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dimanche 24 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 3


Nous revoilà au Rhum Fest pour ce dernier article sur l'édition 2016 de cet événement immanquable.


Au programme du jour : trois distilleries. Trois styles. Trois traditions. Et pour chacune, trois finitions (ou presque).
Et pour finir ce banquet gustatif, quoi de plus naturel que de terminer par... le dessert :)

Quelques-uns des rhums découverts

Les finitions, cette pratique, de plus en plus répandue, consiste, après le vieillissement principal (le plus souvent dans un fût de bourbon), à transvaser le rhum dans un fût ayant contenu un autre alcool (en général vin ou spiritueux) pour une durée comprise, la plupart du temps, entre 9 mois et un an. L'idée étant de lui apporter des caractéristiques gustatives supplémentaires ; que ce soit de la rondeur, un boisé particulier ou encore des notes propres à cet autre alcool (par exemple de calvados ou de whisky tourbé).



Tout d'abord, allons au Panama avec la marque Abuelo; oui on va parler de rons, une fois n'est pas coutume.
Je me répète mais, à mon goût, les rhums de tradition espagnole sont souvent un peu plats quand ils ne sont pas trop sucrés. Alors oui c'est un peu un raccourci et je suis loin d'avoir goûté tout ce qui est proposé sur les étals des cavistes. De plus, si je me base sur mon propre exemple, ce sont souvent les rhums qui permettent d'entrer dans cet univers des eaux de vie de canne, mais qui après des explorations plus poussées, deviennent progressivement moins intéressants.
Tout ça pour dire qu'Abuelo, reste un des rons que je trouve encore agréables. Oui, il y a du caramel et de la vanille mais aussi un boisé présent et des notes de tabac. Le tout n'est pas noyé dans le sucre, même s'ils sont doux ; le 12 ans de la marque en est le parfait exemple.

Abuelo a décidé de travailler trois finitions. Les trois sont annoncées à 14 ans de vieillissement en fût de bourbon plus une année de finition. Cependant comme c'est ici la méthode solera qui est utilisée, je ne me prononcerai pas avec certitude sur l'âge des ces rhums.

Mais voyons plutôt ce qu'elles donnent à la dégustation, je vais les comparer à ce 12 ans que je connais bien et souligner les différences.

Les voici les grands-pères

Sur les conseils de la jeune femme sur le stand, on débute par la finition en fût de xérès, Olorosso pour être précis.
Cette année supplémentaire de vieillissement lui apporte des arômes de pruneau mais aussi une plus surprenante note cendrée. Le tout est assez frais.
En bouche et sur la finale, rancio, vanille et orange dominent. 
Voilà donc une finition qui apporte un vrai plus tout en conservant les marqueurs habituels.

On se laisse guider par la "maîtresse des lieux" et on continue avec la finition Cognac (Napoléon).
Au nez, en plus des traditionnels arômes, nous avons des épices douces et des fruits à coque, l'ensemble étant assez vif.
La bouche est très proche du 12 ans tandis que la finale est plus boisée (voire légèrement tannique) et discrètement fumée.
Une finition moins présente mais avec un boisé pas désagréable.

Et pour finir, le Porto.
Ces sont l'amande et la cerise qui sont ici à noter sur le nez.
A nouveau les fruits à coque en bouche tandis que le tabac est très marqué sur la finale.
Une finition assez gourmande mais qui, à mon avis, est moins intéressante.


Des hauts et des bas pour ces finitions. Rien de révolutionnaire mais des choses intéressantes tout de même. Et aussi, je les espérais un peu moins sucrés.



Après le style espagnol, allons voir les anglais avec la marque New Grove de l'Île Maurice.

Des finitions en véritable bois d'arbre :D
Si vous lisez mon blog depuis le début, vous savez que j'ai apprécié cette marque à travers leur 8 ans. Nouveauté de cette année, des... finitions ! C'est bien, vous suivez. Et des finitions qui nous sortent des classiques de l'exercice.
Avant de les évoquer une par une, parlons de leurs points communs. Elles ont tous huit ans, dont un an de finition et ils sont tous à 47°, ce qui est assez rare pour être souligné.
Ce qui est tout aussi inhabituel ce sont les fûts choisis : Moscatel, pourquoi pas, mais merisier et acacia, fallait oser.
Ma foi, le résultat, ou plutôt, les résultats, sont assez concluants.
Ils ont en commun un boisé relativement marqué voire tannique (même si différent de l'un à l'autre) ainsi qu'un côté épicé et poivré, sans oublier une finale qui dure un bon moment.
Les trois sont intéressants mais celui qui m'a le plus emballé est le finition Moscatel (vin blanc doux nous venant d'Espagne). Il m'a paru plus équilibré  et plus gourmand que ses deux camarades. La grosse différence vient de ses notes vanillées et torréfiées.
Là aussi, regoûter aux trois dans des conditions plus posées serait intéressant.



Un belle brochette

Nous avons fait les rons et les rums, passons maintenant aux rhums.
C'est avec HSE, précurseur dans le domaine des finitions, que nous allons nous pencher sur le style français. Nous connaissons ces "finitions du monde" depuis quelques années maintenant, non seulement ils proposent occasionnellement de nouveaux fûts, mais également de nouveaux millésimes sur des finitions déjà proposées par le passé.
Pour faire plus clair : nouveau millésime pour le finition Sauternes et une nouvelle finition Porto.
Et n'oublions pas deux autres nouveautés dont nous allons aussi parler.


