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dimanche 9 octobre 2016

Mon Rhum Live 2016 - partie 2


Nous avoilà donc à la seconde partie, la seconde journée et la seconde série de dégustations de ce Whisky Live 2016 à Paris.

Elle s'est pour ainsi dire exclusivement passée dans la partie VIP (pas de VIP le lundi donc ouverte à tous). C'est là qu'étaient disponibles les rhums (et autres joyeusetés à haut degré d'alcool) embouteillés pour les 60 ans de la Maison du Whisky ; et il y en avait un paquet. Trop pour pouvoir prendre des notes exhaustives et détaillées pour chacune de ces bouteilles. Je vais donc être très rapide sur certaines et un peu moins sur d'autres. La manière dont j'ai fonctionné ici était plus au coup de cœur et moins à l'analyse.
Aller, on s'y jette (et on s'en jette un petit par la même occasion).

Commençons par cette gamme, qui a fait soulever plus d'un sourcil de curieux : Transcontinental Rum Line. Sur le papier, pas mal du tout : du brut de fût à petit tirage sur des distilleries connues. A noter qu'elle se compose de six rhums mais que le Diamond avait disparu dans d'atroces souffrances la veille.
Nous suivons l'ordre de dégustation conseillé par la personne de l'autre côté du comptoir et débutons donc par le Panama 2010. Et ne passons pas trop de temps dessus, je ne lui ai rien trouvé d'intéressant, si ce n'est peut-être son côté fumé sur la finale. Voilà, voilà...

Second arrêt de cette croisière rhumesque, la Jamaïque, mais une Jamaïque à tendance gourmande (surtout au nez) et par trop typée, avec le Worthy Park 2006. La poire et la banane sont assez impressionnantes au nez. En bouche, il est plus sec que l'on pouvait s'y attendre et l'alcool est assez présent. La finale est à dominante empyreumatique et je lui ai trouvé une touche... fromagère, ben ouais. Pas mal ce rhum.

On part ensuite en Guyane Anglaise et donc dans la région du Demerara, avec cet Uitvlugt 1998. Je n'aurais pas du tout reconnu de quoi il s'agissait à l'aveugle. Empyreumatique et végétale et une finale sur un brûlé assez sympa. Ouais bon, ne casse pas trois pates à un canard.

Et hop, retour en Jamaïque mais cette fois-ci chez Hampden, avec ce millésime 2000. Un nez très lacté et très Hampden. En bouche, lui aussi est végétal et légèrement piquant. La finale est très longue sur des notes grillées en plus des autres arômes. Il se défend, surtout son nez.

Dernier arrêt à la Barbade pour un... Foursquare 2006. Et oui, encore un. Il ne déroge pas à la règle : c'est bon sur les arômes habituels, cependant il m'a donné l'impression d'avoir un alcool un peu trop présent en bouche.

Au final, une série qui ne m'aura pas conquis dans son intégralité.


Deux embouteillages de chez Berry's ensuite avec un Monymusk (Jamaïque) et un Demerara (Guyana), sans plus de précision sur l'alambic utilisé.
Je passe rapidement dessus car ni l'un, ni l'autre ne m'ont emballés. Ils ne sont pas mauvais mais ne proposent rien de nouveau et je ne leur ai pas trouvé une réelle identité.


Un petit passage en Haïti, car même s'il n'y avait pas de nouveau batch de clairin, un nouveau clairin était disponible : un blend des trois (Sajous, Vaval et Casimir), réduit à 45%. Franchement je n'en attendais pas grand-chose étant donné que pour moi chacun de ces "rhums" d'Haïti a sa propre identité, je me suis demandé "pourquoi les gâcher en les mélangeant ?". Eh bien, cela a été une agréable surprise. Nous avons des marqueurs inimitables des clairins et on se prend même à chercher (voire à trouver ^^), l'influence de l'un et de l'autre... Pas mal !


Deux Rum Nation "Small Batch" de Guyana : un Enmore et un Diamond.
Le Enmore ne m'a pas plu avec son manque de chaleur et de gourmandise (typique vieillissement continental, dans ce qu'il n'a pas de meilleur).
Le Diamond, en revanche a deux visages : un nez gourmand sur le caramel, le bois, la réglisse et un léger tabac et une bouche très différente sur des notes fumées. Intéressant.


Petite escapade chez les agricoles pour continuer, avec Neisson, Bally et Bielle.


Neisson, d'abord, avec deux 2007, l'un embouteillé avec la Maison du Whisky et l'autre avec Velier (et une différence de 0.1%). Ils sont bons, mais je n'ai pas eu de coup de cœur, comme par exemple sur le 2004 de l'année dernière. Un tout petit mot quand même ; le LMDW est assez porté sur la noix et m'a fait penser (en moins bien) au Single Cask 2004 japonais. Le Velier est plus expressif mais sans être meilleur. Au suivant.


Et le suivant c'est un rhum qui avait déjà fait couler pas mal d'encre avant d'être dégusté. Un Bally 1998 brut de fût - le premier brut de fût de la maison martiniquaise. Ajoutez à cela que c'est un millésime 1998 - année dite exceptionnelle dans la région - et vous avez un buzz.
Le nez m'a vraiment beaucoup plu, un très beau nez d'agricole sur les épices, le tabac et les fruits à coque. Malheureusement j'ai trouvé la bouche et la finale en dessous avec un peu d'astringence et un boisé trop marqué. Dommage, le début promettait tant...


Le Bielle enfin. Je ne dirais que ceci : j'aurais cru à un Libération à l'aveugle. Et ça, ça veut dire beaucoup et en bien ! :)


Pas le temps de dire "ouf" que l'on repart avec un autre embouteilleur indépendant : Silver Seal.
Là aussi, deux rhums. Un Uitvlugt d'abord. Encore un qui ne m'a pas fait vibrer ; là aussi rien de nouveau ou d'intéressant. Un Hampden ensuite, bien typé, avec son lot de fruits pourris, de touche acide, de tabac et de solvant. Malheureusement, il manque de gourmandise à mon goût, ce qui m'empêche de l'apprécier pleinement.
Ce qui n'est pas le cas du Hampden de chez Habitation Velier (l'officiel, pas celui pour les 60 ans de LMDW, que je n'ai pas goûté), qui est tout simplement une bombe et peut-être même le meilleur jamaïcain que j'ai pu déguster ! Intense, gourmand, extrême, long, complexe... Une tuerie.


Une des dernières étapes se passe à la Réunion, avec la distillerie Savanna et deux nouveautés, les deux ayant subi une très longue fermentation puisqu'il s'agit de rhums grand arôme.
Le blanc est un grand arôme brut de fût à 57% dans la série des Lontan. Comme on peut s'y attendre le nez est extrêmement expressif sur des arômes de pomme, de caramel brûlé et un côté épicé/médicinal. Pas vraiment gourmand mais très intéressant de par son intensité. Cette gourmandise va venir ensuite en bouche de manière très agréable.
La "vraie" nouveauté est le vieux, qui est le premier de la série HERR (High Ester Rum Reunion), un brut de fût, qui a été conçu de manière à être le plus "extravagant" possible. Je ne me suis pas encore renseigné sur les détails de production, mais de ce que j'en sais, c'est une sorte de "très grand arôme" (terme qu'il va falloir que je pense à déposer :p).
Ce truc est juste un ovni ! Des arômes hyper intenses et pour ainsi dire jamais rencontrés, de cette manière, auparavant. Ce qui m'a le plus frappé, c'est la fraise et la cerise, qui ne m'avaient jamais sautées au nez de cette manière. Il y a beaucoup d'autres choses là-dedans et le résultat est unique et la longueur hors du commun (mieux vaut finir une dégustation par cette chose ^^). Il n'a pas fait l'unanimité mais n'a laissé personne indifférent. Personnellement ce n'est pas mon truc.


