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dimanche 9 octobre 2016

Mon Rhum Live 2016 - partie 2


Nous avoilà donc à la seconde partie, la seconde journée et la seconde série de dégustations de ce Whisky Live 2016 à Paris.

Elle s'est pour ainsi dire exclusivement passée dans la partie VIP (pas de VIP le lundi donc ouverte à tous). C'est là qu'étaient disponibles les rhums (et autres joyeusetés à haut degré d'alcool) embouteillés pour les 60 ans de la Maison du Whisky ; et il y en avait un paquet. Trop pour pouvoir prendre des notes exhaustives et détaillées pour chacune de ces bouteilles. Je vais donc être très rapide sur certaines et un peu moins sur d'autres. La manière dont j'ai fonctionné ici était plus au coup de cœur et moins à l'analyse.
Aller, on s'y jette (et on s'en jette un petit par la même occasion).

Commençons par cette gamme, qui a fait soulever plus d'un sourcil de curieux : Transcontinental Rum Line. Sur le papier, pas mal du tout : du brut de fût à petit tirage sur des distilleries connues. A noter qu'elle se compose de six rhums mais que le Diamond avait disparu dans d'atroces souffrances la veille.
Nous suivons l'ordre de dégustation conseillé par la personne de l'autre côté du comptoir et débutons donc par le Panama 2010. Et ne passons pas trop de temps dessus, je ne lui ai rien trouvé d'intéressant, si ce n'est peut-être son côté fumé sur la finale. Voilà, voilà...

Second arrêt de cette croisière rhumesque, la Jamaïque, mais une Jamaïque à tendance gourmande (surtout au nez) et par trop typée, avec le Worthy Park 2006. La poire et la banane sont assez impressionnantes au nez. En bouche, il est plus sec que l'on pouvait s'y attendre et l'alcool est assez présent. La finale est à dominante empyreumatique et je lui ai trouvé une touche... fromagère, ben ouais. Pas mal ce rhum.

On part ensuite en Guyane Anglaise et donc dans la région du Demerara, avec cet Uitvlugt 1998. Je n'aurais pas du tout reconnu de quoi il s'agissait à l'aveugle. Empyreumatique et végétale et une finale sur un brûlé assez sympa. Ouais bon, ne casse pas trois pates à un canard.

Et hop, retour en Jamaïque mais cette fois-ci chez Hampden, avec ce millésime 2000. Un nez très lacté et très Hampden. En bouche, lui aussi est végétal et légèrement piquant. La finale est très longue sur des notes grillées en plus des autres arômes. Il se défend, surtout son nez.

Dernier arrêt à la Barbade pour un... Foursquare 2006. Et oui, encore un. Il ne déroge pas à la règle : c'est bon sur les arômes habituels, cependant il m'a donné l'impression d'avoir un alcool un peu trop présent en bouche.

Au final, une série qui ne m'aura pas conquis dans son intégralité.


Deux embouteillages de chez Berry's ensuite avec un Monymusk (Jamaïque) et un Demerara (Guyana), sans plus de précision sur l'alambic utilisé.
Je passe rapidement dessus car ni l'un, ni l'autre ne m'ont emballés. Ils ne sont pas mauvais mais ne proposent rien de nouveau et je ne leur ai pas trouvé une réelle identité.


Un petit passage en Haïti, car même s'il n'y avait pas de nouveau batch de clairin, un nouveau clairin était disponible : un blend des trois (Sajous, Vaval et Casimir), réduit à 45%. Franchement je n'en attendais pas grand-chose étant donné que pour moi chacun de ces "rhums" d'Haïti a sa propre identité, je me suis demandé "pourquoi les gâcher en les mélangeant ?". Eh bien, cela a été une agréable surprise. Nous avons des marqueurs inimitables des clairins et on se prend même à chercher (voire à trouver ^^), l'influence de l'un et de l'autre... Pas mal !


Deux Rum Nation "Small Batch" de Guyana : un Enmore et un Diamond.
Le Enmore ne m'a pas plu avec son manque de chaleur et de gourmandise (typique vieillissement continental, dans ce qu'il n'a pas de meilleur).
Le Diamond, en revanche a deux visages : un nez gourmand sur le caramel, le bois, la réglisse et un léger tabac et une bouche très différente sur des notes fumées. Intéressant.


Petite escapade chez les agricoles pour continuer, avec Neisson, Bally et Bielle.


Neisson, d'abord, avec deux 2007, l'un embouteillé avec la Maison du Whisky et l'autre avec Velier (et une différence de 0.1%). Ils sont bons, mais je n'ai pas eu de coup de cœur, comme par exemple sur le 2004 de l'année dernière. Un tout petit mot quand même ; le LMDW est assez porté sur la noix et m'a fait penser (en moins bien) au Single Cask 2004 japonais. Le Velier est plus expressif mais sans être meilleur. Au suivant.


Et le suivant c'est un rhum qui avait déjà fait couler pas mal d'encre avant d'être dégusté. Un Bally 1998 brut de fût - le premier brut de fût de la maison martiniquaise. Ajoutez à cela que c'est un millésime 1998 - année dite exceptionnelle dans la région - et vous avez un buzz.
Le nez m'a vraiment beaucoup plu, un très beau nez d'agricole sur les épices, le tabac et les fruits à coque. Malheureusement j'ai trouvé la bouche et la finale en dessous avec un peu d'astringence et un boisé trop marqué. Dommage, le début promettait tant...


Le Bielle enfin. Je ne dirais que ceci : j'aurais cru à un Libération à l'aveugle. Et ça, ça veut dire beaucoup et en bien ! :)


Pas le temps de dire "ouf" que l'on repart avec un autre embouteilleur indépendant : Silver Seal.
Là aussi, deux rhums. Un Uitvlugt d'abord. Encore un qui ne m'a pas fait vibrer ; là aussi rien de nouveau ou d'intéressant. Un Hampden ensuite, bien typé, avec son lot de fruits pourris, de touche acide, de tabac et de solvant. Malheureusement, il manque de gourmandise à mon goût, ce qui m'empêche de l'apprécier pleinement.
Ce qui n'est pas le cas du Hampden de chez Habitation Velier (l'officiel, pas celui pour les 60 ans de LMDW, que je n'ai pas goûté), qui est tout simplement une bombe et peut-être même le meilleur jamaïcain que j'ai pu déguster ! Intense, gourmand, extrême, long, complexe... Une tuerie.


Une des dernières étapes se passe à la Réunion, avec la distillerie Savanna et deux nouveautés, les deux ayant subi une très longue fermentation puisqu'il s'agit de rhums grand arôme.
Le blanc est un grand arôme brut de fût à 57% dans la série des Lontan. Comme on peut s'y attendre le nez est extrêmement expressif sur des arômes de pomme, de caramel brûlé et un côté épicé/médicinal. Pas vraiment gourmand mais très intéressant de par son intensité. Cette gourmandise va venir ensuite en bouche de manière très agréable.
La "vraie" nouveauté est le vieux, qui est le premier de la série HERR (High Ester Rum Reunion), un brut de fût, qui a été conçu de manière à être le plus "extravagant" possible. Je ne me suis pas encore renseigné sur les détails de production, mais de ce que j'en sais, c'est une sorte de "très grand arôme" (terme qu'il va falloir que je pense à déposer :p).
Ce truc est juste un ovni ! Des arômes hyper intenses et pour ainsi dire jamais rencontrés, de cette manière, auparavant. Ce qui m'a le plus frappé, c'est la fraise et la cerise, qui ne m'avaient jamais sautées au nez de cette manière. Il y a beaucoup d'autres choses là-dedans et le résultat est unique et la longueur hors du commun (mieux vaut finir une dégustation par cette chose ^^). Il n'a pas fait l'unanimité mais n'a laissé personne indifférent. Personnellement ce n'est pas mon truc.


