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dimanche 14 août 2016

Une journée bon pied, bon oeil (sur Marne)



Voilà une fois de plus ce que ça donne quand je n'ai pas d'inspiration pour le titre d'un article...

Un bien beau rebord de fenêtre.

Et de 1...
et de 2...
Une semaine après la fin des vacances, je me suis rendu à une soirée, à laquelle j'avais été invité quelques semaines plus tôt. Et encore je dis soirée, mais il s'agissait plus d'une journée entière ^^.
Journée dédiée au rhum et au partage entre amateurs.

Je n'ai rejoint les autres participants qu'en milieu d'après-midi, pour prendre congé vers minuit.
Je ne vous épargne pas le périple en transports en commun : une quinzaine de stations de trams, une dizaine de stations de métro et quelques stations de bus. Une heure et quart quand même, et encore ça c'était à l'aller, au retour, en loupant mon bus et en attendant le suivant, c'était plus proche des 1h45. Faut être motivé, ça tombe bien je l'étais :D

et de 3...
et de 4...

Je peux vous dire que ces sept heures passées à déguster et papoter parurent très courtes. J'ai pu goûter d'excellentes choses, dont certaines que je n'avais pas encore eu la chance de découvrir jusque-là. Il m'aurait cependant fallu quelques heures de plus pour faire un tour un peu plus large de l'impressionnante collection de notre hôte.


Oui, sans aucun doute, goûter un J.M. 1985 (ouverte pour l'occasion), un Saint James 1982 ou encore un Port Mourant 1975 de chez Berry Bros, c'est vraiment enrichissant et intéressant pour l'amateur que je suis.

et de 5...
et de 6...
Mais le véritable intérêt de ce genre d'évènement, c'est sans nul doute le partage, des discussions autour de cette passion commune. Passer plusieurs heures à papoter rhum (et les sujets sont nombreux) avec d'autres personnes tout aussi enthousiastes que soi, c'est le pied.

Sans la générosité de notre hôte un tel moment si agréable n'aurait pu être possible, alors un grand merci à lui, invétéré dénicheur de bouteilles égarées aux quatre coins de la France !


Pour ce qui du rhum, coups de cœur sur ce Saint James 1982, très complexe, très évolutif, que l'on peut garder un long moment dans son verre pour en apprécier toutes les facettes !
et de 7...
et de 8...
J'ai évidemment pu apprécier plein d'autres rhums d'exception (je comprends maintenant mieux la passion de certains pour J.M. :)), en agricoles mais aussi de Guyane Anglaise. J'ai même fait un rapide crochet sur un whisky, qui bien que bon (très très bon selon les connaisseurs du groupe), ne me détournera pas de mon amour pour la canne à sucre :).

Je voudrais remercier pêle-mêle plein de choses sans lesquelles cet après-midi/soirée, n'aurait pas été le même : LE mur, Ali Baba, le Caroni 1982 renversé, les merguez, les chats errants, Uber, Rihanna, la RATP, Jean-Michel le distillateur cubain de l'aile ouest, le liquide le plus rare : l'eau, le nez débouché, l'Affreux et sa main verte, le ketchup explosif...

Seul regret : avoir dû rentrer avant la fin et donc avoir dû louper quelques très bonnes choses de plus ^^

Et quelques Demerara...


dimanche 7 juin 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 1


C'était déjà il y a deux semaines...

Et maintenant ? Un an à attendre, et ça va être long !

Je parle du Rhum Fest bien sûr. LE rendez-vous incontournable de tous les amateurs (et professionnels) de rhum de France - vous avez aussi le droit d'y aller si vous n'habitez pas dans l'hexagone ;)


Il y a un an, je vous avais fait mon compte-rendu de cette expérience inoubliable (ici-même). Il s'agissait de mon premier salon dédié au rhum.
Depuis il y en a eu quelques autres mais aucun de cette ampleur, qu'il s'agisse de la taille ou des activités proposées.

Et cette année, eh bien, le Rhum Fest 2015 était à une autre échelle que l'année passée, pour le plus grand plaisir de mes papilles :)


Première différence, de taille, ce ne sont pas deux mais trois jours, durant lesquels le salon s'est invité au Parc Floral à Vincennes (banlieue Est de Paris). Le samedi et le dimanche étaient accessible à tous, tandis que le lundi était réservé aux professionnels (ainsi qu'aux blogueurs et à la presse).


Seconde différence, le nombre d'exposants : cette année, plus de 100 marques étaient présentes (la plupart avec plusieurs rhums, ça en fait des trucs à goûter ;)).

