Affichage des articles dont le libellé est Confrérie du Rhum. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Confrérie du Rhum. Afficher tous les articles

dimanche 24 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 3


Nous revoilà au Rhum Fest pour ce dernier article sur l'édition 2016 de cet événement immanquable.


Au programme du jour : trois distilleries. Trois styles. Trois traditions. Et pour chacune, trois finitions (ou presque).
Et pour finir ce banquet gustatif, quoi de plus naturel que de terminer par... le dessert :)

Quelques-uns des rhums découverts

Les finitions, cette pratique, de plus en plus répandue, consiste, après le vieillissement principal (le plus souvent dans un fût de bourbon), à transvaser le rhum dans un fût ayant contenu un autre alcool (en général vin ou spiritueux) pour une durée comprise, la plupart du temps, entre 9 mois et un an. L'idée étant de lui apporter des caractéristiques gustatives supplémentaires ; que ce soit de la rondeur, un boisé particulier ou encore des notes propres à cet autre alcool (par exemple de calvados ou de whisky tourbé).



Tout d'abord, allons au Panama avec la marque Abuelo; oui on va parler de rons, une fois n'est pas coutume.
Je me répète mais, à mon goût, les rhums de tradition espagnole sont souvent un peu plats quand ils ne sont pas trop sucrés. Alors oui c'est un peu un raccourci et je suis loin d'avoir goûté tout ce qui est proposé sur les étals des cavistes. De plus, si je me base sur mon propre exemple, ce sont souvent les rhums qui permettent d'entrer dans cet univers des eaux de vie de canne, mais qui après des explorations plus poussées, deviennent progressivement moins intéressants.
Tout ça pour dire qu'Abuelo, reste un des rons que je trouve encore agréables. Oui, il y a du caramel et de la vanille mais aussi un boisé présent et des notes de tabac. Le tout n'est pas noyé dans le sucre, même s'ils sont doux ; le 12 ans de la marque en est le parfait exemple.

Abuelo a décidé de travailler trois finitions. Les trois sont annoncées à 14 ans de vieillissement en fût de bourbon plus une année de finition. Cependant comme c'est ici la méthode solera qui est utilisée, je ne me prononcerai pas avec certitude sur l'âge des ces rhums.

Mais voyons plutôt ce qu'elles donnent à la dégustation, je vais les comparer à ce 12 ans que je connais bien et souligner les différences.

Les voici les grands-pères

Sur les conseils de la jeune femme sur le stand, on débute par la finition en fût de xérès, Olorosso pour être précis.
Cette année supplémentaire de vieillissement lui apporte des arômes de pruneau mais aussi une plus surprenante note cendrée. Le tout est assez frais.
En bouche et sur la finale, rancio, vanille et orange dominent. 
Voilà donc une finition qui apporte un vrai plus tout en conservant les marqueurs habituels.

On se laisse guider par la "maîtresse des lieux" et on continue avec la finition Cognac (Napoléon).
Au nez, en plus des traditionnels arômes, nous avons des épices douces et des fruits à coque, l'ensemble étant assez vif.
La bouche est très proche du 12 ans tandis que la finale est plus boisée (voire légèrement tannique) et discrètement fumée.
Une finition moins présente mais avec un boisé pas désagréable.

Et pour finir, le Porto.
Ces sont l'amande et la cerise qui sont ici à noter sur le nez.
A nouveau les fruits à coque en bouche tandis que le tabac est très marqué sur la finale.
Une finition assez gourmande mais qui, à mon avis, est moins intéressante.


Des hauts et des bas pour ces finitions. Rien de révolutionnaire mais des choses intéressantes tout de même. Et aussi, je les espérais un peu moins sucrés.



Après le style espagnol, allons voir les anglais avec la marque New Grove de l'Île Maurice.

Des finitions en véritable bois d'arbre :D
Si vous lisez mon blog depuis le début, vous savez que j'ai apprécié cette marque à travers leur 8 ans. Nouveauté de cette année, des... finitions ! C'est bien, vous suivez. Et des finitions qui nous sortent des classiques de l'exercice.
Avant de les évoquer une par une, parlons de leurs points communs. Elles ont tous huit ans, dont un an de finition et ils sont tous à 47°, ce qui est assez rare pour être souligné.
Ce qui est tout aussi inhabituel ce sont les fûts choisis : Moscatel, pourquoi pas, mais merisier et acacia, fallait oser.
Ma foi, le résultat, ou plutôt, les résultats, sont assez concluants.
Ils ont en commun un boisé relativement marqué voire tannique (même si différent de l'un à l'autre) ainsi qu'un côté épicé et poivré, sans oublier une finale qui dure un bon moment.
Les trois sont intéressants mais celui qui m'a le plus emballé est le finition Moscatel (vin blanc doux nous venant d'Espagne). Il m'a paru plus équilibré  et plus gourmand que ses deux camarades. La grosse différence vient de ses notes vanillées et torréfiées.
Là aussi, regoûter aux trois dans des conditions plus posées serait intéressant.



Un belle brochette

Nous avons fait les rons et les rums, passons maintenant aux rhums.
C'est avec HSE, précurseur dans le domaine des finitions, que nous allons nous pencher sur le style français. Nous connaissons ces "finitions du monde" depuis quelques années maintenant, non seulement ils proposent occasionnellement de nouveaux fûts, mais également de nouveaux millésimes sur des finitions déjà proposées par le passé.
Pour faire plus clair : nouveau millésime pour le finition Sauternes et une nouvelle finition Porto.
Et n'oublions pas deux autres nouveautés dont nous allons aussi parler.


