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dimanche 24 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 3


Nous revoilà au Rhum Fest pour ce dernier article sur l'édition 2016 de cet événement immanquable.


Au programme du jour : trois distilleries. Trois styles. Trois traditions. Et pour chacune, trois finitions (ou presque).
Et pour finir ce banquet gustatif, quoi de plus naturel que de terminer par... le dessert :)

Quelques-uns des rhums découverts

Les finitions, cette pratique, de plus en plus répandue, consiste, après le vieillissement principal (le plus souvent dans un fût de bourbon), à transvaser le rhum dans un fût ayant contenu un autre alcool (en général vin ou spiritueux) pour une durée comprise, la plupart du temps, entre 9 mois et un an. L'idée étant de lui apporter des caractéristiques gustatives supplémentaires ; que ce soit de la rondeur, un boisé particulier ou encore des notes propres à cet autre alcool (par exemple de calvados ou de whisky tourbé).



Tout d'abord, allons au Panama avec la marque Abuelo; oui on va parler de rons, une fois n'est pas coutume.
Je me répète mais, à mon goût, les rhums de tradition espagnole sont souvent un peu plats quand ils ne sont pas trop sucrés. Alors oui c'est un peu un raccourci et je suis loin d'avoir goûté tout ce qui est proposé sur les étals des cavistes. De plus, si je me base sur mon propre exemple, ce sont souvent les rhums qui permettent d'entrer dans cet univers des eaux de vie de canne, mais qui après des explorations plus poussées, deviennent progressivement moins intéressants.
Tout ça pour dire qu'Abuelo, reste un des rons que je trouve encore agréables. Oui, il y a du caramel et de la vanille mais aussi un boisé présent et des notes de tabac. Le tout n'est pas noyé dans le sucre, même s'ils sont doux ; le 12 ans de la marque en est le parfait exemple.

Abuelo a décidé de travailler trois finitions. Les trois sont annoncées à 14 ans de vieillissement en fût de bourbon plus une année de finition. Cependant comme c'est ici la méthode solera qui est utilisée, je ne me prononcerai pas avec certitude sur l'âge des ces rhums.

Mais voyons plutôt ce qu'elles donnent à la dégustation, je vais les comparer à ce 12 ans que je connais bien et souligner les différences.

Les voici les grands-pères

Sur les conseils de la jeune femme sur le stand, on débute par la finition en fût de xérès, Olorosso pour être précis.
Cette année supplémentaire de vieillissement lui apporte des arômes de pruneau mais aussi une plus surprenante note cendrée. Le tout est assez frais.
En bouche et sur la finale, rancio, vanille et orange dominent. 
Voilà donc une finition qui apporte un vrai plus tout en conservant les marqueurs habituels.

On se laisse guider par la "maîtresse des lieux" et on continue avec la finition Cognac (Napoléon).
Au nez, en plus des traditionnels arômes, nous avons des épices douces et des fruits à coque, l'ensemble étant assez vif.
La bouche est très proche du 12 ans tandis que la finale est plus boisée (voire légèrement tannique) et discrètement fumée.
Une finition moins présente mais avec un boisé pas désagréable.

Et pour finir, le Porto.
Ces sont l'amande et la cerise qui sont ici à noter sur le nez.
A nouveau les fruits à coque en bouche tandis que le tabac est très marqué sur la finale.
Une finition assez gourmande mais qui, à mon avis, est moins intéressante.


Des hauts et des bas pour ces finitions. Rien de révolutionnaire mais des choses intéressantes tout de même. Et aussi, je les espérais un peu moins sucrés.



Après le style espagnol, allons voir les anglais avec la marque New Grove de l'Île Maurice.

Des finitions en véritable bois d'arbre :D
Si vous lisez mon blog depuis le début, vous savez que j'ai apprécié cette marque à travers leur 8 ans. Nouveauté de cette année, des... finitions ! C'est bien, vous suivez. Et des finitions qui nous sortent des classiques de l'exercice.
Avant de les évoquer une par une, parlons de leurs points communs. Elles ont tous huit ans, dont un an de finition et ils sont tous à 47°, ce qui est assez rare pour être souligné.
Ce qui est tout aussi inhabituel ce sont les fûts choisis : Moscatel, pourquoi pas, mais merisier et acacia, fallait oser.
Ma foi, le résultat, ou plutôt, les résultats, sont assez concluants.
Ils ont en commun un boisé relativement marqué voire tannique (même si différent de l'un à l'autre) ainsi qu'un côté épicé et poivré, sans oublier une finale qui dure un bon moment.
Les trois sont intéressants mais celui qui m'a le plus emballé est le finition Moscatel (vin blanc doux nous venant d'Espagne). Il m'a paru plus équilibré  et plus gourmand que ses deux camarades. La grosse différence vient de ses notes vanillées et torréfiées.
Là aussi, regoûter aux trois dans des conditions plus posées serait intéressant.