En plus des dégustations, de nombreuses "activités" étaient proposées, parmi lesquelles des master classes (des spécialistes abordent le rhum, chacun sous un aspect particulier devant une trentaine d'heureux spectateurs).
Un cocktail bar occupait une bonne partie du pavillon 3 où des barmen/mixologues se livraient à leur art pour satisfaire leurs clients d'un jour.
N'oublions pas les Rhum Fest Awards, compétition durant laquelle un panel d'amateurs a pu déguster à l'aveugle, plusieurs jours durant, de nombreux rhums (classés par catégories) afin de décerner les médailles du salon (je vous ai déjà narré mes aventures lors d'une de ces journées de dégustation dans cet article : par ici).
Il y avait enfin un espace VIP, zone réservée à des visiteurs ayant acheté un billet plus cher, avec son lot d'avantages, dont un accès à cet endroit offrant certaines bouteilles d'exception et/ou en avant-première.

Je dois avouer être un peu passé à côté de ces activités, m'étant volontairement concentré sur les découvertes de nouveaux rhums.
Des dégustations étalées sur un jour et demi, ça en fait un paquet. J'ai tenté, le plus possible, de faire le bon élève et de prendre des notes lors des visites des différents stands afin de pouvoir les retranscrire ici-même. Voyons voir si j'ai été si bon élève que ça :)


Me voilà donc le dimanche, direction le Parc Floral. Pas trop compliqué, on choppe la ligne 1 quelque part et on va jusqu'au terminus... Ça c'est quand il y a une ligne 1, cependant juste pendant trois jours (pile sur les dates du Rhum Fest), une moitié de cette ligne n'était pas desservie (bien sûr la moitié qui nous intéresse). Donc, ça aura été marche, tram, bus de remplacement et marche ; plus long que prévu mais j'avais prévu le coup et j'arrive dans les temps, quelques minutes avant l'ouverture VIP à midi.
Je retrouve quelques amateurs connus dans la file d'attente et recueille déjà quelques impressions et informations sur la journée précédente.

Je regrette de ne pas avoir goûté le vieux.
Après un passage au vestiaire (où toutes les personnes y travaillant étaient exceptionnellement sympathiques) et au stand presse afin de récupérer mon badge "blog", je m'interroge sur mon plan de bataille.
Mon frère doit me rejoindre vers 14h00, avec un billet normal et il n'aura donc pas accès à l'espace VIP, c'est donc là que je décide de me diriger.

Mais en chemin je m'arrête sur un stand où je vois des rhums blancs, apparemment pur jus de canne, que je ne connais pas. Les rhums Bourdonnais de l’Île Maurice.
Je m'approche et entame la conversation avec la jeune femme qui tenait le stand. Elle m'explique que leur rhum blanc agricole est décliné en deux versions : une à 50° destinée au marché français et une version à 40° pour les autres. Je goûte les deux et me dit que je suis bien français vu celui des deux que je préfère. Un rhum au nez très agréable, typé agricole mais encore un peu sucré, assez marqué par des arômes fleuris et relativement long.
Ce salon ne commence pas mal :)

Le jamaïcain en question
Je reprends le chemin du stand VIP mais j’aperçois deux connaissances au stand de la Maison du Whisky : le truculent Daniele et le super sympa Raoul. Je vais les saluer et repère une bouteille qui m'intéresse, le Rum Nation Jamaica 8, expression vieillie de leur fameux rhum blanc qui m'avait tant impressionné au Whisky Live quelques mois plus tôt. Verdict, il n'est pas mauvais et est indéniablement jamaïcain mais ces quelques années en fût l'ont sans doute trop assagi.


Allez cette fois-ci, j'arrive jusqu'à l'espace VIP, y rentre avec quelques confrères et regarde un peu les trésors qu'il recèle. Beaucoup de choses qui m'intriguent et m'intéressent !

J'en ressors et retourne faire un tour rapide du salon, pour voir le Hall 3 dans son intégralité et pour rencontrer deux, trois amis.
Bref, après cet intermède, mes pas me conduisent à nouveau vers le bar VIP et là l'hôtesse qui en garde l'entrée m'explique qu'il est réservé aux visiteurs qui ont payé un billet VIP, ce qui n'est pas mon cas (ce qui se voit à la couleur de mon bracelet) ayant eu une invitation pour blogueurs. Après discussion de deux ou trois minutes, elle me laisse rentrer (merci mademoiselle ;)). J'ai quand même eu un peu peur de ne pouvoir profiter des perles précieusement rangées sur les étagères derrière cette porte.


Un barman super sympa (qui se reconnaîtra ;)) m'éclaire sur les quelques bouteilles qui ne me disent rien. En l'occurrence les J.M. finition (que des fûts venus de grandes maisons) et le HSE single cask 2003.
Ce sont d'ailleurs celles-ci par lesquelles je vais entamer les hostilités.