Violet
Commençons par la nouveauté nouvelle, la finition Porto, enfin disponible dans nos contrées.
J'avais pu le déguster au salon Dugas en octobre dernier mais je suis bien content d'avoir pu m'y frotter à nouveau.
Sur le nez, ce qui me frappe avant tout c'est l'équilibre. Les notes boisées, épicées et de fruits secs marchent parfaitement et l'ensemble reste frais.
En bouche, l'attaque est assez douce, même si la bouche devient légèrement astringente. L'alcool est bien dosé et on reconnait ce boisé HSE, qui caractérise la plupart (je ne dis pas "tous", parce que bon je n'ai pas goûté TOUT ce qui est sorti de cette habitation non plus) de leurs rhums vieux.
La finale, longue, reste sur ce boisé mais des touches d'amande apparaissent et amènent de la gourmandise. Une pointe empyreumatique apporte un peu plus de complexité.
C'est confirmé, il me plait :)

Blanc
Le millésime 2005 de la finition Sauternes maintenant (le précédent était le 2003).
Il est proche du 2003, pas de doute. On retrouve ce boisé marqué, qui apporte plusieurs impressions gustatives, que ce soit le tabac ou un bois, que je qualifierais de bois jeune ou blanc (oui je sais, il n'y a sans doute que moi qui comprends, mais c'est déjà ça ! :p), en plus de ce "boisé HSE". Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, cette finition n'apporte pas de sucre, mais plus un boisé différent et de la complexité.

Orange
On sort des finitions pour parler d'un autre rhum ou un travail a été fait sur le fût. Il s'agit du Small Cask et là aussi d'un nouveau millésime, le 2007 succédant au 2004 (qui était vraiment très bien).
Au nez, on a quelque chose de chaud et de gourmand, sur les fruits secs et les fruits à coque. Des arômes de poivre et d'orange se distinguent également et la finale est longue, épicée et boisée. A noter que dans le verre vide ce sont les notes de tabac qui dominent sans partage.
Pour voir si différence il y a entre les deux millésimes, il faudrait vraiment les déguster côte à côte (si quelqu'un le fait je suis intéressé d'entendre ses conclusions :)).

Noir
On finit en beauté avec la nouvelle Cuvée de la Confrérie, justement de chez HSE (oui j'essaye parfois de suivre  un semblant d'ordre logique quand j'écris :P). Il s'agit d'un brut de fût (le premier de la marque), qui titre à 52.2% et qui a beaucoup fait de bruit sur le salon.
Un nez fruité, orangé mais aussi boisé. Un nez gourmand et relativement rond malgré (ou grâce ^^) à son degré.
En bouche, on garde ces impressions de gourmandise boisée (oui c'est une nouvelle expression). Il est puissant et offre un bel équilibre. Une légère astringence en fin de bouche se fait sentir, pas désagréable.
La finale est longue et épicée, et des notes torréfiées apparaissent.
Celui-là je veux y regoûter !




Avant de définitivement fermer ce livre Rhum Fest 2016 (un petit livre :p), un dessert ! Un crochet par les Rhums de Ced'.
Je vous ai déjà parlé du sieur Brément et de ses créations (et de son point G ;)). Sa gamme s'étoffe et il n'a de cesse de travailler à créer de nouvelles références originales. Cette année n'aura pas fait exception puisqu'il offrait sur son stand, en plus des classiques, trois nouveautés. Un rhum arrangé, un punch et un rhum épicé.
Le rhum arrangé allie la framboise à la fleur d'hibiscus. Il est doux et s'équilibre bien entre velouté et acidité. Je ne connaissais pas le goût de la fleur d'hibiscus mais mon voisin de dégustation a été frappé par la netteté de ses arômes.

Le Ti'planteur Ananas, lui, c'est simple : piña colada. Ananas et coco, douceur et gourmandise. Un petit régal.
Une belle triplette
Pour finir, le Ti'spiced.
Je dois dire, avant d'en parler, que je ne suis pas un grand fan des rhums épicés (ou spiced rums). Je leur trouve bien souvent une épice trop dominante qui l'emporte sur tout le reste ; souvent la cannelle d'ailleurs. Autre problème récurrent : trop de sucre. Bref, pas la panacée.
Et alors ça donne quoi un spiced à la sauce ti Ced' ? Eh ben ça donne du bon !
Un vrai équilibre entre les dix ingrédients (ouais quand même), que ce soit au nez ou en bouche. Cédric m'a dit quels sont les ingrédients en question mais je ne vais pas me risquer à tenter de tous les énumérer. Seul bémol, sur la finale, après quelques instants c'est surtout le clou de girofle qui prend le dessus. Malgré cela, je pense tout simplement qu'il s'agit du meilleur rhum épicé que j'ai pu goûter.
Bien joué Cédric !



Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu). Je peux être fier de moi, j'ai tout fait tenir en "seulement" trois articles... :P

A l'année prochaine !



Retrouvez les deux premières parties :
Mon Rhum Fest 2016 - partie 1
Mon Rhum Fest 2016 - partie 2


dimanche 10 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 1


Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu).
Et oui, l'édition 2016 du Rhum Fest Paris s'est achevée lundi soir, après trois journées intenses et des mois de préparation.

L'homme, sans sa poussette, a pu s'y rendre le samedi (une des deux journées publiques) et le lundi (la journée pro).
Quelle a été son expérience ? Pourquoi se met-il à parler de lui à la troisième personne ? Et surtout, quoi de neuf dans le rhum ?


Je sais que vous adorez quand je vous raconte mes mésaventures dans les transports en commun mais je vais m'abstenir cette fois-ci :p
Je vais plutôt me concentrer sur ce qui a fait de ce Rhum Fest, cette année encore, un événement incontournable, à savoir deux éléments majeurs : les gens et... les rhums.

Les gens

Commençons donc par parler de cette bande de joyeux lurons, qui ont rendu mon samedi invivable !
Comme les deux années précédentes, j'avais en tête un objectif principal, déguster le plus de nouveautés possibles, prendre de notes et vous en faire profiter ici-même.
Seulement voilà, c'était sans compter sur tous ces satanés confrères et autres amateurs de cette boisson alcoolisée. Ils m'ont totalement empêché de faire ce pour quoi j'étais venu avec leurs questions saugrenues et leurs interminables monologues !