Violet
Commençons par la nouveauté nouvelle, la finition Porto, enfin disponible dans nos contrées.
J'avais pu le déguster au salon Dugas en octobre dernier mais je suis bien content d'avoir pu m'y frotter à nouveau.
Sur le nez, ce qui me frappe avant tout c'est l'équilibre. Les notes boisées, épicées et de fruits secs marchent parfaitement et l'ensemble reste frais.
En bouche, l'attaque est assez douce, même si la bouche devient légèrement astringente. L'alcool est bien dosé et on reconnait ce boisé HSE, qui caractérise la plupart (je ne dis pas "tous", parce que bon je n'ai pas goûté TOUT ce qui est sorti de cette habitation non plus) de leurs rhums vieux.
La finale, longue, reste sur ce boisé mais des touches d'amande apparaissent et amènent de la gourmandise. Une pointe empyreumatique apporte un peu plus de complexité.
C'est confirmé, il me plait :)

Blanc
Le millésime 2005 de la finition Sauternes maintenant (le précédent était le 2003).
Il est proche du 2003, pas de doute. On retrouve ce boisé marqué, qui apporte plusieurs impressions gustatives, que ce soit le tabac ou un bois, que je qualifierais de bois jeune ou blanc (oui je sais, il n'y a sans doute que moi qui comprends, mais c'est déjà ça ! :p), en plus de ce "boisé HSE". Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, cette finition n'apporte pas de sucre, mais plus un boisé différent et de la complexité.

Orange
On sort des finitions pour parler d'un autre rhum ou un travail a été fait sur le fût. Il s'agit du Small Cask et là aussi d'un nouveau millésime, le 2007 succédant au 2004 (qui était vraiment très bien).
Au nez, on a quelque chose de chaud et de gourmand, sur les fruits secs et les fruits à coque. Des arômes de poivre et d'orange se distinguent également et la finale est longue, épicée et boisée. A noter que dans le verre vide ce sont les notes de tabac qui dominent sans partage.
Pour voir si différence il y a entre les deux millésimes, il faudrait vraiment les déguster côte à côte (si quelqu'un le fait je suis intéressé d'entendre ses conclusions :)).

Noir
On finit en beauté avec la nouvelle Cuvée de la Confrérie, justement de chez HSE (oui j'essaye parfois de suivre  un semblant d'ordre logique quand j'écris :P). Il s'agit d'un brut de fût (le premier de la marque), qui titre à 52.2% et qui a beaucoup fait de bruit sur le salon.
Un nez fruité, orangé mais aussi boisé. Un nez gourmand et relativement rond malgré (ou grâce ^^) à son degré.
En bouche, on garde ces impressions de gourmandise boisée (oui c'est une nouvelle expression). Il est puissant et offre un bel équilibre. Une légère astringence en fin de bouche se fait sentir, pas désagréable.
La finale est longue et épicée, et des notes torréfiées apparaissent.
Celui-là je veux y regoûter !




Avant de définitivement fermer ce livre Rhum Fest 2016 (un petit livre :p), un dessert ! Un crochet par les Rhums de Ced'.
Je vous ai déjà parlé du sieur Brément et de ses créations (et de son point G ;)). Sa gamme s'étoffe et il n'a de cesse de travailler à créer de nouvelles références originales. Cette année n'aura pas fait exception puisqu'il offrait sur son stand, en plus des classiques, trois nouveautés. Un rhum arrangé, un punch et un rhum épicé.
Le rhum arrangé allie la framboise à la fleur d'hibiscus. Il est doux et s'équilibre bien entre velouté et acidité. Je ne connaissais pas le goût de la fleur d'hibiscus mais mon voisin de dégustation a été frappé par la netteté de ses arômes.

Le Ti'planteur Ananas, lui, c'est simple : piña colada. Ananas et coco, douceur et gourmandise. Un petit régal.
Une belle triplette
Pour finir, le Ti'spiced.
Je dois dire, avant d'en parler, que je ne suis pas un grand fan des rhums épicés (ou spiced rums). Je leur trouve bien souvent une épice trop dominante qui l'emporte sur tout le reste ; souvent la cannelle d'ailleurs. Autre problème récurrent : trop de sucre. Bref, pas la panacée.
Et alors ça donne quoi un spiced à la sauce ti Ced' ? Eh ben ça donne du bon !
Un vrai équilibre entre les dix ingrédients (ouais quand même), que ce soit au nez ou en bouche. Cédric m'a dit quels sont les ingrédients en question mais je ne vais pas me risquer à tenter de tous les énumérer. Seul bémol, sur la finale, après quelques instants c'est surtout le clou de girofle qui prend le dessus. Malgré cela, je pense tout simplement qu'il s'agit du meilleur rhum épicé que j'ai pu goûter.
Bien joué Cédric !



Voilà, c'est fini (sur un air de chanson connu). Je peux être fier de moi, j'ai tout fait tenir en "seulement" trois articles... :P

A l'année prochaine !



Retrouvez les deux premières parties :
Mon Rhum Fest 2016 - partie 1
Mon Rhum Fest 2016 - partie 2


dimanche 1 novembre 2015

Salon Club Expert 2015 - La grand-messe de Dugas - Partie 2


Retour au Musée des arts forains et à son lot de nouveautés (ou rhums sur lesquels je n'avais pas eu l'occasion de m'attarder jusque-là).


On change d'océan, pour nous rendre à l'Île Maurice et découvrir Chamarel et sa production.
Cette distillerie existe depuis assez longtemps pour nous offrir depuis peu un XO, mais prenons les choses dans l'ordre et commençons par les blancs. Et oui, il y en a deux, mais vous vous en doutez, différents l'un de l'autre (sinon pourquoi en faire deux ?).
Les deux sont élaborés à partir de jus de canne, alors où est la différence ? Elle se situe principalement dans la méthode de distillation.

J'aime beaucoup le design de leurs rhums vieux.

Le Classic est distillé sur colonne et se rapproche donc des rhums agricoles auxquels nous sommes habitués, même si l'embouteillage se fait ici à 42°. Du coup, on retrouve un nez de canne, assez frais et tirant sur les agrumes (citron). En bouche la canne est toujours là, accompagnée de notes florales. Bref il est agréable.

Le Double distilled est quant à lui distillé deux fois sur un alambic charentais. Son nez est plus lourd et très intense, porté sur le poivre ; un ensemble sympathique et intéressant. En bouche, c'est toujours gras mais je trouve qu'il lui manque quelque chose. La finale sera à nouveau poivrée. Très différent du Classic, mais pas mal non plus.