Je suis les conseils de mon hôte quant à l'ordre de dégustation de ces quatre bouteilles, et commence donc par le J.M. fini en fût de Calvados.
Voilà un rhum étonnant ! C'est peut-être le rhum le plus marqué par une finition qu'il m'ait été donné de goûter. On a tout simplement... de la pomme ^^
Ne vous inquiétez pas, on a aussi du rhum, mais pas tant que ça. Un camarade de dégustation m'expliquait qu'à l'aveugle il aurait sans doute pensé boire un Calvados.
Il est également assez boisé et pour finir s'avère être long en bouche. Il m'a laissé une bonne impression dans l'ensemble.


La finition Cognac ensuite. Je dois avouer ne pas connaitre grand chose en Cognac (en Calvados ou en Armagnac non plus d'ailleurs) mais j'ai retenu une chose qu'un oncle s'y connaissant un peu m'avait dit : "Si un jour tu as l'occasion de boire un Delamain, profites-en bien, on fait difficilement meilleur". Vous vous en doutez, je ne vous dis pas ça au hasard, cette seconde finition est faite en fût de Cognac de chez Delamain. Je m'attends donc à quelque chose de remarquable.
Je ne vous le cache pas, j'ai été déçu. Il est clairement plus sec que le précédent et moins marqué par le spiritueux précédemment vieilli dans le fût. En revanche je pense qu'il accentue les arômes boisés et en est même tannique (et très long). Dommage.


On termine par la finition Armagnac.
Au nez (et en bouche aussi d'ailleurs) c'est celui qui est le plus rhum. S'en dégage également un je ne sais quoi de sucré/gourmand.
En bouche, c'est fin et boisé (mais plus un boisé que j'associe habituellement à certains vins), sans être tannique. Tout s'associe très bien. 
Je serais bien incapable de dire ce qui est apporté par ces quelques mois passés en fût ayant contenu de l'Armagnac mais le résultat est une réussite, un beau mariage !
C'est pour moi, le meilleur des trois et il risque sans doute de rejoindre mon armoire à malices :)


Très provisoire cette étiquette mais les infos qu'il faut
Après avoir donc dégusté ces finitions de J.M. (qui est connu pour ces millésimes vieillis de 10 à 15 ans), je vais donc m'attaquer au nouveau single cask de chez HSE (justement connu récemment pour ses finitions du monde ;)), le millésime 2003.

Il s'agissait vraiment d'une exclusivité Rhum Fest dans la mesure où la bouteille était habillé d'une étiquette très provisoire (et devrait sortir d'ici la fin de l'année d'après mes informations).
Son attaque m'a bien plu, sur les épices et les fruits secs et un côté doux (presque légèrement sucré).
En dehors de ça, rien de vraiment notable. Attention hein, c'est un bon rhum, pas de doute là-dessus, mais il est classique (et il n'y a pas de mal à ça).







                                                                                                                                                                   


English version



It’s already 2 weeks ago...
And now? One – very long – year to wait.

Of cause I am talking about the Rum Fest. THE event and meeting place in France for everyone who is interested in rum – professionals and enthusiasts; even if not living in the hexagon ;)

A year ago I talked about this unforgettable experience on this blog already; it was my first event dedicated exclusively to rum. Since then I attended a few other fairs but none of this size and certainly none with a comparable variety of proposed activities and workshops.

However, this year, Rum fest 2015 played once again in a higher league, much to my liking :)

This years' most remarkable difference was that during 3 days (not 2 as the previous year) the event took place in the Parc Floral in Vincennes (east from Paris). On Saturday and Sunday it was open to the public, while Monday were reserved to professionals – bloggers and press included.

More than 100 brands had been present at the Rum Fest 2015, most of them with a larger selection of their rums – that’s a lot of things to try :)

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Apart from the almost never-ending variety of Rums that were there to taste, numerous workshops and master classes were available.
A Cocktail bar took a fair part of Pavilion 3 and was managed by some talented bartenders that performed their art to satisfy the tastes of their customers. Another highlight was of course the Rum Fest Awards! These desired medals were given by a group of passionate Rum lovers, who were chosen to be part of a jury. During a several days lasting event, they tasted – blindly – a large amount of rums (classified in different categories); I wrote already about my adventures as being part of the jury in this article (link)).
New this year was as well the VIP area - a zone reserved for guests who purchased the more expensive VIP ticket - with some nice benefits, amongst others: tasting some exceptional bottles and / or sneak previews.

