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dimanche 24 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 3


Nous revoilà au Rhum Fest pour ce dernier article sur l'édition 2016 de cet événement immanquable.


Au programme du jour : trois distilleries. Trois styles. Trois traditions. Et pour chacune, trois finitions (ou presque).
Et pour finir ce banquet gustatif, quoi de plus naturel que de terminer par... le dessert :)

Quelques-uns des rhums découverts

Les finitions, cette pratique, de plus en plus répandue, consiste, après le vieillissement principal (le plus souvent dans un fût de bourbon), à transvaser le rhum dans un fût ayant contenu un autre alcool (en général vin ou spiritueux) pour une durée comprise, la plupart du temps, entre 9 mois et un an. L'idée étant de lui apporter des caractéristiques gustatives supplémentaires ; que ce soit de la rondeur, un boisé particulier ou encore des notes propres à cet autre alcool (par exemple de calvados ou de whisky tourbé).



Tout d'abord, allons au Panama avec la marque Abuelo; oui on va parler de rons, une fois n'est pas coutume.
Je me répète mais, à mon goût, les rhums de tradition espagnole sont souvent un peu plats quand ils ne sont pas trop sucrés. Alors oui c'est un peu un raccourci et je suis loin d'avoir goûté tout ce qui est proposé sur les étals des cavistes. De plus, si je me base sur mon propre exemple, ce sont souvent les rhums qui permettent d'entrer dans cet univers des eaux de vie de canne, mais qui après des explorations plus poussées, deviennent progressivement moins intéressants.
Tout ça pour dire qu'Abuelo, reste un des rons que je trouve encore agréables. Oui, il y a du caramel et de la vanille mais aussi un boisé présent et des notes de tabac. Le tout n'est pas noyé dans le sucre, même s'ils sont doux ; le 12 ans de la marque en est le parfait exemple.

Abuelo a décidé de travailler trois finitions. Les trois sont annoncées à 14 ans de vieillissement en fût de bourbon plus une année de finition. Cependant comme c'est ici la méthode solera qui est utilisée, je ne me prononcerai pas avec certitude sur l'âge des ces rhums.

Mais voyons plutôt ce qu'elles donnent à la dégustation, je vais les comparer à ce 12 ans que je connais bien et souligner les différences.

Les voici les grands-pères

Sur les conseils de la jeune femme sur le stand, on débute par la finition en fût de xérès, Olorosso pour être précis.
Cette année supplémentaire de vieillissement lui apporte des arômes de pruneau mais aussi une plus surprenante note cendrée. Le tout est assez frais.
En bouche et sur la finale, rancio, vanille et orange dominent. 
Voilà donc une finition qui apporte un vrai plus tout en conservant les marqueurs habituels.

On se laisse guider par la "maîtresse des lieux" et on continue avec la finition Cognac (Napoléon).
Au nez, en plus des traditionnels arômes, nous avons des épices douces et des fruits à coque, l'ensemble étant assez vif.
La bouche est très proche du 12 ans tandis que la finale est plus boisée (voire légèrement tannique) et discrètement fumée.
Une finition moins présente mais avec un boisé pas désagréable.

Et pour finir, le Porto.
Ces sont l'amande et la cerise qui sont ici à noter sur le nez.
A nouveau les fruits à coque en bouche tandis que le tabac est très marqué sur la finale.
Une finition assez gourmande mais qui, à mon avis, est moins intéressante.


Des hauts et des bas pour ces finitions. Rien de révolutionnaire mais des choses intéressantes tout de même. Et aussi, je les espérais un peu moins sucrés.



Après le style espagnol, allons voir les anglais avec la marque New Grove de l'Île Maurice.

