaniaque, même si cette fois, je n'ai pas pris le metro :)
Bref, je choisis la seconde option et me voilà en chemin pour A'Rhûm et comme j'ai une demi heure pour y arriver je décide donc de me faire le trajet à pieds ; je ne me plains pas, le chemin étant fort sympathique.


Après cette agréable balade, me voilà donc un peu en avance. Peu de temps après Freddy arrive et ouvre la boutique - bon je sais que ce n'était pas juste pour moi, mais ça m'a un peu donné cette impression et ce n'était pas désagréable ;)

Les fameux tonneaux qui montent la garde :)
Nous parlons de différentes choses et en arrivons naturellement vers le fond de la boutique pour la phase dégustation. Aujourd'hui au menu : cachaça.

En effet je n'avais encore jamais eu l'occasion de m'intéresser à cet alcool de canne à sucre brésilien, mais avec cette magnifique victoire de Brésil lors de la Coupe du Monde organisée sur place je me dis que c'est l'occasion !
Comment ? Pardon ? Ah... Ils n'ont pas gagné ? Ils ne sont fait pour le moins malmener par l'Allemagne ? Oui bon en fait j'avoue j'étais au courant, je vous rappelle que ma femme est allemande. Le hasard a même voulu que nous regardions la finale dans un château à boire du champagne (dure la vie hein :p), mon épouse m'ayant fait une fort agréable surprise ce w-e là. Merci mon Amour <3

Là où se cachent, principalement, les rhums agricoles.
Bref, cela ne v'a pas m'arrêter dans ma dégustation de cachaça. Rappelons rapidement que c'est un alcool uniquement distillé à base de vésou mais à degré moidre à la sorti de l'alambic. Elle est dans l'immense majeure partie des cas blanche (non-vieillie) et sert de base pour cocktails ; qui a dit caïpirinha ?

J'en ai goûté cinq si je ne m'abuse. Une qui se rapprochait franchement de certains rhums blancs agricoles, pas désagréable du tout donc. Une autre s'est faite remarquer par son léger côté fumé, intéressant. Une troisième avec un nez de poivre super agréable mais un peu décevante en bouche. Et enfin deux vieillies, une juste une paire d'années et la dernière six ans ; pas super intéressantes finalement, le vieillissement n'apportant pas grand chose et atténuant le côté jus de canne qui est pour moi l'intérêt principal des versions blanches.
Bouteille qui se remarque.


Au final m'a préférée a sans doute été la Kapoeira, avec un nez poivré et une bouche qui se rapproche de certains agricoles mais malheureusement en moins expressif/fougueux.


Mais je suis, pour l'instant, vraiment sur les dégustations pures et pas sur les cocktails, donc je passe mon tour sur la cachaça ; ça viendra sans doute un jour :)


Il y avait aussi une bouteille que je souhaitais goûter, ou plutôt goûter à nouveau, puisque quelques mois plus tôt j'avais eu l'occasion d'y tremper mes lèvres. Si je vous dis rhum étant l'assemblage entre du hors d'âge et trois millésimes : le 1976, le 1970 et le 1952. Et oui, vous avez tous trouvé (ou pas), il s'agit du Clément XO et sa jolie carafe. Cette seconde dégustation a confirmé mes souvenirs : très très bien !

La vitrine à merveilles !
Si vous avez l’œil, vous pouvez d'ailleurs apercevoir cette bouteille, sur la gauche de la vitrine (troisième étage).


A vrai dire, il y avait encore autre chose que j'avais pu goûter deux semaines auparavant (oui ça commence à faire pas mal).
Celui-ci je n'avais pas besoin de le retester et je voulais juste savoir si il restait encore une bouteille pour me la procurer. Si je vous dis rhum arrangé + marais salant + zone érogène, vous me dites ? Absolument, le Point G des rhums de Ced. Oui, je comprends que certains d'entre vous désirent quelques explications ; je vais le faire de tête.

