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dimanche 7 août 2016

Des crêpes beurre sucre, du tourteau, des kouign ammans, des bulots et... du rhum ?


Oui, ma femme a fait de bien jolies photos, que j'ai allègrement subtilisées pour mon article :P

Une fois de plus, les vacances sont finies. Elles se sont finies en juillet cette année, ça nous promet un long été de boulot.

Mais projetons-nous plutôt sur ces deux semaines de vacances, qui se sont récemment achevées.

Cette année : Bretagne ! J'aime la Bretagne, et ces congés n'ont pas changé mon opinion, au contraire.
Nous avons fait quatre arrêts, ce qui représente autant de chances de trouver des cavistes et, avec un peu de chance, des bouteilles d'exception.

Carnac - Il y a à peine plus de menhirs que j'ai de bouteilles... dans mes rêves

Notre "périple" a commencé à Carnac cette année, ses alignements et... je dois avouer n'avoir pas eu la tête à écumer les rues de cette petite ville. Bon, en revanche, premiers fruits de mer du séjour, ça fait plaisir :)


Douarnenez pour continuer et ses kouign amanns hors du commun, les meilleurs des vacances (et je peux vous dire que j'ai eu de quoi comparer les jours suivants ^^).
C'est là que l'enquête a débuté. Au programme, deux cavistes, l'un ancien mais avec pour ainsi dire aucun rhum (et à des prix très élevés en plus) et l'autre plus moderne, avec une sélection plus que décente (presque toutes les séries Longueteau, JM, Compagnie des Indes et Rhums de Ced, plus pas mal d'autres bouteilles en tous genres), mais pas de bouteille exceptionnelle ; j'entends par-là, des choses qui ne se trouvent plus, comme des vieux millésimes martiniquais, des Velier ou d'autres embouteilleurs indépendants.

Douarnenez - Nous ne nous sommes pas lassés de passer sur ce pont pour en admirer la vue :)

Etape suivante, un petit village pas loin de Morlaix. C'est lors de la visite de cette dernière, que mon investigation a continué. J'avais repéré (merci internet) trois cavistes, tous proches les uns des autres dans la partie ancienne de la ville (très jolie par ailleurs).
C'est en prenant la direction du premier que j'en découvre un quatrième, malheureusement, pas une seule bouteille de rhum, seulement du vin (je n'ai rien contre le vin, j'aime même beaucoup ça, mais ce n'était pas l'objet de mes recherches).
Nous tombons sur le suivant, quelques dizaines de mètres plus loin. Je rentre, regarde aux alentours et tombe rapidement sur un relativement maigre rayon rhums. Au cas où, je demande tout de même si tout est là (je le fais toujours), mais devant la réponse affirmative du vendeur, je tourne les talons et sors (oui je lui ai quand même dit au revoir :p).

Pas de chance pour l'instant.

Troisième caviste, un peu plus intéressant, avec par exemple, des clairins. Cependant, rien qui ne soit introuvable sur Paris. Je passe donc mon chemin et me dis que ça ne sera pas pour aujourd'hui.
Eh bien, en dépit d'une dernière boutique encore mieux fournie (avec des HSE finition et du Caroni 15 ans entre autres choses), je ne m'étais pas trompé : ça ne sera pas pour aujourd'hui.

Morlaix (moi pas trop fort) - On peut monter jusqu'au premier étage du viaduc, pratique pour voir les cavistes de loin... ou pas.


Dernière étape des vacances, où nous sommes restés une semaine : Saint Jacut de la Mer. Je ne connaissais pas du tout et ça a été une excellente surprise. Sa principale qualité, selon moi : ses marées de très grande amplitude, qui permettent, à marée basse, de rejoindre des îles en marchant plus d'une heure sur le sable qui était recouvert d'eau quelques heures auparavant. Je ne vous dis pas les heures passées avec les enfants à pécher des crabes, des petits poissons et des crevettes, ni celles dédiées à la construction de châteaux de sable. J'ai rarement eu autant de courbatures que ces quelques jours ^^

Un Roudoudou très intéressé par ce homard rôti au beurre. Oui je me suis fait plaisir (surtout qu'avant il y avait un plateau de fruits de mer :D)
Ce n'est pas sur la presqu'île que vous aurez la moindre chance de trouver des bouteilles, il n'y a pas de caviste ^^
Il faudra aller dans les villes un peu plus grandes aux alentours, par exemple Dinard, voire Saint Malo. C'est précisément ce que j'ai fait :)

Saint Malo, j'étais assez excité à l'idée de voir la vielle ville, encerclée de remparts. Alors certes c'est beau, mais cela ressemble désormais plus à un musée, voire à un parc d'attractions pour touristes, dommage.
Un caviste dans cette partie fortifiée de la ville ; encore un qui n'a pas à rougir de sa sélection mais rien pour moi.
Sur le chemin du retour et à l'aide de mon téléphone, j'en ai visité deux autres. L'un comme l'autre n'avaient rien de bien folichon, et m'ont tous deux dit "Il n'y a pas de tradition ou de goût pour le rhum dans le coin, vous ne trouverez rien." Et ils n'eurent donc pas tort, puisqu'une fois de plus je suis rentré bredouille.


Un bon moment que j'y pensais
Avant de revenir à Saint Jacut, où m'attendait ma femme toute anginée qu'elle était, je me suis dit que j'allais jeter un oeil à Dinard. Nous y étions passé quelques jours plus tôt mais plus pour apprécier la ville (et accessoirement manger des fruits de mer ^^), que pour chercher du rhum.
Une fois plus, je regarde mon téléphone et je repère deux cavistes pas très loin du casino (non pas le supermarché).
Je trouve une place de parking à l'ombre non loin et laisse un Roudoudou assoupi dans la voiture.
A l'approche du premier, je me rends compte qu'il s'agit d'une franchise, du type Nicolas et c'est sans surprise que je ne trouve pas mon bonheur. En revanche, il me conseille d'aller voir un autre caviste, précisément celui que j'avais déjà repéré.