Pour finir (ou presque), allons en Thaïlande avec le rhum blanc pur jus que vous connaissez déjà, le Chalong Bay. Je l'aime bien ce rhum Thaï, très jus de canne mais avec beaucoup de douceur. Il y a de la nouveauté chez eux aussi avec trois rhums infusés. Cette infusion se fait lors de la distillation avec les vapeurs des herbes et épices (locales) en question. J'ai fait l'impasse sur la cannelle (je n'aime pas ça) mais ai goûté le basilic thaï et la citronnelle, deux herbes aromatiques que j'aime beaucoup.
Le citronnelle est très marqué par cette herbe, voire trop. Elle domine clairement le rhum. Le goût est cependant bien franc et pas déplaisant, sans doute plus pour cocktails selon moi.
Celui au basilic thaï en revanche est super bien mesuré et offre la fraîcheur et le goût anisé de cette herbe sans masquer le rhum, que ce soit au nez ou en bouche ; la finale est même dominée par le rhum. Une curiosité réussie selon moi.


C'est en fini des rhums mais je ne pouvais fermer ce nouveau chapitre Whisky Live sans vous parler d'un whisky qui m'a marqué, et je n'étais pas le seul, loin de là !
La dernière destination sera donc le Japon avec la maison Nikka. Plus précisément un Single cask Coffey Grain brut de fût de 1995. C'est bien simple, tous les gens qui y ont goûté (et il y avait de sacrés palais) ont cru qu'il s'agissait d'un rhum. Mais attention un rhum qui serait dominé par une noix de coco super gourmande et complétée par un boisé léger et des notes discrètes de tabac (ça peut faire penser à des rhums de Belize voire de la Barbade). Cette noix de coco a conquis tous les dégustateurs. Une très belle découverte !



Cette fois-ci s'en est fini, j'espère que vous aurez apprécié le voyage en ma compagnie :)



Retrouvez la première partie ici-même.

samedi 2 avril 2016

Habitation Velier, qu'es acò ? - partie 2


Photo defamille
Après la mise en bouche de la semaine dernière, nous y voilà donc, la dégustation de la plupart de ces rhums de l'Habitation Velier.

Allons-y dans l'ordre de dégustation.



Aaahhh... la Jamaïque...
Le Forsyths WP 502 (57°) pour commencer.
Petite explication de texte avant d'en venir à la dégustation en elle-même.
- Forsyths est le nom de l'alambic sur lequel ce rhum a été distillé.
- WP sont les initiales de Worthy Park, la distillerie de Jamaïque où cet alambic se trouve.
- 502 est le nombre de congénères mesurés dans ce rhum ; en gros plus ce chiffre est élevé plus le rhum sera expressif, et goûtu et 502 est un GROS chiffre :D Pour référence c'est environ deux fois plus que sur les rhums agricoles.
Autrement dit, vous avez déjà dans le nom de ce rhum plus d'informations que sur bon nombre d'étiquettes de rhum ^^

Comme l'a précisé Luca Gargano, lors de la présentation de ce rhum, il est le fruit d'une commande spéciale passée à la distillerie. En effet, le patron de Velier a voulu avoir un rhum dans la plus pure tradition jamaïcaine, avec comme élément prépondérant une longue fermentation, ici 3 mois ! Là aussi pour comparaison, la majeure partie des rhums ont une fermentation de moins de deux jours.

Précision importante, il s'agit d'un rhum blanc. La plupart des rhums à sortir sous le nom d'Habitation Velier sont blancs (pour l'instant). Cela peut surprendre mais cela permet de se frotter à l'expression "pure" d'un alambic et d'avoir le produit brut face à soi, avant "l'altération" du fût, ce qui est extrêmement intéressant.

Au nez, il est vraiment expressif. A peine le liquide versé dans les verres, la pièce a été envahie des parfums tellement typiques des rhums de Jamaïque : des esters à foison, ce côté colle-polycopié, la banane très mûre, voire pourrie... La dégustation des clairins un peu plus tôt dans la soirée m'a permis de leur trouver un parallèle sur le côté organique.
L'attaque en bouche est étonnamment douce et onctueuse. Les arômes qui se développent ensuite, cependant, sont dans la lignée du nez : jamaïcains. Ajoutez-y une pointe poivrée et vous avez une bouche intense et douce à la fois.
La finale, comme l'on peut s'y attendre, est très longue et n'est pas dépourvue d'une très légère sucrosité. Ce qui est impressionnant c'est qu'elle ne bouge pas et reste "stable" un bon moment.
Voilà un rhum qui ravira les amateurs de rhums de cette île et qui sera un excellent moyen de comprendre ce qu'est la typicité des rhums de Jamaïque.


AAAHH !!! LA JAMAÏQUE !!!
Le Forsyths WP 151 Proof (75.5°) en second.
Il s'agit en fait du même rhum que le précédent mais, comme vous l'aurez remarqué, au degré d'alcool plus élevé. C'est le degré traditionnel des rhums utilisés pour l'élaboration de certains cocktails.
Il est indiqué qu'il ne doit pas être bu pur et le symbole "produit toxique" (vous savez la petite tête de mort) est présent au dos de la bouteille ; voilà de quoi nous mettre en confiance :D

Au nez, nous avons une trame similaire à sa version réduite mais pas si proche que ça non plus. L'alcool est bien sûr plus présent mais il est aussi plus complexe. Des notes végétales et poivrées apparaissent. Il est également plus frais que son cousin à 57°. Drôlement sympa !
En bouche, il offre une sensation unique : il chauffe mais ne brûle pas, il s'évapore presque sur la langue, c'est très agréable. Les arômes sont parallèles à ceux de la version réduite mais avec une intensité accrue.
La finale est très longue et plus changeante. Elle offre plus de fraîcheur et une pointe empyreumatique se dessine.
Eh beh ! En dépit des avertissements placardés sur la bouteille, voilà un sacré champion !


Le moins jamaïcain des trois
Le Forsyths WP 2005 (10 ans et 57.8°) pour continuer.
Nous voici maintenant face à un rhum vieilli issu de la même distillerie que les deux précédents.
Un petit mot sur cette distillerie Worthy Park. Luca nous a expliqué qu'il s'agit de la plus vieille distillerie des Antilles mais dont la production a été suspendue pendant une cinquantaine d'année, jusqu'en 2005. Mount Gay à la Barbade serait la plus ancienne distillerie des Antilles n'ayant jamais arrêté son activité.
Ce millésime est donc le plus vieux de la distillerie depuis sa réouverture (puisque distillé en 2005).

Nous avons un nez très gourmand. Le fût est bien marqué, vanille et noix de coco sont de la partie. Des arômes fruités sont également présents, avec la poire, l'amande et la banane. Ajoutez-y une pointe poivrée et vous obtenez son profil. Profil qui est donc assez loin de la Jamaïque.
La bouche est plus sèche et moins gourmande que le nez. Le caramel brûlé, la réglisse. Le côté fruité n'est que sur l'attaque. Des notes empyreumatiques légères sont là aussi.
Comme au nez, la Jamaïque nous manque.
La finale est longue et nous offre un revival des deux premières étapes : réglisse, brûlé (dont le sucre brûlé), coco (qui revient) et enfin boisé.
Un rhum loin d'être aussi extrême et intense que les deux blancs mais qui compense cette relative faiblesse par une grosse gourmandise et une intéressante complexité.