Des finitions en véritable bois d'arbre :D
Si vous lisez mon blog depuis le début, vous savez que j'ai apprécié cette marque à travers leur 8 ans. Nouveauté de cette année, des... finitions ! C'est bien, vous suivez. Et des finitions qui nous sortent des classiques de l'exercice.
Avant de les évoquer une par une, parlons de leurs points communs. Elles ont tous huit ans, dont un an de finition et ils sont tous à 47°, ce qui est assez rare pour être souligné.
Ce qui est tout aussi inhabituel ce sont les fûts choisis : Moscatel, pourquoi pas, mais merisier et acacia, fallait oser.
Ma foi, le résultat, ou plutôt, les résultats, sont assez concluants.
Ils ont en commun un boisé relativement marqué voire tannique (même si différent de l'un à l'autre) ainsi qu'un côté épicé et poivré, sans oublier une finale qui dure un bon moment.
Les trois sont intéressants mais celui qui m'a le plus emballé est le finition Moscatel (vin blanc doux nous venant d'Espagne). Il m'a paru plus équilibré  et plus gourmand que ses deux camarades. La grosse différence vient de ses notes vanillées et torréfiées.
Là aussi, regoûter aux trois dans des conditions plus posées serait intéressant.



Un belle brochette

Nous avons fait les rons et les rums, passons maintenant aux rhums.
C'est avec HSE, précurseur dans le domaine des finitions, que nous allons nous pencher sur le style français. Nous connaissons ces "finitions du monde" depuis quelques années maintenant, non seulement ils proposent occasionnellement de nouveaux fûts, mais également de nouveaux millésimes sur des finitions déjà proposées par le passé.
Pour faire plus clair : nouveau millésime pour le finition Sauternes et une nouvelle finition Porto.
Et n'oublions pas deux autres nouveautés dont nous allons aussi parler.


Violet
Commençons par la nouveauté nouvelle, la finition Porto, enfin disponible dans nos contrées.
J'avais pu le déguster au salon Dugas en octobre dernier mais je suis bien content d'avoir pu m'y frotter à nouveau.
Sur le nez, ce qui me frappe avant tout c'est l'équilibre. Les notes boisées, épicées et de fruits secs marchent parfaitement et l'ensemble reste frais.
En bouche, l'attaque est assez douce, même si la bouche devient légèrement astringente. L'alcool est bien dosé et on reconnait ce boisé HSE, qui caractérise la plupart (je ne dis pas "tous", parce que bon je n'ai pas goûté TOUT ce qui est sorti de cette habitation non plus) de leurs rhums vieux.
La finale, longue, reste sur ce boisé mais des touches d'amande apparaissent et amènent de la gourmandise. Une pointe empyreumatique apporte un peu plus de complexité.
C'est confirmé, il me plait :)

Blanc
Le millésime 2005 de la finition Sauternes maintenant (le précédent était le 2003).
Il est proche du 2003, pas de doute. On retrouve ce boisé marqué, qui apporte plusieurs impressions gustatives, que ce soit le tabac ou un bois, que je qualifierais de bois jeune ou blanc (oui je sais, il n'y a sans doute que moi qui comprends, mais c'est déjà ça ! :p), en plus de ce "boisé HSE". Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, cette finition n'apporte pas de sucre, mais plus un boisé différent et de la complexité.

Orange
On sort des finitions pour parler d'un autre rhum ou un travail a été fait sur le fût. Il s'agit du Small Cask et là aussi d'un nouveau millésime, le 2007 succédant au 2004 (qui était vraiment très bien).
Au nez, on a quelque chose de chaud et de gourmand, sur les fruits secs et les fruits à coque. Des arômes de poivre et d'orange se distinguent également et la finale est longue, épicée et boisée. A noter que dans le verre vide ce sont les notes de tabac qui dominent sans partage.
Pour voir si différence il y a entre les deux millésimes, il faudrait vraiment les déguster côte à côte (si quelqu'un le fait je suis intéressé d'entendre ses conclusions :)).