Boutique relativement ancienne à en croire son apparence. J'entre, salue les deux personnes en train de ranger de nombreuses bouteilles et commence à jeter un oeil. Sans aucun doute le choix le plus large sur tous les cavistes précédemment visités, avec par exemple, certains Silver Seal, dont un Hampden 1993, 20 ans d'âge. C'est celui-là même que j'avais goûté il y a un an et demi en Normandie lors du Salon de Louviers. Il m'avait alors fait une très forte impression et vu son prix, je n'ai pu résister.
Parmi les récentes, une des meilleures, à ne pas louper !
C'est en levant les yeux, que je vois tout en haut de l'étagère, trois boites de Demerara de chez Velier, un Uitvlugt 1996, un 1997 et un Diamond 1999 <S> (il en existe un autre, le <SVW>, que je préfère, car moins boisé). Mais pas de prix affiché, contrairement aux autres bouteilles. Je vais voir un des vendeurs et lui demande si les boites sont vides et, si elles ne le sont pas, si elles sont à vendre.
Il me répond qu'il les vend bien et qu'il doit regarder dans leur fichier informatique pour en connaitre le prix. Ces derniers étant raisonnables, je n'ai pas résisté et ai acheté le Uitvlugt 1997, en plus du Hampden (ainsi que de sympathiques terrines de produits de la mer :P).
Pendant ce temps-là, il m'explique qu'il lui est déjà arrivé de refuser des ventes sur ces bouteilles et que c'est pour cette raison que les prix ne sont pas apparents ; c'est au feeling qu'il décide ou non de céder ce genre de rhums.
Je ne dois donc pas être trop un connard ^^



C'est riche de ces deux bouteilles de dernière minute dans ma besace, que j'ai repris le chemin de notre location et, le surlendemain, de Paris :)


Mais bien sûr qu'il fait toujours moche en Bretagne :P

dimanche 13 septembre 2015

Le Canada ça ne vaut pas l'Italie (en tout cas niveau rhum ;)) - partie 2


Bon les échantillons, c'est vu.


Vous vous en doutez, qui dit "visiter un pays" (même deux puisque qu'il y avait une semaine aux US), dit "chercher des bouteilles de rhum local".
C'est donc ce que j'ai fait.

On m'avait dit qu'il y aurait peu de chance que je trouve quoi que ce soit d'intéressant au Québec.
Malheureusement ça s'est vérifié.
Il faut savoir qu'au Québec, la vente d'alcool est régie par l'Etat et vous ne pourrez pas trouver grand-chose (quelques bières et quelques vins) en dehors des magasins de l'enseigne étatique : SAQ.

On se rattrape sur ce qu'il y a de bon :) Dédicace à mon co-dégustateur :)
Autant ils ont pas mal de whiskys du Canada, autant niveau rhums, c'est un peu le désert. Non seulement ils n'ont pas de rhum élaborés sur place mais ils n'ont pas non plus grand chose d'autre... :/
J'en ai visité plusieurs, à Montréal et dans d'autres plus petites villes et le constat est le même partout : rien à acheter (pour moi en tout cas).


Je comprends la détresse des québécois amateurs de rhum !


Bon, après une bonne semaine, nous avons quitté le Québec et sommes arrivés en Ontario.
Plein d'espoir, je me suis naïvement dit que j'aurai peut-être plus de chance dans cette partie anglophone du Canada.
Bon je me suis rapidement rendu compte que là aussi, la vente de spiritueux ne se fait quand dans la chaîne de magasins tenue pas... l'Etat... ben ouais :(
La seule chose qui change, c'est le nom, nous ne sommes plus à la SAQ mais chez LCBO (oui ça m'a fait penser au nom d'un sandwich de chez McDo :x).
J'ai même demandé à plusieurs vendeurs dans un magasin de Toronto s'ils avaient connaissance de rhums produits au Canada mais ils n'ont pas pu m'aider (si ce n'est en m'indiquant un Demerara - de Guyane Anglaise donc - qu'ils pensaient venir de leur pays...).

Ce n'était pas cette maison-là mais j'aime bien celle-ci aussi :P

Après une clavicule cassée (les lits sont très hauts dans certains hôtels de Toronto...), un passage aux urgences le lendemain dans la ville de Niagara on the Lake, une visite des chutes le surlendemain, nous voilà à la frontière avec les Etats-Unis juste derrière le Rainbow Bridge.
Direction notre première maison où nous passerons deux nuit. Super jolie maison d'ailleurs !

Je jette un œil dans certains magasins susceptibles de receler des bouteilles de rhum et je me rends compte que trois choses : le vin est ici à prix abordable (contrairement au Canada, où l'on ne trouve rien en dessous de 10$, environ 6,50€) et ça c'est bien. Il n'y a pas de rhum intéressant. Et enfin ils ont des boissons faiblement alcoolisées, de type cocktail, qui se boivent plutôt pas trop mal :)


A ce moment-là, j'ai déjà en tête la possibilité de trouver quelque chose à l'aéroport de Montréal, sait-on jamais... Autrement dit, je commence à désespérer :/


Nous revoilà en voiture pour nous rendre à notre avant dernière étape aux US. On arrive là-bas et sommes très bien accueillis par la maîtresse des lieux, qui nous indique que faire dans la région (surtout avec des enfants), ainsi que où faire les courses : tel magasin pour la viande (et on en a fait des barbecues :D) et le poisson, tel autre pour les produits de base et enfin tel dernier pour l'alcool, avec nous dit-elle une belle sélection de vins, tant mieux !

Inconnues au bataillon - pas pour longtemps ;)
On dépose les sacs et on part faire les courses : viande, épis de maïs, viande, chips, viande, légumes, viande, jus d'orange...

Les solides sont dans la voiture, il est temps d'aller faire un tour aux liquides.
C'est sans grand espoir que je rentre dans le magasin et que je me dirige vers le rayon des rhums. Je vois immédiatement que le choix est un plus éclectique quand dans les boutiques canadiennes.
C'est alors que je m'approche que je vois deux bouteilles qui ne me disent strictement rien, jamais vues, inconnues au bataillon. Je ne m'emballe pas et regarde bien tout le rayon, je demande même au patron si tous leurs rhums sont bien là (c'est le cas). Je me rends rapidement compte, que seuls ces deux bouteilles me sont inconnues.
Je décide donc de m'y intéresser de plus près. Il s'agit d'un rhum blanc et d'un rhum vieux, la version vieillie du premier. Ils nous viennent de Californie et... sont faits à base de pur jus de canne et non de mélasse ! C'est ce qui termine de me décider et je les embarque (sans compter le pirate squelette qui orne la bouteille :D).

J'ai trouvé mes bouteilles de rhum, youpi \o/

C'est autour d'un feu avec les propriétaires de notre maison, sous un ciel étoilé comme j'en ai rarement vu et un verre de vin (géant) dans la main, pour une soirée plus qu'agréable, que cette journée s'est achevée. Pas mal ;)

...


Vous vous en doutez, ce n'est pas à l'aéroport que j'ai trouvé quoi que ce soit d'intéressant, bon de toute manière avec mes deux bouteilles de rhums californiens j'étais déjà à la limite légale d'alcool pour revenir en France.