Un belle brochette

Nous avons fait les rons et les rums, passons maintenant aux rhums.
C'est avec HSE, précurseur dans le domaine des finitions, que nous allons nous pencher sur le style français. Nous connaissons ces "finitions du monde" depuis quelques années maintenant, non seulement ils proposent occasionnellement de nouveaux fûts, mais également de nouveaux millésimes sur des finitions déjà proposées par le passé.
Pour faire plus clair : nouveau millésime pour le finition Sauternes et une nouvelle finition Porto.
Et n'oublions pas deux autres nouveautés dont nous allons aussi parler.


Violet
Commençons par la nouveauté nouvelle, la finition Porto, enfin disponible dans nos contrées.
J'avais pu le déguster au salon Dugas en octobre dernier mais je suis bien content d'avoir pu m'y frotter à nouveau.
Sur le nez, ce qui me frappe avant tout c'est l'équilibre. Les notes boisées, épicées et de fruits secs marchent parfaitement et l'ensemble reste frais.
En bouche, l'attaque est assez douce, même si la bouche devient légèrement astringente. L'alcool est bien dosé et on reconnait ce boisé HSE, qui caractérise la plupart (je ne dis pas "tous", parce que bon je n'ai pas goûté TOUT ce qui est sorti de cette habitation non plus) de leurs rhums vieux.
La finale, longue, reste sur ce boisé mais des touches d'amande apparaissent et amènent de la gourmandise. Une pointe empyreumatique apporte un peu plus de complexité.
C'est confirmé, il me plait :)

Blanc
Le millésime 2005 de la finition Sauternes maintenant (le précédent était le 2003).
Il est proche du 2003, pas de doute. On retrouve ce boisé marqué, qui apporte plusieurs impressions gustatives, que ce soit le tabac ou un bois, que je qualifierais de bois jeune ou blanc (oui je sais, il n'y a sans doute que moi qui comprends, mais c'est déjà ça ! :p), en plus de ce "boisé HSE". Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, cette finition n'apporte pas de sucre, mais plus un boisé différent et de la complexité.

Orange
On sort des finitions pour parler d'un autre rhum ou un travail a été fait sur le fût. Il s'agit du Small Cask et là aussi d'un nouveau millésime, le 2007 succédant au 2004 (qui était vraiment très bien).
Au nez, on a quelque chose de chaud et de gourmand, sur les fruits secs et les fruits à coque. Des arômes de poivre et d'orange se distinguent également et la finale est longue, épicée et boisée. A noter que dans le verre vide ce sont les notes de tabac qui dominent sans partage.
Pour voir si différence il y a entre les deux millésimes, il faudrait vraiment les déguster côte à côte (si quelqu'un le fait je suis intéressé d'entendre ses conclusions :)).

Noir
On finit en beauté avec la nouvelle Cuvée de la Confrérie, justement de chez HSE (oui j'essaye parfois de suivre  un semblant d'ordre logique quand j'écris :P). Il s'agit d'un brut de fût (le premier de la marque), qui titre à 52.2% et qui a beaucoup fait de bruit sur le salon.
Un nez fruité, orangé mais aussi boisé. Un nez gourmand et relativement rond malgré (ou grâce ^^) à son degré.
En bouche, on garde ces impressions de gourmandise boisée (oui c'est une nouvelle expression). Il est puissant et offre un bel équilibre. Une légère astringence en fin de bouche se fait sentir, pas désagréable.
La finale est longue et épicée, et des notes torréfiées apparaissent.
Celui-là je veux y regoûter !




Avant de définitivement fermer ce livre Rhum Fest 2016 (un petit livre :p), un dessert ! Un crochet par les Rhums de Ced'.
Je vous ai déjà parlé du sieur Brément et de ses créations (et de son point G ;)). Sa gamme s'étoffe et il n'a de cesse de travailler à créer de nouvelles références originales. Cette année n'aura pas fait exception puisqu'il offrait sur son stand, en plus des classiques, trois nouveautés. Un rhum arrangé, un punch et un rhum épicé.
Le rhum arrangé allie la framboise à la fleur d'hibiscus. Il est doux et s'équilibre bien entre velouté et acidité. Je ne connaissais pas le goût de la fleur d'hibiscus mais mon voisin de dégustation a été frappé par la netteté de ses arômes.