To be honest, I missed out on some of these activities as I -on purpose- focused on discovering new rums. These tastings took most of the 2 days that I spent at the Rhum Fest, which makes it quite some bit. I played the good student and took notes of every stand I visited and every rum I tasted to actually write about it here in a most accurate way, but well.. We see how much of a good student is still in me :)

So, enough with the introduction, here we go.
Sunday, direction Parc Floral. Easy peasy catching line 1 and getting off at the terminus and being there well in advance... how little did I know: RATP (the Parisian public transports company) picked apparently the Rhum Fest as the perfect time to close half of the line, of course, the half that is actually concerning me and every other Rum Fest visitor. So, I walked, took the tram, walked some more, took the bus, walked again and finally arrived way later than expected but still a little tiny bit before the holders of the VIP entry pass could enter the location, at noon.
Luckily I saw already some familiar faces in the queue, so I could queue jump get already some stories and impressions from the previous day; that I did not attend.

I regret not having tried their aged one
After I dropped off my belongings at the cloakroom (where staff was exceptionally friendly) and collected my „blog badge“ at the press office, I checked my „Rum Fest 2015 battle plan“.
I was supposed to meet my brother at 14:00 and as he had no VIP ticket, I spent the first 2 hours of my journey exactly there: in the VIP area. That was at least the plan.

But already on the way, a specific stand caught my attention and so I decided to take a little break :) The reason for this decision was a white rum- apparently from pure cane juice- that I didn´t know so far: Les Rhums Bourdonnais from Mauritius.
The young lady at the booth explained that their agricole rums are coming in two versions: a 50° for the French market and a 40° for the others. I tasted both and figured that I must be very well French seeing which one I preferred. It is a rum very agreeable on the nose, agricole but still slightly sweet and marked with floral aromas and quite long.
This Rhum Fest started promising indeed :)

I continued my way direction VIP area but again, I didn´t make it very far. I passed by the stand of la Maison du Whisky with the vigorous Daniele and the very nice Raoul being present. After a short word I spotted an interesting bottle: the Rum Nation Jamaica 8 – an aged version of their famous white rum that left quite an impression on me at the Whiskey Live some months earlier. Verdict, it´s not bad, undeniable Jamaican but these few years in a cask probably tamed it too much.


I finally made it to the VIP area. I entered with some colleagues and inspected the treasures it was holding; many interesting and intriguing things to which I will come back later :)

I decided to leave this very special person area to make a quick round and explore Hall 3 in its integrality and to meet two or three friends.
Well, after this little excursion, I wanted to enter all relaxed the  VIP area but I got stopped by the hostess who explains me that this area is only for guests who paid the according ticket which I obviously did not, as my bracelet (that I got when entering the event) has the wrong colour. Well. After discussing some minutes she let me enter anyway (thank you miss :)). I however got pretty scared in the perspective of not being able anymore to taste the precious pearls laying behind these gates. I need a drink, how convenient.

An extraordinary nice barman (who will know that I am talking about him :)) enlightened me about some bottles that I heard nothing about so far. In this case: the J.M. Finishes and the HSE single cask 2003.

I wisely followed the advice of my host and started my tasting with the J.M. Calvados finish. What should I say?! Surprising rum. It´s maybe the rum with the most remarkable finish that I´ve ever tasted and it tastes like... very surprising: apple! Don´t worry, there is as well the taste of rum present but not such an intense one. A fellow rum lover even thought that in a blind tasting he could have thought it was Calvados!


The tasting continued with a J.M. Cognac finish. I have to admit, that I am not having too much expertise regarding Cognac (or Calvados or Armagnac to be honest) but I kept well in mind what an uncle of mine told me many years ago, back then, when I was young: “If you ever have the chance to try a Delamain, go for it, you won't find better.”
As you probably guessed right, I am not telling you this little anecdote for nothing: the rum I tried had a Cognac Delamain cask finish. My expectations were high…
… and I got disappointed. This rum was clearly more dry then the previous one and less marked by the spirit that aged in this very cask previously. On top of it, it was quite woody to the extent of being tannic. Too bad.
 

The last bottle of J.M. that I had the chance to try in this session was an Armagnac finish. On the nose (and as well mouth) it is mainly rum, with something sweet and gourmand to it.
In the mouth it is fine and with wood aroma (in this case more a woody kind of aroma that I would associate with certain types of wine), but not tannic. It is generally very enjoyable.
I couldn´t say what these last months in an Armagnac cask did to this rum exactly but however: it did it good, it´s a nice mélange.
For me, it´s even the best one of this J.M. trilogy and it will surely join my collection in a not so far future.

Very temporary label indeed

After tasting the J.M. (which is best known for their 10 to 15 years vintages) finishes, I moved on to the new single cask HSE (recently known for their “world finishes”) vintage 2003.