Pas à rougir de son jeune âge
Le Foursquare 2013 (64°) ensuite.
On change de pays et d'alambic pour se confronter à ce très jeune rhum (2 ans passés en fût) de Barbade, qui, rappelez-vous, était déjà disponible au Whisky Live, si l'on demandait gentiment. Il avait fait une grosse impression aux dégustateurs pour un rhum si jeune.

Au nez c'est confirmé, gourmandise, boisé, fruits à coque (surtout la noix), la vanille et une petit quelque chose de poudre à canon. Très intéressant et relativement complexe, d'autant plus pour un 2 ans de vieillissement.
En bouche, l'attaque est douce et l'alcool vient ensuite. Ajoutez aux arômes sur nez, un côté torréfié et vous avez en bouche un rhum efficace et assez simple (loin d'être négatif ici).
Sur la finale, l'alcool se fait sentir et ressortent des notes terreuses/végétales, ainsi qu'une pointe de coco.
Un rhum qui confirme donc la première bonne impression. Je ne le trouve pas très complexe mais pas forcément facile pour autant à bien "identifier". De là à dire qu'il faudra d'autres dégustations (au Rhum Fest ?) pour l'apprivoiser et le cerner, il n'y a qu'un pas... Mais je suis prêt à faire cet effort ! Je suis comme ça moi ; abnégation, sérieux et professionnalisme, tout ça pour vous ;)


En voilà un bel alambic !
Et le Muller LL IV/3177 (59°) pour finir.
Nous voilà cette fois aux Antilles Françaises, plus précisément sur Marie-Galante et si l'on zoom encore, c'est chez Bielle que nous arrivons.
L'alambic utilisé (qui a donné son nom barbare à cette bouteille) n'est autre que celui qui nous a offert les excellents Rhum Rhums, blancs et vieux. Il est situé chez Bielle mais n'est utilisé, à ma connaissance, que pour les rhums PMG ; la production est très indépendante des autres rhums réalisés dans cette distillerie.
Cette expression est embouteillée à 59°, degré traditionnel pour les blancs de Marie-Galante.
Vient immédiatement en tête, presque inconsciemment, la nécessité de comparer ce Muller LL IV/3177 au Rhum Rhum PMG blanc à 56°. En effet, ils sont réalisés sur le même alambic, avec les mêmes cannes et à un degré très proche. C'est cependant un exercice qui ne pourra être réalisé qu'en se livrant à un face à face direct entre ces deux bouteilles. Basé sur mon souvenir relativement lointain du PMG 56°, cette nouvelle "eau-de-vie de canne" ne m'en a pas semblé si proche que ça. A confirmer. Et justement, qu'a donné la dégustation ?

Au nez, c'est fruité et intense, plus que frais. Le jus de canne, bien que présent, n'est pas omniprésent et tout puissant. Trois arômes m'ont frappé : la cerise, l'amande amère et les graines de fenouil. Un joli mélange, sans nul doute à compléter lors d'autres dégustations.
En bouche, l'attaque est plus fraîche que le nez ne nous laissait penser. Elle est cependant également fruitée et anisée (peut-être l'évolution du fenouil détecté au nez).
La finale est l'étape qui offre le plus de fraîcheur. Elle est longue (oui tous ces rhums ont des finales longues, pour ne pas dire interminables pour certains) et relativement citronnée.


Super design old school des bouteilles
Et voilà pour ce tour d'horizons de cette première fournée des rhums Habitation Velier, première fournée malheureusement privée du Port Mourant blanc, qui semblait alors être bloqué quelque part aux Pays-Bas lors de son transit ; espérons qu'il atteigne bientôt nos contrées.
Avec un peu de chance il sera arrivé pour le Rhum Fest à Paris, nous le saurons quand cet article sera publié :)


Maintenant parlons un court instant argent, monnaie sonnante et trébuchante, pépètes, flouze...
Les prix annoncés pour ces bouteilles étaient clairement l'un de leur point fort. Il y a quelques mois, avaient été communiqués des prix pressentis : entre 45€ et 75€. Or il semble maintenant que l'on se dirige plus vers une moyenne plus proche des 70€. Bien sûr cela serait contrariant. Cependant, j'attends de voir ces bouteilles chez les cavistes, car pour l'instant ce ne sont que des conjectures. De plus, il est compliqué (pour moi en tout cas), d'évaluer le prix de telles bouteilles, de par leur qualité gustative et leur caractère unique.


Une prière au Dieu du bon rhum sans doute :)

Pour finir, une petite citation de Luca Gargano, qui s'interrompant au beau milieu de sa présentation (alors qu'il nous fait un passionnant et succinct cours d'histoire sur le rhums et le whisky), interpelle une des convives (fort jolie) :
"Mais je vous ai déjà vue, vous êtes une actrice ? Un autographe ?"

Sacré Luca !






Retrouvez la première partie de cet article ici-même.

dimanche 20 mars 2016

Tâter le cul des vaches au Rhum Fest : deux concours très rhum


Bonjour à tous,

Une fois de plus, je dois m'excuser pour un titre douteux.
C'est sous cette appellation foireuse que je vais vous parler des deux concours auxquels j'ai participé en tant que juré il y a quelques jours de cela, le hasard du planning voulant que ces deux journées s'enchaînent (il faut avoir la forme :)).


Une énorme variété dans ces blancs
Pour commencer : le premier jour des éliminatoires ou sélections du concours du Rhum Fest.

Cette année, rendez-vous est donné à la Rhumerie dans le centre de Paris.
Comme lors de la précédente édition, il faut être prêt à passer une journée (presque) entière à déguster ! On ne parle pas d'une dizaine de rhums, mais plutôt d'une quarantaine, et en tous genres.



Les "mêmes" mais en très vieux
Justement, à quoi avons-nous eu droit ?

Quatre catégories en tout, deux le matin et deux l'après-midi, avec dans le désordre, et si ma mémoire défaillante ne me fait pas défaut : des rhums de mélasse de plus de 11 ans, des agricoles ambrés, des punchs et des blancs de mélasse. Compte final : 38 rhums (ou boissons à base de rhum) ! Et encore ça c'était pour ma table et celles de mes voisins immédiats, mais dans l'autre partie de la salle, d'autres rhums ont été dégustés.
Alors oui 38, ça fait pas mal. Mais je dois avouer que comme les catégories sont bien faites, il n'est pas trop compliqué de pouvoir les déguster et les évaluer (en eux-mêmes et les uns par rapport aux autres).

Rechargeons les batteries
On n'oublie pas le bon petit plat pour faire une pause à midi et ingurgiter un peu de solide, et nous ne sommes pas loin d'une super journée ! Et encore, c'est sans parler des nombreuses personnes de qualité présentes ;)


J'aime vraiment ce genre d'exercice ; goûter plein de choses, sans savoir ce que c'est, tenter d'identifier des arômes, les comparer les uns aux autres, trouver les défauts potentiels... C'est vraiment un excellent apprentissage. De plus, cela permet aussi de déguster des rhums (voire même des catégories entières de rhums) que l'on a pas l'habitude de boire et donc d'élargir ses horizons et de garder un esprit (et un palais) ouvert.