Voilà, la fin de ces presque trois semaines de vacances, qui resterons, avec ou sans rhum, dans les mémoires ! En tout cas dans la mienne :D

dimanche 6 septembre 2015

Le Canada ça ne vaut pas l'Italie (en tout cas niveau rhum ;)) - partie 1



Les vacances d'été... On les attend onze mois durant, tous les ans ; et à peine commencées qu'il faut déjà penser à la rentrée. Deux, trois, voire quatre semaines qui passent bien trop vite. Il ne tient qu'à nous d'en profiter au maximum et de les rendre les plus intenses et riches possibles.

Et le Canada pour ça, c'est vachement bien !
Certes c'est maintenant terminé, mais les enfants et nous avons vécu de très beaux et mémorables moments, avec dans le désordre et de manière tout à fait incomplète :
les Chutes du Niagara, la pèche aux écrevisses, Toronto, rendre visite à la famille, des écureuils de toutes les couleurs, le monstre du Loch Ness en carton, une clavicule cassée pour Roudoudou, un gigantesque verre de vin (voire deux) autour du feu, un super musée/parc.
Mais aussi des attaques de moustiques, de bien jolies routes, des bonnes bières, du Stockbrot, un Lac à la Loutre, des animaux sur le bord de la route (pas tous morts :p) et au final parmi les meilleures vacances que j'ai passées :)


Et le rhum dans tout ça ?


Eh bien pas très présent le rhum, et ce n'est pas bien grave. Pas très présent ne veut pas dire absent non plus, vous vous en doutez bien ;)

Tout d'abord des échantillons (ou samples) - on ne va quand même pas partir les mains vides !
J'en ai un bon paquet à la maison et les emmener en vacances semble être un excellent moyen de les découvrir. J'en avais pris une dizaine avec moi, chacun de 5cl.
Je n'en suis même pas venu à bout, deux sont encore plein, tandis que les huit autres ont été achevés lors de ma dernière soirée à Montréal avec la famille.
Parmi ces rhums, des choses intéressantes et d'aDos Madéras, Trois utres... hmmm... moins.

J'avais volontairement pris des choses très différentes dont un certain nombre susceptibles de plaire à des novices (plutôt douces donc).

Pas de découverte parmi ces bouteilles, en ce qui me concerne. Les "meilleures" avaient déjà été dégustées par votre serviteur lors de différentes occasions.
Je pense par exemple au Dos Maderas PX 5+5 que je n'avais pas eu l'occasion de goûter depuis longtemps mais qui a gardé son charme. Alors oui c'est doux mais nous sommes loin du schéma ennuyeux "caramel/vanille". Ici, nous sommes sur les fruits confits, le tabac, la noix...
Sans grande surprise, il aura beaucoup plu aux autres dégustateurs :)

Le Summum 12 ans (finition Cognac) fût également à leur goût et un peu moins au mien, tant il est dominé par l'amande. Le caramel est là aussi mais c'est cette amande omniprésente qui prend le pas sur tout le reste.


 

Un autre 12 ans ensuite mais d'une autre trempe, le Trois Rivières. L'assistance n'a pas été conquise, ce que je peux comprendre, étant donné que l'agricole n'est pas le type de rhum le plus facile à appréhender.

J'avais pu le goûter lors du Rhum Fest, et cette nouvelle dégustation apporte quelques nouveaux éléments, surtout au nez, puisqu'il y a pas mal de fruits : pomme, légère pèche et une certaine vivacité apportée par un petit quelque chose de fruits rouges.
Ensuite en bouche, le fût prend le dessus, avec le tabac et un côté tannique. Après un bon moment le bois mouillé (que je commence à voir comme une signature Trois Rivières) fait une apparition discrète en association avec la canne.


Pour finir un arrangé de Ced, le Banane Cacao.
Comme vous les savez déjà, j'aime les produits de Cédric Brément, mais je me méfie des impressions données par les échantillons sur les rhums arrangés, car d'expérience il arrive qu'un des éléments prennent le pas sur l'autre/les autres, sans que j'arrive vraiment à m'expliquer pourquoi.
C'est un des rhums de Ced que je n'avais pas encore eu l'occasion de tester et je l'ai trouvé bon mais avec une banane que j'aurais aimé faire plus jeu égal avec le cacao (même si la banane rôtie au nez est bien sympathique :)). Définitivement à retester.


Les rhums moins mémorables maintenant.

Le Nine Leaves - Almost Spring pour commencer. J'aime bien le blanc, j'aime bien celui vieilli en fût de chêne américain, mais là, il y a un souci.
Au nez, l'alcool est présent, marqué. On a l'impression d'être sur une eau de vie de prune qui aurait été récoltée trop jeune (acidité). Le boisé est présent avec un léger côté soufré et une vague odeur de vin complète l'ensemble.
En bouche, l'alcool n'est pas très bien intégré et on est à nouveau sur une impression de fruit vert.
La finale est relativement courte et revient sur cette eau de vie.
Bon... Voilà...
Ça n'enlève rien au mérite et à l'intérêt des autres bouteilles de ce rhum japonais, mais là, ça fait erreur de parcours selon moi

Le Oksen macéré cannelle maintenant. Ce n'est pas qu'il n'est pas bon, mais c'est qu'il est... cannelle. Mais alors, CANNELLE ! En fait je ne sais pas à quoi sert ce "rhum". Je le trouve trop sec et pas assez sur le rhum pour le boire tout seul. Du coup, peut-être en ingrédient de cocktail, mais alors pas trop, parce que c'est vraiment intense.


Si vous savez compter, vous avez du vous rendre compte qu'il en manque deux. Un autre rhum arrangé, que je dois regoûter car la vanille avait pris le dessus et Mermaid, qui est un rhum infusé, que je dois déguster à nouveau également, la première impression ayant été plutôt positive.


samedi 23 mai 2015

Le rhum made in Brooklyn - 2ème partie



Nous sommes là, posés avec un verre à la main et on se relaxe après nos (més)aventures pour arriver jusqu'ici.

Tchin-tchin, ou plutôt, cheers!

Melissa, notre hôte, commence à nous expliquer l'origine du projet et la philosophie de sa créatrice : Bridget Firtle. Vous pourrez trouver plusieurs interviews de Bridget à ce sujet, mais en deux mots, après avoir pu mettre pas mal d'argent de côté en travaillant à la bourse, elle a décidé de quitter son boulot et de vivre d'une passion.

Sa démarche (et celle de ses trois employées) est 100% qualitative. Plusieurs caractéristiques de leur rhum démontrent cette volonté.


Non, ce n'est pas de l'huile de moteur
Tout d'abord, la mélasse utilisée (qui vient des Etats-Unis) est de très bonne qualité. J'ai d'ailleurs pu la goûter - c'était la première fois que j'avais l'occasion de goûter de la mélasse - et elle est riche en arômes de caramel et de réglisse, tout en étant très sucrée.