:D

Bon, j'en ai terminé avec tous cette trop évidente ironie !
J'ai adoré les échanges que j'ai pu avoir avec toutes les personnes croisées sur ce week-end (essentiellement le samedi - oui j'ai aussi aimé vous parler, vous autres, gens du lundi mais je veux dire par là que j'ai plus parlé le samedi que le lundi, pas de jugement de valeur ici, plus une notion quantitative, ce qui ne veut pas dire que la qualité des discussions du samedi était médiocre, bien au contraire... Comment ça, je m'enfonce ? :p)
Bref, que ce soit des rencontres avec des lecteurs du blog (et leur feedback très précieux et encourageant :)), avec des confrères de la Confrérie de Rhum, des camarades blogueurs (salut la Légion Rhumaine, salut Nico et bien sûr salut Benoît o/) ou encore avec des professionnels, voire les organisateurs de ce salon, tous furent, au choix : intéressants, instructifs, drôles, enrichissants, spirituels (plusieurs options par conversation sont possibles :)).

Cela va donc être les quelques lignes en mode "Oscars" de cet article :
"Je voulais remercier mes parents sans lesquels tout cela n'aurait pas été possible. Mais aussi mes lecteurs, merci pour vos retours sur les différents articles et sur leur style. Je n'oublie pas les exposants et leur passion contagieuse. Bien sûr, mes co-blogueurs et nos conversations behind the scenes. Et pour finir, Cyrille et Anne, toujours accessibles et disponibles. Ah et mon chat ! Merci à vous tous et à l'année prochaine !"

Ça c'est fait.

10° de moins mais la canne est toujours là

Et les rhums dans tout ça ? Sur mes deux jours de Rhum Fest, j'ai pu goûter un paquet de trucs.
Commençons par les rhums blancs où beaucoup de nouveautés étaient présentes.

Le premier rhum que j'ai dégusté est le Depaz Cuvée de la Montagne, nouvelle édition. Nouvelle, car ce rhum existait déjà mais sous une autre forme (et pas que de bouteille). En effet, la différence majeure est le plus faible taux d'alcool, puisque l'on passe de 55° à 45°, ce qui fait une sacrée chute dans les degrés.
Au nez nous avons le jus de canne (pas très intense), de fines notes fruitées et un léger côté huileux. Je l'ai préféré en bouche (qu'au nez) ; il est très canne et très frais. La finale n'est que moyennement longue.
Un bon rhum blanc agricole, mais je l'aurais préféré à son ancien titrage.



Un mix plutôt réussi
Direction la Compagnie des Indes et leur blanc, le Tricorne. Il s'agit d'un blend entre rhum de mélasse (environ 55%), rhum pur jus de canne (40%) et arrack d'Indonésie (d'une certaine manière l'ancêtre du rhum dont la principale différence d'élaboration est l'ajout de riz rouge pendant la fermentation - 5%).
Le résultat est assez expressif et plutôt déroutant (positivement). L'attaque est vive et là aussi intéressante et la fin de bouche est épicée et empyreumatique (a priori l'influence de l'arrack). La finale, elle, est trop courte, dommage.
Un rhum "mutant" qui a plus de qualités que de défauts.

C'est le seul rhum de la Compagnie des Indes que j'ai goûté cette fois-ci étant celui qui m'intriguait le plus. On ne peut malheureusement pas tout goûter, même sur deux jours, et il faut donc faire des choix ; même si j'ai toujours des regrets par la suite ^^



Des producteurs super sympa
Un rhum des îles Canaries maintenant - première fois que je goûtais un rhum de cette provenance - et pur jus de canne qui plus est, qui répond au nez de Ron Aldea Caña Pura.
Je ne savais même pas qu'étaient produits des rhums dans ces îles et encore moins à base de pur jus de canne à sucre.
Au nez et en bouche, pas de doute, nous sommes bien sur un rhum "agricole", mais une version faible en alcool (42%) et très douce. Il n'est pas désagréable mais manque, pour moi, d'intensité et de fraîcheur.
Intéressante découverte que ce rhum.
Un rapide détour par leurs vieux (toujours pur jus de canne). Ils en ont deux.
Le Superior, un 10 ans à 40%. Un rhum gourmand et relativement doux, sur des arômes pâtissiers et de fruits à coque. En bouche, le fût américain se fait sentir avec la vanille et la noix de coco et pour finir des arôme torréfiés font leur apparition.
Le second, le Tradicion est vieilli en fûts ayant contenu du Cognac et du vin rouge. Il s'agit d'un 22 ans (si je me souviens bien), qui titre à 42%. Plus boisé que le précédent et même légèrement tannique, il est dominé par des arômes de noix et de café.
Deux rhums pas inintéressants et différents des agricoles de nos îles mais un peu trop doux à mon goût.


50 l, la majeure partie en vieillissement
Une vraie curiosité pour continuer, le Guildive 1800 de chez Ferroni.
Ferroni - les rhums de Marseille - je vous en ai déjà parlé l'année dernière. Ils nous offraient deux blancs cette année, le Dame Jeanne, en fait simplement le nouveau nom du Fresh Cane sorti l'année dernière, et ce mystérieux Guildive 1800.
Ce que Guillaume Ferroni a en fait voulu réaliser est un rhum comme ceux qui étaient produits dans les années 1800 aux Antilles. Pas de jus de canne ici donc mais bien de la mélasse. Pas de colonne créole non plus, mais un alambic à repasse datant de ces années-là.
Une toute petite production (une cinquantaine de litres dont certains ont été mis à vieillir) pour un résultat pour le moins atypique !
Un nez très expressif, qui, à l'aveugle, m'aurait fait penser à un rhum de Jamaïque. En bouche, des notes végétales font leur apparition. La finale est très longue, malgré ses 40 petits degrés, sur les épices (poivre surtout ainsi qu'un léger côté pimenté) et des notes brûlées.
Une vraie découverte que ce rhum !


A tester une nouvelle fois
Et pour finir avec les blancs, l'Intense de Karukera. Un rhum auquel est apportée une attention toute particulière lors de son élaboration et qui est réduit à 60%. Mais que ce soit au nez ou en bouche, des degrés sont d'une remarquable discrétion, extrêmement bien intégrés. Vous aurez de la canne, des agrumes et du fruit de la passion. La finale est longue et demeure sur la canne à sucre.
Un rhum qui a énormément fait le buzz durant le salon tant certaines personnes l'ont trouvé exceptionnel, le positionnant au sommet des rhums blancs agricoles. Et je dois bien l'admettre, il est vraiment très bon !
Voilà un bon candidat pour mes soirées de dégustation de rhums blancs agricoles et une excellent moyen de savoir si cet Intense est aussi remarquable que ce que certains dégustateurs ont pu penser.