Le Ti'planteur Ananas, lui, c'est simple : piña colada. Ananas et coco, douceur et gourmandise. Un petit régal.
Une belle triplette
Pour finir, le Ti'spiced.
Je dois dire, avant d'en parler, que je ne suis pas un grand fan des rhums épicés (ou spiced rums). Je leur trouve bien souvent une épice trop dominante qui l'emporte sur tout le reste ; souvent la cannelle d'ailleurs. Autre problème récurrent : trop de sucre. Bref, pas la panacée.
Et alors ça donne quoi un spiced à la sauce ti Ced' ? Eh ben ça donne du bon !
Un vrai équilibre entre les dix ingrédients (ouais quand même), que ce soit au nez ou en bouche. Cédric m'a dit quels sont les ingrédients en question mais je ne vais pas me risquer à tenter de tous les énumérer. Seul bémol, sur la finale, après quelques instants c'est surtout le clou de girofle qui prend le dessus. Malgré cela, je pense tout simplement qu'il s'agit du meilleur rhum épicé que j'ai pu goûter.
Bien joué Cédric !



Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu). Je peux être fier de moi, j'ai tout fait tenir en "seulement" trois articles... :P

A l'année prochaine !



Retrouvez les deux premières parties :
Mon Rhum Fest 2016 - partie 1
Mon Rhum Fest 2016 - partie 2


dimanche 1 novembre 2015

Salon Club Expert 2015 - La grand-messe de Dugas - Partie 2


Retour au Musée des arts forains et à son lot de nouveautés (ou rhums sur lesquels je n'avais pas eu l'occasion de m'attarder jusque-là).


On change d'océan, pour nous rendre à l'Île Maurice et découvrir Chamarel et sa production.
Cette distillerie existe depuis assez longtemps pour nous offrir depuis peu un XO, mais prenons les choses dans l'ordre et commençons par les blancs. Et oui, il y en a deux, mais vous vous en doutez, différents l'un de l'autre (sinon pourquoi en faire deux ?).
Les deux sont élaborés à partir de jus de canne, alors où est la différence ? Elle se situe principalement dans la méthode de distillation.

J'aime beaucoup le design de leurs rhums vieux.

Le Classic est distillé sur colonne et se rapproche donc des rhums agricoles auxquels nous sommes habitués, même si l'embouteillage se fait ici à 42°. Du coup, on retrouve un nez de canne, assez frais et tirant sur les agrumes (citron). En bouche la canne est toujours là, accompagnée de notes florales. Bref il est agréable.

Le Double distilled est quant à lui distillé deux fois sur un alambic charentais. Son nez est plus lourd et très intense, porté sur le poivre ; un ensemble sympathique et intéressant. En bouche, c'est toujours gras mais je trouve qu'il lui manque quelque chose. La finale sera à nouveau poivrée. Très différent du Classic, mais pas mal non plus.

Il est toujours intéressant de voir que sur deux produits partant de la même base, le vesou, on parvient à obtenir des résultats totalement différents.
Je passe sur le VSOP et les liqueurs, connaissant le premier et n'étant pas intéressé par les seconds.


Le XO maintenant, relativement récent dans la gamme (il faut bien attendre les années nécessaires :)). Il est élevé en fûts neufs de chêne français et titre 43°.
Élément important, la matière première mise en vieillissement est un mélange des deux blancs décrits plus haut. C'est à la lecture de mes notes, que je me rends compte qu'ils ont chacun leur influence sur ce XO puisqu'au nez j'ai écrit : frais, boisé et poivré. Je pense en effet que le côté frais vient du Classic alors que le côté poivré vient du Double distilled. L'attaque est souple et la finale longue et fine sur le bois et le poivre. J'aimerais le regoûter celui-ci aussi.

Petit regret sur le stand, pas de single barrel 2008 ou 2009 à déguster. En ayant entendu beaucoup de bien j'aurais bien aimé y tremper les lèvres mais ça sera pour une autre fois.


Packaging réussi, moderne et rétro à la fois.
Deux "vraies" nouveautés maintenant, du côté des rhums anglo-saxons.