Ensuite, la fermentation se fait sur cinq jours. Plus la fermentation est longue plus les goûts vont se développer (la durée de cette étape est le plus souvent de 24 à 36 heures).



Le pot still et la colonne flambant neufs !

La distillation, elle, est réalisée sur colonne et sur alambic (ou pot still). Là aussi, cela va permettre de concentrer les arômes. En principe, on dit d'une distillation sur pot still qu'elle donnera un produit plus expressif ; attention à ne pas généraliser tout de même ;)
Le passage par la colonne permet de corriger certaines saveurs non désirées plus qu'autre chose.



Dans le seau, là

Le distillat (rhum à la sortie de l'alambic/colonne) est à 80° d'alcool. Plus ce degré alcoolique est fort moins riche et parfumé sera le rhum. En effet, les arômes viennent des éléments non-alcool. Là encore, la qualité et le goût est placé au centre du processus, puisque l'on trouve beaucoup de rhums dont le distillat a un degré d'alcool plus élevé (jusqu'à 95°).
J'ai eu la chance de goûter le rhum à la sortie de l'alambic et la première chose que je me suis demandé, c'est : pourquoi réduire ce rhum à 40° ? :)

Un arôme de banane assez incroyable et une vraie explosivité ; tout ça, juste avec une goutte !

Manque plus que l'étiquette

Pour finir, rien n'est ajouté et vous n'avez donc dans la bouteille que le produit lui-même, non altéré.

Il est ensuite embouteillé et l'étiquette est collée à la main sur la bouteille.



Magnifique colonne !

J'ai adoré visité la distillerie, là où tout arrive, là où tout est fait :)
Une chaleur pesante (et encore, je n'ose imaginer comment c'est en été) et le bruit des machines en fond vous mettent directement dans l'ambiance. Le pot still et la colonne sont tous les deux magnifiques. Les autres appareillages et les cartons de bouteilles complètent le tableau.


Et ce rhum alors, comment est-il ?
Eh bien il n'est pas mal du tout pour un rhum blanc de mélasse (oui je peux avoir quelques a priori parfois :p) !
Il est fruité, banane, poire, papaye et prune et pas agressif du tout ; ma femme, qui trouve le rhum (et les spiritueux de manière générale) trop fort en alcool a même fini son verre, c'est dire :) Et puis il a quelque chose de différent.
Si vous ajoutez à cela une légère note fumée sur la finale, non seulement vous avez un rhum facile d'accès et agréable mais également intéressant, car pas si simple que ça.
Apparemment beaucoup de visiteurs de la distillerie lors de la dégustation ont un "Wahoo effect" quand on leur dit qu'il s'agit bien de rhum ; cela ne colle pas avec leur idée d'un alcool qui brûle la gorge et qui n'est pas fruité :)


Les bouteilles "spiced" et les deux fûts
Pour l'instant, il n'est pas question de produire un autre rhum (soit sur un degré l'alcool différent, soit vieilli).
Cependant - oui il y a un cependant - certains tests sont en cours. Plusieurs bouteilles ont reçu des épices diverses et variées et deux fûts sont bien tranquillement en train de faire leur boulot, histoire de voir ce que cela pourrait donner. Moi, ça me rend impatient et j'espère bien que le résultat sera positif !


Maintenant la mauvaise nouvelle : il est compliqué de se procurer ce rhum sur le vieux continent. Cependant il semblerait que quelques caisses aient été envoyées en France peu avant ma venue, donc peut-être bientôt une bonne nouvelle de ce côté-là :)



Pour finir, et en cette période de l'année très Festival de Cannes, j'aimerais remercier quelques personnes.
Mes parents bien sûr, sans qui je ne serais pas là :P
Plus sérieusement, tout d'abord ma femme qui m'a aidé à gérer mon stress et qui a pris ces magnifiques photos.
Et ensuite Melissa qui a été adorable en prenant pas mal de son temps pour nous faire découvrir de l'intérieur cette belle aventure qu'est The Noble Experiment.


Pour conclure cette conclusion : si vous avez l'occasion de goûter ce rhum, n'hésitez pas ! ;)



dimanche 17 mai 2015

Le rhum made in Brooklyn - 1ère partie


Et voilà, les vacances sont terminées :(


Cinq jours à New York avec madame et sans les enfants ; des vacances quoi :D
Ça aura été extrêmement intense, plein de choses vues, pleins de choses goûtées et énormément de marche.


Il n'y aura pas eu tellement de rhum durant ces quelques jours mais, vous vous en doutez, quand même un peu ;)

Eh oui, pour ceux qui ne le sauraient pas, les Etats-Unis connaissent actuellement une (re)naissance rhumesque, de la côté Est à la côte Ouest (et entre les deux :)).


Du côté de la Californie, nous avons par exemple, les "fameux" rhums de la distillerie Lost Spirits, qui élaborent leurs rhums de manière scientifique et fun à la fois, je vous en reparlerai sans doute, mais aussi un rhum Agricole (en blanc et en vieux) : le Saint George.

Et puis, sur la côte Est, à New York et encore plus précisément, à Brooklyn, une petite distillerie a ouvert ses portes il y a environ 4 ans : The Noble Experiement. Cette dernière produit à l'heure actuelle un unique rhum (blanc), le Owney's.

J'adore cette vue : le bar, les chaises et tabourets, les bouteilles alignées et ce mur :)


Bon quand je vous disais que ces vacances n'ont pas été placées sous le signe du rhum, il y a quand même eu la visite de cette distillerie, laissez-moi vous raconter.


J'avais entendu parler ce cette distillerie et de leur rhum il y a quelque temps déjà. Un rhum produit a New York même, cela avait marqué mon esprit.
Puis quelques mois plus tard j'avais pu lire une interview de Bridget Firtle, créatrice et master distiller. J'ai été séduit par son histoire.

Nous planifiions, ma femme et moi, à cette époque, un séjour de quelques jours à New York et il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour que l'idée d'une visite de la distillerie germe dans mon esprit.

J'ai tout simplement contacté Bridget sur Facebook, pour lui communiquer mon enthousiasme et lui demander si une visite était envisageable. Elle m'a rapidement répondu pour me remercier de mon intérêt et m'informer qu'en effet, des visites sont organisées tous les samedis.

New York, tout simplement
C'est avec cette idée en tête que je demande à ma femme si elle serait d'accord pour caser ça dans nos vacances et elle répond immédiatement que oui (oui elle est drôlement sympa ma femme, surtout quand on sait qu'elle n'aime pas le rhum). Elle réserve même les billets (pour environ une dizaine de dollars si ma mémoire est bonne) pour le lendemain de notre arrivée et note l'adresse sur notre planning (oui elle pense à tout ;)).