Cette marque de rhums arrangés a été créée par Cédric Brement il y a maintenant quelques années, du côté de Nantes et rafle tous les prix et toutes les récompenses possibles ! La gamme est assez réduite (enfin huit quand même) mais va en s'étoffant. Ce qui pour moi en fait un bon produit est le parfait équilibre entre le rhum, les fruits et le sucre. Il en devient dangereux tant il est facile et agréable à boire. Une des leurs bouteilles phares est le rhum arrangé ananas victoria, sans doute le plus doux de la gamme. Est née dans l'esprit de Cédric Brement l'idée de prendre un petit nombre de ces bouteilles, environ 200, et de les "oublier" quelques temps dans un marais salant. Le double effet du soleil et des marées (avec l'eau de mer recouvrant les bouteilles) a eu des effets, que personnellement je trouve très intéressants : une douceur en bouche encore plus prononcée (mais pas au niveau sucre, au niveau alcool), un fruit encore plus présent et enfin une légère et subtile note iodée. Le point G est une bonne idée marketing puisque cette lettre fait référence à plusieurs mots dont "gabelle", l'impôt sur le sel mis en place au moyen-âge. Bref, bien que son prix soit un peu plus élevé que celui du reste de la gamme (35€ contre 28€), il vaut le coup et va très vite être compliqué à trouver, si ce n'est déjà le cas :)



Dernière étape du jour.
Je repars de là après une visite plus longue qu'initialement prévue et me mets en chemin vers la dernière ligne droite de mon marathon du rhum : Christian de Montaguère.

Si vous souhaitez faire partie de l'association contre les reflets intempestifs, faites moi signe...
Et c'est après exactement huit stations sur la désormais fameuse ligne 4 (:P) que j'arrive à bon port. C'est un Jerry, fringuant dans son tee-shirt de la Compagnie du Rhum (groupe de passionnés sur Facebook), qui m’accueille. Il remarque immédiatement l'absence de poussette et me dit que dans ces conditions, il est exclu qu'il s'occupe de moi ! :D

La boite à malices au centre de la pièce ;)

Après cette entrée en matière, je vais jeter un œil vers le recoin où se situent les célèbres Demerara de chez Velier pour voir ce qu'il reste et je suis assez agréablement surpris de voir qu'ils leurs en restent pas mal de différents et jette mon dévolu sur le Blairmont 1991, ma bouteille actuelle étant presque terminée.


Je me renseigne ensuite sur la disponibilité du HSE Small Cask, petite bouteille orange de 50 cl fort appréciable. Si vous suivez mes aventures, vous savez que c'est la bouteille que Freddy de A'Rhûm m'avait offert comme cadeau de mariage et qui a connu sa belle mort depuis. Et là bonne surprise à nouveau (enfin pas vraiment une surprise puisque je m'étais renseigné avant ^^), il y en avaient encore quelques-unes. Eh bien après mon passage il y en a eu une de moins et je crois savoir que quelques jours plus tard, elles avaient toutes disparues ;)


Une étagère qui fait rêver ! Avec les Saint James presque tout en haut à droite.
Pour finir ma visite et ce marathon, une petite dégustation s'imposait.
J'avais eu l'occasion de goûter, lors du Rhum Fest, les Trois Rivières et les Saint James, tous deux de Martinique, et j'étais alors reparti avec le 5 ans de chez Trois Rivières, qui m'avait beaucoup plu. Je souhaitais me refrotter au 8 ans ainsi que me rafraîchir la mémoire sur les Saint James qui m'avaient assez positivement marqués (surtout le 7 ans). Ce qui nous donne à la dégustation le Trois Rivières 8 ans, le Saint James 7 ans et le Saint James 12 ans. Ce sont ces deux derniers qui ont vraiment retenu mon attention, le premier étant fougueux et intense non sans être dénué de finesse et le second - naturellement - plus boisé mais sans masquer les épices et la fraîcheur de la canne. À ces intérêts gustatifs, il faut ajouter un autre argument de poids : leur prix est extrêmement attractif pour des rhums de cet âge-là. Je pense que je les goûterai à nouveau dans un future assez proche afin de déterminer lequel des deux a ma préférence et le rapatrier à la maison.
Comme quoi il faut savoir se détacher de certains a priori que l'on peut avoir sur certaines marques, puisque comme beaucoup d'entre vous j'imagine, Saint James représentait pour moi un rhum blanc de super marché...



C'est donc encore un peu plus chargé que je quitte les lieux et que je peux déclarer que ce marathon du rhum fut un franc succès !

Le résultat de la course et des courses ;)

Et j'ajouterai que ça aurait été une autre paire de manches avec une poussette ! :)

dimanche 6 juillet 2014

La ligne 4 ou ma route du rhum - 1er arrêt : Saint Placide

Bonjour et bienvenue sur la ligne 4 du métro parisien !


Nous ne ferons que trois arrêts : Saint Placide, Etienne Marcel et Château d'Eau. C’est l’ordre dans lequel ces stations se présentent lorsque je viens de Montparnasse.

Je pensais d'ailleurs faire une suggestion à la RATP pour supprimer les stations inutiles entre celles-ci, mais je ne suis pas sûr que ça passe :p



Nous débutons donc sur la rive gauche, premier arrêt : Saint Placide.
Arrivée rue de Rennes à la sortie du métro, quelques mètres à peine sur la rue de Vaugirard et hop virage à droite dans la rue de l'Abbé Grégoire ; allons voir au numéro 20.