Le rhum (ou plutôt rum) Whisper, un gold rum, qui nous vient d'Antigua, petite île au nord de la Guadeloupe. C'est le résultat de la collaboration entre deux étudiants qui se sont lancés il y a deux ans dans cette aventure et un maître rhumier qui est l'expert de la bande (j'espère ne pas dire de bêtise).
On connait un tout petit peu Antigua pour son rhum, avec des marques telles que Cavalier ou English Harbour ; cette dernière produisant entre autre un 25 ans d'âge qui m'avait très agréablement surpris.
Nous sommes bien évidemment sur un rhum de mélasse, qui est élevé 2 ans en fût de bourbon.
Au nez, c'est gourmand, avec des arômes d'amande, de vanille, de coco, de miel et d'orange. L'attaque en bouche est douce sans être sucrée et la finale, moyennement longue est principalement sur le bois.
L'ensemble est agréable et plutôt bien fait ; non sans rappeler certains produits issus de la distillerie Travellers de Belize. Je leur souhaite bonne chance !
N°1 ? Ça se discute :P

Nouveauté chez Angustura ensuite, le N°1, oui c'est son nom. Il s'agit d'un rhum vieux de 16 ans vieilli dans deux types de fût différents (10 ans dans l'un puis 6 ans dans l'autre), j'imagine bourbon et cognac mais je n'en suis pas sûr.
Bon, je vais mettre ça sur le dos de mon palais (oui mon palais a un dos :P) vacillant à ce moment de la journée mais je l'ai trouvé sans intérêt et très sucré pour mon goût. Je passe.



Arrive ce moment où je me dis qu'il va être temps de rentrer chez moi. Je prends donc le chemin de la sortie tout en regardant de droite et de gauche pour voir si je n'aurai pas louper quelque chose.
C'est en repassant devant le stand HSE que je vois Cyril Lawson, le directeur commercial de la marque, rencontré la semaine précédente. J'en profite donc pour le saluer et lui faire part de ma déception de ne pouvoir déguster le finition Porto ou le millésime 2003. Il me fait discrètement comprendre que si j'attends cinq minutes il se pourrait que mon verre se remplisse de quelques centilitres de ce HSE finition Porto. Me voilà soudainement patient et plus si pressé que ça de rentrer chez moi :)
Pas de photo prise mais Cyril a pu m'envoyer celle-ci :)
Pour patienter, je goûte le blanc Titouan Lamazou "La Belle Heure", version 40°. Il est bon, très marqué canne et doux. Sans doute un peu trop pour moi, et je lui préfère sa version à 50°, qui n'est, selon moi, pas reconnue à sa juste valeur.

Mais le temps passe et hop, verre rempli et dégustation imminente, merci Cyril ;)
Voilà un nez gourmand et fin, porté sur des arômes de vanille, de fruits rouges (légers), de datte avec également une note d'orange et un boisé (bois frais/vert) que j'associe souvent à rhums vieux HSE. La bouche est gourmande et sèche à la fois avec une très légère note de poudre à canon. La finale est longue et boisée avec des tanins fins. L'ensemble est d'une grande finesse. Encore une à déguster en de meilleures conditions afin de confirmer ce fort potentiel !


Voilà ce qu'il y a à retenir des rhums que j'ai dégustés en cette journée du 5 octobre 2015.

Mais ce n'est pas pour autant la fin de ce salon. En effet, alors que je reprends à nouveau de chemin de la sortie, je fais une ultime pause pour saluer deux confrères amateurs que je croise régulièrement dans ce genre d'événements ou chez les cavistes. On échange rapidement sur nos expériences et découvertes de la journée et ils me disent que je ne peux partir sans passer au stand tenu par une blonde, que l'on aperçoit de dos de là où l'on se trouve, et qui présente non pas du rhum mais du cognac.
OMG!
Je n'y connais pas grand-chose en cognac (pour ne pas dire rien du tout) mais je leur fais confiance et vais donc demander à déguster, sur leurs conseils, le XO et le Hors d'Âge.
Je sors donc de la zone réservée aux rhums et reviens dans la première partie du lieu, dédiée entre autre aux vins et aux eaux-de-vie de vin.
Me voici, de manière assez inattendue, au stand de la maison Bache Gabrielsen et commence à discuter avec la dame en question.
Elle m'explique que leur XO est un assemblage d'une moyenne d'âge de 15 ans, rien que ça. Je penche mon nez sur le verre (très généreusement servi) et suis frappé par le fruité qui s'en dégage ! Il y a du pruneau, des raisins, de la prune, le tout légèrement poivré et peu marqué par le bois. La bouche est assez douce, sur les fruits frais à nouveau mais aussi les fruits à coque. La finale est longue et marqué par la noix, ce qui me plait beaucoup. Vraiment très bon.