Noir
On finit en beauté avec la nouvelle Cuvée de la Confrérie, justement de chez HSE (oui j'essaye parfois de suivre  un semblant d'ordre logique quand j'écris :P). Il s'agit d'un brut de fût (le premier de la marque), qui titre à 52.2% et qui a beaucoup fait de bruit sur le salon.
Un nez fruité, orangé mais aussi boisé. Un nez gourmand et relativement rond malgré (ou grâce ^^) à son degré.
En bouche, on garde ces impressions de gourmandise boisée (oui c'est une nouvelle expression). Il est puissant et offre un bel équilibre. Une légère astringence en fin de bouche se fait sentir, pas désagréable.
La finale est longue et épicée, et des notes torréfiées apparaissent.
Celui-là je veux y regoûter !




Avant de définitivement fermer ce livre Rhum Fest 2016 (un petit livre :p), un dessert ! Un crochet par les Rhums de Ced'.
Je vous ai déjà parlé du sieur Brément et de ses créations (et de son point G ;)). Sa gamme s'étoffe et il n'a de cesse de travailler à créer de nouvelles références originales. Cette année n'aura pas fait exception puisqu'il offrait sur son stand, en plus des classiques, trois nouveautés. Un rhum arrangé, un punch et un rhum épicé.
Le rhum arrangé allie la framboise à la fleur d'hibiscus. Il est doux et s'équilibre bien entre velouté et acidité. Je ne connaissais pas le goût de la fleur d'hibiscus mais mon voisin de dégustation a été frappé par la netteté de ses arômes.

Le Ti'planteur Ananas, lui, c'est simple : piña colada. Ananas et coco, douceur et gourmandise. Un petit régal.
Une belle triplette
Pour finir, le Ti'spiced.
Je dois dire, avant d'en parler, que je ne suis pas un grand fan des rhums épicés (ou spiced rums). Je leur trouve bien souvent une épice trop dominante qui l'emporte sur tout le reste ; souvent la cannelle d'ailleurs. Autre problème récurrent : trop de sucre. Bref, pas la panacée.
Et alors ça donne quoi un spiced à la sauce ti Ced' ? Eh ben ça donne du bon !
Un vrai équilibre entre les dix ingrédients (ouais quand même), que ce soit au nez ou en bouche. Cédric m'a dit quels sont les ingrédients en question mais je ne vais pas me risquer à tenter de tous les énumérer. Seul bémol, sur la finale, après quelques instants c'est surtout le clou de girofle qui prend le dessus. Malgré cela, je pense tout simplement qu'il s'agit du meilleur rhum épicé que j'ai pu goûter.
Bien joué Cédric !



Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu). Je peux être fier de moi, j'ai tout fait tenir en "seulement" trois articles... :P

A l'année prochaine !



Retrouvez les deux premières parties :
Mon Rhum Fest 2016 - partie 1
Mon Rhum Fest 2016 - partie 2


dimanche 5 octobre 2014

Mon Rhum Live 2014 - Les dégustations

Ça fait déjà une semaine ; une semaine que j'ai passé une excellente après-midi au Whisky Live - mais pour le rhum :)


Je dois dire que j'y allais sans trop en attendre et ce pour plusieurs raisons.
Avant tout du fait que ce soit un salon - principalement - consacré au whisky mais également du fait du prix élevé du ticket d'entrée ; 40€ pour un jour pour un billet normal (et non pas un billet VIP). Je veux dire par là que je ne voyais pas vraiment comment ce prix allait être "justifiable" pour l'amateur de rhum que je suis.

J'avais tout faux et je vais vous expliquer pourquoi :D



Me voilà donc en route pour cet événement parisien, qui avait lieu cette année encore à la Mutualité dans le 5ème arrondissement. J'y vais le deuxième jour, le dimanche (ça dure jusqu'au lundi mais cette dernière journée n'est accessible qu'aux professionnels) et y retrouve un petit groupe d'amateurs de spiritueux.

Petite difficulté à l'entrée (non pas avec la poussette cette fois :P) étant donné qu'on ne peut pas avoir de sac avec soi (si ce n'est un truc modèle réduit, dans le genre sac à dos pour playmobil). Heureusement je n'avais rien de vital avec moi si ce n'est mon portefeuilles et mon appareil photo qui ont tous deux finis dans mes poches, alors que le sac, lui, s'est retrouvé au vestiaire (gratuit).