Le jour du départ pour les Younaillteude Staytsse arrive : marche, tram, RER, attente, avion, arrivée, ATTENTE, taxi, hôtel, AATTTEEEENNNTTEE, dodo !

C'est, à vrai dire, étonnamment frais, que le lendemain, après une matinée bien chargée, nous décidons de nous mettre en route pour The Noble Experiment.

On regarde un plan de métro : pas trop compliqué, une ligne de métro passe pas trop loin et d'après le plan nous devrions en avoir ensuite pour environ 10 minutes à pieds. Bref, on devrait y arriver en moins d'une heure, mais pour être sûr on prend 1h30.

Ça, c'était le plan. Il était bien ce plan...

Mais voilà, le destin s'en est mêlé.
Je vais vous le faire court : ligne de métro fermée. tentative pour trouver un itinéraire de remplacement ; on le trouve et nous devons alors marcher un peu avant de prendre une autre ligne, qui devrait nous déposer un peu plus loin que le plan initialement prévu mais ça devrait le faire.
Hop on file dans le métro et ce n'est qu'à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte que selon l'entrée que vous prenez pour pénétrer dans une station du subway, vous n'arrivez pas sur le même quai (bon ça dépend des stations). Si ce n'était que ça, ça irait mais, il n'y a alors pas moyen de passer sur l'autre quai sans ressortir et donc de chercher l'autre entrée et d'utiliser un nouveau ticket. On perd donc un peu plus de temps mais arrivons du bon côté des rails, pour prendre ce métro tant attendu, tant attendu... très très attendu ce métro quand même. Bref, il arrive finalement et ce trajet parait interminable.
Voilà, c'est notre station, tout le monde descend.

Beau temps et environnement intéressant (sans ironie)
A ce moment-là il est déjà 16h, à savoir l'heure du début de la visite.
Nous vérifions l'adresse et nous dirigeons vers la distillerie. Le problème c'est que nos téléphones ne fonctionnent pas et que la carte que nous avons n'est pas très précise...
Plan B : nous demandons à deux personnes dans la rue si elles connaissent la rue ne question, réponse : non.
Mais au moins, elles, ont un téléphone qui marche ici ^^
Elles cherchent donc l'adresse, la trouvent après quelques essais infructueux. Après avoir pris des photos des indications pour nous y rendre et du plan de route, nous les remercions énormément et nous mettons à courir. Oui, parce qu'on réalise que pour couronner le tout, on est plus loin que prévu !
On fonce et après une quinzaine de minutes, on arrive dans cette rue si convoitée, mais bien sûr, on ne trouve pas le numéro qui nous intéresse. On décide alors de demander où trouver cette distillerie à un autre numéro de cette rue, pour le moins d'apparence industrielle.
Un homme nous explique que tout l'immeuble lui appartient et que notre objectif se situe un peu plus loin, toujours dans le même édifice. On y va mais il n'y a pas d'autre porte... Ou plutôt, si, mais à plus d'un mètre de hauteur et parait donc plutôt difficile d'accès. On retourne voir le monsieur rencontré un peu plus tôt, qui décide bien gentiment de nous y amener par l'intérieur du bâtiment. Après avoir passé deux ou trois portes, nous voilà arrivés à bon port ! Enfin !

Voilà, ça s'était la version courte :D

Nous sommes accueillis par une charmante jeune femme, à laquelle on explique que nous devions arriver 45 minutes plus tôt pour la visite de la distillerie. Et là, je lis dans son regard, que du coup ça risque d'être un peu compliqué et je comprends pourquoi quand je vois sa collègue courir de-ci de-là : apparemment quelque chose va de travers et elles ont donc un paquet de boulot.

Mais finalement après une courte réflexion elle nous propose de nous asseoir, de nous mettre à l'aise  et nous sert à chacun un verre de leur rhum :)

Le rhum et le verre, sur leur très sympathique bar


dimanche 14 septembre 2014

Mon escapade italienne - Partie 4 - Heureusement qu'elle était là !


Quatre bouteilles dans mon escarcelle, je mets tout ça dans la voiture, et les enfants aussi tant qu'à faire.
Tout le monde est prêt, nous sommes parés pour repartir. Ce sentiment de passer à côté de quelque chose ne me quitte pas et j'en dis un mot à ma femme. Je lui explique que la personne que j'avais eu au téléphone m'avait parlé d'un rhum qui finalement n'était pas disponible au magasin, ce qui est étrange.
Elle acquiesce et me demande si j'ai pu parler en personne à mon interlocuteur téléphonique. Et moi de dire "Ben non". Et elle de répondre "Pourquoi ?". Et là je me suis un peu retrouvé con... En effet pourquoi ? Principalement parce que je me suis fié à ce que cette vendeuse m'a dit et puis après tout, ces trois bouteilles étaient bel et bien les seules visibles.

Et là, heureusement que ma femme était là, elle a insisté pour que j'y retourne et que je demande à parler à Dario. C'est d'autant plus gentil de sa part que ça veut dire que pendant ce temps, elle reste avec les enfants dans la voiture, et ça, c'est pas forcément un moment agréable à passer :P

Hop, j'y retourne et demande à un vendeur qui passait par-là s'il peut m'indiquer où je peux trouver Dario. Il me conduit à travers le magasin jusqu'à la partie principalement réservée au vin où deux hommes sont en grande conversation. Il me présente au plus capilairement exubérant des deux.
Il faut bien garder à l'esprit que tout ça se fait en italien, anglais, français et... par gestes - eh bien, ça n'aide pas.
Bref, j'essaye de me présenter en lui rappelant que je lui avais parlé quelques jours auparavant ainsi que l'objet de ma présence (en prononçant entre autre le mot Albion). Il se rappelle et parle quelques secondes avec la vendeuse qui m'avait renseigné et qui était juste à côté.

Il m'explique enfin qu'il pense en effet avoir d'autres bouteilles dans leur réserve. Ah !
Il me demande d'attendre là, le temps pour lui de remonter les autres bouteilles. Je ne demande pas mieux :)

Et là, ben j'attends, et pas qu'un peu. Je sais que pendant ce temps, ça doit être l'enfer dans la voiture avec les deux petits démons et je commence à culpabiliser. Au bout de 10 minutes je vais voir vers l'ascenseur qui mène à la réserve en question et je vois mon vendeur en train de papoter avec des clients ; il n'est même pas encore descendu... Je me fais voyant, il m'aperçoit et me fait un signe puis se remet en route.
Il ne me manque plus que le 1998.
Une fois les portes de l'ascenseur refermées, il lui faudra encore un bon quart d'heure avant de réapparaître. Bon, il ne pousse pas un caddy rempli à ras bord... Cependant, il y a quand même quelques bouteilles ^^

La perle rare de mes aventures.
Avant tout des Enmore ; deux 1988 de plus, mais bon je n'en avais pas besoin de plus. Deux 1990, ah, ça je n'ai pas encore, ils sont pour moi !