This rum was a Rhum Fest exclusive with a very temporary - but charming - label (as far as I know it should be released at the end of this year).
This rum with its fine aroma of spices and dried fruits and a touch of sweetness (almost a bit sugary) was much to my liking. Even though, besides from this, there is nothing really remarkable about this rum; it´s without a doubt a good rum, but classic (there is no shame in it).


vendredi 26 septembre 2014

Ces petites choses que l'on recherche

"Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il m'arrive de rechercher des rhums en particulier.
- Comme en Italie ?
- Oui, comme en Italie. Ou comme des heures et des heures sur mon PC à parcourir internet à la recherche d'une perle rare ou d'un prix cassé.
- Des heures ? Mais t'as que ça à faire ?
- Premièrement, je fais ce que je veux et deuxièmement, je t'emmerde."


Donc, oui dès que l'on commence à "être" dans le rhum, on se met chercher des bouteilles spécifiques ; que ce soit d'une région, d'une distillerie, d'un embouteilleur ou encore d'un millésime.

Et là, on a l'embarras du choix.
Mais bien souvent ces choix se payent au prix fort.


Et moi donc, qu'est-ce que je recherche, quels sont mes critères ?


Une 1979
Comme beaucoup de monde, et pas seulement dans le rhums ou les spiritueux, j'essaye de mettre la main sur les rhums millésimés de mon année de naissance, en ce qui me concerne ça sera 1979.
Eh bien, il n'y en a pas tant que ça et ils ne sont pas donnés.

Bien sûr, c'est avant tout l'aspect collection qui me motive, mais il se trouve que des rhums millésimés, souvent vieillis très longtemps, se défendent plutôt bien gustativement parlant. Du coup la conclusion logique est d'en acheter deux de chaque, une à boire et une à garder !
Ça, c'est la conclusion logique et ce n'est pas forcément la même que la conclusion raisonnable... M'enfin, on ne vit qu'une fois ;)

Mes recherches et mes finances m'ont déjà permis de mettre la main sur le Malecon 1979 du Panama, sans doute le plus facile à trouver et le moins cher (autour d'une centaine d'euros). Il n'est pas encore ouvert mais ça ne saurait tarder. J'ai entendu le plus grand bien d'autres de leurs millésimes ainsi que de leur version vieillie 25 ans. Je suis impatient de goûter celui-là !


Jamais vu...

Viennent ensuite quatre plus gros morceaux, tous de Martinique (île dont j'aime de plus en plus les rhums !).

Pour commencer, deux bouteilles dont je connais l'existence mais que je n'ai jamais, ne serait-ce que vues où que ce soit sur internet. Le Saint James 1979 et le J.Bally 1979.
Saint James, vous savez, cette marque que l'on associe aux soirées de beuverie, pas forcément les meilleures ; marque que l'on trouve dans tous les super marchés en rhum blanc.
Mais marque qui fait un rhum vieilli 7 ans et qui, pour moi, n'a presque aucun équivalent en rapport qualité/prix.
Afin de me procurer cette bouteille - introuvable - j'avais même envoyé un email à la distillerie afin de savoir s'ils n'avaient pas une ou deux bouteilles qui traînaient ; malheureusement email resté sans réponse.
Pour le Bally, pareil, très compliqué. La meilleure option étant sans doute sur un site de vente aux enchères...


Vient ensuite le La Mauny 1979. Le seul de ces millésimes 1979 que j'ai eu la chance de goûter. Non seulement est-il exceptionnel mais les conditions dans lesquelles j'ai pu le déguster étaient tout aussi hors du commun.
En effet après une dégustation de toute la gamme de leurs rhums (encore en vente) chez un caviste (A'Rhûm pour ne pas les nommer), j'ai eu la chance de me voir proposer un verre de ce nectar, très sympathique attention et moment privilégié, en compagnie du caviste en question, de l’ambassadeur de la marque ainsi que d'un des commerciaux de Dugas (le groupe qui possède La Mauny). Merci encore à Freddy pour cet inoubliable moment ! ;)

Bref, plusieurs bonnes raisons de me procurer celui-là...

Je l'aurai un jour, je l'aurai !
Et je peux vous dire que je l'ai cherché, non seulement par internet mais aussi par certains contacts. Jusqu'à aujourd'hui sans succès. Il est encore trouvable sur certaines boutiques en ligne mais à des prix trop élevés (par exemple sur un site suisse pour presque 300€).

J'ai cru avoir la chance de le trouver dans deux boutiques françaises il n'y a pas si longtemps que ça mais après avoir passé commande de (d'après leur site) leur dernière bouteille à l'un et à l'autre, j'ai dû me rendre à l'évidence, je ne suis pas si chanceux.
En effet, la première boutique m'appelle pour m'expliquer que leur site n'est malheureusement plus à jour et qu'ils n'ont, en fait, plus cette bouteille à la vente. Oh mais comme c'est énervant ! Et je prends à témoin tous mes confrères qui ont été confrontés à ce genre de mésaventure, ça arrive souvent !