Nous voilà prêts à affronter la foule, armés de notre petit livret explicatif remis en échange du billet d'entrée. Bien foutu le livret en question. Il nous permet, entre autre, de voir que les alcools non-whisky sont au niveau -1 ; "Super, ils nous mettent à la cave..." ai-je pensé - oui il m'arrive d'être un peu bête.

Nous descendons la volée de marches et arrivons dans une pièce spacieuse et loin d'être bondée. On repère les lieux, avec les nouveaux Demerara par ici, les Clairins par-là, les agricoles à côté etc...

Et là ze couestionne : par quoi commence-t-on ? Notre réponse à cette question : plus ou moins suivre un chemin logique de dégustation, avec donc pour débuter les traditionnels (mais pas les monstres de Velier ;)).

L'Île Maurice bien représentée :)

Premier stand : New Grove. Si vous suivez mes aventures depuis le début, vous savez que leur 8 ans a été une de mes premières bouteilles et qu'il m'avait particulièrement plu à l'époque. C'était donc l'occasion d'y retremper mes lèvres mais aussi de goûter au reste de leur gamme, y compris le single cask, tiré à très peu d'exemplaires et qui me faisait de l’œil depuis bien longtemps.

On entame la dégustation par le blanc, agréable surprise ! Question rhums blancs, pour moi il n'y a pas photo, il y a ceux issus du pur jus de canne et... pas grand-chose d'autre. Mais là, je l'ai trouvé plus intéressant et aromatique que les autres traditionnels que j'avais pu goûter jusqu'alors ; toujours pas au niveau des agricoles pour autant, mais bien.
Nous avons fait l'impasse sur le spiced (sorte de rhum aromatisé et sucré dans la plupart des cas, destiné à la mixologie - terme pompeux pour dire "à faire des coktails") et sommes directement passé au 5 ans, en fait un assemblage de 5, 6 et 7 ans, les deux derniers étant là pour arrondir les angles. Il est encore jeune cependant et manque, pour moi, de rondeur et de complexité ; je suis certain que certaines personnes le préféreront au 8 ans, question de plaisir personnel (non, pas celui-là...).
Le 8 ans justement ; toujours agréable. Il est vrai que l'évolution de mes goûts m'a amené vers des rivages un peu plus puissants et complexes mais j'ai pu tout à fait comprendre pourquoi il m'avait plu à l'époque avec ce boisé bien présent.
Vient enfin le moment de déguster ce single cask (fût unique) tiré à très peu d'exemplaires, moins de trois cents je crois.
Et bien au final, légèrement déçu (mais j'en attendais sans doute trop). Bien qu'il soit vieilli 9 ans, je le trouve plus proche du 5 ans que du 8 ans. Le côté brut de fût (presque 50°) est sympa et lui donne encore plus de longueur mais je lui ai trouvé un côté trop jeune en bouche. Tant pis.


D'autres rhums italiens ; il n'y a pas que Velier dans la vie. Quoi que... ? :P
Second stand : Rum Nation.
Voilà un autre embouteilleur italien, oui il y a en plusieurs, les italiens sont plutôt bons en ce domaine. J'en ai quelques-uns à la maison mais encore aucun d'ouvert, voilà donc l'occasion de tester un peu leur gamme.
Là, je me dis, on va commencer par le blanc et finir par le Caroni ; tout faux !
Le Barbados anniversaire tout d'abord. On reconnait le style des Barbades que j'aime beaucoup, même si là je lui ai trouvé un manque d'intensité, un peu trop doux, pas sucré attention.
Voilà ensuite un Demerara (région de Guyane anglaise mais vous devriez le savoir depuis le temps que je vous en parle), le Solera N°14. Pas grand-chose de solera pour moi dans ce rhum - ce qui n'est pas forcément un mal. Un côté plus franc et moins subtil que le précédent avec des arômes plus marqués avec par exemple du tabac. Toujours pas vraiment mon truc, rien d'exceptionnel.
Le Caroni pour continuer, ces rhums de Trinidad si particuliers par lesquels je ne suis toujours pas entièrement convaincu. Eh bien celui de Rum Nation est plus abordable que les Velier. La principale différence : il est "sucré". Bon, ce n'est pas une bombe de sucre non plus mais il n'est pas sec comme ses homologues d'autres embouteilleurs. Pas mal donc.
Et enfin, ce Jamaïcain blanc. Avant de l'avoir dans le verre j'étais vraiment très surpris que le représentant de la marque nous suggère de finir par celui-ci, surtout après un Caroni, qui pour moi signifie souvent "saturation des papilles".
Bon... Il avait évidemment raison ce brave monsieur. Non seulement ce rhum non vieilli était-il légèrement plus fort en alcool que le Caroni mais ses arômes étaient tout bonnement hallucinants pour moi. Du jamais vu dans les rhums blancs traditionnels ; puissance, richesse, complexité, évolutivité. En deux mots : fort bien ! J'essaierai de le regoûter chez un caviste pour être définitivement fixé.