Le dessert en quelque sorte ^^
Sinon niveau organisation, on était bien ; nos G.O. ont bien bossé. J'ai trouvé très intéressant le fait que les catégories aient été modifiées cette année ; les rhums de mélasse ont été séparés selon leur méthode de distillation : alambic, colonne ou assemblage. Autrement dit, on se rapproche des catégories de Luca Gargano (dont je vous reparlerai prochainement), et ça, c'est clairement un plus.
Merci à eux !
Si je ne devais revoir qu'une chose (et c'est très personnel), ça serait le poids de chacune des caractéristiques à noter, avec principalement une augmentation de l'importance du nez sur la note finale :)


J'ai hâte de pouvoir passer une autre journée de ce genre (et ça sera le cas d'ici deux semaines :D).



Le lendemain : Concours Général Agricole, catégorie rhums et punchs.
C'est après une bonne nuit de repos (et la dégustation des très bons rhums la veille au soir, ben oui quoi... 38 en une journée c'est un peu léger :P), que je me présente au Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour être juré dans ce prestigieux concours.

Et là c'est la roulette. Autant, sur le concours du Rhum Fest, sur le nombre de catégories à déguster, il y en aura au moins une (voire plusieurs) bonne (à mon goût) sur la journée. Là, c'est tout au rien : entre les boissons alcoolisées à base de rhum parfumées à la banane et les rhums AOC Martinique de 6 ans et plus, mon choix est vite fait. Mais voilà, on ne choisit pas ^^
Cependant encore cette année je n'ai pas été malheureux et suis tombé sur les blancs pur jus avec indication géographique (essentiellement la Guadeloupe) à 50°.
L'année dernière, c'était la même chose mais à 59°, on reste donc sur la même île (si on y intègre Marie Galante).
Cette fois-ci cependant ce sont six rhums que nous avons à déguster. A noter qu'une autre table déguste six autres rhums de la même catégorie (12 pour une seule table, ça ferait trop).


La différence principale avec le Rhum Fest est ici les délibérations qui ont lieu sur les potentielles remises de médaille. En effet, il doit y avoir un consensus entre tous les membres de la table sur le nombre de médailles à donner (il y a une limite proportionnelle au nombre de bouteilles dégustées) ainsi que leur métal. 
A notre table, aucun souci sur la première médaille décernée, ça sera l'or, tout le monde est d'accord. En revanche, nous ne pouvions donner que deux médailles en tout et deux autres rhums se sont distingués. Ça ne qu'après de nombreuses minutes que nous nous sommes finalement mis d'accord.

Étiquette qui fait très Père Labat...
Bien sûr à ce stade, nous ne savons pas à qui nous avons décerné ces médailles et ce n'est que plus tard, en recoupant mes impressions gustatives et la publication des résultats que je me rends compte que nous avons donné l'or à Longueteau. Cela ne fait que confirmer tout le bien que je pense des rhums blancs de cette maison !

A noter que cette année, pas de saucisse de Morteau dans le hall mais de la charcuterie et des pâtés, ce qui a permis de déguster dans de meilleures conditions.


Une fois le concours terminé, passage obligé sur le Salon de l'Agriculture, histoire d'acheter un kouign-amann et de voir s'il y a des choses intéressantes côté rhum.

Après une dégustation (toujours intéressante et agréable) chez Bielle, je remarque un peu plus loin, dans une vitrine, une bouteille inconnue au bataillon. Je demande à la très sympathique dame sur le stand si ce rhum de Tahiti est à déguster, et c'est après m'avoir donné une fleur de tiaré, qu'elle me sert discrètement quelques centilitres du breuvage (qui devait n'être ouvert que le lendemain) dans un petit gobelet en plastique. Et je dois dire qu'il m'a fait forte impression, avec une vraie identité olfactive. Ne reculant devant rien, je demande à cette très gentille hôtesse si elle peut m'en resservir un peu mais cette fois-ci dans le verre INAO offert le matin même aux jurés du concours.
En voilà encore deux méconnus
Et là, les arômes sont assez différents. Il n'est pas désagréable mais devient bien plus étrange ; si je vous dis fruits de mer au nez, ça vous fait envie ?
Bref un rhum que je suis curieux et impatient de regoûter ailleurs que dans un salon (d'autant plus que les odeurs de cuisine étaient vraiment omniprésentes).

C'est sur le chemin de la sortie que je tombe sur un stand qui proposait entre autre les rhums Darboussier, dont deux blancs, un 50° et un 59°. Le voilà le quatrième 59° après les trois de Marie-Galante.
Bon la fatigue venant, je n'ai pris aucun note de dégustation de ce deux rhums, dégustés l'un à la suite de l'autre. Cependant très bonne impression générale pour des blancs que l'on ne voit que rarement. L'un était plus intéressant sur le nez sur le jus de canne et l'autre sur la bouche et au niveau longueur.
Décidément ces blancs de Guadeloupe sont vraiment à découvrir et n'ont pas à rougir face à la plupart des leurs homologues martiniquais.


C'est sur cette ultime dégustation que s'achèvent ces deux journées dédiées, une fois de plus, au Rhum :)


dimanche 24 janvier 2016

Le Rhumaton, le retour - partie 2



C'est remis de mes aventures de la veille (dégustations matinales, digestion d'un demi bœuf et exploration du métro), que je me prépare pour cette deuxième journée. Avec donc comme points de chute : L'Adresse Gourmande aux Clayes sous Bois et A'Rhûm dans le 3ème arrondissement de Paris.

C'est parti !


Jour 2
Il va falloir que je déménage pour m'en rapprocher :)
Je ne pars pas les mains vides. J'avais dit à Jérôme (le patron de l'Adresse Gourmande) que je lui ferai goûter de Chantal Comte Plantation de La Montagne Pelée (Depaz) Hors d'Âge ; je la glisse donc dans mon sac. En chemin je passe devant une boulangerie qui propose des kuign amann individuels et j'en mets un en poche (enfi, dans un sac, dans ma poche, je tiens quand même à mon blouson :p).

Cette fois-ci je suis prêt et après un trajet d'environ 45 minutes, j'arrive enfin aux abords de ce lieu d'échanges et de plaisir (non, pas ceux-là, bande de gros dégoûtants...).
Je suis comme d'habitude très bien accueilli (tous les clients le sont) et l'on commence à se lancer dans une longue discussion ponctuée de dégustations, qui durera une heure et demi.
Soyez avertis : quand vous mettez un pied à L'Adresse Gourmande et que vous êtes un passionné, le temps s'écoule différemment, il passe beaucoup plus vite !
Des discussions captivantes sur des bouteilles et des distilleries, des dégustations variées et des produits au top (autant solides que liquides). Paradoxalement (ou pas), il faut savoir y prendre son temps. Pour apprécier pleinement ce que cette boutique et votre hôte ont à vous offrir, il ne faut pas être pressé, et c'est tant mieux.

Une partie des rhums...
Côté dégustation, je restais dans mon optique de trouver des bouteilles de qualité à prix modique et je me suis mis en tête de faire un tour du côté des rhums blancs (agricoles bien évidemment).
Beaucoup de très bons produits et un choix large. Parmi ceux que je veux goûter une nouvelle fois pour affiner mon avis, il y a le Bielle Canne Grise et le Fighting Spirit Blue de Chantal Comte. Seul le second est en dégustation mais sur les conseils du maître des lieux je lui laisse me verser quelques centilitres du rhum Toucan pour accompagner le Chantal Comte.
Je lui verse en parallèle un petit verre du Depaz tout juste sorti de ma besace (qui a été drôlement apprécié :)).