Pour finir (ou presque), allons en Thaïlande avec le rhum blanc pur jus que vous connaissez déjà, le Chalong Bay. Je l'aime bien ce rhum Thaï, très jus de canne mais avec beaucoup de douceur. Il y a de la nouveauté chez eux aussi avec trois rhums infusés. Cette infusion se fait lors de la distillation avec les vapeurs des herbes et épices (locales) en question. J'ai fait l'impasse sur la cannelle (je n'aime pas ça) mais ai goûté le basilic thaï et la citronnelle, deux herbes aromatiques que j'aime beaucoup.
Le citronnelle est très marqué par cette herbe, voire trop. Elle domine clairement le rhum. Le goût est cependant bien franc et pas déplaisant, sans doute plus pour cocktails selon moi.
Celui au basilic thaï en revanche est super bien mesuré et offre la fraîcheur et le goût anisé de cette herbe sans masquer le rhum, que ce soit au nez ou en bouche ; la finale est même dominée par le rhum. Une curiosité réussie selon moi.


C'est en fini des rhums mais je ne pouvais fermer ce nouveau chapitre Whisky Live sans vous parler d'un whisky qui m'a marqué, et je n'étais pas le seul, loin de là !
La dernière destination sera donc le Japon avec la maison Nikka. Plus précisément un Single cask Coffey Grain brut de fût de 1995. C'est bien simple, tous les gens qui y ont goûté (et il y avait de sacrés palais) ont cru qu'il s'agissait d'un rhum. Mais attention un rhum qui serait dominé par une noix de coco super gourmande et complétée par un boisé léger et des notes discrètes de tabac (ça peut faire penser à des rhums de Belize voire de la Barbade). Cette noix de coco a conquis tous les dégustateurs. Une très belle découverte !



Cette fois-ci s'en est fini, j'espère que vous aurez apprécié le voyage en ma compagnie :)



Retrouvez la première partie ici-même.

dimanche 2 octobre 2016

Mon Rhum Live 2016 - partie 1




Les dates du Whisky Live à Paris cette année ne sont pas bien tombées ; j'avais un week-end avec des amis en Bourgogne, week-end qui a été loin d'être de tout repos.
Du coup, je fais une croix sur le samedi et pense y passer environ deux heures le dimanche, avant de pouvoir y passer plus de temps le lundi.
Ça, c'est mon plan. Pas franchement étoffé comme plan mais c'est tout ce que j'ai.

C'est dans un triste état de fatigue très avancée, que j'arrive donc dimanche à la Cité de la Mode et du Design dans le 13ème arrondissement de Paris, là où tout va se passer.
Je retrouve mon camarade de crime à l'intérieur et direction l'espace rhums, qui fait plus ou moins la même taille que l'année passée et on y retrouve les mêmes acteurs.
Je n'ai qu'un billet découverte, donc pas d'espace VIP ou de bar collector pour moi cette année (je me suis rattrapé le lundi, rassurez-vous, puisque l'espace réservé aux acheteurs de billets à plus de 100€ sur le w-e, est ouvert à tout le monde lors de la journée réservée aux professionnels).

Et là comme d'hab, on se pose la question : "On commence par quoi ?". Bien qu'il soit tentant de tester les nouveaux Caronis de Velier, cela ne semble pas être le plus avisé d'un point de vue survie des papilles.
On ml'a donne, que je ne sais pas quoi faire avec :x
Et c'est là qu'on tombe sur un rhum inconnu au bataillon, à consonance hispanique. Bon, ça n'augure pas grand-chose de bon, vous connaissez mes goûts, mais ça se tente. Ah ben non en fait, ça ne se tente pas vraiment, ce rhum cubain, qui répond au nom de Pacto Navio, ne présente à peu près aucun intérêt. Voilà vraisemblablement un rhum de plus distillé à très haut degré d'alcool auquel des arômes ont été rajoutés.
Bref, comment bien commencer mon expérience Whisky Live...

Je me dirige ensuite vers le stand Plantation, afin de rester sur des bouteilles à faible degré d'alcool. Mais voilà, c'était sans compter sur une nouveauté de la maison Ferrand : la gamme Extrême. Il s'agit en fait de single casks brut de fûts. Ma première réaction a été : "Voilà une bonne chose que Plantation se mette à faire ça en plus de leur gamme habituelle."
Cela s'est-il vérifié à la dégustation ? Eh bien plutôt, je dois dire. Ils n'ont pour l'instant que deux références (pas encore commercialisées) : un Barbade et un Sainte Lucie.
Le premier est un Foursquare, et comme tous les autres Foursquare brut de fûts de que j'ai pu goûter, c'est bon. Ils se ressemblent sensiblement les uns les autres et sont donc tous agréables, sans être révolutionnaires. Nous avons donc de la vanille, de la coco, du tabac, du bois et un côté grillé ; ça fonctionne bien.

Le Sainte Lucie est lui plus atypique et je n'aurais jamais pensé à cette île à l'aveugle. Le nez est sur des notes empyreumatiques à tendance fumée. La bouche, sèche, reste sur cette même impression mais une certaine gourmandise apparait sur la finale où la vanille vient troubler son profil assez monolithique. Intéressant car atypique mais ce n'est pas trop mon truc, je trouve qu'il lui manque quelque chose.

Après une intéressante conversation avec Alexandre Gabriel sur la transparence dans les spiritueux, nos pas nous mènent vers nos Antilles Françaises.


Ici version verte : brut de colonne 
C'est en Martinique que nous nous arrêtons, chez Neisson, petite distillerie dont il n'est plus nécessaire de faire l'éloge (Même si ce n'est pas si simple ; pour moi les blancs et les très (très) vieux et/ou les millésimes valent le coup, mais leur gamme de vieux "basique" je n'accroche pas du tout).

Nouveauté cette année, le premier blanc agricole bio ! Il n'y a pour l'instant que très peu de bouteilles, étant donné que les parcelles ayant reçues le label bio sont encore bien petites. Ils ont la volonté d'augmenter la surface dédiée à la culture de canne bio mais cela demande beaucoup de temps et pas mal d'argent.
Bref, ce tout nouveau rhum blanc est pour l'instant disponible en deux versions, à 66% et à 55%.
Seule la version brut de colonne étant disponible, nous demander à la goûter.
Quel nez ! La canne dans toute sa richesse. Des arômes terreux, légèrement huileux, végétaux et une légère acidité viennent complimenter cette canne fraîche. Vraiment magnifique. A noter que mon frère lui a trouvé un franc côté "légume vert bouilli", du genre épinard (non il n'était pas bourré, en tout cas pas encore :p).
Malheureusement, la suite de la dégustation n'est pas au niveau (il faut dire qu'il n'est pas aisé de rester aussi haut). L'alcool est incroyablement bien intégré mais ce rhum se fait moins expressif en bouche et sur la finale, qui n'en est pas moins très longue.

J'ai alors eu comme une soudaine envie d'aller déguster l'Intense de Karukera (le stand étant tout proche), afin de comparer ces deux rhums blancs pur jus. Eh bien là où le nez est clairement un cran en dessous, la bouche est en revanche plus explosive. Il est aussi un peu plus simple que le Neisson.
Conclusion : oui ce sont deux grands rhums blancs mais aucun des deux n'est parfait et vous devrez y goûter pour trouver votre préféré.

Comme nous étions sur le stand Karukera, il était tout naturel de déguster leurs deux nouveautés : un millésime 2008 et un 2009.
Ce 2008 a connu un double vieillissement, d'abord dans des fûts neufs, de manière assez courte (je ne saurais dire combien de temps exactement), ce qui va apporter des tannins. C'est ensuite qu'il sera mis en fût de Cognac pour la plus grande partie de son vieillissement.
Au nez, il est délicat sur l'amande et la réglisse. En bouche la texture est veloutée et il est assez fin ; on y trouve à nouveau de la réglisse mais aussi du sucre roux. La finale est longue et apporte un côté torréfié et fumé. Pas mal ce rhum ma foi.