Aller simple pour la Thaïlande.
Bon on se dit qu'il est temps d'aller voir les créations Velier.
Mais en chemin, nous voilà attirés par un rhum d'une marque encore inconnue : Chalong Bay.
Nous nous y arrêtons et sommes abordés par les sympathiques personnes représentant la marque. Ils nous expliquent qu'il s'agit un rhum thaïlandais (ah quand même !), plus précisément distillé à Phuket (ah quand même !²) et que la canne à sucre est justement originaire du sud-est asiatique et qu'il est donc logique de produire du rhum de cette région du monde.
Nous dégustons et je suis surpris : des saveurs de rhum agricole, alors que sans avoir vérifié, je m'attendais à un rhum issu de mélasse. Je demande donc confirmation, et oui, voilà un rhum fait à partir de jus de canne. Et surtout, voilà un rhum pas mal du tout. Seul bémol en ce qui me concerne, un petit manque de puissance avec ses petits 40°.

Nous sommes curieux et posons pas mal de questions, voilà les quelques informations que nous avons pu glaner. Leur principal débouché est la Thaïlande et ils commencent toujours à s'attaquer au marché européen. Ils ont plein de projets, avec des versions plus fortes en alcool et des rhums vieillis - franchement, j'ai hâte :)


Nous ne pouvions pas faire l'impasse sur le stand d'à côté : Bielle.

Bielle est une distillerie de Guadeloupe, ou plus précisément de Marie-Galante. Toute la gamme en dégustation, ça promet. Connaissant le 2006 et le brut de fût 2003 (tout simplement excellent mais dont le prix a malheureusement récemment augmenté !), je décide de tester le blanc (à 59°, réputé pour faire les ti'punchs), l'Ambré, pas très intéressant et enfin le millésime 1998 (la carafe à droite sur la photo).
Je suis mitigé sur cette dernière. La puissance est bonne, le nez est intéressant, l'attaque en bouche est bien, mais voilà, la finale ne me plait pas et la finale c'est important, c'est ce qui dure... Je pense que cela vient du boisé, qui est trop marqué du fait du long séjour du rhum dans les fûts mais aussi de la nature du bois utilisé. J'ai déjà trouvé ce goût, qui n'est pas au mien, dans le Trois Rivières 8 ans, le Saint James 15 ans ou encore le Longueteau XO. Il va falloir que je me renseigne sur des potentiels points communs entre ces rhums.
Pour la petite histoire, juste hors champ sur la photo (à droite) était exposé le fameux Bielle millésime 1994, qui m'avait tellement séduit le jour où j'avais eu la chance d'y tremper les lèvres. Malheureusement, celle-ci n'était pas en dégustation :(