Je prends mon temps et apprécie les arômes de ces deux rhums pendant presque 45 minutes avant de les porter à mes lèvres. Le Toucan supporte la comparaison au départ, et j'ai redécouvert ce rhum agricole de Guyane Française. Cependant après un moment, il développe des arômes floraux - qui plairont à certains - que je n'apprécie pas trop sur les rhums blancs.
Le Figthing Spirit (distillerie du Simon en Martinique), lui, est resté sec, fruité, sur la canne bien sûr durant toute la durée de la dégustation, il ne "s'altère" pas.

Je n'ai normalement pas de remords à utiliser des rhums blancs premiums pour réaliser mes ti-punchs, et bien cela serait peut-être le cas avec celui-là.
Il est un peu cher puisque vendu chez les cavistes aux alentours des 45€, mais je dois bien admettre qu'il les vaut. Sans aucun doute un des meilleurs agricoles blancs sur le marché !

J'ai redécouvert le Toucan, qui n'est vraiment pas mal, mais le Fighting Spirit Blue est exceptionnel !
C'est quelques minutes avant de prendre congé, que je me suis retrouvé avec un nouveau verre dans la main. Un autre rhum blanc au nez plus que prometteur, un nez complexe et gourmand à la fois, frais et intense, un nez tout simplement exceptionnel. Malheureusement la bouche ne tient pas la distance, surtout au niveau de sa longueur, ses arômes disparaissant bien trop vite. Une impression mitigée donc sur ce rhum de Taïti, le rhum Mana'o. Bien content d'avoir pu y goûter après avoir lu pas mal de choses à son sujet. J'ai même pu repartir avec un petit sample, merci Jérôme ! :)

Mais tout ça ne nous dit pas avec quelle bouteille à petit prix je suis reparti. Eh bien, j'ai jeté mon dévolu sur le Bielle Canne Grise, qui m'avait fait forte impression lors du Whisky Live et que Jérôme m'a conseillé. Et je sais que tôt ou tard, j'aurai dans mon armoire à malices ce Figthing Spirit Blue !

Bon, ce n'est pas tout ça mais si je reste plus, je loupe mon train. Je prends donc congé en remerciant mon hôte pour tout et prends le chemin de la quatrième et dernière étape de ce rhumaton.


Une bonne heure plus tard, nous y voilà : A'Rhûm.

Vue tellement familière :)
Durant le trajet, je me rends compte que j'ai la dalle (le kouign amann a aidé, mais il me faut plus de gras et de sucre ! :D). Qu'à cela ne tienne, je rentre dans la boutique où je suis accueilli, non pas par Freddy mais par son vendeur.
Je lui explique mon idée de trouver un rhum petit budget mais typique d'une origine. Après avoir passé un bon nombre de rhums en revue, je me rends compte que ce n'est pas si simple ; il y en a que j'ai déjà, d'autres que je connais et je ne n'apprécie pas ou pas assez pour me les procurer.

La faim me rattrape et je demande s'il y a des endroits sympas où manger un morceau dans les environs. Sur ses conseils je me dirige vers le bistrot du coin. Je rentre et sur qui je tombe ? Freddy et Jean-Luc Braud, grand professionnel des spiritueux (et accessoirement le prof que j'ai eu pendant deux jours lors d'une formation sur le rhum en octobre dernier).
Je m'installe avec eux et participe gaiement à la conversation sur Rhum avec un grand "R" et tout ce qui peut tourner autour.
J'en profite pour commander une crème brûlée (oui ça n'aura pas été le jour des repas les plus équilibrés :D).

Des rhums commerce équitable !

Une fois que tout le monde a fini, nous retournons à la boutique. Alors que je m’apprête à m'obstiner dans les rhums à petits prix, le maître des lieux me parle du rhum Fair Belize 8 ans (brut de fût à 62%) créé exclusivement pour A'Rhûm. Il se trouve que j'avais pu y goûter quelques semaines auparavant en compagnie d'autres amoureux du rhum et qu'il m'avait plu.

Je cède donc bien volontiers à sa proposition de le déguster. Il ne sera pas seul, puisque je me retrouve également avec un verre du 10 ans juste à côté. Et alors que Freddy me parle de "son" rhum, je le déguste tranquillement. C'est bon et l'alcool est exceptionnellement bien intégré ! Il me fait part de son avis sur la similitude qu'il peut exister entre ce brut de fût de Belize et certains rhums de Guyane Anglaise dans la veine Velier, dont il est également grand amateur. Sur le moment, je n'ai pas vraiment ressenti ce lien qui aurait pu exister.
Mais le hasard a voulu qu'un collègue de travail me fasse goûter, à l'aveugle, ce rhum Fair, une semaine après mon passage chez A'Rhûm. Eh bien, j'ai d'abord pensé avoir affaire à un Guyana brut de fût... Comme quoi il sait de quoi il parle le Freddy :D

Vous ne serez sans doute pas étonnés de savoir que je suis donc reparti avec un bouteille, brisant ainsi la série d'achats de bouteilles à petits prix ^^



Au final, me voilà avec une belle série de rhums très variés, ainsi que quelques petites gourmandises ;)

Un bilan très positif et une expérience, que j'espère pouvoir renouveler d'ici dans moins d'un an :)

Le fruit de dures journées de "travail" ;)

dimanche 17 janvier 2016

Le Rhumaton, le retour - partie 1



Vous vous en souvenez sans doute, il y a presque un an et demi, je vous avais fait le récit de cette journée intense, dédiée à la visite de mes cavistes préférés.

Ce temps est assez lointain et je ne jouis plus du luxe de pouvoir passer des journées entières à écumer mes boutiques de prédilection. Il m'est déjà difficile d'aller en visiter un, c'est pour dire ^^

Oui mais voilà, le département dans lequel je travaille a eu la bonne idée de fermer une semaine entre Noël et le Nouvel An. Ma première réaction : "Ah ben merde, je manque déjà de jours de congé et en plus je suis forcé d'en utiliser cinq...". Mais après un moment, je me suis dit que cela serait l'occasion de passer du temps avec l'ex-occupant de la poussette et, pourquoi pas, de retourner chez quelques cavistes ;)

Et les cavistes, ce n'est pas ce qui manque. Impossible de tout caser sur une journée, à moins d'être tout le temps pressé et stressé. Un plan commence donc à germer dans mon esprit : étaler ces visites sur deux jours, l'un en compagnie de Roudoudou et l'autre sans.
D'ailleurs, voilà un autre obstacle à cette activité : mon fils est beaucoup moins accommodant depuis qu'il n'est plus dans sa poussette (à dormir :p). Bon, je le comprends, ce n'est pas passionnant d'être dans un endroit où rien n'est intéressant (sauf de potentiels biscuits ou un poisson rouge :)).

Passée cette entrée, de bonnes choses vous attendent
Parmi les boutiques dans lesquelles je souhaitais me rendre il y avait entre autre L'Adresse Gourmande, qui comme vous le savez, n'est pas la plus proche, je la garde donc pour le deuxième jour.
Je voulais commencer par Juhlès, car c'est là où je ne m'étais pas rendu depuis le plus longtemps. Pour finir, je me dis que je vais passer chez Christian de Montaguère le premier jour parce que juste à côté il y a deux boucheries super bonnes et je voulais manger une super entrecôte :D
Ce qui nous laisse donc A'Rhum pour le second jour.