OMFG!!!
Elle propose ensuite de passer au Hors d'Âge, je ne dis pas non :)
Alors qu'elle remplit mon verre, elle parle de ce cognac et explique qu'il s'agit là aussi d'un assemblage dont la plus vieille eau-de-vie date de 1917 et dont la la moyenne d'âge est de 55 ans... Ah oui quand même !
Prenez le XO, gardez la fraîcheur (qui m'a fait penser au pinot gris cette fois) et le fruité mais ajoutez-y des arômes plus boisés, de tabac et de cuir avec des épices douces en prime ; ça c'est pour le nez. En bouche, nous avons les épices et les fruits alors que la vivacité est toujours présente, assez incroyable pour un spiritueux de cet âge (pour moi en tout cas). La finale, longue, alterne entre les arômes fruités et ceux plus boisés.
Absolument délicieux.

Je lui demande le prix de ces délicieusetés et elle me donne le prix pro de chacune des deux. Ce qui a fini d'enfoncer le clou : 35€ pour le XO et 110€ pour le Hors d'Âge... Bon j'imagine qu'il faut au moins ajouter 50% pour arriver au prix dans le commerce mais je me dis que je vais peut-être bien faire une petite infidélité à mon eau-de-vie préférée sur ce coup-là :D


C'est après cette expérience inattendue et plus qu'agréable que j'arrive à atteindre la sortie sans nouvelle interruption et c'est ainsi que mon récit se termine.

A l'année prochaine Salon Club Expert !

Une autre belle chose à voir au Musée des Arts Forains.

dimanche 7 juin 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 1


C'était déjà il y a deux semaines...

Et maintenant ? Un an à attendre, et ça va être long !

Je parle du Rhum Fest bien sûr. LE rendez-vous incontournable de tous les amateurs (et professionnels) de rhum de France - vous avez aussi le droit d'y aller si vous n'habitez pas dans l'hexagone ;)


Il y a un an, je vous avais fait mon compte-rendu de cette expérience inoubliable (ici-même). Il s'agissait de mon premier salon dédié au rhum.
Depuis il y en a eu quelques autres mais aucun de cette ampleur, qu'il s'agisse de la taille ou des activités proposées.

Et cette année, eh bien, le Rhum Fest 2015 était à une autre échelle que l'année passée, pour le plus grand plaisir de mes papilles :)


Première différence, de taille, ce ne sont pas deux mais trois jours, durant lesquels le salon s'est invité au Parc Floral à Vincennes (banlieue Est de Paris). Le samedi et le dimanche étaient accessible à tous, tandis que le lundi était réservé aux professionnels (ainsi qu'aux blogueurs et à la presse).


Seconde différence, le nombre d'exposants : cette année, plus de 100 marques étaient présentes (la plupart avec plusieurs rhums, ça en fait des trucs à goûter ;)).

En plus des dégustations, de nombreuses "activités" étaient proposées, parmi lesquelles des master classes (des spécialistes abordent le rhum, chacun sous un aspect particulier devant une trentaine d'heureux spectateurs).
Un cocktail bar occupait une bonne partie du pavillon 3 où des barmen/mixologues se livraient à leur art pour satisfaire leurs clients d'un jour.
N'oublions pas les Rhum Fest Awards, compétition durant laquelle un panel d'amateurs a pu déguster à l'aveugle, plusieurs jours durant, de nombreux rhums (classés par catégories) afin de décerner les médailles du salon (je vous ai déjà narré mes aventures lors d'une de ces journées de dégustation dans cet article : par ici).
Il y avait enfin un espace VIP, zone réservée à des visiteurs ayant acheté un billet plus cher, avec son lot d'avantages, dont un accès à cet endroit offrant certaines bouteilles d'exception et/ou en avant-première.