Et enfin les Albion. A première vue, j'avais cru voir des 1986 mais un second coup d’œil me révèle qu'il s'agit en fait d'Albion 1983 - bouteilles que je n'avais jamais vues auparavant - direct dans la besace !

Ce n'est donc finalement pas avec 3 Velier que je repars mais 7, bonne pioche.



La dégustation :)
Le lendemain matin, je décide d'aller remercier la caviste qui m'avait initialement mis sur cette piste et j'en profite par la même occasion pour faire une petite dégustation de vins blancs du coin, dont certains vraiment pas mal du tout ; hop, six bouteilles de plus à caser dans la voiture ^^ Décidément heureusement que ma femme et ses talents en Tetris étaient là ;)




Vraiment dommage ;)

Pour la petite histoire, un peu plus tard dans la matinée nous sommes allés dans un fort sympathique parc d'attractions et parmi les différents univers, il y avait : les pirates !
C'est dans l'auberge que je suis tombé sur ce baril prometteur. J'ai donné un petit coup de pied dedans histoire de vérifier qu'il n'était pas plein de liquide, mais non, quel dommage :D

Ça aura eu le mérite de me faire marrer !





Voilà, c'est le moment de se remettre en route pour la France, les vacances s'achèvent.


Mais avant de tirer un trait sur mes recherches et de définitivement clore mon enquête, il me reste un endroit où aller : une enoteca dans un centre commercial non loin de la frontière, juste avant le tunnel du Mont Blanc ; Les Halles d'Aost. En effet, un membre du groupe d'amateurs de rhums sur Facebook, dont je fais partie, m'avait indiqué l'existence de cette boutique ainsi que leur choix assez large en rhums (dont des Velier).

Bref, nous voilà sur la route du retour et, alors que nous nous rapprochons de la France, je suis de plus en plus attentif afin de ne pas louper le centre commercial. Ça n'aura pas suffi, on le loupe (bon faut dire qu'il était du mauvais côté de l'autoroute, ce qui n'aide pas).

Je me dis que ce n'est pas bien grave vu que j'ai déjà le coffre chargé de belles choses. Mais une fois de plus, heureusement que ma femme était là, elle me convainc de faire demi-tour (non, pas direct comme ça sur l'autoroute mais à la prochaine sortie).
Y arriver et trouver la route qui nous ramène sur nos pas (les fameux pas d'une voiture :P), aura prolongé notre périple de plusieurs heures mais au moins nous sommes arrivés à destination.

Comme à chaque fois, je me sens fébrile, impatient et excité à l'idée de voir ce qu'ils proposent (et peut-être une perle rare).

Ils ont un choix certain, en effet ! Et ils ont du Velier, malheureusement, seulement des "classiques" (Port Mourant 1997, Enmore 1995 et Diamond 1996). Comme je sais qu'il est facile de passer à côté d'un trésor, je décide de demander au vendeur s'il n'a pas d'autres bouteilles, voilà ce qu'il me répond :
"Non, je n'ai plus que ces trois-là. Nous en avions un autre il y a encore quelques mois.
- Ah ? Lequel ?
- Le Skeldon 1978."

La "petite" dernière.

Pour ceux d'entre vous qui ne frémissent pas l'évocation de ce nom, il faut savoir que les Skeldon (il y a un millésime 1973 et un 1978) sont les plus légendaires parmi les Demerara de Velier ; une bouteille que tout fan de ces rhums espère trouver un jour. Pour vous donner une idée, allez lire les notes de dégustation de DuRhum à cette adresse : http://durhum.com/skeldon-1973/

Après une brève crise cardiaque, je regarde quand même ce qu'ils ont d'autre et une bouteille en particulier attire mon attention, le JM 2001. J'avais déjà le 2002 à la maison, que j'apprécie beaucoup, et avais pu entendre de bonnes choses sur son grand frère. Ce qui m'a surtout intéressé c'était son prix : 70€, quand habituellement cette bouteille atteint aisément les 100€.


Résultat : avant mon passage, une bouteille en rayon, après mon passage une bouteille dans mon sac et zéro en rayon.




C'est avec cette dernière acquisition que s'achève pour de bon mon escapade italienne et mon enquête sur la piste de ces insaisissables rhums que j'aime tant !



dimanche 7 septembre 2014

Mon escapade italienne - Partie 3 - Quelques trouvailles, enfin

Perini Market... Perini Market...
Je vais finir par devoir y faire un tour quand même !


Mais avant ça, je vais faire une autre étape (oui je sais, je vous fais patienter :D).


Comme je vous le racontais les deux semaines passées, j'étais en Italie avec toute la smala. Or le grand frère du Roudoudou, avec sa facilité naturelle à rencontrer des enfants de son âge, s'est fait pas mal de potes. Et sans aucun doute, son meilleur copain était le petit Martin, venu de - je ne sais plus où en - Belgique. Ils passèrent le plus clair de leur temps ensemble et nous (ma femme et moi) avons eu l'occasion de saluer le papa de Martin de temps en temps mais sans plus.

Et puis la veille de leur départ, le hasard a fait que nous nous retrouvâmes tous les trois (et les enfants) sur notre terrasse à boire du vin et à parler de pas mal de choses. Parmi ces nombreuses choses, ma passion pour le rhum a été évoquée (étonnant non ? :p). Du coup notre papa belge m'explique qu'il connait un caviste à Lazise (une autre ville bordant le Lac de Garde) extrêmement bien achalandé en grappa mais également en d'autres spiritueux. Il n'est pas certain niveau rhums cependant.

Qu'à cela ne tienne, nous comptions potentiellement visiter celle ville :)

Et épicerie fine en plus !
Et donc une nouvelle fois, toute la famille dans la petite voiture et c'est parti pour la visite d'une magnifique petite cité fortifiée, vraiment pleine de charme. Décidément, c'est juste super joli ce coin.
On marche un peu au pif au faisant le marché, ce qui nous amène de l'autre côté de la ville. Nous nous engageons dans la rue qui s'ouvre devant nous, et là sur la gauche : L'Arte del Bere - ou L'Art de Boire, pour les gens qui contrairement à moi ne sont pas bilingue italien :p
Je dois dire que le nom de cette Enoteca était déjà très prometteur. J'y rentre et repère très rapidement les quelques rhums de qualité qu'il propose.
Bon, petite déception puisqu'il n'y avait pas de Velier. Mais tout de même quelques bouteilles qui m'intriguent dont certaines que je n'avais jamais vues auparavant.