Prochain arrêt : Haïti. Et également le premier stand Velier. Depuis l'année dernière, l'embouteilleur italien propose trois clairins différents.
Le clairin est un alcool de canne à sucre. Son élaboration est tout à fait semblable à celle du rhum si ce n'est qu'il n'est pas raffiné après la fermentation. De plus, cette gamme est "plus que bio", puisqu'il n'y a aucun produit chimique utilisé sur la canne et que toute la récolte se fait à la main (et le transport par des bœufs). Ils sont embouteillés à leur dégré naturel.
Je connais bien ces trois clairins, puisque j'ai une bouteille de chaque de l'année dernière. Les trois ont des profils aromatiques bien marqués et très différents ; ils s'échelonnent du Sajous, le plus proche d'un rhum blanc agricole, jusqu'au Casimir, d'une intensité remarquable - certains amateurs ne jurent que par lui, je le trouve personnellement "trop". Ses arômes de truffe et de litchi "pourri" sont écœurants à mon goût. Et entre les deux, le Vaval, finalement mon préféré des trois, qui présente un bel équilibre.
Bon et bien, surprise, cette année, les revoilà, mais ce sont en fait de nouveaux millésimes et leurs identités gustatives en sont totalement modifiées. Aucune n'a l'exubérance du Casimir précédente version par exemple. En revanche pas de surprise, ils sont bons :D
Il va falloir que je les déguste à nouveau afin de me les (ré)approprier ; cela ne devrait pas trop me demander d'efforts ou de sacrifices ;)


Au moment où j'écris cette légende, je suis en train de finir ma bouteille :)
Sur le stand contigu sont présentés les "fameux" Rhum Rhum nés de l'association de plusieurs grands talents du monde des spiritueux : Bielle - Capovilla - Velier.
Je vous ai déjà parlé de certaines de ces bouteilles sur mon blog et je ne vais pas trop m'y attarder.
L'idée de Luca Gargano (l'instigateur du projet) était avant tout de créer une eau-de-vie de canne d'une très grande qualité, c'est pour ça qu'il a choisi Bielle (réputé pour ses excellents rhums et la qualité de leur canne à sucre) et Vittorio Gianni Capovilla, expert en eaux-de-vie de fruits (certaines de ses créations étant d'ailleurs également en dégustation au Whisky Live). Les savoir-faire conjugués de ces trois "associés temporaires" ont naturellement donné un résultat tout bonnement exceptionnel.
Le rhum blanc est un des meilleurs que j'ai pu goûter et est disponible en deux versions, la verte, réduite à 41° et la orange au degré naturel de 56°. C'est cette dernière qui vaut vraiment le détour, elle offre plus de complexité et de puissance que sa version "light".


Des langoustes...
Avec une telle matière première, vous ne serez pas surpris, les rhums vieillis sont de petites merveilles. Ils portent le nom poétique de Libération 2010 et Libération 2012 (il devrait y avoir un Libération 2015 en fin d'année prochaine), le précieux liquide étant libéré de son fût.
Le 2010, qui commence à être dur à trouver, n'était malheureusement pas dégustation, en revanche le 2012, lui aussi sous ses deux formes, était bien là.
Et là aussi ma préférence va au brut de fût (59.8°). La pierre à fusil et la poudre y sont très présentes et c'est ça que je lui trouve de si agréable. La bouteille n'est pas donnée, on se rapproche des 100€ mais je ne regrette vraiment pas mon achat d'il y a bientôt un an.
Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment hâte de découvrir le prochain Libération !


Merci à Jean-François pour la photo (j'ai réussi à paumer les miennes...)