Il est toujours intéressant de voir que sur deux produits partant de la même base, le vesou, on parvient à obtenir des résultats totalement différents.
Je passe sur le VSOP et les liqueurs, connaissant le premier et n'étant pas intéressé par les seconds.


Le XO maintenant, relativement récent dans la gamme (il faut bien attendre les années nécessaires :)). Il est élevé en fûts neufs de chêne français et titre 43°.
Élément important, la matière première mise en vieillissement est un mélange des deux blancs décrits plus haut. C'est à la lecture de mes notes, que je me rends compte qu'ils ont chacun leur influence sur ce XO puisqu'au nez j'ai écrit : frais, boisé et poivré. Je pense en effet que le côté frais vient du Classic alors que le côté poivré vient du Double distilled. L'attaque est souple et la finale longue et fine sur le bois et le poivre. J'aimerais le regoûter celui-ci aussi.

Petit regret sur le stand, pas de single barrel 2008 ou 2009 à déguster. En ayant entendu beaucoup de bien j'aurais bien aimé y tremper les lèvres mais ça sera pour une autre fois.


Packaging réussi, moderne et rétro à la fois.
Deux "vraies" nouveautés maintenant, du côté des rhums anglo-saxons.

Le rhum (ou plutôt rum) Whisper, un gold rum, qui nous vient d'Antigua, petite île au nord de la Guadeloupe. C'est le résultat de la collaboration entre deux étudiants qui se sont lancés il y a deux ans dans cette aventure et un maître rhumier qui est l'expert de la bande (j'espère ne pas dire de bêtise).
On connait un tout petit peu Antigua pour son rhum, avec des marques telles que Cavalier ou English Harbour ; cette dernière produisant entre autre un 25 ans d'âge qui m'avait très agréablement surpris.
Nous sommes bien évidemment sur un rhum de mélasse, qui est élevé 2 ans en fût de bourbon.
Au nez, c'est gourmand, avec des arômes d'amande, de vanille, de coco, de miel et d'orange. L'attaque en bouche est douce sans être sucrée et la finale, moyennement longue est principalement sur le bois.
L'ensemble est agréable et plutôt bien fait ; non sans rappeler certains produits issus de la distillerie Travellers de Belize. Je leur souhaite bonne chance !
N°1 ? Ça se discute :P

Nouveauté chez Angustura ensuite, le N°1, oui c'est son nom. Il s'agit d'un rhum vieux de 16 ans vieilli dans deux types de fût différents (10 ans dans l'un puis 6 ans dans l'autre), j'imagine bourbon et cognac mais je n'en suis pas sûr.
Bon, je vais mettre ça sur le dos de mon palais (oui mon palais a un dos :P) vacillant à ce moment de la journée mais je l'ai trouvé sans intérêt et très sucré pour mon goût. Je passe.



Arrive ce moment où je me dis qu'il va être temps de rentrer chez moi. Je prends donc le chemin de la sortie tout en regardant de droite et de gauche pour voir si je n'aurai pas louper quelque chose.
C'est en repassant devant le stand HSE que je vois Cyril Lawson, le directeur commercial de la marque, rencontré la semaine précédente. J'en profite donc pour le saluer et lui faire part de ma déception de ne pouvoir déguster le finition Porto ou le millésime 2003. Il me fait discrètement comprendre que si j'attends cinq minutes il se pourrait que mon verre se remplisse de quelques centilitres de ce HSE finition Porto. Me voilà soudainement patient et plus si pressé que ça de rentrer chez moi :)
Pas de photo prise mais Cyril a pu m'envoyer celle-ci :)
Pour patienter, je goûte le blanc Titouan Lamazou "La Belle Heure", version 40°. Il est bon, très marqué canne et doux. Sans doute un peu trop pour moi, et je lui préfère sa version à 50°, qui n'est, selon moi, pas reconnue à sa juste valeur.

Mais le temps passe et hop, verre rempli et dégustation imminente, merci Cyril ;)
Voilà un nez gourmand et fin, porté sur des arômes de vanille, de fruits rouges (légers), de datte avec également une note d'orange et un boisé (bois frais/vert) que j'associe souvent à rhums vieux HSE. La bouche est gourmande et sèche à la fois avec une très légère note de poudre à canon. La finale est longue et boisée avec des tanins fins. L'ensemble est d'une grande finesse. Encore une à déguster en de meilleures conditions afin de confirmer ce fort potentiel !


Voilà ce qu'il y a à retenir des rhums que j'ai dégustés en cette journée du 5 octobre 2015.

Mais ce n'est pas pour autant la fin de ce salon. En effet, alors que je reprends à nouveau de chemin de la sortie, je fais une ultime pause pour saluer deux confrères amateurs que je croise régulièrement dans ce genre d'événements ou chez les cavistes. On échange rapidement sur nos expériences et découvertes de la journée et ils me disent que je ne peux partir sans passer au stand tenu par une blonde, que l'on aperçoit de dos de là où l'on se trouve, et qui présente non pas du rhum mais du cognac.
OMG!
Je n'y connais pas grand-chose en cognac (pour ne pas dire rien du tout) mais je leur fais confiance et vais donc demander à déguster, sur leurs conseils, le XO et le Hors d'Âge.
Je sors donc de la zone réservée aux rhums et reviens dans la première partie du lieu, dédiée entre autre aux vins et aux eaux-de-vie de vin.
Me voici, de manière assez inattendue, au stand de la maison Bache Gabrielsen et commence à discuter avec la dame en question.
Elle m'explique que leur XO est un assemblage d'une moyenne d'âge de 15 ans, rien que ça. Je penche mon nez sur le verre (très généreusement servi) et suis frappé par le fruité qui s'en dégage ! Il y a du pruneau, des raisins, de la prune, le tout légèrement poivré et peu marqué par le bois. La bouche est assez douce, sur les fruits frais à nouveau mais aussi les fruits à coque. La finale est longue et marqué par la noix, ce qui me plait beaucoup. Vraiment très bon.