Après avoir trouvé le patron, Luca, je lui demande s'il n'aurait pas des pistes et/ou des contacts pour mes recherches. Il me donne volontiers son adresse mail et me dit qu'il enquêtera de son côté. Sympa !

Rien donné...
D'ailleurs - et je saute deux bonnes semaines - il n'a pas pu trouver les bouteilles que je recherche toujours et m'a informé qu'il ne reste que deux bouteilles encore disponibles chez Velier pour les professionnels : le Diamond 1996 (je ne sais pas quelle version) et l'Enmore 1995. Tant pis. Mais bon, je recommande cette boutique, un choix hallucinant de grappa et un Luca très accueillant :)

Et j'allais oublier, j'ajoute un nouveau papier à ma collection, une enoteca à Verone, mais qui malheureusement ne donnera rien non plus (vous n'avez qu'à jeter un œil  leur site pour comprendre que c'était un peu mort...).


Un Caroni brut de fût mais pas Velier, ah !
J'aime bien les rhums de la Barbade !
Je sors du magasin, le sac vide mais avec un petit papier en plus, qui, je l'espérais à ce ce moment, me permettrait peut-être de mettre la main sur ces bouteilles tant recherchées.

Et là, grosse averse, qui nous force à nous abriter dans une boutique de souvenirs non loin de là. Juste suffisamment de temps pour que je réfléchisse à ces bouteilles inconnues aperçues précédemment. Et donc, faible comme je suis, vous l'aurez compris, j'y retourne et jette mon dévolu sur deux rhums d'embouteilleurs inconnus au bataillon, mais qui me faisaient de l’œil ; un Caroni (vous savez ces rhums de Trinidad totalement uniques en leur genre) et un rhum de la Barbade, définitivement un pays qui fait d'excellentes choses dans le respect du produit (sans sucre ajouté), un peu comme la Jamaïque (pour ne pas citer la Martinique bien évidemment, mais c'est encore autre chose avec l'AOC ^^).



Nous nous rapprochons du départ, il ne nous reste plus que trois jours en Italie. Autant dire qu'il est grand temps d'aller à Montichiari rendre visite à Dario ^^

Très ancien, en bon état mais avec la végétation envahissante.
Hop, nouvelle expédition en famille, avec sur le chemin la découverte d'un château super sympa.


Bonjour madame.
Bref, étant un copilote d'exception, nous trouvons rapidement le fameux Perini Market. Eh beh, de l'extérieur, ça ne paye pas de mine, on dirait simplement une baraque en fait. On rentre.
C'est encore moins engageant à l'intérieur :D On est à mi-chemin entre un entrepôt et un supermarché hard discount, franchement, ça ne fait pas rêver.

Nous nous engouffrons donc à l"intérieur en mode "on prend de la place", avec Roudoudou dans la poussette et son grand frère dans un caddy (oui un caddy, j'étais sans doute un peu trop optimiste ! :D).

Assez rapidement nous atteignons le rayon rhums. Balèze le rayon rhums ! Des dizaines et des dizaines de références ; autant des bouteilles de style anglais, qu'espagnol et que français.

Mes yeux passent en mode "filtre" et ne recherchent, pour l'instant, que les boites de Demerara de chez Velier. Je scrute, j'analyse, je visionne... Rien !

Comment ça rien ?! Je n'ai quand même pas fait tout ça pour rien, je n'ai quand même pas passé mon diplôme de détective privé pour des prunes !
Il y a bien des Velier, mais les classiques facilement trouvables, comme le Papalin ou le Caroni 12 ans.

Elle a trouvé acquéreur depuis ^^
Et là, une étiquette de prix (écrite au stylo sur un vieux papier usé jaune) attire mon attention. Figurent sur cette étiquette des noms qui me rendent espoir, des Enmore, des Port Mourant, du Blairmont et j'en passe.
Malheureusement le rayon est privé de ces merveilles...

Je saute sur une vendeuse - presque littéralement ^^ - et lui demande où sont ces rhums. Elle me demande de la suivre ; je ne me suis pas fait prier.
Nous allons au fond du magasin dans la partie réservée aux vins (dont certaines très très belles bouteilles !) et plus exactement vers une vitrine où, m'explique-t-elle sont gardés les bouteilles d'exception, tous spiritueux confondus.
Je vois immédiatement et de loin des boites fort reconnaissables, je vois le jour et noir du Enmore et le blanc et bleu du Blairmont.
Une fois assez prêt je peux voir les millésimes, ça sera donc un Blairmont 1991 et deux Enmore 1988.

A priori, rien à voir avec le 1995, je vous dirai.
Et puis ? Ben c'est tout... Merde, après toute cette attente je m'attendais à mieux et surtout à plus.

Je demande quand même à ma vendeuse si les autres rhums de l'étiquette se sont vraiment volatilisés et elle me confirme que ces trois bouteilles étaient les dernières. Zut, flut, mince, fichtre, diantre !


Je ne me laisse pas abattre et embarque un Monymusk exceptionnellement peu cher au passage (toujours dans l'idée de mieux connaitre les rhums jamaïcains).

Mon lot de consolation :P


Passage en caisse (vraiment des prix très raisonnables) et retour à la voiture, avec l'impression d'être passé à côté d'un truc. Quelque chose comme les sens d'araignée de SpiderMan vous voyez.



Et d'ailleurs... La personne que j'avais eu au téléphone ne m'avait-elle pas dit qu'ils avaient de l'Albion ?!

Je n'ai pas rêvé quand même...




lundi 1 septembre 2014

Mon escapade italienne - Partie 2 - Des pistes, encore des pistes...

Plutôt que de poursuivre directement sur les pistes évoquées dans mon précédent article, je vais en évoquer d'autres, découvertes en parallèle.




C'est nul les jeunes ! :P
Comme je vous le disais, ma "méthode" de recherche débute par les cavistes proches (accessibles à pieds, voire en poussette ;)). Outre les deux mentionnés dimanche dernier, je suis donc allé en voir d'autres.


Le premier était également sur cette grande rue principale qui fait le tour du lac. Malheureusement pas de chance ici, la boutique venait d'ouvrir et était tenue par des jeunes qui n'avaient pas encore tellement de contacts dans le vin et encore moins dans les spiritueux (ah ces satanés jeunes ! ^^).