Du nouveau chez Karukera
Le 2009 (Select Casks) est un assemblage de 13 fûts (tous ayant contenu du cognac au préalable). A noté qu'il sera disponible à 45% alors que la bouteille présentée au salon était, elle, à 55%.
Au nez, nous avons bien un rhum pur jus, sur les fruits à coque, les épices douces, le noyau de cerise et le bois. Il est bien équilibré même si l'alcool se sent. En bouche malheureusement, je l'ai trouvé trop sur l'alcool justement, alors que la finale est longue et dominée par le bois.
Moi qui suit normalement nettement en faveur des versions brut de fût, j'ai été intéressé de voir que ce rhum gagnerait sans doute à être réduit à 45%.


Voilà les belles !
Et c'est alors que, la journée approchant de la fin, nous sommes allés voir Velier et ces nouveaux caronis dont tout le monde parle.
Le "ciao" obligatoire à Daniele et c'est parti.
La version réduite à 57.18% pour commencer - à noter que ce degré d'alcool correspond au degré traditionnel des navy rums qui étaient emportés sur les bateaux de la marine britannique, en deçà duquel la poudre à canon qui en aurait été imbibée n'aurait plus été inflammable.
Un nez très gourmand qui offre des arômes de vanille, de fruits à coque (noix et amande), ainsi que du caramel et une discrète, très discrète empreinte caroni.
Et là je me retrouve comme un benêt puisque je n'ai pas écrit de commentaire sur le bouche dans mes notes :x Mais on va faire comme si de rien n'était et continuer.
La finale, elle, est un tantinet plus caroni mais toujours gourmande avec ses notes de vanille et de sucre roux.

La version full proof - à 70.1% tout de même - sera le prochain rhum sur la liste et le dernier pour cette journée.
On y retrouve la même gourmandise au nez, mais elle est ici encore exacerbée : une pâte à gâteau à la vanille et aux éclats de fruits à coque... Un régal pour les narines (à condition de ne pas enfourner le nez dans le verre). Ce que l'on a en plus du réduit, ce sont de discrètes notes torréfiées et de tabac. Très très agréable et délectable.
La bouche se fait plus Caroni que le nez ou que la bouche de la version à 57% (d'après ce que j'ai écrit, mais comme je n'ai rien écrit pour la bouche de ce dernier il ne me reste plus qu'à me faire auto-confiance, on n'est pas dans la panade... ^^).
La finale, est bien entendu interminable et associe typicité caronienne et gourmandise avec surtout la vanille, qui contrairement à d'autres caronis, est ici loin d'être écœurante.


C'est là que je m'arrête pour cette première partie. Restera tous les rhums des 60 ans de la Maison du Whisky plus quelques autres. Et ça en fait un paquet...


dimanche 27 mars 2016

Habitation Velier, qu'es acò ? - partie 1


En voilà une excellente question !

Peut-être est-ce une maison d'hôte à côté de la rivière Demerara ? Un élevage de cannes à sucre en Haïti ? Une fabrique de pains de Gênes à Gênes ? Un domaine de vins bio en Toscane ? Un entrepôt désaffecté à Trinidad ? Un château à Versailles ? Un cottage sur la perfide Albion ? L'échoppe d'un tailleur de diamants ? Une distillerie au nom et aux coordonnées improbables ?

Ou pas.

Ce qui va me permettre de partiellement répondre à ces interrogations, ce sont quelques heures passées, avec une poignée d'autres privilégiés, en compagnie de Luca Gargano.
"En quel honneur ?", me direz-vous. Pour la meilleure raison qui soit : le lancement d'une nouvelle "gamme" de rhums de chez Velier, précisément sous ce nom d'Habitation Velier.
Rendez-vous est pris dans un restaurant du 17ème, non seulement pour ces nouveaux rhums mais aussi pour les clairins du batch 3 ainsi que le Caroni 17 ans. Je vous ai déjà parlé de ceux-ci lors de mon compte-rendu du dernier Whisky Live, je vais donc passer sous silence leur dégustation (en tout cas dans ce présent article).

A notre arrivée, une table sympathiquement "décorée" ;)

Bon nombre d'entre vous sont déjà au courant et doivent donc partager mon enthousiasme grandissant (le mot est faible, très faible) à l'idée de leur apparition sur les étagères des cavistes.

Pourquoi être aussi excité par ces nouveaux rhums à sortir ? Déjà parce que Gargano est derrière ; oui c'est déjà une excellente raison :P On sait que ça sera synonyme de qualité, mais regardons plus précisément les raisons de mon engouement (qui n'est pas que le mien).


Pour commencer, ce sont des pure single rums.

Première mise en carton de la bouteille !
Et là il est nécessaire de faire une parenthèse sur un sujet que j'ai déjà évoqué dans cet article, la classification Gargano.

Il s'agit d'une méthode de classification des rhums selon leur mode de distillation. Il propose de rassembler les rhums (quelle que soit leur origine) en quatre groupes.
- Pure single rum : 100% issu d'une double distillation sur alambic
- Single blended rum : un mélange de rhums distillés sur alambic et sur colonne traditionnelle (petite), mais d'une même distillerie (qui doit donc posséder alambic et colonne traditionnelle)
- Traditional rum : distillé sur colonne traditionnelle - on pensera notamment aux rhums de Martinique mais pas seulement
- Rums : tout le reste et donc principalement les rums distillés sur ces immenses colonnes qui font penser à des raffineries et dont le distillat est généralement très élevé en alcool (jusqu'à 95°) et donc très pauvre en éléments non-alcools, ces éléments qui donnent les arômes. Il faudra donc y ajouter du sucre, des arômes artificiels ou encore du glycérol pour obtenir un résultat qui flattera les papilles du consommateur.
Vous vous en doutez, il y a une notion qualitative sous-jacente. En ce qui me concerne, il y a les trois premières catégories, et il y a la quatrième, très loin derrière.

Continuons un moment sur cette parenthèse, qui en devient de moins en moins une. L'idée derrière cette méthode est d'offrir clarté et repères aux consommateurs et ainsi de permettre au R(h)um avec un grand "R" de s'épanouir.
Une biguine pour illustrer son arrivée en Martinique
En effet, sans points de repères, le consommateur lambda ne peut pas s'y retrouver et se dirigera vers des marques qui ont beaucoup investis en marketing, une belle bouteille, une publicité vue la veille, un gros chiffre devant refléter l'âge du contenu, un nom exotique... Vous vous en doutez, ces rhums ne sont pas forcément les meilleurs (euphémisme détecté) et leur achat se fait au détriment d'autres rhums, qui n'ont pas les mêmes moyens.
Pour s'y retrouver à l'heure actuelle et y comprendre quelque chose, il faut être intéressé par le sujet, se documenter, discuter avec d'autres amateurs éclairés, déguster... Une telle classification permettrait au plus grand nombre d'y voir plus clair.
C'est cette prise de conscience, qui permettra à l'industrie du rhum de suivre les traces du whisky. C'est d'ailleurs sur ce modèle que Luca Gargano a créé cette classification (pure single malt).
Vous trouverez également tout un tas d'informations dans cet article de DuRhum.


Bref, revenons-en à nos moutons. Vous l'aurez compris, l'appartenance à la famille des pure single rums est synonyme de qualité et d'authenticité.

C'est d'ailleurs toujours dans cette optique de clarté et de transparence que chaque bouteille arbore toutes les informations nécessaires à la compréhension du produit que l'on a en face de soi ; y compris un dessin de l'alambic sur lequel a été distillé chaque rhum (du plus bel effet).
Vous verrez à quel point c'est exceptionnel lorsque vous irez jeter un œil aux bouteilles chez votre caviste. En effet, la majeure partie des producteurs de rhums sont bien avares de ces informations, pourtant essentielles pour qui veut savoir ce qu'il achète et ce qu'il boit.