Je ne vous parle pas du Jamaïcain overproof (75.5°) de chez Habitation Velier, étant donné que je vous l'ai présenté lors de mon précédent article. Mais décidément il envoie, et pas qu'en alcool ; il est d'une intensité et d'une longueur hors du commun...




A suivre...


dimanche 20 décembre 2015

Ça sera le fût numéro 25.5 pour moi, merci.



Est commercialisée depuis deux jours une bouteille un peu spéciale, la cuvée issue du partenariat entre la distillerie La Favorite (de Martinique) et la Confrérie du Rhum.

A cette occasion ont eu lieu deux soirées, hier et avant-hier, chez Christian de Montaguère, ayant pour but de découvrir (déguster) cette cuvée ainsi que de rencontrer le patron de La Favorite, Franck Dormoy.

Une bonne partie de la gamme de la distillerie La Favorite

N’ayant pu m’y rendre le vendredi, j’étais content de voir qu’une soirée de rattrapage serait organisée le samedi, avec un avantage non négligeable : beaucoup moins de monde :P

Arrivé sur place, je salue Christian, rencontre un confrère avec lequel j’avais pas mal échangé par internet mais que je n’avais pas encore rencontré (salut Jonathan J) et me positionne tout proche de la table de dégustation. Après quelques minutes d’attente et l’arrivée d’autres confrères (salut Laurent et salut Sylvrine - merci pour la photo ;)), la soirée débute.

Nos convives nous parlent rapidement de ce rhum et nous expliquent qu’il s’agit du résultat de deux ans de travail, de négociations et, bien sûr, de dégustation :D Le résultat : 1000 bouteilles.

Le moment tant attendu arrive mais avant de passer aux deux échantillons de cette fameuse cuvée nous passons d’abord par le Cœur de Canne, qui est le blanc « premium » de la distillerie, puis par le Cœur de Rhum, le VSOP de la maison.

Ancien embouteillage aux reflets bleutés
Ce Cœur de Canne est pour moi un classique des rhums blancs agricoles, il fait des ti-punchs de toute beauté – sur la canne principalement mais aussi des notes fruitées et florales. Ajoutez à sa qualité, son rapport quantité/prix (environ 20€ pour un litre) et vous comprendrez que je n’ai pu repartir de la boutique sans une petite bouteille J

Le Cœur de Rhum, lui, est selon mes goûts, honorable sans pour autant trouver grâce à mes yeux.

Petit détail, qui a son importance, tout au long de la soirée, le maître des lieux nous a régalé de petits niama-niama (comme dirait ma tante), avec une terrine de canard au gingembre, des tartines de lambi, des boudins antillais et du chocolat noir de République Dominicaine. Arrivés à point nommé.

Nous arrivons au cœur de la soirée avec la dégustation des deux échantillons de cette Cuvée Spéciale 1995 ; deux car chacun issus d’un fût différent. Les bouteilles issues de deux autres fûts seront également disponibles à l’avenir. Ceux du soir sont le 25 et le 26, on commence par le premier (oui je sais ça sonne un peu con comme phrase « on commence par le premier » mais je fais ce que je veux !).

Avant de vous en dire plus, deux infos intéressantes : La Favorite pense produire prochainement un nouveau rhum blanc issu de canne rouge et explore la possibilité d'avoir des rhums d'un vieillissement entre leur Cœur de Canne et leurs très vieilles cuvées. A suivre !

La couleur, tout d’abord, est relativement foncée et attirante, entre l’ambre et le bronze.
Le nez, ensuite, est très séduisant. Il est complexe, nous offrant des arômes gourmands de caramel, de vanille, de pâte d’amande et de cerise à l’eau-de-vie. Tous ces éléments sont très bien liés les uns aux autres et l’ensemble est très équilibré et vraiment très agréable. Après quelques minutes dans le verre des notes de café apparaissent aussi. Bref, il m’a beaucoup plu !
En bouche, j’ai été un peu moins séduit, sans pouvoir vraiment mettre le doigt sur ce qui ne m’a pas emballé. Bonne surprise, malgré tout, ce n’est pas sucré (contrairement à d’autres rhums de La Favorite) ; il est assez doux mais équilibré grâce aux 45%. Le boisé est discret pour un 20 ans de vieillissement. Une discrète note salée se fait même sentir.

J'aime bien cette association de couleurs
Le fût 26 maintenant.
Un nez moins séduisant que le précédent. Il se passe moins de choses et il est moins gourmand. La différence n’est pas majeure non plus mais il m’a donné une impression moins équilibrée et moins « aboutie ».
En bouche, c’est l’inverse ! C’est celui-ci qui m’a fait la plus forte impression : plus de puissance, des saveurs plus marquées, explosives et un bois plus marqué. Bref, un rhum plus à mon goût.


En résumé deux bons rhums, chacun avec leurs qualités. Si l'un avait rassemblé le nez du 25 et la bouche du 26, j’aurais sérieusement envisagé d’en prendre une bouteille (ou plutôt un coffret, puisqu’il s’agit d’un coffret avec deux verres sérigraphiés en plus de la bouteille). Là je n’ai pas sauté le pas, 205€ tout de même.

Les avis des convives ont été partagés entre ces deux fûts et les coffrets achetés étaient de l’un ou de l’autre.



Bref, j’ai passé un bon samedi soir J


dimanche 20 septembre 2015

Longueteau : des rhums blancs bleus et rouges


C'est sous ce titre hautement spirituel (j'en ris encore, haha, hihi, hoho ; j'avais cherché un truc à base de Courtetard et puis j'ai abandonné - spéciale dédicace à ceux qui comprendront cette blague de bas étage) que je compte vous parler d'une soirée récemment passée en bonne compagnie, dédiée à une maison familiale de Guadeloupe : Longueteau.