Christian de Montaguère, l'Art de vivre aux Caraïbes.

Sympa le code couleur n'est-il pas ?
Une boutique au nom prometteur et la devanture nous confirme cette première impression, j’aime particulièrement le choix des couleurs : blanc et vert.
Voilà le moment toujours un peu périlleux de l'entrée dans un magasin avec une poussette et là il y a toujours deux cas de figure : un sympathique et disponible vendeur qui vient ouvrir la porte ou alors des contorsions, une jambe en opposition et quelques acrobaties. Et ici, à moins que la boutique ne soit bondée, on se situe dans le premier cas de figure. On arrive sur un rez-de-chaussée assez spacieux avec au centre de la pièce un cube qui fait office de table de dégustation et de réserve de bouteilles pour cette même dégustation, et je peux vous dire qu'il peut contenir plus qu'il n'y parait ! :)
A notre droite, un mur entièrement couvert de rhums vieux, agricoles dans un premier temps, puis traditionnels un peu plus loin. Pour l'une comme pour l'autre des deux familles il y a l'embarras du choix, mais avec une offre de rhums agricoles vraiment impressionnante.
En face, des produits gastronomiques des Caraïbes, des chocolats, des pâtes de fruits (excellentes !), des sauces, des plats cuisinés, du piment sous plein de formes (ce qui est tout à fait pour me plaire) et encore plein d'autres choses.
Ce n'est qu'après avoir regardé autour de moi que je me suis posé la question : où sont les rhums blancs ?
Réponse : au premier étage. Et oui, car il y a un étage, auquel on accède par un escalier dissimulé au fond du magasin. A ce premier étage, tout un tas de nouveaux trésors : les rhums blancs donc, mais aussi les rhums arrangés, des produits de beauté (oui des Caraïbes, vous commencez à saisir le principe ;)) et quelques livres et objets de déco.
A vrai dire, je n'ai pu profiter des produits du premier étage que de très rares fois, poussette oblige. Heureusement pour moi, le rez-de-chaussée est rempli de suffisamment de merveilles pour combler tout amateur de rhum.
Niveau conseils, l'équipe qui vous accueille n'est pas en reste et pourra vous guider dans vos achats de manière avisée.


Quelques bouteilles achetées sur place et qui sont emblématiques pour moi de mes acquisitions chez Christian de Montaguère (oui surtout de l'agricole ^^) :




Après cette présentation des lieux, voilà mes observations plus personnelles dans le désordre :

- Tentez des produits gastronomiques si vous êtes venu pour le rhum et inversement. Il y a des deux côtés de belles choses à découvrir.
- Ils ont un nombre de bouteilles ouvertes impressionnant, l'occasion de goûter plein de choses !
- Laissez-vous aller à l'Art de vivre aux Caraïbes, comme je le disais, découvrez tous les produits de ces îles paradisiaques, mais prenez aussi le temps de vous laisser bercer par la musique du cru et appréciez l'ambiance un peu plus intime du "salon" au premier étage.
- Si jamais votre première impression laisse à désirer, donnez-leur une seconde chance. Certains moments de la journée sont particulièrement chargés et la boutique bondée, il se peut aussi, tout simplement, que Christian ou Jerry aient une mauvaise journée pour une raison ou pour une autre. Cela est une exception, retournez-y J
- C'est super sympa après quelques visites et discussions de se faire tutoyer (moi je trouve !) :)
- Si vous êtes un visiteur curieux, humble et intéressé vous serez comblé. Il est plus intéressant pour n’importe quel vendeur d’avoir affaire à ce type de client plutôt que quelqu'un qui vient en disant : « Bonjour, je voudrais une bouteille de ça. Au revoir » et cela est donc le cas chez Christian de Montaguère. Bien sûr ils vont s’adapter à chaque client mais il y a beaucoup à « retirer » de votre visite si vous y venez ouvert d’esprit.
- Bielle 1994, aaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
- Les dentelles de coco sont une drogue pour mon fils (et donc peut-être pour le vôtre) ! :D
- Christian qui ouvre une bouteille rien que pour moi, que je puisse la déguster, ben ça fait drôlement plaisir (bon j’imagine bien qu'il ne l'a pas jetée ensuite et que d'autres ont pu en profiter, mais quand même :))
- Et pour finir, le savon jojoba/citronnelle est vraiment super agréable.


A bientôt pour notre prochain arrêt ;)