Je dois avouer être un peu passé à côté de ces activités, m'étant volontairement concentré sur les découvertes de nouveaux rhums.
Des dégustations étalées sur un jour et demi, ça en fait un paquet. J'ai tenté, le plus possible, de faire le bon élève et de prendre des notes lors des visites des différents stands afin de pouvoir les retranscrire ici-même. Voyons voir si j'ai été si bon élève que ça :)


Me voilà donc le dimanche, direction le Parc Floral. Pas trop compliqué, on choppe la ligne 1 quelque part et on va jusqu'au terminus... Ça c'est quand il y a une ligne 1, cependant juste pendant trois jours (pile sur les dates du Rhum Fest), une moitié de cette ligne n'était pas desservie (bien sûr la moitié qui nous intéresse). Donc, ça aura été marche, tram, bus de remplacement et marche ; plus long que prévu mais j'avais prévu le coup et j'arrive dans les temps, quelques minutes avant l'ouverture VIP à midi.
Je retrouve quelques amateurs connus dans la file d'attente et recueille déjà quelques impressions et informations sur la journée précédente.

Je regrette de ne pas avoir goûté le vieux.
Après un passage au vestiaire (où toutes les personnes y travaillant étaient exceptionnellement sympathiques) et au stand presse afin de récupérer mon badge "blog", je m'interroge sur mon plan de bataille.
Mon frère doit me rejoindre vers 14h00, avec un billet normal et il n'aura donc pas accès à l'espace VIP, c'est donc là que je décide de me diriger.

Mais en chemin je m'arrête sur un stand où je vois des rhums blancs, apparemment pur jus de canne, que je ne connais pas. Les rhums Bourdonnais de l’Île Maurice.
Je m'approche et entame la conversation avec la jeune femme qui tenait le stand. Elle m'explique que leur rhum blanc agricole est décliné en deux versions : une à 50° destinée au marché français et une version à 40° pour les autres. Je goûte les deux et me dit que je suis bien français vu celui des deux que je préfère. Un rhum au nez très agréable, typé agricole mais encore un peu sucré, assez marqué par des arômes fleuris et relativement long.
Ce salon ne commence pas mal :)

Le jamaïcain en question
Je reprends le chemin du stand VIP mais j’aperçois deux connaissances au stand de la Maison du Whisky : le truculent Daniele et le super sympa Raoul. Je vais les saluer et repère une bouteille qui m'intéresse, le Rum Nation Jamaica 8, expression vieillie de leur fameux rhum blanc qui m'avait tant impressionné au Whisky Live quelques mois plus tôt. Verdict, il n'est pas mauvais et est indéniablement jamaïcain mais ces quelques années en fût l'ont sans doute trop assagi.


Allez cette fois-ci, j'arrive jusqu'à l'espace VIP, y rentre avec quelques confrères et regarde un peu les trésors qu'il recèle. Beaucoup de choses qui m'intriguent et m'intéressent !

J'en ressors et retourne faire un tour rapide du salon, pour voir le Hall 3 dans son intégralité et pour rencontrer deux, trois amis.
Bref, après cet intermède, mes pas me conduisent à nouveau vers le bar VIP et là l'hôtesse qui en garde l'entrée m'explique qu'il est réservé aux visiteurs qui ont payé un billet VIP, ce qui n'est pas mon cas (ce qui se voit à la couleur de mon bracelet) ayant eu une invitation pour blogueurs. Après discussion de deux ou trois minutes, elle me laisse rentrer (merci mademoiselle ;)). J'ai quand même eu un peu peur de ne pouvoir profiter des perles précieusement rangées sur les étagères derrière cette porte.


Un barman super sympa (qui se reconnaîtra ;)) m'éclaire sur les quelques bouteilles qui ne me disent rien. En l'occurrence les J.M. finition (que des fûts venus de grandes maisons) et le HSE single cask 2003.
Ce sont d'ailleurs celles-ci par lesquelles je vais entamer les hostilités.

Je suis les conseils de mon hôte quant à l'ordre de dégustation de ces quatre bouteilles, et commence donc par le J.M. fini en fût de Calvados.
Voilà un rhum étonnant ! C'est peut-être le rhum le plus marqué par une finition qu'il m'ait été donné de goûter. On a tout simplement... de la pomme ^^
Ne vous inquiétez pas, on a aussi du rhum, mais pas tant que ça. Un camarade de dégustation m'expliquait qu'à l'aveugle il aurait sans doute pensé boire un Calvados.
Il est également assez boisé et pour finir s'avère être long en bouche. Il m'a laissé une bonne impression dans l'ensemble.