Toute la gamme. Si vous avez un doute, offrez-moi la troisième en partant de la gauche, je m'en contenterai ;)

Vendredi 11 septembre, début de soirée : départ du boulot, rendez-vous est pris chez Christian de Montaguère pour déguster la nouvelle gamme de la distillerie Longueteau en compagnie d'autres membres de la Confrérie du Rhum (et ça en fait un paquet de soiffards, en plus de moi :P).

Je vous ai parlé de ces rhums de Guadeloupe lors de mon compte rendu sur le Rhum Fest de cette année puisque j'avais eu l'occasion d'y déguster leur rhum blanc uniquement élaboré à partir de canne rouge (une variété de canne à sucre), mais plus encore à partir d'une parcelle précise, la numéro 9.
Et ça donnait quoi ? Un des tout meilleur rhums blancs qu'il m'ait été donné de goûter !
Cela va-t-il se confirmer lors d'une seconde dégustation ?


Nos hôtes
Bref, 18h00, me voilà arrivé, enfin. C'est plein ! Compliqué de se frayer un chemin jusqu'au "comptoir improvisé", heureusement un Christian, très serviable, passe dans les rangs armé d'une bouteille. Comme je suis à la bourre, je dois rattraper le groupe (et j'ai aussi loupé toutes les explications, mais je vais y revenir) et je demande à Christian s'il peut me servir le premier rhum de la dégustation : le Cuvée de la Confrérie, 100% canne bleue.

En voilà un autre que j'avais eu la chance de déguster lors du Rhum Fest un peu plus tôt cette année, et d'acheter deux semaines plus tôt :). Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que je l'aime bien.
Cependant il est toujours intéressant de se frotter une nouvelle fois à un rhum goûté par le passé.
Mon impression se confirme, c'est bon. Sur la canne bien sûr, mais aussi assez sec et des touches florales (moins prononcées que dans le Black Cane de Bologne et c'est tant mieux, à mon avis).
Bref, je ne regrette pas mon achat de deux bouteilles !


On passe du bleu au rouge, en enchaînant avec le premier rhum parcellaire en dégustation ce jour : la parcelle n°1.
Si je ne m'abuse c'est la première fois que cela est fait : faire des embouteillages à partir d'une parcelle unique pour mettre en avant les différences géographiques et météorologiques pouvant exister d'une parcelle à l'autre.
Au Rhum Fest
Cette numéro 1 est bonne, sans nul doute mais je ne lui ai pas trouvé un caractère ou des marqueurs spécifiques. Un peu moins sec et un peu moins floral que le canne bleue, un  peu plus puissant également puisque l'on est ici à 55° contre 50° pour la Cuvée de la Confrérie. Habituellement je trouve que 50° (voire 52.5° - oui donc de chez Neisson ^^) est le degré idéal pour un rhum blanc agricole (en ti-punch ou non) mais je dois avoir été conquis par le surcroît de puissance de ces rhums parcellaires.

Et ce second rhum parcellaire justement, issu de la parcelle n°9 ? Eh bien, toujours très bien ! Je n'ai pas été aussi transporté que lors de ma première dégustation mais il reste mon préféré des trois, car en plus des critères énumérés plus haut, il ajoute un côté fruité très agréable. C'est ce côté fruité qui m'avait tant séduit au Rhum Fest mais je pense qu'il avait été décuplé par ma dégustation du Longueteau 55° juste avant, précisément pour bien voir la différence avec la gamme "normale".
Vous pouvez être sûr que je vais en acheter quelques-unes !


La dégustation ne s'arrête pas là, puisque nous avons ensuite eu droit à deux vieux, le 6 ans et son nouveau packaging ainsi que le nouveau 10 ans.
Je dois avouer avoir un faible pour les blancs mais être moins emballé par les vieux. Attention, ce sont des rhums de bonne qualité, j'ai un VSOP à la maison et je dois dire que le 6 ans ne m'a pas déplu. Cependant, sur les vieux agricoles, je préfère d'autres maisons (plutôt en Martinique). Je trouve les vieux Longueteau trop boisé de manière générale. Je ne m'éternise donc pas.


Les cannes
Une fois la dégustation terminée (et un dernier petit verre de la parcelle n°9 :D), je suis allé trouver François Longueteau pour lui demander un court de rattrapage.
Et là je dois dire qu'il avait bien fait les choses ; il avait avec lui de la canne rouge et de la canne bleue (oui la plante), du jus des deux cannes et des photos du domaine (pour bien voir les parcelles), tout ça pour bien aller avec ces magnifiques rhums blancs.

Les cannes tout d'abord, sont visuellement très différentes l'une de l'autre : la couleur; et là vous n'y croirez pas, la canne rouge est rouge et la canne bleue est plutôt... bleue, oui je sais, qui l'eu crut ? :D
Mais aussi les yeux et les nœuds.
Les jus
Les jus, eux aussi, sont loin d'être semblables, le bleu étant plus végétal et le rouge plus fruité. Un des deux est aussi plus sucré que l'autre et là je vais passer pour un simplet, mais je ne sais plus lequel (je crois que c'est le rouge mais je n'en suis pas sûr...).

Et ces parcelles alors ?
Avant tout, la terre sur laquelle ces cannes sont plantées ne change pas d'une parcelle à l'autre, ou de manière si minime que cela ne changera pour ainsi dire rien à la canne. Ce qui importe ici, c'est le positionnement de la parcelle et son exposition aux éléments : proche d'un bois et donc abrité du vent et moins exposée au soleil ou encore plus proche de la mer. Voilà les facteurs qui vont avoir une influence sur les cannes d'une même variété et rendre, in fine, les rhums différents.
Et je peux vous affirmer qu'il y en a des différences entre les rhums issus de ces deux parcelles. J'ai hâte de pouvoir déguster celles qui vont suivre et de pouvoir les comparer les unes aux autres !


Voilà, c'est sur ces explications que cette soirée s'est achevée.
Je dois juste ajouter, pour ne louper aucun élément majeur de cette soirée, la rencontre avec des passionnés, les retrouvailles avec d'autres et un échange de bouteilles derrière une camionnette, digne des petits trafiquants de bas étage :D

La joyeuse compagnie ! :)

dimanche 5 juillet 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 3



Que de choses de goûtées lors de ce Rhum Fest !