Mais, étant dans une région viticole ce n'étaient pas les cavistes qui manquaient. Le seul souci sur les panneaux directionnels, la distance n'est pas indiquée pour ce genre de choses. Qu'à cela ne tienne, main dans la main avec Roudoudou, nous décidons (oui en fait c'est moi qui décide, mais d'écrire ça comme ça, cela me donne espoir que quand il sera ne âge de lire et de s'intéresser au rhum, il pensera qu'il y avait une sorte de démocratie mise en place, alors que bon en fait faut avouer qu'il n'a pas franchement voix au chapitre et que c'est le patron (moi) qui fait ces choix, parce que faut pas déconner non plus !) de suivre ces panneaux prometteurs ; ou pas.
Ottella fait d'ailleurs un excellent vin rouge !

Nous avons marché sur de sacrées distances mais soit il n'y avait à un moment plus de panneau (et là ça fait un peu livre dont vous êtes le héros : trois chemins s'offrent à vous, lequel allez-vous choisir ? Sachant que deux d'entre eux vous mènent à une mort certaine), soit le panneau était toujours là à pointer dans une direction mais avec un magasin beaucoup trop loin, que jamais nous ne trouvâmes (un peu comme David Vincent).



*Note pour moi-même* Je commence à faire beaucoup trop de références de vieux moi...


Bref au final, seulement ma première tentative auprès des Enoteca des alentours a été fructueuse :(


A écrire uniquement sur le rhum (bon c'est un peu le principe de ce blog aussi), vous allez croire que je n'ai fait que chercher sur deux semaines. Mais ça n'a (heureusement) pas été le cas et nous avons visité un certain nombre de villes autour du lac, plus jolies les unes que les autres. Par exemple Sirmione, ville fortifiée bâtie sur une presqu'île, vraiment magnifique !

Et bien, outre les très (très) nombreux glaciers, on y trouve aussi pas mal de cavistes, oui décidément, ça devait être le destin ^^
Bon ben forcément, je rentre, je regarde, je demande... Certains avaient du rhum mais vraiment rien de bien enthousiasment.
Puis, arrivé chez l'un d'eux, un peu mieux achalandé (mais malgré tout, sans rien de bien folichon), je demande au vendeur si il saurait, par hasard où je peux trouver une boutique disposant d'un grand choix de rhums.
Et là il ne me redirige non pas vers un caviste mais vers un restaurant, tiens donc... Il m'explique qu'ils ont une très belle carte de rhums et qu'il n'est pas impossible qu'il ait quelque chose qui m'intéresse et qu'il puisse m'en céder. Il me donne donc les indications pour m'y rendre, à moitié en anglais et à moitié en italien.

Même pas vue sur internet celle-là !
Nous finissons pas trouver le restaurant en question et je me dirige vers le bar et interpelle un homme qui semblait être le patron. Je lui explique ce qui m'amène et il me montre ses bouteilles (ouvertes) pour cibler un peu mieux ce que je recherche. Je vois très vite parmi le choix assez vaste, deux vieilles bouteilles importées par Velier mais pas mises en bouteille par Velier. A peine ai-je le temps de lui dire que je pourrais être intéressé par ce genre de bouteille qu'il envoie un de ses employés à la réserve.

Après quelques minutes il revient avec trois bouteilles, dont un Bielle 2006 (très bon rhum de Marie-Galante que je connaissais déjà), une d'un rhum de style espagnol dont je ne me rappelle pas et enfin un rhum des Barbades, de 1986, mis au monde par Velier. Je demande le prix : 45€ ; ok je prends.



Ma première bouteille de rhum en Italie ! \o/





Quelques jours plus tard, au bar du camping où nous étions, à boire une grappa fort sympathique, je me dis "Mais pourquoi n'irais-tu pas demander à cette barmaid si elle n'a pas une piste elle aussi ?" (oui, il m'arrive de me parler tout seul, je me fais vieux je vous dis).
Et là franchement je n'avais pas grand espoir, mais je tente le coup.

Papier numéro 2
Une fois de plus je balance mon speech et là une réponse inattendue :
"Ma famille travaille justement dans le commerce de vins et de spiritueux." Mademoiselle, voilà que vous m'intéressez ! On parle un peu et elle me donne l'adresse de la société de sa tante en me disant qu'elle la préviendra de mon arrivée le lendemain - nouveau petit papier en poche. Ah ! Voilà une affaire qui marche !


Le lendemain après-midi : expédition véhiculée (non, pas en poussette :P) avec Roudoudou à l'arrière. Direction Pozzelengo pour rencontrer Francesca.

Trouver l'endroit en question ne fût pas aisé... J'ai dû m'arrêter pas mal de fois pour demander mon chemin (j'ai fait chier la moitié du village par la même occasion ^^).
Bref, après avoir pas mal tourné et perdu un temps assez considérable, nous voilà arrivés à bon port. Je dois dire en passant que mon fils n'a pas été d'un grand soutien, puisqu'au bout d'environ 5 minutes dans la voiture, il ronflait doucement sur son siège.

Je demande à un vieil homme passant par-là où je peux trouver Franscesca et il pointe du doigt un des bâtiments ; je m'y rends et voit une femme dans un bureau derrière une sorte de comptoir : c'est elle. Elle attendait en effet ma venue.

Nous commençons à parler (en anglais) et elle débute, malheureusement, par me dire qu'elle n'a pas ce que je recherche. En revanche, elle me dit connaitre deux magasins qui pourraient étancher ma soif de Velier.
J'ai masqué les numéros car l'un, au moins, était un numéro de portable
Très sympathiquement elle appelle les deux endroits en question mais ne parvient pas à avoir qui que ce soit au bout du fil. Qu'à cela ne tienne, elle me donne non seulement les adresses des deux endroits mais également des coordonnées téléphoniques ; encore un petit papier et encore des pistes.
Cependant une des deux boutiques n'est autre que Perini Market qui m'avait déjà été indiqué par le Comte :)

Je remercie plusieurs fois mon "hôtesse" et reprend le chemin de la maison.

Après un nouveau résumé de mes trouvailles à ma femme (oui, elle en a de la patience ^^), j'essaye justement de téléphoner aux deux numéros en question mais sans succès. Les autres tentatives du jour ne donnèrent pas plus de résultats et ce n'est que le lendemain que j'ai pu avoir quelqu'un pour me répondre.
Le premier m'indiqua en italien que je devrai rappeler deux jours plus tard lorsque le vendeur parlant anglais serait là. Ce que je ne fis même pas au final puisque j'avais pu me rendre compte sur leur site internet, trouvé entre temps, que leur gamme de rhums était très limitée. Une piste qui s'évapore, nous pourrons donc l'appeler la piste des anges :P

Mon second interlocuteur (Dario de Perini Market), qui parlait un tout petit peu français parvint à me dire qu'ils avaient du Velier, par exemple de l'Albion, avant que l'appel ne fut interrompu, décidément...


Cette piste-là au moins se précise !