OMFG!!!
Elle propose ensuite de passer au Hors d'Âge, je ne dis pas non :)
Alors qu'elle remplit mon verre, elle parle de ce cognac et explique qu'il s'agit là aussi d'un assemblage dont la plus vieille eau-de-vie date de 1917 et dont la la moyenne d'âge est de 55 ans... Ah oui quand même !
Prenez le XO, gardez la fraîcheur (qui m'a fait penser au pinot gris cette fois) et le fruité mais ajoutez-y des arômes plus boisés, de tabac et de cuir avec des épices douces en prime ; ça c'est pour le nez. En bouche, nous avons les épices et les fruits alors que la vivacité est toujours présente, assez incroyable pour un spiritueux de cet âge (pour moi en tout cas). La finale, longue, alterne entre les arômes fruités et ceux plus boisés.
Absolument délicieux.

Je lui demande le prix de ces délicieusetés et elle me donne le prix pro de chacune des deux. Ce qui a fini d'enfoncer le clou : 35€ pour le XO et 110€ pour le Hors d'Âge... Bon j'imagine qu'il faut au moins ajouter 50% pour arriver au prix dans le commerce mais je me dis que je vais peut-être bien faire une petite infidélité à mon eau-de-vie préférée sur ce coup-là :D


C'est après cette expérience inattendue et plus qu'agréable que j'arrive à atteindre la sortie sans nouvelle interruption et c'est ainsi que mon récit se termine.

A l'année prochaine Salon Club Expert !

Une autre belle chose à voir au Musée des Arts Forains.

dimanche 25 octobre 2015

Salon Club Expert 2015 - La grand-messe de Dugas - Partie 1


Bonjour à tous,

La rentrée, chaque année, est définitivement très riche en événements rhumesques.
Un de ceux-ci est celui organisé par Dugas, très important distributeur de vins et spiritueux (de tous types). Ils distribuent donc bien évidemment du rhum, des rhums ; tels que les énormes succès commerciaux Don Papa et Diplomatico mais aussi des rhums agricoles des Antilles Françaises, avec des marques aussi connues que Trois Rivières pour la Martinique ou Damoiseau pour la Guadeloupe, et bien d'autres encore.
Ce salon est donc organisé par Dugas pour les professionnels du secteur (principalement les cavistes) et a pour but de faire découvrir la gamme de produits qu'ils distribuent et plus particulièrement leurs nouveautés.

Une fois de plus, le lieu choisi (avec goût) n'est autre que le Musée des Arts Forains du côté de Court Saint Emilion dans le douzième arrondissement de Paris. Il s'agit vraiment d'un très bel endroit, qui fait forte impression (même la seconde fois :)).

Niveau nouveautés, je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais en espérais le plus possible. J'avais tout de même en tête le HSE finition porto, encore jamais dégusté (par moi ^^) et déjà disponible en Martinique, ainsi que le HSE millésime 2003 que j'aurais bien goûté à nouveau après m'y être frotté une première fois au Rhum Fest en mai. J'avais aussi vu passer quelques images d'un Botran cuvée anniversaire assez intrigantes. A part ça, j'étais ouvert à toute découverte :)


Nous y voilà donc, lundi 5 octobre - pile une semaine après la journée pro du Whisky Live - en route vers ce magnifique lieu pour découvrir ou redécouvrir plein de belles choses, en tout cas j'espère.
C'est après un trajet plus long que prévu et sous une météo qui vire au pourri, que j'arrive sur place.

Nouveaux contenus, nouveaux contenants, nouvelle image. Je salue l'effort.

Après un simple "Bonjour, voilà mon ticket", je rentre, choppe un verre et pars en reconnaissance.
Je traverse la partie vins et eaux de vie de vin, pour arriver dans la zone réservée aux whiskys et rhums. Je repère rapidement les tables dédiées à mon spiritueux ainsi que les zones agricoles et les autres. Première petite déception, je ne vois pas de nouveauté chez HSE, seulement la gamme habituelle et les finitions du monde de l'année dernière :(
En revanche en passant du côté de La Mauny et Trois Rivières (même distillerie) j'aperçois plusieurs bouteilles inconnues au bataillon. Ah ! Après la pléthore de nouveautés (et le nouvel habillage) que cette marque a connu l'année dernière, je ne m'attendais pas à ce qu'ils remettent ça ^^

Commençons donc par-là.

La Mauny... Je dois avouer n'avoir jamais été un grand fan de cette maison (et ne pas très bien la connaître, ce qui est peut-être lié). Une exception à cet état de fait néanmoins, le millésime 1979, qui m'a impressionné lorsque j'ai pu le découvrir chez A'Rhum il y a des mois de ça (et je ne dis pas ça juste parce que c'est mon année de naissance ;)).

Nous avons pu voir, depuis quelques mois, un nouvel habillage pour leurs blancs habituels (40% et 50% trouvables, entre autre, en supermarchés) et ils adoptent cette nouvelle forme de bouteille pour leurs vieux.
Bref, pas mal de nouvelles choses, à commencer par leur nouveau rhum blanc mono-cépage (oui encore un !), le Ter' Rouj'. La canne en question est la zikak. Le résultat est étonnant, un rhum agricole moins typé canne ; il est plus gras, plus fruité et avec un côté floral. Voilà donc une autre facette du rhum blanc agricole, qui certes n'a pas la fraîcheur de beaucoup mais qui apporte autre chose. En bouche et sur la finale, on est sur la douceur et les fruits. Intéressant, ça commence bien. Petite précision "rigolote", la bouteille est rouge, on ne voit donc pas de prime abord qu'il s'agit d'un rhum blanc (il s'est passé un truc au marketing de chez La Mauny ;)).

On passe ensuite à leur élevé sous bois, l'Héritage 1749. Il est élevé 18 mois en foudre de chêne. Particularité de celui-ci, il s'agit d'un assemblage, puisqu'une partie est retirée du foudre après 12 mois pour être placée dans des fûts ayant contenu du Porto (je ne sais pas en quelle proportion), pour être ensuite réintégrée à l'assemblage avant d'être mis en bouteille. Bon, et alors, ça donne/apporte quoi ? Pas grand-chose :P

De bien belles choses et pas que dans les bouteilles :)
C'est le moment de faire un petit aparté sur les rhums élevés sous bois/paille/ambré... J'aime bien l'idée d'avoir un rhum (agricole) à peine marqué par le bois et qui donc, en théorie, garde plus d'intensité de la canne avec juste une légère influence du fût.
Malheureusement, et c'est tout à fait personnel, c'est juste l'idée que j'aime, puisque dans les faits je trouve souvent que le résultat ne "fonctionne pas". Je dois encore trouver l'occasion de goûter au rhum paille de chez Hardy, réputé être un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, de cette catégorie.