Je reprends mon cahier d'écolier et je vois qu'il me rente encore pas mal de choses dont je dois vous parler.
Ce qui est "rigolo" c'est qu'en parlant avec un confrère, je lui demande son top 5 de cette édition 2015, et 3 des 5 rhums qu'il me sort n'ont même pas trouvé le chemin de mon verre... Soit je ne les ai tout simplement pas vus, soit je n'ai pas eu le temps de m'y pencher. Bon en même temps, ça en fait encore pas mal à découvrir et ça c'est bien :)


Les entrées de gamme et les deux premiers jamaïcains
Hop, on se remet en route, et nous voilà au stand de la Compagnie des Indes.
Avant tout, j'aime bien cette marque. Je m'explique : voilà un embouteilleur indépendant français, qui sélectionne ses rhums partout dans le monde, qui fait de petites quantités dont des bruts de fûts. Ce qui ne gâte rien : le (jeune) patron est très sympa et ne se prend pas la tête.
Et leurs rhums alors ? Eh bien, leur gamme s'étoffe assez rapidement et offre donc une diversité qui permettra à chaque amateur d'y trouver son bonheur.

Lors du salon, j'ai pu en déguster huit, ouais quand même, ça bosse dur !
Voilà mes impressions du moment.

Le blend Caraïbes tout d'abord. C'est un de leurs deux rhums d'entrée de gamme, le plus sec des deux. En effet le budget est limité, malheureusement, je trouve que ses qualités aussi. Attention rien de mauvais ou d’écœurant, juste rien qui m'ai convaincu. Passons à autre chose, il en reste sept !
Et de 6 avec les deux jamaïcains suivants
Jamaïque 7 ans ; vous connaissez mon faible pour les rhums de cette île et leur typicité, voyons voir celui-ci. Ouhla ! Voilà un nez original, sur le gin et la chartreuse ! Pas du tout dans cette typicité jamaïcaine que j'affectionne, mais qu'à cela ne tienne, c'est très sympa. La bouche reste sur la même veine, même si là, le bois apparaît ainsi que les marqueurs jamaïcains en arrière-plan.
J’enchaîne sur la version brut de fût. Quoi de neuf ? Une intensité augmentée, des arômes végétaux encore plus présents et une longueur multipliée. Une belle découverte !
Le Fiji ensuite. Là aussi je passe rapidement, je n'ai pas écrit grand-chose sur mon cahier d'écolier, c'est qu'il ne m'a pas marqué.
La Compagnie des Indes nous propose également un rhum en provenance d'Indonésie (berceau de la canne à sucre et de l'arrak, ancêtre du rhum). C'est la première fois que j'ai eu l'occasion de déguster un rhum de cette origine ; on n'en sait pas plus sur cette origine justement, car la distillerie est gardée secrète - aucune idée de pourquoi. Et alors il donne quoi ce rhum ? Eh bien il donne quelque chose d'original, au nez, des épices (jasmin surtout), de la fraise et un côté lacté, comme on peut avoir sur certains jamaïcains mais en moins prononcé. En bouche on retrouve certains de ces éléments et l'on a sur la finale un côté fût brûlé assez sympa. Original et pas dénué d'intérêt ce rhum indonésien :)
Et de 10 ! 
Destination Cuba pour leur prochaine référence. Je ne suis pas spécialiste des rhums cubains, mais celui-ci, gustativement, pour moi ne vient pas de là. Je ne dis pas qu'il y a tromperie sur la marchandise hein, non simplement que quand je découvre un rhum qui vient de Cuba je ne m'attends pas à ça : un rhum porté sur les épices et avec des notes empyreumatiques, bref un rhum que j'aime bien :D
La Barbade ensuite ; un nez orange, bois et genièvre, pas franchement typé Barbade. Cependant en bouche, on retrouve plus cette typicité Barbade, entre autre avec un boisé plus prononcé. Une bonne expression de cette île.
On termine, par un retour en Jamaïque avec leur Navy Strenght. C'est un blend de rhums provenant de quatre distilleries de l'île. Au nez, pas de doute, nous sommes bien sur un jamaïcain, ça fait plaisir. Le degré d'alcool apporte puissance et longueur. La finale là aussi se décline sur des arômes brûlés/grillés. Il m'a bien plu.



Le rhum de Paris
Un stand qu'il ne fallait pas manquer, de par la diversité, l'originalité et la nouveauté des rhums proposés était "Les rhums de demain" (je crois :p).

Il y avait par exemple deux rhums de la distillerie californienne "The Lost Spirits", que je connaissais déjà grâce à Helena (thanks again!), qui a eu la gentillesse de m'en envoyer des échantillons il y a quelques mois de cela.
Si on reste aux USA, était également en dégustation le Koloa de Hawaï -provenance qui fait rêver - qui est élaboré à base de pur jus de canne ; pas mal tout ça. Bon ben en fait, non... Pas grand-chose au nez, pas grand-chose en bouche... tant pis.

La France n'était pas en reste avec la distillerie de Paris, Ferroni (les rhums de Marseille) et la Cuvée n°3 de la Confrérie du rhum.
Alors cette distillerie de Paris ? Projet ambitieux de la maison Julhès (pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous invite à lire cet article-ci), qui consiste à distiller différents alcools à Paris même, après que cette activité ait disparu il y a de très nombreuses années. Eh bien, ça y est l'alambic est en fonctionnement et produit, entre autre, du rhum. Ce rhum est élaboré à partir de sucre transformé de Galabé (de la Réunion donc).
C'est un rhum atypique, avec un nez très citronné et un peu sur le gin. En bouche, ça change complètement puisque l'on a quelque chose de plus "lourd", avec des arômes de cacao et de fleur. Il faudra que j'y trempe à nouveau mes lèvres !