Me voilà donc avec un plan !


Jour 1
Métro ligne 13, puis ligne 4 (la fameuse ligne du rhum :)) et un Roudoudou passionné par les tunnels du métro. On sort à l'air libre et on parcourt les quelques 300 mètres qui nous séparent de notre objectif.
Petite frayeur à l'approche de la boutique quand de loin j'ai cru qu'elle était fermée, fêtes de fin d'année tout ça. Mais non tout va bien. Je rentre et vois au fond de la boutique le sympathique responsable spiritueux que je connais un peu.
Une des premières choses qu'il me dit : "Je n'ai plus de Velier."
Alors oui, petite déception, je ne venais pas que pour ça mais avais un petit espoir. Pas grave, je scrute les étagères à rhums et remarque deux ou trois choses qui m'intriguent, et toutes en dégustation :)
Un rhum de Marie-Galante embouteillé par un embouteilleur indépendant pour commencer. Il s'agit d'un Bielle mis en bouteille par un vigneron, sous le nom de Saut de l'Ange (je crois mais je ne retrouve rien sur le net à son sujet, donc si je me plante et que vous avez le nom correct, n'hésitez pas ! ;)). Bref, pas mal. Je n'ai pas vraiment reconnu du Bielle cependant. La bouteille était presque vide et cela pourrait être intéressant d'y goûter à nouveau mais comme il s'agit d'un embouteillage assez confidentiel, ça risque d'être compliqué.

J'adore ces étagères, et pas uniquement pour ce qu'elles supportent :)
J'ai pu ensuite déguster ou redéguster quelques embouteillages de la Distillerie de Paris (donc de Juhlès). Si vous n'en avez goûté aucun, n'hésitez pas, certains sont atypiques et intéressants.
Cette fois-ci, mon choix c'est porté sur leur embouteillage jamaïcain, que j'ai trouvé pas mal. Un assemblage de plusieurs distilleries de l'île, typé jamaïcain sans être extrême. Un prix raisonnable (attention quand même il s'agit d'un 50cl), ça fera un cadeau pour la belle-sœur \o/
Ajoutez-y une discussion sur les enfants et sur le Cognac et voilà 45 minutes bien agréablement remplies et une première bouteille dans la besace.


Et c'est reparti pour la ligne 4, arrêt Saint Placide, destination finale : Christian de Montaguère.

Mais avant tout, passage obligé par une boucherie que j'affectionne énormément : Le Bourdonnec. Ce blog n'étant pas un blog sur le bœuf, je vais faire court. C'est un des rares bouchers qui travaille la viande maturée, une viande qui "pourrit" 90 jours dans une atmosphère particulière, ce qui développe son goût et la rend plus tendre. Une fois les parties vertes et bleues enlevées (oui je sais, ça ne fait pas forcément rêver ^^), le résultat est simplement hallucinant. Malheureusement, mais assez naturellement, il faut y mettre le prix. S'ils n'ont pas d'entrecôte de prête, vous trouverez votre bonheur parmi toutes leurs autres succulences ! :)
Mais voilà, ô tristesse, ils étaient fermés en cette dernière semaine de l'année... Heureusement, j'ai mon plan B, une autre boucherie, dans la rue de l'Abbé Grégoire celle-ci, plus traditionnelle mais à la qualité des produits irréprochable. À moi (ou plutôt "à nous" vu la quantité que Roudoudou en a mangé) l'entrecôte d'environ 600g, persillée à souhait.


J'avoue, je recycle cette photo d'un autre article :P
C'est donc équipé pour reprendre des forces au déjeuner, que je dévore les quelques mètres qui me séparent de la boutique de l'Art de vivre au Caraïbes. C'est Jerry qui m’accueille (c'est d'ailleurs lui qui m'avait parlé de cette seconde boucherie). On papote de choses et d'autres alors que je scanne les étagères à merveilles. Et je vois un rhum dont j'ai beaucoup entendu parler mais que je n'avais pas dégusté à ce jour, le Foursquare Port Cask Finish. Et juste à côté, de la même distillerie de Barbade : le Doorly's 12 ans. Je me dis qu'il y a une chance qu'un des deux soient en dégustation. Eh bien non... Les deux étaient ouverts ! Cool :)
Pour rester sur la même gamme de prix, et ajouter une troisième bouteille à cette dégustation, je demande si le La Mauny Signature est également à déguster, et c'est le cas, parfait.

On débute par le Doorly's 12 ans ; il est dans la droite lignée du XO et en est proche. Typique de la Barbade, un rhum sec, boisé, équilibré et aux arômes délicats. Pour un prix très attractif, une trentaine d'euros.

Le Port Finish ensuite (même distillerie : Foursquare), lui aussi pour une trentaine d'euros. On retrouve les caractéristiques de la Barbade mais avec la gourmandise en plus. En effet, il n'est pas dénué de douceur (sans être sucré) ni d'un certain fruité. Un rhum agréable, qui pourra faire la transition entre des rhums sucrés et d'autre plus secs, et qui pourra satisfaire autant les amateurs que les débutants.
C'est celui que j'ai ramené chez moi et il aura exactement cette double fonction. Là aussi une trentaine d'euros, décidément... Et, que ce soit l'un ou l'autre, ce sont des rhums sans aucun ajout. Richard Seale (patron de cette distillerie) est un fervent défenseur des "vrais" rhums, vierges d'additifs.

Le line up du jour
Fin de la dégustation avec un des derniers La Mauny sorti, le Signature. Je vous en ai déjà parlé dans cet article. Un VO (3 ans de vieillissement), qui n'a pas à rougir devant certains de ses grands frères et qui peut se déguster pur, ce qui est rare pour un "simple" VO. Bref, impression confirmée à cette seconde dégustation : une vraie complexité, une relative douceur et les repères agricoles bien présents.
Et là encore un petit prix !

Cette excursion chez Christian de Montaguère permet, une nouvelle fois, de montrer qu'il existe nombre de rhums de qualité à prix réduits. Ces trois-là en sont de parfaits exemples.


C'est ainsi que s'achève cette première journée.


dimanche 22 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 1


Samedi 7 novembre, 00h51. Un mail arrive dans ma boîte. Envoyeur : Christian de Montaguère. Objet : invitation pour une rencontre avec Luca Gargano. Réaction dans la tête de Laurent : "Tatata tata tata" (sur un air de samba).

On est parti pour passer une bonne soirée !

Je lis brièvement l'email et comprends donc qu'il y une soirée organisée dans la boutique de Christian pour rencontrer Luca Gargano, le patron de Velier (embouteilleur indépendant et importateur italien), et aussi bien plus que cela.
J'ai déjà écrit un article sur ma première rencontre avec le monsieur il y a presque un an et demi de cela, dans lequel j'avais eu du mal à ne pas laisser transparaître mon enthousiasme.
Cette fois-ci le flyer nous annonce la dégustation de clairins (ces fameux rhums blancs de pur jus de canne d'Haïti), du Libération (j'imagine le 2015), ce rhum agricole de Marie Galante élaboré sur alambic dans la distillerie Bielle avec l'aide de Gianni Capovilla, et enfin une surprise. Et moi j'aime bien les surprises, surtout quand elles ont un rapport - même éloigné - avec Velier ;)

Quand il sert il ne fait pas semblant :)
Cette fois-ci je ne fais pas mon boulet et pense à réserver ma place pour cette soirée qui s'annonce exceptionnelle.