Pas Habitation Velier mais impatient aussi !
Ensuite, c'est le patron de Velier qui est lui-même allé dans les distilleries pour déguster et choisir, voire commander un rhum élaboré spécialement pour cette collection, mais j'y reviendrai.
La plupart des embouteilleurs indépendants ne vont pas dans les distilleries pour décider des rhums qu'ils vont embouteiller, ils passent par des intermédiaires, qui ont eux-mêmes achetés du rhum à ces distilleries sous forme de bulk (grosse quantité en "vrac") et qui vont ensuite les revendre à leurs clients.
Je vous invite à lire cet excellent article (en anglais) pour en savoir plus. Attention, cela ne veut pas dire que ces rhums sont mauvais, loin de là. Cependant il y a chez Velier cette démarche qui tend vers l'authenticité maximale du produit et il parait logique d'aller sur place, là où le rhum est élaboré, de parler avec les gens qui travaillent à sa conception, de voir où il a été vieilli...
Le choix de ces distilleries (et des pays où elles se trouvent) a été primordial. On y trouve la Jamaïque (Worthy Park), la Barbades (Foursquare), La Guyane Anglaise (Port Mourant) et Marie-Galante (Bielle). Quatre distilleries (et/ou alambics) aux produits de qualité et surtout à l'identité forte. 



A la dégustation, cela se confirme : nous avons affaire à des rhums très singuliers, reflétant des terroirs, des traditions et des distilleries, très marqués, extrêmement expressifs pour certains et tout simplement uniques.



Un retour sur ces dégustations à suivre...


dimanche 29 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 2


On continue notre exploration de l'éventail des rhums proposés par Velier et on arrive donc naturellement à Trinidad pour une autre exclusivité : le Caroni 17 ans.
Nous connaissions déjà le 12 ans et le 15 ans ; le premier étant très "sévère", très typé Caroni et le second plus gourmand et pas uniquement sur des arômes d'hydrocarbures, de caoutchouc et de goudron. Connaissant un peu mes goûts vous vous doutez sans doute que c'est au second que va ma préférence. Et bien ce 17 ans est plus dans la veine du 15 ans, ce qui me plait. Il était en dégustation Whisky Live, aux côtés des "fameux" single casks 2000 et je dois dire qu'il m'a peut-être plus plu que ces SC qui déchaînent les passions (des collectionneurs) !

Un line up de toute beauté !

Bon là on est à un moment de la soirée où l'ambiance est plus décontractée et on pense pouvoir rentrer chez nous après cette dernière belle bouteille.

Eh bien non ! Encore une surprise ! Et pas des moindres.
J'aimerais pouvoir retranscrire l'électricité qui a parcouru le parterre d'amateurs lorsque nous avons compris qu'une bouteille restait à déguster. Les pronostics et conjectures y sont allés bon train, certains noms ont circulé à demi-mot comme si personne n'osait trop y croire.
"Cela doit être un second Caroni, un des single cask du Whisky Live, je ne vois pas ce que cela pourrait être d'autre !"
- Ça ou le Millenium, tu sais le magnum à étiquette rouge.
- Peut-être mais je pense plutôt à ce Diamond 1999 nouvelle version - encore un où on ne sent pas l'alcool en dépit des watts !"
Tout le monde avait tort.

Christian revient de l'arrière-boutique avec la bouteille en question et ses tentatives pour la cacher étant veines, nous avons pu voir du vert sur la boîte. A ce moment-là, on a su ! Et l'excitation est encore montée d'un cran.
La dernière ;(

Le fameux Diamond & Versailles 1996 !
En voilà un que je n'ai pas encore dégusté (vous vous rappelez cette master class que j'ai loupée à un cheveu ?) :)
Il est bon, même s'il n'est pas évident après tant de rhums si expressifs d'en avoir une idée précise, mais étrangement, là n'est pas - le seul - intérêt de cette bouteille. En effet, c'est le dernier embouteillage d'un rhum de DLL par Velier. Il n'y en a qu'un peu plus de 500 bouteilles et Luca n'est pas sûr de savoir qu'en faire, les vendre, les garder, les ouvrir pour ce genre d'occasion, les donner à l'homme à la poussette... :D
Une fois de plus il utilise une comparaison très imagée :
"Si un soir vous rentrez chez vous et que votre femme vous dit : "C'est la dernière nuit que nous passerons ensemble.", que faites-vous ?" Et c'est un peu cette impression qu'il a avec cette bouteille : que faire ?


Il reste une chose, et pas des moindres, dont je veux vous parler : la classification des rhums que Luca (et d'autres, dont Richard Seale) essaye de faire adopter par les amateurs et les producteurs (dans la mesure du possible).

La passion qui parle !
Le rhum souffre d'un mal bien compliqué à guérir : le manque de clarté et de transparence.
La majeure partie des bouteilles ne donne pas tellement d'informations sur l'élaboration du rhum qu'elle contient, voire presque aucune.
Que cela veut-il dire ? Que le consommateur ne sait pas ce qu'il achète et ne peut donc faire la différence entre un produit de qualité et un produit purement marketing. Est-ce un problème me direz-vous, le goût d'un rhum n'est-il pas LE critère qui importe ?
Je répondrais que ce n'est pas si simple. Pour moi il est important d'avoir la possibilité de savoir ce que je bois et ce que je consomme en général. C'est exactement pareil pour la nourriture : l'origine des produits, des ajouts ou encore des exhausteurs de goût... Je veux savoir.
Une fois ces informations disponibles, je peux alors faire mon choix et si je veux, en connaissance de cause, acheter un produit retouché et pas naturel, alors c'est en effet mon choix.
La qualité et l'authenticité sont pour moi primordiales mais il est très dur de savoir ce que l'on boit. Cela devrait pourtant être facile d'avoir de telles informations, cela devrait aller de soi. Mais non.


Je ne me laverai plus jamais :D
Tout ça pour dire qu'une classification ne serait pas du luxe et que chaque initiative qui permettrait d'y voir ne serait-ce qu'un peu plus clair, serait la bienvenue.
En l'occurrence celle proposée a pour critère principal le mode l'élaboration ou plus précisément de distillation.
J'ai un peu peur de dire des bêtises mais je vais vous dire ce dont je me rappelle.
Quatre "sortes" de rhum nous sont proposées :
- Pure single rum : intégralement distillé sur pot still (alambic)
- Single blended rum : mélange (blend) de pot still et de colonne traditionnelle (plus petite au nombre de plateaux limité, comme celles utilisées aux Antilles Françaises)
- Rum : distillé sur colonne traditionnelle
- Industrial Rum : distillé sur les colonnes multiples modernes et donc tout le reste, clairement la catégorie la plus large en nombre de bouteilles.

Il y a également d'autres facteurs pris en compte, mais moins explicitement cités dans la classification Gargano, tels que la provenance de la matière première ou encore le degré d'alcool en sortie de distillation.
Espérons que cette initiative trouve écho chez les amateurs et les professionnels. En attendant, certains rhums arborent déjà fièrement leur pedigree et vous pourrez savoir quand ils sont été mis en fût, leur âge, la matière première utilisée, l'absence d'ajouts ou encore s'il y a eu filtration ou non... Privilégiez ces bouteilles qui prônent la transparence, qui n'ont rien à cacher et qui ne mentent pas (ne serait-ce que par omission).


Soyons des amateurs/consommateurs éclairés !


dimanche 22 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 1


Samedi 7 novembre, 00h51. Un mail arrive dans ma boîte. Envoyeur : Christian de Montaguère. Objet : invitation pour une rencontre avec Luca Gargano. Réaction dans la tête de Laurent : "Tatata tata tata" (sur un air de samba).