Passons au nouveau vieux de la marque, le Signature, vieilli trois ans. Jusque-là rien de particulièrement enthousiasmant me direz-vous. Mais attendez une peu, c'est parce que je ne vous ai pas encore tout dit ;) Il s'agit ici aussi d'un assemblage, non pas de deux, non pas de trois mais bien de quatre finitions différentes ! Franchement quand j'ai entendu le commercial m'expliquer ça lors de sa présentation, je me suis dit "what the fuck ?!". Est-ce que ce n'est pas un peu trop dans le surenchère, des fûts ayant contenu quatre alcools différents, tout ça sur un "simple" VO ? Mes soupçons se sont effacés à la dégustation de ce rhum, qui est réussi et qui en fait peut-être bien un VO de dégustation. Je ne vais pas vous mentir, sentir l'influence des quatre différentes finitions (cognac, bourbon, porto et moscatel) est compliqué mais en tout cas le résultat fonctionne bien. Le nez est gourmand et la finale est plus boisée.

On fait l'impasse sur le XO, qui n'est pas une nouveauté (même s'il se défend pas si mal :)) et on arrive sur leur nouveau haut de gamme.
Un écrin réussit, qui se démarque du reste de la gamme (et de la concurrence) de par sa forme arrondie et un nom qui fait voyager "Le Nouveau Monde" (oui décidément il s'est passé quelque chose chez La Mauny :P), voilà les deux traits marketing de cette bouteille. Maintenant, qu'y-a-t'il dedans ? C'est à nouveau un assemblage, ici de douze cuvées de quatre millésimes (dont du 1979, information que j'ai réussi à dérober ;)). Maintenant que j'y pense, je ne suis pas sûr de comprendre ce que cela veut dire "douze cuvées de quatre millésimes". Quoi qu'il en soit le résultat est plutôt intéressant. Le nez est complexe sur le bois, les épices et un côté torréfié. La bouche, qui évolue, est assez marquée bois et la finale est longue, riche et boisée là aussi. Définitivement un rhum à déguster une nouvelle fois dans de meilleures conditions. Le prix risque d'être élevé et il serait intéressant de voir si, en ce qui me concerne, le contenu le justifie gustativement.

Les trois derniers, toujours dans les nouvelles bouteilles

Enchaînons sur la marque sœur élaborée au même endroit : Trois Rivières. Là aussi je repère des nouveaux venus, à commencer par une bouteille bien mise en valeur : le rhum blanc Cuvée anniversaire 355 ans (bien évidemment à 55% :)). Très bel habillage partiellement bleuté qui fait son impression. Le contenu n'est pas mal non plus, nous sommes sur un agricole bien plus typique que le Ter' Rouj' de tout à l'heure, marqué par la canne, relativement doux (l'attaque est même très douce) et frais. La finale assez longue est surtout sur des notes florales. Bref un blanc qui se défend.
Cependant, une question demeure : s'agit-il de l'habituel 55% de la maison avec juste un nouvel habillage ou bien est-ce une cuvée différente ? Si quelqu'un a, avec certitude, la réponse, qu'il n'hésite pas !

Deux nouveaux vieux : un single cask 1999 et le millésime 2000.
Le premier est une belle nouveauté. Vieilli en fût de cognac et du haut de ses 43%, il développe au nez des notes de fruits à coque, d'orange et un boisé fin très agréable. En bouche c'est plus sec et la finale est longue sur ce bois fin et l'amande. A mon goût.
Le millésime 2000, lui, est vieilli en fût de bourbon et est fini en fût de cognac. Le nez présente des similitudes avec le single cask, avec de la vanille en plus et un ensemble plus gourmand (sans doute l'influence du bourbon). La bouche est là aussi sèche, et le devient même de plus en plus. La finale, longue, est sur le boisé et le caramel. Il est pour moi un peu en dessous du précédent, mais les deux trouveront leur public à n'en pas douter.

Un peu de Guadeloupe :)


Continuons dans nos Antilles Françaises avec un arrêt éclair en Guadeloupe pour déguster le Séverin blanc 55%, pas de nouvelle recette/cuvée, juste une nouvelle étiquette. Mais je ne l'avais encore jamais dégusté.
Le nez est très frais sur la canne, agréable. En bouche c'est étonnamment sucré, ce qui le rend atypique. La finale est sur la canne et offre quelques arômes floraux en prime.
Bref, un bon blanc, si le côté sucré ne rebute pas. Moi je me dis que ça permet de n'y ajouter qu'un zeste de citron pour le ti punch ;)



To be continued...

dimanche 29 mars 2015

La Martinique, la Guadeloupe... et Louviers - Partie 2



La suite.





Après une petite pause larves - ou pas (même si rétrospectivement, j'aurais dû essayer, mais ça m'est passé de la tête), je reprends mon périple.


Deux étapes assez rapides ensuite.

Leur cuvée 20ème anniversaire.
Plantation pour commencer. Une demi-douzaine de bouteilles était en dégustation.
La gamme Plantation (Cognac Ferrand) est très large. Elle est divisée en deux, les bouteilles trouvables "partout" et leurs éditions limitées. Ils proposent en fait aux cavistes de créer des embouteillages venant de fûts uniques venant d'un peu partout dans le monde et créent ainsi une sorte d'exclusivité (étiquette noire, contre étiquette blanche pour les bouteilles "normales").
De manière générale, je trouve leurs rhums assez sucrés (parfois trop). Je connais déjà bien leur Guatemala et leur Jamaïque, que je trouve intéressants et agréables.
J'ai donc voulu en tester un autre : le Sainte Lucie. Et bien il ne fait pas partie des trop doux. Il est plus puissant, que ce soit en intensité gustative ou en impression d'alcool. Il offre la singularité d'être très empyreumatique (arômes brûlés, grillés, fumés...), ce qui est définitivement quelque chose qui m'attire.