Trois des références les plus intéressantes de la gamme
Direction la cité phocéenne maintenant avec un nouvel embouteilleur indépendant français : Ferroni. Ils proposent une gamme très variée, avec un blanc pur jus de l'Île Maurice, qui est pour moi une réussite. Un rhum de dégustation, qui devrait également pouvoir être utilisé pour la confection de ti-punchs de qualité :)
Ils ont également à leur catalogue un rhum en provenance de Belize (et donc de la distillerie Travellers). Là je ne vais pas être impartial, j'ai aimé tous les rhums que j'ai pu déguster en provenance de cette distillerie ; celui-là ne déroge pas à la règle, j'adore son boisé et ses notes de coco.
Leur gamme est étoffée par deux produits à base de rhum : le Honey Rhum, pour les plus nuls en anglais, un rhum aromatisé au miel et le Merveilleux Falernum, élément qui rentre dans la composition de cocktails et qui à mon avis, peut même se boire comme ça, tant les épices sont bien dosées.
Leur créneau haut de gamme est rempli par un guadeloupéen de 1998 (vraisemblablement un Damoiseau comme tous les rhums de Guadeloupe de 1998 sortis chez des embouteilleurs indépendants). Vous savez que je ne suis pas un grand fan de cette "série" de rhums et je n'ai même pas goûté celui-là ; je devrai avoir l'occasion de le déguster d'ici peu de temps, je verrai si mon avis change :)
Guadeloupe 1
Et j'ai gardé, ce qui selon moi est, le meilleur pour la fin : le Rosé Rhum Blend. Comme son nom l'indique c'est un blend, les rhums le composant provenant de Guyane Anglaise, de l'Île Maurice et de Trinidad. L'ensemble est vieilli en fût de Cognac puis affiné en fût de vin doux naturel (Rasteau pour être précis). Au nez il donne cette étrange impression d'être gourmand sans être sucré, ce qui est confirmé en bouche, il est sec et boisé mais tout est bien dosé, même l'alcool est en bonne proportion. Il s'agit d'un rhum d'un très bon rapport qualité/prix, puisqu'il devrait être trouvable pour une quarantaine d'euros.
La Confrérie du Rhum est un groupe Facebook rassemblant des amateurs d'alcool de canne de toute la France (et même du monde) dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Les admins de ce groupe ont depuis peu lancé des cuvées de rhum estampillées Confrérie de Rhum.
La troisième était en dégustation en avant-première au Rhum Fest, et cette fois, c'est un rhum blanc ! Et agricole s'il vous plait !
Guadeloupe 2
C'est la distillerie Longueteau qui a bien voulu participer. Elle m'a laissé une très bonne impression avec un nez sur la canne et une impression vive, sèche et "droite". L'attaque, elle, est plus douce tout en restant fraîche. La finale est assez longue, ce qui ne gâte rien. Bref, en voilà une qui rejoindra mes rayonnages personnels ;)

Restons un instant en Guadeloupe chez Longueteau, qui proposait sur le salon (et d'ici la fin d'année chez les cavistes) leur Canne Rouge, rhum élaboré à partir d'une unique variété de canne : la canne rouge (bravo ceux qui suivent, les autres vous sortez !). Afin d'en apprécier la singularité, j'ai commencé par goûter leur blanc "générique" à 55°, qui est déjà un bon agricole et qui doit, là aussi, être parfait pour la réalisation de ti-punchs.
Eh bien, il y a une différence indéniable avec le Canne Rouge, qui est plus floral et plus fruité. Il m'a laissé une très bonne impression ! Aussi ne serait-il pas étonnant que je me retrouve avec deux blancs de chez Longueteau sur mes étagères assez rapidement (enfin d'ici à ce qu'elle sorte quoi ;)).



dimanche 28 décembre 2014

Une - autre - très sympathique soirée entre confrères

Bonsoir à vous, les amateurs de bonnes choses ! 


Un mur qu'on aimerait avoir chez soi :)
Au début du mois j'ai eu l'occasion d'être convié à une soirée dégustation avec d'autres membres de la Confrérie de Rhum (le groupe Facebook) à la boutique d'Odéon de la Maison du Whisky.

En deux mots, la Maison du Whisky (LMDW pour les intimes) est une entreprise qui importe, distribue et vend (dans ses quelques enseignes) principalement des spiritueux.
Comme vous êtes malins, vous aurez deviné qu'ils sont spécialisés dans le whisky, bien vu ! Heureusement pour moi, ils ont à leur catalogue tout un tas d'autres spiritueux : cognac, calvados... Et bien sûr, rhum !
C'est justement cette boutique tout à côté d'Odéon à Paris, qui offre le choix le plus varié, avec au rez-de-chaussée et au sous-sol le magasin à proprement parler et un espace dégustation au premier étage. J'ai d'ailleurs hésité à appeler cet article : "La ligne 4 ou ma route du rhum - 4ème arrêt : Odéon", mais cet article porte plus sur la soirée que sur la boutique en elle-même.


Rendez-vous était donc donné juste après la fermeture du magasin pour les privilégiés du soir. L'idée : déguster des rhums de chez Velier (plus besoin que je vous présente cette honorable maison italienne ;)) ; je prends !



Deux des nouveaux demerara.
Simplement une très jolie photo !
Un petit mot tout de même pour vous dire que dans l'après-midi avait lieu une dégustation de quelques-uns de ces rhums, ouverte au public. Il y a un certain nombre de dégustations du genre à la boutique d'Odéon, renseignez-vous, ça peut valoir le coup (et il y a de tous les spiritueux, pas que du rhum).
Je n'ai pu que profiter de quelques minutes de cet évènement, juste le temps de me voir offrir un clairin Sajous sur glace, et pourquoi pas ?



Après avoir salué quelques confrères que j'avais déjà pu rencontrer lors d'autres événements, direction le premier étage, c'est là que ça va se passer.

Je vois un petit peu se qui se trouve sur la table : des clairins, des Caronis, des Demerara... Bon bon bon, ça va bien se mettre tout ça :D

Le Daniele en pleine contemplation.
Mais avant de passer à la dégustation, nous attendons notre maître de cérémonie : Daniele (prononcez à l'italienne : Daniélé).

Daniele travaille chez Velier et j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de parler avec lui à plusieurs reprises ; quelqu'un de passionnant, qui a vécu de nombreuses expériences rhumesques et qui en connait un rayon.