On est parti pour passer une bonne soirée !

Je lis brièvement l'email et comprends donc qu'il y une soirée organisée dans la boutique de Christian pour rencontrer Luca Gargano, le patron de Velier (embouteilleur indépendant et importateur italien), et aussi bien plus que cela.
J'ai déjà écrit un article sur ma première rencontre avec le monsieur il y a presque un an et demi de cela, dans lequel j'avais eu du mal à ne pas laisser transparaître mon enthousiasme.
Cette fois-ci le flyer nous annonce la dégustation de clairins (ces fameux rhums blancs de pur jus de canne d'Haïti), du Libération (j'imagine le 2015), ce rhum agricole de Marie Galante élaboré sur alambic dans la distillerie Bielle avec l'aide de Gianni Capovilla, et enfin une surprise. Et moi j'aime bien les surprises, surtout quand elles ont un rapport - même éloigné - avec Velier ;)

Quand il sert il ne fait pas semblant :)
Cette fois-ci je ne fais pas mon boulet et pense à réserver ma place pour cette soirée qui s'annonce exceptionnelle.


Jeudi 12, date fatidique, je me mets en route depuis le boulot et arrive presque à l'heure sur les lieux. Je peux donc, pour une fois, assister au début de - ce qu'on pourrait appeler - la master class.

Et là... Par où commencer ?

Vous le savez, j'adore les r(h)ums by Velier ; les Demerara bien sûr, je vous l'ai suffisamment rabâché (et je ne me priverai pas d'en rajouter des couches à l'avenir ;)), mais aussi les clairins, les Caronis (de plus en plus) et les Libération. Malgré ça je vais plutôt commencer par ce qui m'a le plus marqué : Luca, ses histoires et ses projets.

Et, là aussi, par où commencer ?

Dix-huit ans, un Luca aux cheveux longs devient manager des ventes des rhums Saint James pour l'Italie et parvient à doubler les ventes, entre autre grâce à une idée révolutionnaire pour l'époque, récompenser le meilleur commercial par un voyage en Martinique (alors qu'habituellement ces voyages étaient organisés en Champagne ou du côté de Cognac, voire en Ecosse pour les plus aventureux).
C'est à cette époque qu'il découvre les Antilles... et les antillaises, sur un air de biguine :)

Quelques années plus tard, il rachète la société Velier dont il augmente le chiffre d'affaire année après année pour en faire ce que l'on connait aujourd'hui.

Sur un tabouret pour les 2 dissipés du fond
Bien sûr quelques autres étapes clefs sont à mentionner : 
- La découverte de la distillerie Caroni, que je vous ai déjà raconté, mais que je pourrais écouter encore et encore tant elle est passionnante.
- La rencontre avec Yesu Persaud, qui deviendra son mentor, voire même son père de rhum et sa prise de participation chez Demerara Distillers Limited. Ces deux éléments lui donneront accès à certains fûts d'exception et lui permettront de réaliser des embouteillages remarquables, voire légendaires (qui a dit Skeldon ?).
- Le voyage à Haïti, la découverte d'un pays hors du commun où l'agriculture n'a pour ainsi dire pas évolué depuis deux cents ans et où les produits sont au delà du bio. Bien sûr, cela est allé de pair avec la visite de très nombreuses distilleries (ou guildiveries comme on dit là-bas) - il faut savoir qu'il y en a plusieurs centaines sur l'île - et la sélection des trois clairins désormais commercialisés par Velier : Sajous, Vaval et Casimir.


Il y en a un paquet d'autres histoires et de détails truculents, qui lorsqu'ils sont racontés par ce personnage, prennent toute leur saveur. Il y a un côté one man show dans ses apparitions, qui les rendent encore plus passionnantes, vivantes, intéressantes et drôles.
Si vous avez l'occasion de voir Luca Gargano, ne manquez pas ça, même sans les rhums, ça vaut le détour ! :)



Les deux premiers d'une longue série.
Alors, et les rhums justement ? A quoi avons-nous eu droit ce soir-là ?
Eh bien, comme annoncé, on commence par un clairin. Le Sajous, du batch 3. J'ai eu l'occasion d'y goûter lors du Whisky Live et ce n'est pas mon préféré sur les trois de cette dernière fournée mais il reste très expressif et typique de ces rhums pur jus haïtiens découverts il y a environ deux ans. Un bon début de dégustation.
C'est le seul auquel nous avons eu droit ce soir-là et ce n'est pas bien grave vu la suite des hostilités.


La suite, justement avec le Libération 2015 sous ses deux versions. Je vous en ai également parlé dans mon article relatant mes aventures Whisky Liviennes. Les deux sont bons et plus boisés que leurs prédécesseurs ; ma préférence reste du côté du 2012 version intégrale (brut de fût) mais cette version plus âgée de presque trois ans se défend plutôt bien.


Tout est sur l'étiquette
Nous avons ensuite eu droit à un rhum de la Barbade.
J'avais déjà pu y tremper les lèvres il y a quelques semaines et je ne peux que confirmer que, malgré son jeune âge (même pas trois ans), il est étonnamment "abouti". Un rhum qui méritera une dégustation posée pour en apprécier pleinement les qualités !

Ce rhum fait partie de la série, à sortir, Habitation Velier, qui comprendra des rhums d'horizons différents. La Jamaïque (avec entre autre un blanc à la fermentation de 3 mois (!) ainsi que des vieux) qui produit des rhums tellement expressifs et typés, définitivement parmi mes origines préférées du rhum.
La Barbade donc, avec la distillerie Foursquare, dont le patron Richard Seal est un fervent défenseur de rhums authentiques et vierges de tout ajout. Parmi les rhums classiques de cette distillerie vous avez par exemple le RL Seales 10 ans, et sa forme de bouteille si caractéristique ; c'est pour moi un bon rapport qualité prix qui vous donnera une bonne idée des rhums de ce pays (et bien sûr un rhum sans aucun additif).
La Guyane Anglaise, avec un très intriguant Port Mourant (alambic en bois) blanc !
Et enfin Marie Galante avec l'alambic qui sert déjà à l'élaboration des rhums Libération.
Si vous voulez voir toutes ces jolies - et informatives - étiquettes, c'est par-là : http://www.velier.it/prodotti/ricerca-e-selezioni-gargano/habitation-velier

J'ai HÂTE ! :)


To be continued...


dimanche 18 octobre 2015

Mon Rhum Live 2015 - partie 2


Très, très bon.
Après cette mise en jambes, je suis allé faire un tour dans nos Antilles Françaises avec Neisson et Bielle.

Neisson, "petite" maison de Martinique que je commence à connaître (en tout cas leur gamme "normale"). Aussi n'ai-je voulu que m'attarder sur ce que je ne connaissais pas, à savoir, leur single cask à la jolie bouteille peinte à la main. Un nez très agréable sur le bois vert/tendre, une fraîcheur sur l'attaque qui laisse place à une bouche plus lourde et plus complexe. Malheureusement il perd un peu sur la longueur.

Téléportation au bar VIP (ouvert à tous le lundi) pour goûter au nouveau millésime 2004. N'ayant pas pris de notes, je peux simplement vous dire, qu'à mon goût, il est meilleur que le 2005, d'un rare équilibre entre le vesou et le bois du fût, très fin, très long et très gourmand. Une sacrée réussite !