Sainte Lucie à gauche et Sainte Lucie au centre
On continue avec un stand où étaient présents des rhums de traditions espagnole et anglaise, de différentes distilleries, distribués par Dugas.

Je connaissais la plupart des bouteilles proposées, avec par exemple l'Admiral Rodney (de Sainte Lucie aussi), qui est une de bouteilles qui, il y a quelques temps maintenant, m'a fait passer de rhums doux à des rhums plus boisés.
Mon choix s'est donc porté sur le 1931 (de Sainte Lucie, décidément...).
Peut-être en attendais-je trop, quoi qu'il en soit je n'ai pas été séduit, ne lui trouvant rien de particulier ou d'intéressant, sans être mauvais pour autant.


Pour finir cette tournée de dégustation, direction la table CBH, distributeur sur le territoire français de rhums de différentes parties du monde.
Il y a par exemple la gamme El Dorado. Provenant de Guyane Anglaise ou Guyana, ces rhums sont déclinés en plusieurs âges, le 12 ans, le 15 ans, le 21 ans et d'autres plus vieux, qui atteignent des prix très élevés. Je ne vais pas m'attarder sur Demerara Distillers Limited, qui est l'entreprise qui produit ces rhums ou sur le pays dont ils sont issus, je l'ai déjà assez fait sur ce blog en parlant des fameuses bouteilles Velier. Cependant, si vous êtes intéressés pour en savoir plus, je vous invite à lire le travail de titan publié à cette adresse :
http://barrel-aged-thoughts.blogspot.fr/p/the-demerara-distilleries-english.html
Prévoyez du temps, la quantité d'information (et donc les recherches menées pour les compiler) est tout simplement au-delà de ce que je peux imaginer !

Bref, je connais bien le 12 ans, puisqu'il s'agit de mon premier amour, un rhum assez sucré et très facile à boire.
Je dois à nouveau goûter le 15 ans, n'ayant pas une image très précise de son profil.
Je trouve ces bouteilles assez classes personnellement.
En revanche, j'ai pu déguster le 21 ans, pour la première fois, et je dois avouer avoir séduit. Comme un benêt, je n'ai pas pris de notes de dégustation sur celui-ci mais dans mon souvenir, c'est un rhum complexe, qui offre beaucoup de pistes gustatives différentes. Définitivement à tenter à nouveau dès que l'occasion se présente !

Il y a aussi le rhum de Martinique, récemment ressuscité : Héritiers Madkaud. La distillerie a fermé il y a de nombreuses années mais la marque a été reprise par les héritiers de la famille il y a environ 6 ans. Ils proposent pour l'instant un blanc et un VSOP (4 ans).
Nous sommes sur un agricole AOC, ce qui devrait donc me plaire.
Et le blanc confirme : un bon agricole où le jus de canne est bien présent et qui se caractérise également par des notes poivrées et épicées. Vraiment pas mal.
J'ai été un peu moins enthousiasmé par leur vieux, qui ne m'a pas "offert" grand-chose.
En revanche, étant donné la matière première, je dois dire être impatient de découvrir leur XO à sortir !


La Jamaïque très bien représentée !
J'ai fait l'impasse sur quelques stands, ne pouvant malheureusement pas rester trop longtemps.
Je ne suis par exemple pas passé (en tout cas pour déguster) à la table où quelques agricoles étant présents les connaissant déjà.

Je regrette un peu ne pas être passé voir la Compagnie des Indes, mais j'aurai l'occasion de les déguster j'en suis sûr.


Pour finir, un mot sur le Hampden (distillerie de Jamaïque) de chez Silver Seal : exceptionnel. Voilà c'était un mot.
Pour vous en dire un peu plus, c'est un rhum réalisé dans la tradition jamaïcaine, avec une fermentation très longue et une distillation sur des alambics.
Ces deux principes d'élaboration (ainsi que d'autres), créent un rhum d'une richesse hors du commun ; complexe, puissant, intense, long, original... TOUT pour plaire.

Merci à Florent pour l'échantillon que j'ai pu rapporter à la maison ! Je vais le savourer :)




C'est ainsi que s'achève mon aventure normande. La tête pleine d'expériences et de rencontres, bref, un moment très sympathique.

Et merci à ma femme qui, non seulement m'a conduit au retour, a pris les photos mais surtout m'a supporté tout le week-end ! :)





jeudi 16 octobre 2014

Salon Club Expert ou "pas mal de nouveautés en cette rentrée 2014"

A peine 8 jours après le Whisky Live, dont je vous déjà rabattu les oreilles, était organisé un autre salon consacré à différents alcools ; ces vins et spiritueux ayant pour point commun d'être distribués par Dugas, l'organisateur du salon.


Je tiens à remercier avant tout Freddy qui a pu me fournir une invitation !



Lundi 6 octobre, direction le Musée des Arts Forains du côté de Cour Saint Emilion dans le 12ème arrondissement. C'est là qu'a lieu, pour sa neuvième édition le Salon Club Expert.
Après un trajet - trop long - en métro et quelques minutes de marche, me voilà devant une des entrées de ce lieu d'arts à Paris.


J'entre dans le bâtiment et après m'être fait tamponné (le poignet :P), plusieurs choses me frappent immédiatement.

Avant tout la beauté des lieux, les couleurs vives, le décor rococo, les nombreux drapés, tout rappelle le cirque, mais en version classe, donc plutôt en version arts forains :D

Ensuite le monde, c'est plein ! Cela présage quelques files d'attente avant de pouvoir déguster.

Et enfin, il n'y a pas que du rhum, loin de là. je ne m'étais, à vrai dire, pas posé la question et avais supposé qu'il n'y aurait que du rhum... Pas du tout.
Il y avait pas mal de stands de vin et champagne, des whiskies, des sherrys, des sakés etc...