Ça remplit, ça remplit... ça remplit ;) 
Bien sûr, Raoul et ses camarades de LMDW seront également là pour s'assurer que tout se passe bien (comprendre : que les verres soient toujours pleins ;)).

Je vais également profiter de la présence d'un confrère photographe pour illustrer cet article de photos d'une bien meilleure qualité que d'habitude :D (comment ça, c'est pas dur ?!). Il va y en avoir un paquet !


Merci à Cig Cigar ;)


Les trois côte à côte.
Nous ouvrons les hostilités par Haïti et un de ses clairins : le Sajous version 2013. Ces clairins sont définitivement super intéressants. Rappelons que ce sont des rhums (blancs) élaborés à partir de jus de canne (et pas de mélasse) qui offrent des arômes très intenses qui viennent principalement du temps de fermentation très long. Velier nous présente depuis l'année dernière des clairins de trois distilleries différentes : Sajous, Vaval et Casimir. Ces premiers millésimes (2012) ont des profils très différents les uns des autres (que dire de l'extrême Casimir ?!) et ma préférence allait au Vaval, que je trouvais le plus équilibré des trois, avec une très belle proposition à mi-chemin entre les caractéristiques d'un pur rhum agricole et des arômes rares et riches de fruits et de truffe, autrement dit, à la jonction du Sajous et du Casimir.

Les 2013 sont pour moi moins éloignés les uns des autres mais toujours exceptionnels de richesse aromatique.


Les bouteilles au fond sont ouvertes :D
En plus de nous parler des rhums en eux-mêmes, Daniele nous raconte Haïti et c'est captivant : un quelque chose de Paradis perdu.
Un pays épargné par beaucoup des travers de l'industrialisation et de la modernité, une nature vierge, des habitants très accueillants et des produits les plus naturels possibles.


Sur la photo de gauche, en plus des trois bouteilles sur lesquelles je vais revenir, l'ordinateur portable sur lequel Daniele nous a montré bon nombre de photos d'un de ses voyages à Haïti et surtout, bien sûr, des distilleries, ce qui nous donna une idée des conditions dans lesquelles ces rhums (clairins) sont élaborés.
On ne peut s'empêcher de faire le lien entre ces arômes végétaux et fruités et le pays dont ils sont issus, on boit un petit peu d'Haïti !


En parlant d'Haïti, Daniele nous a transporté sur place de par ses anecdotes mais il nous a aussi bien fait marrer avec ces histoires de "koko" et de "zozo" (je vous laisserai vous renseigner sur ce que c'est :p), comme en témoignent les photos suivantes :


"De ce poids-là."


"De cette taille-là."
"De cette forme-là."
  
"De cette puissance-là."

Bref.^^

Le Caroni en question (et un ptit truc)
Suite de la dégustation, nous passons aux Caronis en commençant par un rhum qui n'est composé qu'en petite partie de Caroni : le Papalin. En effet il s'agit d'un assemblage de trois rhums, l'un cubain, le second du Venezuela et le troisième, donc, de Trinidad. L'ensemble a donc trois influences différentes et est assez doux. C'est un bon rhum équilibré pour entrer dans les spiritueux de canne de qualité.

Après cette entrée en matière, nous passons au Caroni 1996 version réduite à 55°. Il est excellent, bien supérieur, selon moi, à la version 1994 de 18 ans. Son boisé est très présent mais sous différentes formes, tels que les fruits secs et c'est définitivement un des Caronis les plus agréables qu'il m'ait été donné de boire. Je devrais pouvoir mettre la main sur une version non réduite prochainement, j'ai hâte de voir ce que ça peut donner.

Je ne m'étends pas trop sur Caroni ayant consacré les quatre derniers articles de mon blog à cette distillerie. Mais en deux mots : des rhums atypiques pour amateurs avertis, qui une fois domptés peuvent offrir ces sensations uniques. Il m'aura fallu du temps mais ça y est je les ai apprivoisés et j'espère pouvoir déguster de vieilles bouteilles (surtout les Velier) !



Mon téléphone avec la photo des samples de la boutique éphémère.
Dernière étape du voyage : la Guyane Anglaise et plus précisément la région de Demerara.

Nous avons pu goûter deux des nouveaux embouteillages : Le Diamond 1999 et le blend (assemblage) Diamond and Port Mourant 1995. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de ces rhums ; lors de ma visite à la boutique éphémère où certains de ces rhums étaient disponibles en avant premières (ils n'étaient alors pas encore mis en bouteille) et également lors du Whisky Live il y a quelques mois.

Et des cigares ;)
Confirmation de mes impressions d'alors, le Diamond 1999 n'est pas trop à mon goût, je le trouve un peu âpre, comme trop marqué par le bois.

Je lui préfère le blend, qui pour moi est mieux réussi et plus équilibré entre le distillat et l'influence du fût.

Cependant sur les quatre sortis à la rentrée, ce sont les deux autres (pas en dégustation ce soir-là) auxquels vont ma préférence, le Uitvlugt 1997 et le second blend, le Enmore and Port Mourant 1998 (n'hésitez pas à lire la critique détaillée et très bien écrite : http://durhum.com/enmore-port-mourant-1998/).


De la bogossitude un peu partout (et je ne parle pas (que) de moi :P Hahaha... hum, désolé)


C'est sur ces belles choses et beaucoup de discussions entre amateurs que s'est achevée cette soirée à LMDW, mais qui s'est ensuite prolongée dans un tout nouveau bar à cocktails du second arrondissement : le Mabel.

J'avais déjà pas mal entendu parler de cet endroit et de son vaste choix de rhums, ainsi que ses "vrais" cocktails originaux, pas des trucs à deux ou trois ingrédient, non, de véritables créations gustatives.

J'avais une photo de mon cocktail du soir, mais la qualité plus que médiocre (pour ne pas dire totalement pourrie) de cette dernière m'a dissuadé de vous la montrer - croyez-moi c'est pour votre bien !


Je vais plutôt finir par deux photos marrantes pour conclure cet article et essayer de vous transmettre l'ambiance qui a régné durant cette soirée :)

Merci à Raoul (malgré son gilet ;))
Saurez-vous reconnaître les rhums cachés sur cette photo ? :)