C'est pas grave, il y a quand même l'autre bouteille commandée le même jour sur un autre site, ou pas...
"Bonjour monsieur.
- Bonjour.
- Vous nous avez commandé une bouteille de La Mauny 1979 il y a trois jours sur notre site.
- En effet.
- Alors, j'ai ouvert le carton pour vérifier l'état de la bouteille, elle a fuit.
- Oh.
- Je ne peux donc évidemment pas vous l'envoyer dans cet état.
- Ah ben non.
- Et c'était notre dernière.
*sanglots discrets*
- Tant pis alors.
- Désolé, nous vous rembourserons par chèque très rapidement. Bonne journée.
Deux 1979
- Ok."
Voilà, voilà...
Bon je ne me laisse pas abattre et j'ai passé commande aujourd'hui même sur un site allemand. On verra bien si je reçois un email demain me disant que j'ai pris mes désirs pour la réalité.


Le quatrième, mais non des moindres, de ces vieux martiniquais : le Trois Rivières 1979.
Et là c'est simple : suite à une batailles très disputée sur Ebay, elle est dans mon étagère à rhums agricoles :)


Il faut ajouter à ces rhums, quelques-uns de Jamaïque (par Silver Seal et Moon Import) et voilà, on a fait le tour, en tout cas, à ma connaissance. Mais je suis persuadé qu'il m'en reste à découvrir !




Il y a ensuite l'association d'une région et d'un embouteilleur : les Demerara (ça c'est la région) de Velier (et ça c'est l'embouteilleur).
Bon je ne vais pas faire comme si c'était la première fois que je vous en parle ; j'ai écrit bon nombre d'articles mentionnant ces bouteilles, avec dernièrement la série sur mes enquêtes italiennes.
Et, bien que j'en ai trouvées un certain nombre ces derniers mois, il en reste encore beaucoup - trop - à dénicher, dont certaines, légendaires.

Des "classiques"
Il y a bien évidemment les deux Skeldons, le 1973 et le 1978, deux bêtes de concentrations et de puissance, comptez au moins 500€ la bouteille, à condition de les trouver, ce qui est déjà loin d'être gagné...

Dans la série des plus vieux millésimes, on peut aussi se tourner du côté des Port Mourant, avec le 1972 et le 1974. Là aussi, bonne chance pour trouver une piste. Notez que j'ai une bouteille de 1975 mais que je ne dirais pas non à une seconde ;)

Viennent ensuite deux bouteilles aux noms prometteurs. Tout d'abord le Versailles 1998 ; le rhum des rois ? :P Et puis bon je travaille à Versailles, alors ne serait-ce pas tout à fait logique qu'il prenne place dans ma collection ? ;)
Ensuite, la bouteille au nom le plus éloquent et presque poétique : La Bonne Intention 1998 ! Je te veux !
Et des moins "classiques"
Ensuite quelques bouteilles par-ci, par-là : l'Albion 1989, les Diamond 1988 et 1993, l'Enmore 1998 et l'Uitvlugt (oui c'est pas la Bonne Intention celui-là niveau nom :p) 1988.

Il ne faut pas oublier que ce cher Luca Gargano (la patron de Velier) va très prochainement nous proposer ses nouveaux embouteillages et il y en aura 4, dont pour la première fois, des "blends".
Je vous avais raconté ma dégustation de ces derniers à la boutique éphémère Velier. J'avais pu les goûter le second jour puis à nouveau le dernier soir. Je suis impatient de pouvoir les déguster une nouvelle fois étant donné mes impressions assez contradictoires d'une dégustation à l'autre. De plus, avec un peu de chance, les prix seront "raisonnables".
Peut-être même que quand cet article sera publié, ces nouveaux Velier seront alors disponibles. Clairement une priorité pour ma collection et mon portefeuilles ! :)


Les millésimes 1979 et les Demerara from Velier sont les deux grandes catégories qui m'intéressent, mais il n'y a pas que ça.



Ces derniers temps j'essaye de plus en plus de connaître les rhums de Jamaïque.
Ce pays a une distillerie/marque qui écrase un peu ses concurrentes par sa grande représentativité auprès du grand public : Appleton. Attention, je ne dis pas du tout que leurs produits sont mauvais, le 12 ans restant pour moi un bon rhum (et à prix réduit en plus).
Cependant ce sont justement ces autres distilleries qui m'intriguent et m'intéressent, principalement les trois suivantes : Monymusk, Long Pond et Hampden.

Déclinaison jamaïcaine
J'ai récemment dégoté deux bouteilles en provenance de Monymusk mais il me reste à découvrir les deux autres. Et ça ne sera faisable qu'autre travers du travail de certains embouteilleurs indépendants, Silver Seal ou Rum Swedes par exemple.