Je consulte le plan fourni à l'entrée et repère rapidement où se situent les quelques 25 stands consacrés au rhum.
25 ça fait beaucoup et je sélectionne donc mes cibles. Mes critères sont : les marques présentant des nouveautés, les marques que je ne connais pas, les agricoles et si possible les trois en même temps.



Je commence fort : La Favorite !


Cette distillerie de Martinique, de taille presque familiale, produit des rhums AOC de grande qualité et est particulièrement connue pour leurs cuvées "La Flibuste" et "Privilège", toutes deux vieillies très longtemps.
La première des deux, que l'on pouvait déguster au salon est vieillie 30 ans ! C'est donc le "millésime" 1984 qui était disponible. Mais nous y reviendrons.


Cinq bouteilles en dégustation chez La Favorite.


Le blanc tout d'abord, le Cœur de Canne. Je n'avais jamais eu l'occasion de le goûter et bien maintenant je sais : il est très bon ! On retrouve tous les marqueurs d'un rhum agricole blanc avec une complexité en plus. Il peut, selon moi, se boire comme ça mais doit également être parfait en ti'punch.

Leur vieux ensuite, le Cœur de Rhum. Je passe vite sur celui-là, il ne m'a pas séduit.


L'un des produits phares du salon, ou plutôt devrais-je dire, deux des produits phares, étaient les nouveautés de La Favorite. En effet, leur offre entre leur vieux et leurs cuvées spéciales (donc grosso modo entre 3 ans et 30 ans) était quasi inexistante. Voilà qui est oublié avec la Réserve du Château version 2000 et version 2002.
La différence principale, autre les deux ans de plus du 2000, vient des fûts choisis. En effet, le 2000 a été vieilli en fût de chêne français ayant préalablement contenu du Cognac, ce qui accentue son côté sec et fruité alors que le 2002 a été vieilli en fût de chêne américain ayant servi à faire vieillir du bourbon, ce qui lui apporte un côté un peu plus gourmand.

Je n'ai, de manière générale, pas de préférence pour le chêne français ou américain, ils peuvent apporter tous deux des choses intéressantes et au final certaines matières premières iront mieux avec l'un ou avec l'autre.
Une caractéristique intéressante de la Réserve du Château est aussi qu'elle offre, sous ces deux formes, une puissance qui est absente des ses très vieux millésimes.

La Flibuste justement, rhum vieilli 30 ans... Le millésime à déguster était le 1984 et cela a son importance, car d'une année sur l'autre le produit change.
Nous sommes sur des produits d'une très grande finesse et d'une grande douceur. Ce qui m'a surpris sur celui-là c'est qu'il est "sucré". Evidemment quand je dis sucré on se comprend, il n'y a pas de sucre ajouté et nous ne sommes pas sur certains traditionnels qui tiennent plus du sirop pour la toux que du rhum. Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que c'est très bon mais ce 'est pas vraiment mon truc, pour moi cela manque de puissance. C'est d'ailleurs pour cette raison que ma préférence irait plutôt à la Réserve du Château.



Autre gros morceau ensuite et une des marques dont je voulais le plus goûter les nouveautés : Trois Rivières.
Cette année, ils font les choses en grand dans cette vieille maison martiniquaise, toute la gamme est revue (ainsi que les bouteilles) et il y a donc plein de nouvelles choses à découvrir et c'est ce que j'ai fait, j'ai tout dégusté :)

Personnellement, j'aime beaucoup le nouveau design :)

Leur blanc tout d'abord, la Cuvée de l'Océan dans son originale bouteille bleue. Cette bouteille fait tout de suite penser à un coup marketing, en effet, en plus de la bouteille bleue, qui se repère immédiatement, il semblerait que les cannes servant à l'élaboration de ce rhum aient les pieds dans l'eau, ce qui lui apporterait un certain côté salin. Autre spécificité, il est réduit à 42°, ce qui est une faible teneur en alcool pour un agricole blanc.
Avec tout ça, comment est-il ? Il est toujours compliqué de savoir si l'on aurait détecté un arôme ou une caractéristique particulière sans que l'on nous l'ait dit au préalable et là, j'ai en effet cru détecter un très très léger goût salé ; mais je crois en effet que si on ne me l'avait pas dit avant, je ne l'aurais pas identifié. Sinon il présente une belle fraîcheur mais malheureusement je le trouve un peu court et avec un manque de force, sans aucun doute les conséquences de la réduction en alcool.
En conclusion, il ne plaira peut-être pas aux amateurs de rhums blancs agricoles plus puissants mais a un potentiel auprès des autres :)

Seconde nouveauté de la longue liste, le VSOP. Jusqu'alors la gamme de Trois Rivières était composée, pour les vieux, d'un 5 ans, d'un 8 ans et d'un millésime, le dernier en date étant le 1999.
Bref, cette gamme comprends désormais un VSOP - rappelons que cela signifie que le vieillissement doit au moins être de 4 ans.
A priori, la philosophie derrière cette bouteille est de rendre abordable les rhums vieux agricoles à des amateurs de rhums plus doux, voire sucrés. Attention, nous restons clairement sur de l'agricole, il n'y a aucun doute. Il semblerait que cette douceur lui soit apporté par la chauffe spécifique lors de la distillation. Cependant, il conjugue de très belle manière ces caractéristiques des rhums de l'AOC et une certaine douceur, ce qui là aussi devrait pouvoir séduire des amateurs de rhums plus doux. De plus, il a un nez à tomber, je pourrais juste le sentir pendant des heures ^^
Pour moi, c'est une très belle réussite et elle se trouve déjà dans mon armoire. :)

Vient ensuite une curiosité : le Triple Millésime. Vous avez dans la bouteille une association de millésimes 1998, 2000 et 2007 et une moyenne d'âge (si je me souviens bien ce que l'on ma dit) de 6 ans et demi. Belle idée de conjuguer de la sorte différents millésimes et cela génère immédiatement un intérêt (en tout cas moi ça m'intrigue).
Je sais que certaines personnes l'apprécient beaucoup mais je dois avouer que je ne lui ai rien trouvé d'exceptionnel, loin d'être mauvais pour autant mais sans réelle identité selon moi.