Vraiment à regoûter !
Direction Marie-Galante et le stand Bielle. Je suis un peu spécial (semblerait-il) concernant Bielle : j'adore certains de leurs rhums (le 2003 sans parler du 1994) mais je ne suis pas fan de leurs millésimes en carafe, comme le 1998 par exemple.
Quoi qu'il en soit, plusieurs nouveautés à cette rentrée.
Commençons par le nouveau blanc, le Canne Grise, nouveau mono cépage sur le marché et à ma connaissance le premier utilisant cette variété. Comme les autres blancs de la maison, il est à 59°, ce que je trouve un tantinet trop élevé.
Celui-ci n'est pas très sec et n'est pas trop sur la fraîcheur, il a même un petit côté sucré en attaque bien agréable (et de légères notes saline ? A confirmer :)). Et l'alcool alors ? Il passe étonnamment bien ! Bref, pas mal du tout.

Le 2004 ensuite, une de ces "fameuses" carafes qui me laissent habituellement froid. Au nez, c'est très bien mais en bouche, son boisé ne me plait pas (comme sur les autres). La finale est longue sur le bois (oui toujours ce bois), le sucre roux  et un léger côté mentholé.

Pour moi du meilleur (à droite) au moins bon (à gauche) - je sais je suis bizarre.
On continue sur la bouteille 40ème anniversaire, un brut de fût de 2008 embouteillé à 53.4°. Là je me dis que ça va sans doute être plus mon truc, dans la veine des 2003 et 2007. Je ne me trompe pas, même si là, son vieillissement en fût de Jack Daniels l'a beaucoup marqué et cela ne plaira pas à tout le monde. Personnellement j'aime bien ses fruits à coque, sa gourmandise (relative) et la vanille apportée par le fût.

On finit avec un autre rhum disponible au bar VIP, le Bielle 2001. Ah ben en fait non, j'aurais dû m'arrêter au précédent. Je sais que je vais me mettre des gens à dos, mais il ne m'a pas plu. Je ne peux même plus vous dire pourquoi si ce n'est que ce boisé, qui ne me plait pas était encore de la partie. Bon, moi ça me va, ça me fait une bouteille chère de moins à acheter :P


Après la langouste, les grenouilles.
On reste sur Marie-Galante mais on passe chez Velier, que dis-je, dans l'UNIVERS Velier !
Et on y met un pied par ce rhum si longtemps attendu par beaucoup d'entre nous : le Libération 2015.
Vous vous en rappelez sans doute, le 2012 brut de fût est vraiment un de mes rhums favoris (je viens de terminer ma première bouteille et sa petite sœur attend patiemment :)).
J'étais vraiment ravi de pouvoir enfin découvrir ce que trois ans de plus en fût ont pu apporter à ce rhum.
Sa version réduite à 45° tout d'abord fait clairement penser au 2012. La différence principale : un bois plus présent et des arômes de fruits à coque marqués. Pas mal.
Et en brut de fût ? Les 58.4° se font sentir (même peut-être plus que sur le 2012 en version intégrale alors que ce dernier a quelques degrés de plus). Sans que ce soit tellement étonnant, il est plus... tout : explosif, puissant, intense et long.
Quant à la différence principale avec le 2012, c'est pour moi un boisé plus présent. Personnellement je pense préférer le 2012 mais c'est vraiment une affaire de goût, les deux étant très bons.


Je suis fan des clairins :)
Continuons avec les perles d'Haïti, les clairins. Voici le batch 3. Après la redistribution des cartes entre le premier et le second batch, qu'en est-il sur ce troisième ?
Sur le Sajous, on retrouve les traceurs du batch 1 avec une dominante végétale, florale et de canne. Malheureusement il n'est pas exempt d'une certaine amertume en fin de bouche qui gâche un peu le plaisir.
Le Vaval, lui, est plus "organique" sur le champignon et un léger côté iodé. Il est sec en bouche, au point de l'assécher. Moyennement long, il offre des notes de réglisse sur la finale. Bon mais pas au niveau du batch 1 pour moi.
Et le Casimir alors ? C'est le plus expressif des trois ! On retrouve la truffe caractéristique, si marquée sur le batch 1. En bouche il est explosif et expressif et la finale est intense tout en étant "sucrée". Pas aussi extrême que le premier batch mais ce n'est pas pour me déplaire. Pour moi le meilleur des trois, suivi de près par le Vaval.


Une autre sensation du salon chez Velier, ce sont les nouveaux Caroni et il y en a quatre !
J'ai d'abord commencé par le 17 ans (55°). Le nez est typé Caroni sans l'être trop ; il est également légèrement réglissé et mentholé. Une impression gourmande s'en dégage. La bouche nous dévoile un Caroni sans le moindre doute mais sans être monolithique, de plus il est (très légèrement) sucré. La finale est sur le bitume et le caoutchouc (normal) mais aussi sur des notes fumées tandis qu'après quelques instants, le sucre roux et un petit quelque chose de floral apparaissent.

Le Millénium (mis en fût en 2000 donc) est intéressant du haut de ses 60° en ce sens que c'est le plus végétal (herbes de Provence, gin) des Caroni que j'ai pu déguster. La bouche confirme cette atypicité (qui est un mot qui devrait exister :P) avec des arômes floraux (en plus de ceux des Caroni plus classiques).

Caroni et Demerara, les deux mamelles de Velier (pour l'instant)
Il nous reste donc les deux monstres, tous deux 2000 également. Le premier à "seulement" 68.4° nous offre un produit étonnamment gourmand avec un alcool bien intégré. Il m'a rappelé certains autres Caroni récents que j'aime bien. Le tabac et le mentholé sur la finale le rendent encore plus intéressant.
Attaquons-nous maintenant au 70.9°. Le premier nez n'était pas Caroni mais cela a rapidement changé ensuite et l'alcool titille le nez. Pas qu'au nez ! En bouche on a un alcool très marqué (peut-être même un peu trop pour moi). C'est le plus "Caroni" de la journée :)


On termine notre excursion chez Velier avec le Diamond 1999 - et là si vous suivez, vous vous dites "il existait déjà ce rhum". Vous n'aurez pas tort si ce n'est que cette version a plus d'alcool, 64.7°, celle précédemment sortie était à 53.1° (et n'était pas trop à mon goût). Ces degrés supplémentaires lui ont-ils fait trouver grâce à mes yeux ? Eh bien j'ai été le premier surpris à me voir répondre oui à cette question. Un nez gourmand et boisé (sans l'être autant que sa version moins puissante, ce qui était le problème principal). On reste sur les mêmes notes en bouche avec un léger côté tannique. Il m'a fait penser au Diamond 1996 (celui à 63.4%).

J'attends la suite, j'ai hâte !
Dernière étape chez Velier avec une bouteille très intrigante, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre (ainsi que ses petites copines) et qui créé un engouement assez exceptionnel.
Velier a décidé de proposer un certain nombre de bouteilles de différentes origines sous le nom d'Habitation Velier. Il devrait y en avoir  huit (pour commencer j'imagine) toutes en brut de fût, dont plusieurs jamaïcains (!), des rhums de Guyane Anglaise (dont un blanc !!) ou encore d'autres en provenance de la Barbade (de chez Foursquare). C'est d'ailleurs un de ceux-ci que j'ai pu goûter et il m'a fait une bien bonne impression.
Ajoutez à cela que les prix devraient être aux alentours de 50€ (!!!) et vous pouvez être certains que je vais faire des stocks. La date de sortie reste encore à définir précisément, je guette.


On oublie celui de droite et on garde celui de gauche !