Déclinaison HSE
Les rhums agricoles ne sont pas en reste. Comme vous le savez si vous suivez mes aventures depuis un moment, j'achète principalement des rhums de Martinique (et de Guadeloupe dans une moindre mesure) depuis quelques mois et j'y prends de plus en plus goût.
Mes seuls J.M. (pour l'instant :P)
J'ai par exemple un bel échantillon de ce que propose HSE et ne cherche plus grand chose chez eux (pour l'instant ;)).

En revanche je n'ai que deux bouteilles de chez JM et n'ai que le millésimé 2002 d'ouvert, que j'aime beaucoup. JM a été longtemps considéré comme la Rolls des rhums de Martinique, proposant des rhums très vieux, millésimés d'une qualité exceptionnelle. Ce sont justement ces rhums-là qui me titillent. Il est encore possible de trouver des millésimes des années 90 et je vais devoir me renseigner afin d'identifier lesquels sont au-dessus du lot (le niveau de ce lot état déjà très élevé).



Une valeur sûre que ce petit frère du monstre !
Pour finir, et tout en restant dans l'agricole, il y a une bouteille, que j'ai eu la chance et le bonheur gustatif de déguster : le Bielle millésime 1994. Je connaissais déjà le Bielle 6 ans brut de fût, qui est vraiment excellent (et dont le prix a malheureusement augmenté ces derniers mois :(). Cette distillerie de Marie-Galante produit des rhums assez différents les uns des autres, avec par exemple le 2005 et ses arômes tourbés ; tous de grande qualité.
Pour en revenir au 1994, c'est un monstre vieilli 17 ans (quand on pense que le
6 ans est déjà exceptionnel) et qui lui aussi est brut de fût avec ses 52.3°. Le souvenir que j'en ai est malheureusement déjà un peu lointain mais c'est un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) rhum que j'ai bu. Tout simplement. Merci Christian de m'avoir fait déguster cette merveille.
Seul point noir, le prix... Il faut compter entre 450€ et 500€ pour ajouter cette jolie carafe à votre collection. Pas pour tout de suite, je le crains ;(




Pour résumer : il me reste deux, trois choses à acquérir ;)




dimanche 14 septembre 2014

Mon escapade italienne - Partie 4 - Heureusement qu'elle était là !


Quatre bouteilles dans mon escarcelle, je mets tout ça dans la voiture, et les enfants aussi tant qu'à faire.
Tout le monde est prêt, nous sommes parés pour repartir. Ce sentiment de passer à côté de quelque chose ne me quitte pas et j'en dis un mot à ma femme. Je lui explique que la personne que j'avais eu au téléphone m'avait parlé d'un rhum qui finalement n'était pas disponible au magasin, ce qui est étrange.
Elle acquiesce et me demande si j'ai pu parler en personne à mon interlocuteur téléphonique. Et moi de dire "Ben non". Et elle de répondre "Pourquoi ?". Et là je me suis un peu retrouvé con... En effet pourquoi ? Principalement parce que je me suis fié à ce que cette vendeuse m'a dit et puis après tout, ces trois bouteilles étaient bel et bien les seules visibles.

Et là, heureusement que ma femme était là, elle a insisté pour que j'y retourne et que je demande à parler à Dario. C'est d'autant plus gentil de sa part que ça veut dire que pendant ce temps, elle reste avec les enfants dans la voiture, et ça, c'est pas forcément un moment agréable à passer :P

Hop, j'y retourne et demande à un vendeur qui passait par-là s'il peut m'indiquer où je peux trouver Dario. Il me conduit à travers le magasin jusqu'à la partie principalement réservée au vin où deux hommes sont en grande conversation. Il me présente au plus capilairement exubérant des deux.
Il faut bien garder à l'esprit que tout ça se fait en italien, anglais, français et... par gestes - eh bien, ça n'aide pas.
Bref, j'essaye de me présenter en lui rappelant que je lui avais parlé quelques jours auparavant ainsi que l'objet de ma présence (en prononçant entre autre le mot Albion). Il se rappelle et parle quelques secondes avec la vendeuse qui m'avait renseigné et qui était juste à côté.

Il m'explique enfin qu'il pense en effet avoir d'autres bouteilles dans leur réserve. Ah !
Il me demande d'attendre là, le temps pour lui de remonter les autres bouteilles. Je ne demande pas mieux :)

Et là, ben j'attends, et pas qu'un peu. Je sais que pendant ce temps, ça doit être l'enfer dans la voiture avec les deux petits démons et je commence à culpabiliser. Au bout de 10 minutes je vais voir vers l'ascenseur qui mène à la réserve en question et je vois mon vendeur en train de papoter avec des clients ; il n'est même pas encore descendu... Je me fais voyant, il m'aperçoit et me fait un signe puis se remet en route.
Il ne me manque plus que le 1998.
Une fois les portes de l'ascenseur refermées, il lui faudra encore un bon quart d'heure avant de réapparaître. Bon, il ne pousse pas un caddy rempli à ras bord... Cependant, il y a quand même quelques bouteilles ^^

La perle rare de mes aventures.
Avant tout des Enmore ; deux 1988 de plus, mais bon je n'en avais pas besoin de plus. Deux 1990, ah, ça je n'ai pas encore, ils sont pour moi !