Passons à leur single cask, ou plutôt devrais-je dire, à leurs single casks (les bouteilles sont donc issues d'un fût unique). En effet, il y en a deux, mais du même millésime, à savoir 2001.
Je dois avouer avoir trouvé ça curieux ; les deux ont été vieillis dans des fûts de même taille et provenance et sont donc de la même année. Je m'attendais donc à avoir des rhums très proches, et bien pas tant que ça !
Il y a deux manières de les différencier : le numéro du fût indiqué sur la bouteille et plus aisément la taille de la bouteille, une étant de 50 cl et l'autre de 70 cl.
La version 50 cl (le fût L169) a un nez superbe mais est pour moi en bouche un peu trop boisé.
La version 70 cl (le fût L1A) est le mieux réussi, à mon goût. Il est plus sec que le précédent et est plus sur les épices, ce qui est tout à fait pour me plaire.


Y'a du lourd !
Pour continuer crescendo, intéressons-nous maintenant au Cask Strenght (brut de fût) 2006 (présenté en 50 cl).

Comme vous le savez sans doute, j'aime beaucoup ces rhums dont l'alcool n'a pas été réduit et qui offrent donc une expérience plus "authentique".
Je suis plutôt positif au sujet de celui-ci. Il est bien équilibré, une fois de plus le travail de vieillissement et de choix des fûts a été primordial (et bien réalisé). Ce rhum a été vieilli en fûts de chêne américain neuf, ce qui est assez rare, puisqu'il y a un risque que le boisé soit trop présent. Mais ici, la contenance de ces fûts était de 400 litres, ce qui va moins marquer que des fûts plus petits.
Bref, au final, l'alcool (55.5°), le boisé et les arômes sont vraiment bien associés les uns aux autres.
Le seul problème pour moi est que la finale (ce goût qui vous reste en bouche une fois le liquide avalé) part sur le bois mouillé, pour ne pas dire un peu moisi ; ce qui se confirme lorsque vous sentez le verre vide. Dommage, cela a failli être un sans faute :)


Le dernier que j'ai pu déguster est leur "nouveau" millésime, le 1995.
Juste bien :)
Une attaque très légèrement sucrée, une belle longueur ; meilleur selon moi que le 1999. Malheureusement il sera mis en vente que dans quelques mois si je ne dis pas de bêtise, alors que les autres, à l'heure où vous lirez ces lignes, devraient déjà être disponibles.

Pour être exhaustif, il faut ajouter un millésime 1980 en carafe Baccarat à presque 2000€ la bouteille et limité à une cinquantaine d'exemplaires ainsi que la Cuvée Princesse, assemblage de très nombreux millésimes (je crois 50 mais là comme je l'écris, ce me semble quand même beaucoup ^^).

Au final, je dirais que cette nouvelle gamme est une réussite et mes préférences vont donc pour le VSOP, le single cask 2001 en 70 cl et le millésime 1995.
J'ajouterai également, même si cela reste à confirmer, que les prix auxquels ces bouteilles sont/seront proposées semblent être tout à fait raisonnables, autre bon point pour la marque !



Une autre marque que je suis content d'avoir pu découvrir (d'autant plus que j'avais loupé le coche au Rhum Fest) est Nine Leaves (merci Jean-Claude de m'avoir indiqué leur présence ;)). C'est un rhum japonais élaboré à partir de sucre roux mis à fermenter (et donc ni de jus de canne ni de mélasse, même si plus proche de cette dernière - merci Pascal pour la précision).

Un des rares rhums du pays du soleil levant

Ils n'ont pour l'instant que trois rhums différents : le blanc et deux versions vieillies, l'un en fût de chêne français et l'autre en fût de chêne américain. Je regrette un peu que seule une commerciale ait été présente, car elle ne connaissait pas très bien le produit ; ce qui ne m'a pas empêché de déguster les trois :P

Le blanc tout d'abord. Il est à 50°, mais est tout de même assez délicat. Il est original à plusieurs égards. Tout d'abord par ses arômes de pomme verte assez présents mais aussi par son finish frais et soyeux.

Les versions vieillies sont toujours à 50° ! C'est bien, ça :) Ou plutôt, c'est bien pour l'une des deux...
Celle utilisant du chêne français donne quelque chose de plus sec mais malheureusement l'alcool est, selon moi, trop présent et brûle un peu la langue, dommage.
La version chêne américain, en revanche, est très très bonne ; pas de souci avec l'alcool et un finish qui m'a fait pensé à certains vins blancs de Bourgogne par son côté beurré, un délice. J'ai hâte de connaitre le prix !




Sucré
Alors que je m’apprêtais à repartir du salon après ces presque deux heures de dégustation et de discussion, je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas goûter deux autres nouveautés de cette rentrée, dans un tout autre style que les rhums agricoles décrits plus haut.

Pour commencer, le Diplomatico 2001. J'ai eu à la maison, une bouteille de 2000, qui m'avait relativement plu mais que j'avais eu un peu de mal à finir de par son côté sucré.
Celui-ci par comparaison, m'a semblé un peu plus sucré mais aussi plus fruité et moins boisé que son prédécesseur. Ce n'est plus quelque chose qui me plait mais c'est une porte d'entrée (assez onéreuse tout de même) d'une certaine qualité dans le monde des rhums.

Encore beaucoup plus sucré

Et enfin, le Don Papa 10 ans.

Don Papa, rhum philippin, qui a énormément de succès sur sa version 7 ans. Moi, je n'aime pas, du tout. Trop sucré, arômes trop artificiels.

Je me suis dit qu'avec 3 ans de plus, le produit allait peut-être se bonifier, naïf que j'étais. Toujours très sucré (peut-être un peu moins que le 7 ans), avec cette fois-ci des arômes d'orange, de chocolat et de café. En fait, pour résumer, ça n'a rien à voir avec du rhum.




Et c'est sur ces notes sucrées que s'achève cet article. Et comme quoi on ne garde pas toujours le meilleur pour la fin :D