Nous y sommes ! Le moment d'aller goûter les nouveaux/futurs embouteillages de demerara de chez Velier.
Quatre étaient présentés et pas tous les mêmes que j'avais pu découvrir lors de mes visites à la boutique éphémère il y a plusieurs mois. Cependant au moins un point commun : dégustation faite par le passionné et très sympathique Daniele :)
Proposés aujourd'hui : un Diamond 1999, un Uitvlugt 1997 et deux blends, un Diamond & Port Mourant et enfin un Enmore & Port Mourant.
Ma préférence va à l'Uitvlugt, dans lequel je retrouve certains traits caractéristiques de ces Demerara que j'aime tant, si je devais le rapprocher d'autres, je dirais : mélange de l'Enmore 1995 et du Diamond 1981. Si je devais critiquer quelque chose, je dirais qu'il manque un peu d'originalité. Mais son équilibre me fera l'acheter sans aucun doute.
Le Diamond, à l'inverse, est celui qui m'a le moins convaincu. Y domine un goût de tabac, que j’apprécie par ailleurs lorsqu'il est présent en périphérie des caractéristiques principales ; ici, il est trop présent pour moi. Il y a aussi de la fumée (oui ça reste dans le thème ^^).
Je dois avouer ne pas me rappeler exactement les deux blends... Honte sur moi. Ce dont je me souviens, c'est que j'ai préféré le Enmore & Port Mourant. Dans tous les cas, je vais devoir regoûter tout ça ! :)
Une manière de résumer : j'ai préféré les non Diamond ^^


Les trois, avec pas mal d'infos. Et non, ceci n'est pas mon ombre, mais un effet artistique ! :P
On reste, pour finir, chez Velier, mais on change de pays ; à nous Trinidad !
Deux (au moins) futurs embouteillages vont sortir de la distillerie Caroni dans les mois (semaines ?) qui viennent. Un 1998 et un 2000.
Pour être plus précis, un single cask 2000, à 70°, nom d'un petit bonhomme en mousse ! Et un millésime 98, potentiellement embouteillé en brut de fût (64.5°) ainsi qu'en version réduite à 55°.
Peut-être est-ce moi qui me fait de plus en plus à la typicité Caroni, ou bien ces deux-là étaient-ils meilleurs que certains autres que j'ai pu goûter, quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé.
J'y ai retrouvé les arômes Caroni mais avec plus de complexité. Maintenant, c'était la fin de journée et surtout la fin de dégustation, mes souvenirs sont... moins frais :D
Ils ont d'ailleurs apparemment eu beaucoup de succès dès le samedi, car les quantités restantes dans les bouteilles étaient vraiment minimes et du coup, pareil dans les verres, un peu dommage.


Conclusion des dégustations : vraiment très bien ! Pas mal de choses à tester, pas trop de monde aux stands et beaucoup de gens passionnés pour vous faire découvrir leurs produits.
C'est sûr, j'y retournerai l'année prochaine :)


dimanche 27 avril 2014

L'accroche, comme dans "comment je suis devenu accro" :D

Freddy (puisque c'est de lui qu'il s'agit) termine donc de me préparer à la dégustation de ces deux rhums et attend que j'y trempe les lèvres.
Je crois qu'on avait commencé par le 15 ans. Après en avoir pris un peu en bouche, je réalise immédiatement que ce rhum qui m'avait tant plus à Hambourg n'est pas le même que dans le verre... Diantre, ma quête se serait-elle avérée vaine ? Je fais part de ma déception à Freddy, qui me dit une nouvelle fois que d'après ma description, le 12 ans devrait être le bon.
Après avoir bu une goulée d'eau, sur son conseil, je goûte donc le plus jeune des deux, et là, je kiffe ! Exactement ce dont je me souvenais : sucré, gourmand, classique sur ses arômes de caramel et une finale très agréable.
Je remercie mon vendeur/conseiller et repars avec la bouteille. Et de une !

Cette bouteille ne fera pas long feu mais elle sera relayée et remplacée par une série de bouteilles au cours des six mois suivants. Bouteilles qui seront toutes plus ou moins sucrées à quelques exceptions près.
Sur cette période je me rends donc une à deux fois par mois chez A'Rhûm où je prends vraiment plaisir à déguster de nouvelles choses et à me faire conseiller par Freddy mais plus régulièrement par Aurélien, son employé.
Mes acquisitions sont : Le Millionario 15 ans du Pérou, le Pampero Anniversario du Venezuela, le Plantation Guatemala du... ouais d'accord, le New Grove 8 an de l'Île Maurice, le Dos Madeiras 5+5 de Guyane Anglaise (ou Guyana), le XM 15 ans également de Guyana, le Centenario 25 ans du Costa Rica et une seconde bouteille d'El Dorado 12 ans. Il y a eu sur ces quelques mois trois autres bouteilles, les deux premières, avec un côté boisé plus présent, sont le Fair de Bélize et l'Admiral Rodney de Saint Lucie. Toutes deux conseillées par Aurélien lorsque je lui demandais quelque chose de différent de ce que j'avais acheté jusqu'alors. Sur le même principe que lors ma première visite à la boutique, je ne suis jamais reparti avec une bouteille sans l'avoir goûtée et avoir bénéficié des précieux conseils et des précieuses indications fournies par mes "hôtes".