La finition Cognac ensuite. Je dois avouer ne pas connaitre grand chose en Cognac (en Calvados ou en Armagnac non plus d'ailleurs) mais j'ai retenu une chose qu'un oncle s'y connaissant un peu m'avait dit : "Si un jour tu as l'occasion de boire un Delamain, profites-en bien, on fait difficilement meilleur". Vous vous en doutez, je ne vous dis pas ça au hasard, cette seconde finition est faite en fût de Cognac de chez Delamain. Je m'attends donc à quelque chose de remarquable.
Je ne vous le cache pas, j'ai été déçu. Il est clairement plus sec que le précédent et moins marqué par le spiritueux précédemment vieilli dans le fût. En revanche je pense qu'il accentue les arômes boisés et en est même tannique (et très long). Dommage.


On termine par la finition Armagnac.
Au nez (et en bouche aussi d'ailleurs) c'est celui qui est le plus rhum. S'en dégage également un je ne sais quoi de sucré/gourmand.
En bouche, c'est fin et boisé (mais plus un boisé que j'associe habituellement à certains vins), sans être tannique. Tout s'associe très bien. 
Je serais bien incapable de dire ce qui est apporté par ces quelques mois passés en fût ayant contenu de l'Armagnac mais le résultat est une réussite, un beau mariage !
C'est pour moi, le meilleur des trois et il risque sans doute de rejoindre mon armoire à malices :)


Très provisoire cette étiquette mais les infos qu'il faut
Après avoir donc dégusté ces finitions de J.M. (qui est connu pour ces millésimes vieillis de 10 à 15 ans), je vais donc m'attaquer au nouveau single cask de chez HSE (justement connu récemment pour ses finitions du monde ;)), le millésime 2003.

Il s'agissait vraiment d'une exclusivité Rhum Fest dans la mesure où la bouteille était habillé d'une étiquette très provisoire (et devrait sortir d'ici la fin de l'année d'après mes informations).
Son attaque m'a bien plu, sur les épices et les fruits secs et un côté doux (presque légèrement sucré).
En dehors de ça, rien de vraiment notable. Attention hein, c'est un bon rhum, pas de doute là-dessus, mais il est classique (et il n'y a pas de mal à ça).







                                                                                                                                                                   


English version



It’s already 2 weeks ago...
And now? One – very long – year to wait.

Of cause I am talking about the Rum Fest. THE event and meeting place in France for everyone who is interested in rum – professionals and enthusiasts; even if not living in the hexagon ;)

A year ago I talked about this unforgettable experience on this blog already; it was my first event dedicated exclusively to rum. Since then I attended a few other fairs but none of this size and certainly none with a comparable variety of proposed activities and workshops.

However, this year, Rum fest 2015 played once again in a higher league, much to my liking :)

This years' most remarkable difference was that during 3 days (not 2 as the previous year) the event took place in the Parc Floral in Vincennes (east from Paris). On Saturday and Sunday it was open to the public, while Monday were reserved to professionals – bloggers and press included.

More than 100 brands had been present at the Rum Fest 2015, most of them with a larger selection of their rums – that’s a lot of things to try :)

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Apart from the almost never-ending variety of Rums that were there to taste, numerous workshops and master classes were available.
A Cocktail bar took a fair part of Pavilion 3 and was managed by some talented bartenders that performed their art to satisfy the tastes of their customers. Another highlight was of course the Rum Fest Awards! These desired medals were given by a group of passionate Rum lovers, who were chosen to be part of a jury. During a several days lasting event, they tasted – blindly – a large amount of rums (classified in different categories); I wrote already about my adventures as being part of the jury in this article (link)).
New this year was as well the VIP area - a zone reserved for guests who purchased the more expensive VIP ticket - with some nice benefits, amongst others: tasting some exceptional bottles and / or sneak previews.

To be honest, I missed out on some of these activities as I -on purpose- focused on discovering new rums. These tastings took most of the 2 days that I spent at the Rhum Fest, which makes it quite some bit. I played the good student and took notes of every stand I visited and every rum I tasted to actually write about it here in a most accurate way, but well.. We see how much of a good student is still in me :)

So, enough with the introduction, here we go.
Sunday, direction Parc Floral. Easy peasy catching line 1 and getting off at the terminus and being there well in advance... how little did I know: RATP (the Parisian public transports company) picked apparently the Rhum Fest as the perfect time to close half of the line, of course, the half that is actually concerning me and every other Rum Fest visitor. So, I walked, took the tram, walked some more, took the bus, walked again and finally arrived way later than expected but still a little tiny bit before the holders of the VIP entry pass could enter the location, at noon.
Luckily I saw already some familiar faces in the queue, so I could queue jump get already some stories and impressions from the previous day; that I did not attend.