Pour conclure, on repart en Guyane Anglaise en faisant un petit tour du côté du bar VIP, mais nous passons cette fois chez Silver Seal, autre grand embouteilleur italien de spiritueux.
L'Enmore 1986 - 21 ans - (55°) d'abord. Réglissé et torréfié ; c'est même assez intense. Intéressant mais ce n'est pas trop mon truc.
L'Enmore (oui on reste sur cette distillerie/alambic) 1977, toujours de Silver Seal, ensuite. Ses 32 années de vieillissement me faisaient craindre de me confronter à du "jus de bois". Eh bien, pas du tout ! Un monde de fruits, de douceur, de puissance, de complexité, de boisé, de longueur... Tout simplement un des meilleurs rhums qu'il m'a été donné de boire.
Seul problème : son prix :(


C'est sur bouteille exceptionnelle que mon récit s'achève. A l'année prochaine Whisky/Rhum Live !


dimanche 4 octobre 2015

Mon Rhum Live 2015 - partie 1


Voilà une rentrée chargée ! Logique, c'est la rentrée :P

Des événements chez les cavistes avec la visite des représentants des distilleries et la présentation de leurs nouveautés mais aussi des événements de plus grande échelle, avec le salon de Berlin à venir, celui de Spa en Belgique d'ici quelques jours et bien sûr, et c'est celui qui nous intéresse ici, le Whisky Live à Paris..

Devrait être exceptionnel !
Cette année ce salon aura pris ses quartiers sur les quais de Seine à la Cité de la Mode dans le 13ème arrondissement. C'est sur trois jours - deux pour le public et un réservé aux professionnels - que ce rendez-vous immanquable s'étend ; bien assez de temps pour faire le tour de tous les rhums présentés, mais sans doute pas des whiskys, ça tombe bien, c'est le rhum qui m'intéresse :)

Quand vous décidez d'aller sur un tel événement, il faut faire des choix, surtout quand le prix est aussi élevé : 70€ pour une journée (ajoutez-y 30€ de plus pour avoir un billet VIP).
Heureusement pour moi, j'ai pu avoir une place pour la journée pro, ce qui m'a permis de n'acheter qu'un seul ticket (non VIP) pour le dimanche. Deux jours ça suffit, surtout que l'offre en rhums y est nettement moins importante que pour le Rhum Fest.
Quand ils étaient encore à 45%

Autre facteur de choix dont il faut tenir compte : les master class. Certaines sont planifiées pour le samedi et d'autres pour le dimanche, s'il y en a une que vous ne voulez pas manquer (par exemple celle animée par Luca Gargano et Dave Broom - au hasard :p), alors le choix est vite fait. Comptez tout de même quelques dizaines d'euros en plus pour y assister.

Oui le w-e peut vite revenir cher si vous vous laissez emporter :)
Aaahh ces vieux agricoles millésimés...
D'autant plus que cette année aussi, un bar collector était à la disposition des visiteurs. Il vous permet de goûter à des rhums d'exception pour quelques euros. Vous avez le choix : de vieux Demerara de chez Velier, des millésimes martiniquais ou encore d'intéressantes curiosités.
Il faut savoir se contrôler ! L'année dernière j'avais pris un verre de Skeldon 1978 et je m'étais rendu compte que c'est une erreur que de vouloir le déguster sur place, on n'a pas le temps et les conditions ne sont pas les meilleures ; du coup j'avais apporté mes petits échantillons vides afin de pouvoir ramener chez moi ces rhums d'exception et prendre mon temps pour les apprécier à leur juste valeur.
Je me suis "moyennement" restreint et suis reparti avec trois samples : un Bally 1992, un Saint James 1982 et Barbancourt de la vieille époque. Ils ont rejoint ma collection d'échantillons et seront bus dans un futur plus ou moins proche.



Bref pour moi c'est dimanche et lundi.
Et avant de vous en faire le compte-rendu, je vais être obliger de vous narrer mon plus gros FAIL du salon.

Lundi : journée pro. J'ai vu sur le programme que Luca (et Dave Broom) vont refaire une matserclass à 14h30 (en plus de celle de samedi) et je compte bien y aller. Cependant je ne vois pas de méthode de réservation sur le site et je décide donc de me renseigner le matin même pour ne pas manquer ça.
Entre deux dégustations, j'essaye donc d'obtenir des infos mais Daniele ne sait pas et les quelques personnes de LMDW (La Maison du Whisky, qui organise l'événement) que je croise ne savent pas non plus. En deux mots : ça n'avance pas...
Un peu plus tard je croise une connaissance qui m'apprend que toutes les places ont déjà été réservées et qu'il n'y a donc pas moyen d'y assister. Je suis triste :(
Je me fais une raison, continue de découvrir quelques jolis rhums et puis décide de rentrer chez moi. A ce moment-là il est 14h25, lorsqu'en chemin vers la sortie je passe devant la pièce où sont organisées les master class. Il y a la queue devant (les chanceux qui ont pu avoir d'une manière ou d'une autre une place) et je me décide à aller voir les deux hôtesses à l'entrée qui vérifient les noms pour leur demander la marche à suivre afin d'avoir une place. Elles m'expliquent que l'option était disponible sur internet mais qu'il est désormais trop tard (oui je m'en doutais hein). Cependant, elles m'expliquent qu'avec les habituels désistements j'ai peut-être une chance de gratter une des dernières places. Je vais donc me positionner en fin de file d'attente et alors que la queue diminue je sens mes chances augmenter et reprends espoir.
Plus que cinq personnes devant moi, puis plus que trois, une de plus rentre. Nous ne sommes plus que trois à attendre. Je vois les hôtesses scruter la salle afin de trouver des places restantes, et elles en trouvent ! Deux...
Voilà, voilà... Dégoûté je suis et je resterai pendant quelques heures (je le suis encore un peu à vrai dire ;()

Ça, c'était la dernière étape de mon expérience Whisky Live 2015, heureusement il y en a eu un paquet d'autres avant ça et de bien meilleures.


La nouvelle tête des bouteilles de la gamme Plantation

Histoire de commencer par du "doux" qui ne marque pas trop le palais, direction Plantation et la dégustation de plusieurs bouteilles dont les quatre suivantes.
Barbados 2001 pour commencer, un rhum au nez assez prometteur, sur la vanille, les fruits confits et un léger côté poudre à canon. Le tout baigné dans une impression de douceur. En bouche, c'est plus simple et l'impression de douceur se confirme alors que la finale, assez longue, est dominée par la vanille.
Une bouteille et un oeil ;)
Le Jamaica 2001 ensuite. Je vous en ai déjà parlé (je crois) ; je le trouve bien, particulièrement pour ceux qui ne connaissent pas encore les rhums de Jamaïque et qui veulent s'y initier. En effet, il associe la typicité de cette origine à la douceur, ce qui le rend plus abordable.
Santa Lucia 2004 pour continuer. Il remplace le 2003 et il n'y a pas de révolution d'un millésime à l'autre. Il est dominé par des arômes empyreumatiques et envahit le palais instantanément dès qu'il est pris en bouche. D'une certaine manière il est encore plus marqué que son prédécesseur et son arôme fumé est encore plus présent.
Les rhums Plantation ont cet intérêt que les novices peuvent découvrirent pas mal de choses sans que ce soit un trop gros changement avec les rons d'entrée dans cet univers rhumesque. Que ce soient les arômes des rhums jamaïcains, des notes plus boisées ou encore brûlées.

Pour finir, j'ai eu le plaisir de goûter le Plantation Pineapple, ce fameux rhum infusé à l'ananas, pas disponible sur le marché européen. J'ai beaucoup entendu parler de ce rhum et c'est la première fois que j'ai pu le déguster ; sa réputation est-elle usurpée ? Eh bien non. Le nez est impressionnant d'ananas, il donne l'impression d'avoir le fruit sous le nez. La bouche est du même acabit et est plus sèche que l'on pourrait s'y attendre. Enfin, contrairement à ce que j'ai pu entendre, la finale est loin d'être courte et prolonge donc cette expérience saisissante.