Pampero Aniversario - Pérou
   
New Grove 8 ans - Île Maurice
   
Plantation Guatemala - Guatemala













Si l'on ajoute à ces acquisitions les cinq bouteilles que j'avais déjà (un Barcelo Imperial acheté en République Dominicaine, un Botran Solera 1893 Añejo et un Zacapa 15 ans achetés au Guatemala, un Appleton 12 ans acheté en Jamaïque et un Mathusalem 15 ans reçu en cadeau), nous voilà à une bonne quinzaine de rhums et une moyenne de prix d'environ 40€.
Botran solera 1893 Añejo (acheté au Guatemala)

Si vous avez bien suivi, il reste une bouteille dont je n'ai pas parlé. Je l'ai laissée de côté ainsi que mon expérience du 31 juillet mais comme vous vous en doutez j'y reviendrai lors d'un prochain article.


To be continued...


                                                                                                                                                                   


English version


How I became hooked

I took the first sip from my glass, expecting the sweet taste that I was searching for almost 3 years and well... after this little mouthful, I immediately realized that the rum that stroke me so much in Hamburg was definitely not the one in the glass in front of me. Damn, was all this effort for nothing?
I could not hide my disappointment and Freddy used this occasion to reassure me, that after my description, it was definitely the 12 years old one that I drank 3 years back.
Following his advice, I drank a bit of water and tried finally the younger one of the two bottles and here we go! That's it! Exactly like I remembered it: sweet, delicious, with a classy caramel aroma and a very agreable final.

I thanked the seller and excellent adviser and left with a bottle. And what a bottle!

It did not last very long but got replaced and relayed by a series of bottles during the 6 months to come. Bottles, that were – a few exceptions excluded – mainly sweet.


Plantation Guatemala - Guatemala
Pampero Aniversario - Pérou
   
New Grove 8 ans - Île Maurice

At this time, I paid A'Rhum a visit once or twice a month, enjoying very much discovering this -to me- fairly new drink and getting advices by Freddy or more often by his employee Aurelien.

My acquisitions were:
–                    Millionario 15 years of Peru
–                    Pampero Anniversario of Venezuela
–                    Guatemala Plantation of ... Guatemala (what a surprise)
–                    New Grove 8 Years of Mauritius
–                    5+5 Dos Madeiras from Guyana and Barbados
–                    XM 15 also from Guyana
–                    Cententario 25 years of Costa Rica
–                     … and finally: another Bottle of El Dorado 12 years

Besides from the ones named above, I got 3 other bottles during the first months of my addiction passion. Two of them with a more present wooden taste:  the Fair Belize and the Admiral Rodney from Santa Lucia. Both were recommended by Aurelien when I asked for something completely different from what I bought so far. Following my first experience with A'Rhum, I never left the store with a bottle that I haven’t just tasted and to which I did not get useful advice and background information from my hosts.


Botran solera 1893 Añejo (acheté au Guatemala)
Including the bottles I already had at home – a Barcelo Imperial from Dominican Republic, a Botran Solera 1893 Anejo and a Zacapa 15 years that I got in Guatemala and a 12 year old Appleton that I brought home from Jamaica – it was about 15 bottles with an average price of around 40€.

If you are good in math, you might have noticed that there is one bottle that I did not talk about. I am leaving this, and my adventures of the 31st of July aside. As you might have guessed, I will come back to it in the next article.