I regret not having tried their aged one
After I dropped off my belongings at the cloakroom (where staff was exceptionally friendly) and collected my „blog badge“ at the press office, I checked my „Rum Fest 2015 battle plan“.
I was supposed to meet my brother at 14:00 and as he had no VIP ticket, I spent the first 2 hours of my journey exactly there: in the VIP area. That was at least the plan.

But already on the way, a specific stand caught my attention and so I decided to take a little break :) The reason for this decision was a white rum- apparently from pure cane juice- that I didn´t know so far: Les Rhums Bourdonnais from Mauritius.
The young lady at the booth explained that their agricole rums are coming in two versions: a 50° for the French market and a 40° for the others. I tasted both and figured that I must be very well French seeing which one I preferred. It is a rum very agreeable on the nose, agricole but still slightly sweet and marked with floral aromas and quite long.
This Rhum Fest started promising indeed :)

I continued my way direction VIP area but again, I didn´t make it very far. I passed by the stand of la Maison du Whisky with the vigorous Daniele and the very nice Raoul being present. After a short word I spotted an interesting bottle: the Rum Nation Jamaica 8 – an aged version of their famous white rum that left quite an impression on me at the Whiskey Live some months earlier. Verdict, it´s not bad, undeniable Jamaican but these few years in a cask probably tamed it too much.


I finally made it to the VIP area. I entered with some colleagues and inspected the treasures it was holding; many interesting and intriguing things to which I will come back later :)

I decided to leave this very special person area to make a quick round and explore Hall 3 in its integrality and to meet two or three friends.
Well, after this little excursion, I wanted to enter all relaxed the  VIP area but I got stopped by the hostess who explains me that this area is only for guests who paid the according ticket which I obviously did not, as my bracelet (that I got when entering the event) has the wrong colour. Well. After discussing some minutes she let me enter anyway (thank you miss :)). I however got pretty scared in the perspective of not being able anymore to taste the precious pearls laying behind these gates. I need a drink, how convenient.

An extraordinary nice barman (who will know that I am talking about him :)) enlightened me about some bottles that I heard nothing about so far. In this case: the J.M. Finishes and the HSE single cask 2003.

I wisely followed the advice of my host and started my tasting with the J.M. Calvados finish. What should I say?! Surprising rum. It´s maybe the rum with the most remarkable finish that I´ve ever tasted and it tastes like... very surprising: apple! Don´t worry, there is as well the taste of rum present but not such an intense one. A fellow rum lover even thought that in a blind tasting he could have thought it was Calvados!


The tasting continued with a J.M. Cognac finish. I have to admit, that I am not having too much expertise regarding Cognac (or Calvados or Armagnac to be honest) but I kept well in mind what an uncle of mine told me many years ago, back then, when I was young: “If you ever have the chance to try a Delamain, go for it, you won't find better.”
As you probably guessed right, I am not telling you this little anecdote for nothing: the rum I tried had a Cognac Delamain cask finish. My expectations were high…
… and I got disappointed. This rum was clearly more dry then the previous one and less marked by the spirit that aged in this very cask previously. On top of it, it was quite woody to the extent of being tannic. Too bad.
 

The last bottle of J.M. that I had the chance to try in this session was an Armagnac finish. On the nose (and as well mouth) it is mainly rum, with something sweet and gourmand to it.
In the mouth it is fine and with wood aroma (in this case more a woody kind of aroma that I would associate with certain types of wine), but not tannic. It is generally very enjoyable.
I couldn´t say what these last months in an Armagnac cask did to this rum exactly but however: it did it good, it´s a nice mélange.
For me, it´s even the best one of this J.M. trilogy and it will surely join my collection in a not so far future.

Very temporary label indeed

After tasting the J.M. (which is best known for their 10 to 15 years vintages) finishes, I moved on to the new single cask HSE (recently known for their “world finishes”) vintage 2003.

This rum was a Rhum Fest exclusive with a very temporary - but charming - label (as far as I know it should be released at the end of this year).
This rum with its fine aroma of spices and dried fruits and a touch of sweetness (almost a bit sugary) was much to my liking. Even though, besides from this, there is nothing really remarkable about this rum; it´s without a doubt a good rum, but classic (there is no shame in it).