Et enfin les Albion. A première vue, j'avais cru voir des 1986 mais un second coup d’œil me révèle qu'il s'agit en fait d'Albion 1983 - bouteilles que je n'avais jamais vues auparavant - direct dans la besace !

Ce n'est donc finalement pas avec 3 Velier que je repars mais 7, bonne pioche.



La dégustation :)
Le lendemain matin, je décide d'aller remercier la caviste qui m'avait initialement mis sur cette piste et j'en profite par la même occasion pour faire une petite dégustation de vins blancs du coin, dont certains vraiment pas mal du tout ; hop, six bouteilles de plus à caser dans la voiture ^^ Décidément heureusement que ma femme et ses talents en Tetris étaient là ;)




Vraiment dommage ;)

Pour la petite histoire, un peu plus tard dans la matinée nous sommes allés dans un fort sympathique parc d'attractions et parmi les différents univers, il y avait : les pirates !
C'est dans l'auberge que je suis tombé sur ce baril prometteur. J'ai donné un petit coup de pied dedans histoire de vérifier qu'il n'était pas plein de liquide, mais non, quel dommage :D

Ça aura eu le mérite de me faire marrer !





Voilà, c'est le moment de se remettre en route pour la France, les vacances s'achèvent.


Mais avant de tirer un trait sur mes recherches et de définitivement clore mon enquête, il me reste un endroit où aller : une enoteca dans un centre commercial non loin de la frontière, juste avant le tunnel du Mont Blanc ; Les Halles d'Aost. En effet, un membre du groupe d'amateurs de rhums sur Facebook, dont je fais partie, m'avait indiqué l'existence de cette boutique ainsi que leur choix assez large en rhums (dont des Velier).

Bref, nous voilà sur la route du retour et, alors que nous nous rapprochons de la France, je suis de plus en plus attentif afin de ne pas louper le centre commercial. Ça n'aura pas suffi, on le loupe (bon faut dire qu'il était du mauvais côté de l'autoroute, ce qui n'aide pas).

Je me dis que ce n'est pas bien grave vu que j'ai déjà le coffre chargé de belles choses. Mais une fois de plus, heureusement que ma femme était là, elle me convainc de faire demi-tour (non, pas direct comme ça sur l'autoroute mais à la prochaine sortie).
Y arriver et trouver la route qui nous ramène sur nos pas (les fameux pas d'une voiture :P), aura prolongé notre périple de plusieurs heures mais au moins nous sommes arrivés à destination.

Comme à chaque fois, je me sens fébrile, impatient et excité à l'idée de voir ce qu'ils proposent (et peut-être une perle rare).

Ils ont un choix certain, en effet ! Et ils ont du Velier, malheureusement, seulement des "classiques" (Port Mourant 1997, Enmore 1995 et Diamond 1996). Comme je sais qu'il est facile de passer à côté d'un trésor, je décide de demander au vendeur s'il n'a pas d'autres bouteilles, voilà ce qu'il me répond :
"Non, je n'ai plus que ces trois-là. Nous en avions un autre il y a encore quelques mois.
- Ah ? Lequel ?
- Le Skeldon 1978."

La "petite" dernière.

Pour ceux d'entre vous qui ne frémissent pas l'évocation de ce nom, il faut savoir que les Skeldon (il y a un millésime 1973 et un 1978) sont les plus légendaires parmi les Demerara de Velier ; une bouteille que tout fan de ces rhums espère trouver un jour. Pour vous donner une idée, allez lire les notes de dégustation de DuRhum à cette adresse : http://durhum.com/skeldon-1973/

Après une brève crise cardiaque, je regarde quand même ce qu'ils ont d'autre et une bouteille en particulier attire mon attention, le JM 2001. J'avais déjà le 2002 à la maison, que j'apprécie beaucoup, et avais pu entendre de bonnes choses sur son grand frère. Ce qui m'a surtout intéressé c'était son prix : 70€, quand habituellement cette bouteille atteint aisément les 100€.


Résultat : avant mon passage, une bouteille en rayon, après mon passage une bouteille dans mon sac et zéro en rayon.




C'est avec cette dernière acquisition que s'achève pour de bon mon escapade italienne et mon enquête sur la piste de ces insaisissables rhums que j'aime tant !