Jeudi 12, date fatidique, je me mets en route depuis le boulot et arrive presque à l'heure sur les lieux. Je peux donc, pour une fois, assister au début de - ce qu'on pourrait appeler - la master class.

Et là... Par où commencer ?

Vous le savez, j'adore les r(h)ums by Velier ; les Demerara bien sûr, je vous l'ai suffisamment rabâché (et je ne me priverai pas d'en rajouter des couches à l'avenir ;)), mais aussi les clairins, les Caronis (de plus en plus) et les Libération. Malgré ça je vais plutôt commencer par ce qui m'a le plus marqué : Luca, ses histoires et ses projets.

Et, là aussi, par où commencer ?

Dix-huit ans, un Luca aux cheveux longs devient manager des ventes des rhums Saint James pour l'Italie et parvient à doubler les ventes, entre autre grâce à une idée révolutionnaire pour l'époque, récompenser le meilleur commercial par un voyage en Martinique (alors qu'habituellement ces voyages étaient organisés en Champagne ou du côté de Cognac, voire en Ecosse pour les plus aventureux).
C'est à cette époque qu'il découvre les Antilles... et les antillaises, sur un air de biguine :)

Quelques années plus tard, il rachète la société Velier dont il augmente le chiffre d'affaire année après année pour en faire ce que l'on connait aujourd'hui.

Sur un tabouret pour les 2 dissipés du fond
Bien sûr quelques autres étapes clefs sont à mentionner : 
- La découverte de la distillerie Caroni, que je vous ai déjà raconté, mais que je pourrais écouter encore et encore tant elle est passionnante.
- La rencontre avec Yesu Persaud, qui deviendra son mentor, voire même son père de rhum et sa prise de participation chez Demerara Distillers Limited. Ces deux éléments lui donneront accès à certains fûts d'exception et lui permettront de réaliser des embouteillages remarquables, voire légendaires (qui a dit Skeldon ?).
- Le voyage à Haïti, la découverte d'un pays hors du commun où l'agriculture n'a pour ainsi dire pas évolué depuis deux cents ans et où les produits sont au delà du bio. Bien sûr, cela est allé de pair avec la visite de très nombreuses distilleries (ou guildiveries comme on dit là-bas) - il faut savoir qu'il y en a plusieurs centaines sur l'île - et la sélection des trois clairins désormais commercialisés par Velier : Sajous, Vaval et Casimir.


Il y en a un paquet d'autres histoires et de détails truculents, qui lorsqu'ils sont racontés par ce personnage, prennent toute leur saveur. Il y a un côté one man show dans ses apparitions, qui les rendent encore plus passionnantes, vivantes, intéressantes et drôles.
Si vous avez l'occasion de voir Luca Gargano, ne manquez pas ça, même sans les rhums, ça vaut le détour ! :)



Les deux premiers d'une longue série.
Alors, et les rhums justement ? A quoi avons-nous eu droit ce soir-là ?
Eh bien, comme annoncé, on commence par un clairin. Le Sajous, du batch 3. J'ai eu l'occasion d'y goûter lors du Whisky Live et ce n'est pas mon préféré sur les trois de cette dernière fournée mais il reste très expressif et typique de ces rhums pur jus haïtiens découverts il y a environ deux ans. Un bon début de dégustation.
C'est le seul auquel nous avons eu droit ce soir-là et ce n'est pas bien grave vu la suite des hostilités.


La suite, justement avec le Libération 2015 sous ses deux versions. Je vous en ai également parlé dans mon article relatant mes aventures Whisky Liviennes. Les deux sont bons et plus boisés que leurs prédécesseurs ; ma préférence reste du côté du 2012 version intégrale (brut de fût) mais cette version plus âgée de presque trois ans se défend plutôt bien.


Tout est sur l'étiquette
Nous avons ensuite eu droit à un rhum de la Barbade.
J'avais déjà pu y tremper les lèvres il y a quelques semaines et je ne peux que confirmer que, malgré son jeune âge (même pas trois ans), il est étonnamment "abouti". Un rhum qui méritera une dégustation posée pour en apprécier pleinement les qualités !

Ce rhum fait partie de la série, à sortir, Habitation Velier, qui comprendra des rhums d'horizons différents. La Jamaïque (avec entre autre un blanc à la fermentation de 3 mois (!) ainsi que des vieux) qui produit des rhums tellement expressifs et typés, définitivement parmi mes origines préférées du rhum.
La Barbade donc, avec la distillerie Foursquare, dont le patron Richard Seal est un fervent défenseur de rhums authentiques et vierges de tout ajout. Parmi les rhums classiques de cette distillerie vous avez par exemple le RL Seales 10 ans, et sa forme de bouteille si caractéristique ; c'est pour moi un bon rapport qualité prix qui vous donnera une bonne idée des rhums de ce pays (et bien sûr un rhum sans aucun additif).
La Guyane Anglaise, avec un très intriguant Port Mourant (alambic en bois) blanc !
Et enfin Marie Galante avec l'alambic qui sert déjà à l'élaboration des rhums Libération.
Si vous voulez voir toutes ces jolies - et informatives - étiquettes, c'est par-là : http://www.velier.it/prodotti/ricerca-e-selezioni-gargano/habitation-velier

J'ai HÂTE ! :)


To be continued...


dimanche 18 octobre 2015

Mon Rhum Live 2015 - partie 2


Très, très bon.
Après cette mise en jambes, je suis allé faire un tour dans nos Antilles Françaises avec Neisson et Bielle.

Neisson, "petite" maison de Martinique que je commence à connaître (en tout cas leur gamme "normale"). Aussi n'ai-je voulu que m'attarder sur ce que je ne connaissais pas, à savoir, leur single cask à la jolie bouteille peinte à la main. Un nez très agréable sur le bois vert/tendre, une fraîcheur sur l'attaque qui laisse place à une bouche plus lourde et plus complexe. Malheureusement il perd un peu sur la longueur.

Téléportation au bar VIP (ouvert à tous le lundi) pour goûter au nouveau millésime 2004. N'ayant pas pris de notes, je peux simplement vous dire, qu'à mon goût, il est meilleur que le 2005, d'un rare équilibre entre le vesou et le bois du fût, très fin, très long et très gourmand. Une sacrée réussite !


Vraiment à regoûter !
Direction Marie-Galante et le stand Bielle. Je suis un peu spécial (semblerait-il) concernant Bielle : j'adore certains de leurs rhums (le 2003 sans parler du 1994) mais je ne suis pas fan de leurs millésimes en carafe, comme le 1998 par exemple.
Quoi qu'il en soit, plusieurs nouveautés à cette rentrée.
Commençons par le nouveau blanc, le Canne Grise, nouveau mono cépage sur le marché et à ma connaissance le premier utilisant cette variété. Comme les autres blancs de la maison, il est à 59°, ce que je trouve un tantinet trop élevé.
Celui-ci n'est pas très sec et n'est pas trop sur la fraîcheur, il a même un petit côté sucré en attaque bien agréable (et de légères notes saline ? A confirmer :)). Et l'alcool alors ? Il passe étonnamment bien ! Bref, pas mal du tout.

Le 2004 ensuite, une de ces "fameuses" carafes qui me laissent habituellement froid. Au nez, c'est très bien mais en bouche, son boisé ne me plait pas (comme sur les autres). La finale est longue sur le bois (oui toujours ce bois), le sucre roux  et un léger côté mentholé.