On change de destination pour aller à Belize avec la compagnie aérienne Fair.
Voilà une marque intéressante à plus d'un titre : certifiée commerce équitable, aucun ajout à leurs rhums et... de bons produits :)
Ils n'ont pas beaucoup de bouteilles à leur arc et l'une des raisons à cela est qu'il est très compliqué de faire des rhums suivant les règles du fair trade. Originellement ils avaient un rhum de 5 ans de la Jamaïque (distillerie Worthy Park) et un autre de 5 ans de Belize (distillerie Travellers). Malheureusement la commercialisation du jamaïcain a dû s'arrêter car la certification commerce équitable ne pouvait plus être assurée.
Du coup, ils ont continué de proposer le 5 ans de Belize (nez assez gourmand puis sec en bouche sur la vanille, le bois et les épices) mais en ont également sorti plus récemment une version de 10 ans d'âge et enfin une 11 ans au degré alcoolique plus élevé (pas brut de fût mais à la réduction moindre).
Ce 10 ans a un nez plus complexe, plus profond (plus "grave" d'une certaine manière) et ajoute du fruit. Cette impression est confirmée en bouche et la finale est plus longue sur une vanille grasse assez plaisante.
Deux bouteilles et un cycliste :P
Le 11 ans - nouveauté sur le salon - est pour moi le meilleur des trois. L'année de vieillissement supplémentaire et ses 50.7% lui donnent un nez sec et gourmand (un côté gâteau très flatteur) ainsi que de légères notes de tabac. En bouche cette impression sèche et gourmande se confirme et c'est vraiment quelque chose que j'aime bien. La finale est longue sur le bois, les fruits à coque et la vanille. Une réussite.



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English version



My Rum Live 2015 - part 1


Here we go, a busy rentrée. Well, normal, it is the rentrée :p

Apart from several events at liquor stores where representatives from various distilleries are presenting their new products, we have as well events on a bigger scale; the upcoming Salon in Berlin, in a few days the one from Spa in Belgium and of course the one that is most interesting around here: the Whisky Live in Paris...
Should be exceptional!

This year the Show takes place on the banks of the Seine, at the Cité de la Mode in the 13th arrondissemnt to be more precise. The 3 days event – 2 days are open for everyone and one is reserved for professionals – leaves enough time to explore all present rhums – probably isn’t it enough to discover all whiskys, but that is none of my concern, it´s the rhum that matters here :)

If you decide to visit this event, choices are to be made, especially as it´s quite pricey; 70€ for one day (add 30€ if you´re up for a VIP ticket).
As I had the chance to get a ticket for the professional day, I was good to get just a one day pass (not VIP) for Sunday. 2 days are really enough, especially as the selection of rhum is not as rich as it´s for the Rhum Fest.
When they were still 45°
Another thing you have to keep in mind when making your ticket choice: the masterclasses.  Some are exclusively on Saturdays, others only on Sundays and if there is one you don´t wanna miss (for instacne the one lead by Luca Gargano and Dave Broom – random example :p), you're choice is an no brainer. However, count some more euros if you want to assist to a class.

Yes, the weekend budget can be reached quite fast if you get carried away :) Not helping with this issue neither is that the collectors bar is open to everyone. You have the occassion to try some exceptional rums for not that expensive... and again choices to make: the old Demerara rums from Velier, the old vintages from Martinique or even more interesting rarities... it takes a lot to actually remain in control of yourself.
Aaahh these old vintages...
Last year I took a glass of Skeldon 1978 and I realized that was a mistake to drink it right there on the spot; there is not enough time and the conditions are not the best; so this year I brang some empty little bottles to bring samples of these exceptional rums home to take my time to appreciate them the way they deserve it.

With some selfcontrol and restriction I went home with 3 little samples: a Bally 1992, a Saint James 1982 and Barbancourt from the old times. They joined my collection of samples and will be drank in a more or less near future.

However, I chose sunday and monday for my visit and before I am giving you a better insight view on my experiences and encounters, I am forced to talk about my biggest FAIL of the weekend:

Monday, Pro-Day: I saw in the programm that Luca (and Dave Broom) will do a Masterclass at 14:30 (on top of the one scheduled for Saturday) and I thought: great! Let's go!
As I didn´t see an option to sign up online, I decided to sign up the very morning for not to miss it.
Between two tastings, I tried to get some information regarding this matter but Daniele didn´t know more about it and the people I met from the LMDW (La Maison du Whisky, which is organising the event) neither... in two words (or 7): I did not really move forward here.
A bit later I met a friend who told me to my big surprise that all places were already taken and that there is no way that I can assist the masterclass. I am sad and spent 30 minutes crying in the restroom.
I pulled myself togher and continued to try some nice rums and then decided to go home. At this point it´s 14:25, on my way to the exit I am passing by the room where the masterclasses are taking place. I burst into tears. There is a queue (the lucky ones who got a place one way or another) and I decided to have a talk with the 2 hostesses that are checking the names before letting one enter the class. They are explaining that there was actually a sign up option on internet but now it´s unfortunatelly too late (well.. really?!). But: they tell me as well that there might be a chance to grab one of the last places if I queue. So, I queue and with the queue getting smaller my hopes are getting higher. And higher. And higher... 5 people before me... 3 now, another one gets in, 2 in front of me, we are 3 human beings united with big hopes. The hostess checks the room to see how many places are left and she finds some! 2! Disgusted and despaired I am the one left behind.

This was acutally my last story from the Whisky Live 2015 and luckily some good (and better) stuff happened before this final event.


The new look

I started with not too strong/marked rums in order to begin „slow“ and not to burn my palet from the start. Plantation is a good pick.
Beginning with Barbados 2001, a rhum that is rather promising in the nose, vanilla, candied fruit and a litte bit of gunpowder, all bathing in an impression of softness. In the mouth it´s more simple but the soft impression gets confirmed with a quite long finale, dominated by vanilla.
Next: Jamaica 2001. I believe I talked about it already in another article; I find it nice, especially for the people that don´t know yet the jamaican rums yet and who wanna try it. Actually, it associates the typical jamaican identity with sweetness, which creates an interesting and easy to appreciate mix.
The 3rd bottle I wanna talk about it the Santa Lucia 2004. It´s subsituting the 2003 and there is no revolution from one to the other. It´s dominated by the empyreumatic aromas and takes the palet over instantely when having it in the mouth. In a way it´s even „stronger“ than the 2003 with the smoky aroma being more present.
A bottle and an eye
The Plantation rhums are interesting for beginners because they can help them discover aromas that aren’t in the rons that are usually the stepping stone in this world.

To end this Plantation journey, I had the pleasure to try the Plantation Pineaple, the famous pineapple infused rum (unfortunately not available in europe). I heard a lot about it and it was the first time I could try it, does it deserve its reputation? Well, yes! It´s impressively pineapple in the nose; it gives you the impression you have actually the fruit under your nose. In the mouth it's the same but more dry than you could expect. Contrary to what I heard, the final is far from being short and prolongs this striking experience.


We are changing the destination and heading to Belize on the Fair airlines.
That is an interesting brand for several reasons : fair trade certified, nothing added to their rums and... good products J
They don’t have so many different bottles, one reason for that being that it is very complicated to have rums respecting the fair trade rules. Originally they were proposing a 5 year old from Jamaica (Worthy Park distillery) and a 5 year old from Belize (Travellers distillery). Unfortunately thecommercialisation of the Jamaican one had to stop because it couldn’t be fair trade anymore.
However, now they don’t only have the 5 years from Belize (tasty nose with a dry mouth on vanilla, wood and spices) but also a 10 years version as well a the just released 11 years with a higher alcohol level.
This 10 year old has a more complex nose, deeper and adds some fruit to the mix. This impression is confimed once in the mouth and the finish is longer on a pleasant on rich vanilla.

Two bottles and a bicycle
The 11 years – brand new on the Whisky Live – is, for me, the best of the three. The additional year aging and the 50.7% are giving it a tasty and dry nose (something of a cake smell) as well as light tobacco notes. On the palet, this dru-and-tasty impression is confirmed and that’s really something I like. The finish is long and marked by the cask, nuts and vanilla. Nice one!