Pour moi du meilleur (à droite) au moins bon (à gauche) - je sais je suis bizarre.
On continue sur la bouteille 40ème anniversaire, un brut de fût de 2008 embouteillé à 53.4°. Là je me dis que ça va sans doute être plus mon truc, dans la veine des 2003 et 2007. Je ne me trompe pas, même si là, son vieillissement en fût de Jack Daniels l'a beaucoup marqué et cela ne plaira pas à tout le monde. Personnellement j'aime bien ses fruits à coque, sa gourmandise (relative) et la vanille apportée par le fût.

On finit avec un autre rhum disponible au bar VIP, le Bielle 2001. Ah ben en fait non, j'aurais dû m'arrêter au précédent. Je sais que je vais me mettre des gens à dos, mais il ne m'a pas plu. Je ne peux même plus vous dire pourquoi si ce n'est que ce boisé, qui ne me plait pas était encore de la partie. Bon, moi ça me va, ça me fait une bouteille chère de moins à acheter :P


Après la langouste, les grenouilles.
On reste sur Marie-Galante mais on passe chez Velier, que dis-je, dans l'UNIVERS Velier !
Et on y met un pied par ce rhum si longtemps attendu par beaucoup d'entre nous : le Libération 2015.
Vous vous en rappelez sans doute, le 2012 brut de fût est vraiment un de mes rhums favoris (je viens de terminer ma première bouteille et sa petite sœur attend patiemment :)).
J'étais vraiment ravi de pouvoir enfin découvrir ce que trois ans de plus en fût ont pu apporter à ce rhum.
Sa version réduite à 45° tout d'abord fait clairement penser au 2012. La différence principale : un bois plus présent et des arômes de fruits à coque marqués. Pas mal.
Et en brut de fût ? Les 58.4° se font sentir (même peut-être plus que sur le 2012 en version intégrale alors que ce dernier a quelques degrés de plus). Sans que ce soit tellement étonnant, il est plus... tout : explosif, puissant, intense et long.
Quant à la différence principale avec le 2012, c'est pour moi un boisé plus présent. Personnellement je pense préférer le 2012 mais c'est vraiment une affaire de goût, les deux étant très bons.


Je suis fan des clairins :)
Continuons avec les perles d'Haïti, les clairins. Voici le batch 3. Après la redistribution des cartes entre le premier et le second batch, qu'en est-il sur ce troisième ?
Sur le Sajous, on retrouve les traceurs du batch 1 avec une dominante végétale, florale et de canne. Malheureusement il n'est pas exempt d'une certaine amertume en fin de bouche qui gâche un peu le plaisir.
Le Vaval, lui, est plus "organique" sur le champignon et un léger côté iodé. Il est sec en bouche, au point de l'assécher. Moyennement long, il offre des notes de réglisse sur la finale. Bon mais pas au niveau du batch 1 pour moi.
Et le Casimir alors ? C'est le plus expressif des trois ! On retrouve la truffe caractéristique, si marquée sur le batch 1. En bouche il est explosif et expressif et la finale est intense tout en étant "sucrée". Pas aussi extrême que le premier batch mais ce n'est pas pour me déplaire. Pour moi le meilleur des trois, suivi de près par le Vaval.


Une autre sensation du salon chez Velier, ce sont les nouveaux Caroni et il y en a quatre !
J'ai d'abord commencé par le 17 ans (55°). Le nez est typé Caroni sans l'être trop ; il est également légèrement réglissé et mentholé. Une impression gourmande s'en dégage. La bouche nous dévoile un Caroni sans le moindre doute mais sans être monolithique, de plus il est (très légèrement) sucré. La finale est sur le bitume et le caoutchouc (normal) mais aussi sur des notes fumées tandis qu'après quelques instants, le sucre roux et un petit quelque chose de floral apparaissent.

Le Millénium (mis en fût en 2000 donc) est intéressant du haut de ses 60° en ce sens que c'est le plus végétal (herbes de Provence, gin) des Caroni que j'ai pu déguster. La bouche confirme cette atypicité (qui est un mot qui devrait exister :P) avec des arômes floraux (en plus de ceux des Caroni plus classiques).

Caroni et Demerara, les deux mamelles de Velier (pour l'instant)
Il nous reste donc les deux monstres, tous deux 2000 également. Le premier à "seulement" 68.4° nous offre un produit étonnamment gourmand avec un alcool bien intégré. Il m'a rappelé certains autres Caroni récents que j'aime bien. Le tabac et le mentholé sur la finale le rendent encore plus intéressant.
Attaquons-nous maintenant au 70.9°. Le premier nez n'était pas Caroni mais cela a rapidement changé ensuite et l'alcool titille le nez. Pas qu'au nez ! En bouche on a un alcool très marqué (peut-être même un peu trop pour moi). C'est le plus "Caroni" de la journée :)


On termine notre excursion chez Velier avec le Diamond 1999 - et là si vous suivez, vous vous dites "il existait déjà ce rhum". Vous n'aurez pas tort si ce n'est que cette version a plus d'alcool, 64.7°, celle précédemment sortie était à 53.1° (et n'était pas trop à mon goût). Ces degrés supplémentaires lui ont-ils fait trouver grâce à mes yeux ? Eh bien j'ai été le premier surpris à me voir répondre oui à cette question. Un nez gourmand et boisé (sans l'être autant que sa version moins puissante, ce qui était le problème principal). On reste sur les mêmes notes en bouche avec un léger côté tannique. Il m'a fait penser au Diamond 1996 (celui à 63.4%).

J'attends la suite, j'ai hâte !
Dernière étape chez Velier avec une bouteille très intrigante, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre (ainsi que ses petites copines) et qui créé un engouement assez exceptionnel.
Velier a décidé de proposer un certain nombre de bouteilles de différentes origines sous le nom d'Habitation Velier. Il devrait y en avoir  huit (pour commencer j'imagine) toutes en brut de fût, dont plusieurs jamaïcains (!), des rhums de Guyane Anglaise (dont un blanc !!) ou encore d'autres en provenance de la Barbade (de chez Foursquare). C'est d'ailleurs un de ceux-ci que j'ai pu goûter et il m'a fait une bien bonne impression.
Ajoutez à cela que les prix devraient être aux alentours de 50€ (!!!) et vous pouvez être certains que je vais faire des stocks. La date de sortie reste encore à définir précisément, je guette.


On oublie celui de droite et on garde celui de gauche !

Pour conclure, on repart en Guyane Anglaise en faisant un petit tour du côté du bar VIP, mais nous passons cette fois chez Silver Seal, autre grand embouteilleur italien de spiritueux.
L'Enmore 1986 - 21 ans - (55°) d'abord. Réglissé et torréfié ; c'est même assez intense. Intéressant mais ce n'est pas trop mon truc.
L'Enmore (oui on reste sur cette distillerie/alambic) 1977, toujours de Silver Seal, ensuite. Ses 32 années de vieillissement me faisaient craindre de me confronter à du "jus de bois". Eh bien, pas du tout ! Un monde de fruits, de douceur, de puissance, de complexité, de boisé, de longueur... Tout simplement un des meilleurs rhums qu'il m'a été donné de boire.
Seul problème : son prix :(


C'est sur bouteille exceptionnelle que mon récit s'achève. A l'année prochaine Whisky/Rhum Live !