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dimanche 20 mars 2016

Tâter le cul des vaches au Rhum Fest : deux concours très rhum


Bonjour à tous,

Une fois de plus, je dois m'excuser pour un titre douteux.
C'est sous cette appellation foireuse que je vais vous parler des deux concours auxquels j'ai participé en tant que juré il y a quelques jours de cela, le hasard du planning voulant que ces deux journées s'enchaînent (il faut avoir la forme :)).


Une énorme variété dans ces blancs
Pour commencer : le premier jour des éliminatoires ou sélections du concours du Rhum Fest.

Cette année, rendez-vous est donné à la Rhumerie dans le centre de Paris.
Comme lors de la précédente édition, il faut être prêt à passer une journée (presque) entière à déguster ! On ne parle pas d'une dizaine de rhums, mais plutôt d'une quarantaine, et en tous genres.



Les "mêmes" mais en très vieux
Justement, à quoi avons-nous eu droit ?

Quatre catégories en tout, deux le matin et deux l'après-midi, avec dans le désordre, et si ma mémoire défaillante ne me fait pas défaut : des rhums de mélasse de plus de 11 ans, des agricoles ambrés, des punchs et des blancs de mélasse. Compte final : 38 rhums (ou boissons à base de rhum) ! Et encore ça c'était pour ma table et celles de mes voisins immédiats, mais dans l'autre partie de la salle, d'autres rhums ont été dégustés.
Alors oui 38, ça fait pas mal. Mais je dois avouer que comme les catégories sont bien faites, il n'est pas trop compliqué de pouvoir les déguster et les évaluer (en eux-mêmes et les uns par rapport aux autres).

Rechargeons les batteries
On n'oublie pas le bon petit plat pour faire une pause à midi et ingurgiter un peu de solide, et nous ne sommes pas loin d'une super journée ! Et encore, c'est sans parler des nombreuses personnes de qualité présentes ;)


J'aime vraiment ce genre d'exercice ; goûter plein de choses, sans savoir ce que c'est, tenter d'identifier des arômes, les comparer les uns aux autres, trouver les défauts potentiels... C'est vraiment un excellent apprentissage. De plus, cela permet aussi de déguster des rhums (voire même des catégories entières de rhums) que l'on a pas l'habitude de boire et donc d'élargir ses horizons et de garder un esprit (et un palais) ouvert.

Le dessert en quelque sorte ^^
Sinon niveau organisation, on était bien ; nos G.O. ont bien bossé. J'ai trouvé très intéressant le fait que les catégories aient été modifiées cette année ; les rhums de mélasse ont été séparés selon leur méthode de distillation : alambic, colonne ou assemblage. Autrement dit, on se rapproche des catégories de Luca Gargano (dont je vous reparlerai prochainement), et ça, c'est clairement un plus.
Merci à eux !
Si je ne devais revoir qu'une chose (et c'est très personnel), ça serait le poids de chacune des caractéristiques à noter, avec principalement une augmentation de l'importance du nez sur la note finale :)


J'ai hâte de pouvoir passer une autre journée de ce genre (et ça sera le cas d'ici deux semaines :D).



Le lendemain : Concours Général Agricole, catégorie rhums et punchs.
C'est après une bonne nuit de repos (et la dégustation des très bons rhums la veille au soir, ben oui quoi... 38 en une journée c'est un peu léger :P), que je me présente au Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour être juré dans ce prestigieux concours.

Et là c'est la roulette. Autant, sur le concours du Rhum Fest, sur le nombre de catégories à déguster, il y en aura au moins une (voire plusieurs) bonne (à mon goût) sur la journée. Là, c'est tout au rien : entre les boissons alcoolisées à base de rhum parfumées à la banane et les rhums AOC Martinique de 6 ans et plus, mon choix est vite fait. Mais voilà, on ne choisit pas ^^
Cependant encore cette année je n'ai pas été malheureux et suis tombé sur les blancs pur jus avec indication géographique (essentiellement la Guadeloupe) à 50°.
L'année dernière, c'était la même chose mais à 59°, on reste donc sur la même île (si on y intègre Marie Galante).
Cette fois-ci cependant ce sont six rhums que nous avons à déguster. A noter qu'une autre table déguste six autres rhums de la même catégorie (12 pour une seule table, ça ferait trop).


La différence principale avec le Rhum Fest est ici les délibérations qui ont lieu sur les potentielles remises de médaille. En effet, il doit y avoir un consensus entre tous les membres de la table sur le nombre de médailles à donner (il y a une limite proportionnelle au nombre de bouteilles dégustées) ainsi que leur métal. 
A notre table, aucun souci sur la première médaille décernée, ça sera l'or, tout le monde est d'accord. En revanche, nous ne pouvions donner que deux médailles en tout et deux autres rhums se sont distingués. Ça ne qu'après de nombreuses minutes que nous nous sommes finalement mis d'accord.

Étiquette qui fait très Père Labat...
Bien sûr à ce stade, nous ne savons pas à qui nous avons décerné ces médailles et ce n'est que plus tard, en recoupant mes impressions gustatives et la publication des résultats que je me rends compte que nous avons donné l'or à Longueteau. Cela ne fait que confirmer tout le bien que je pense des rhums blancs de cette maison !

A noter que cette année, pas de saucisse de Morteau dans le hall mais de la charcuterie et des pâtés, ce qui a permis de déguster dans de meilleures conditions.


Une fois le concours terminé, passage obligé sur le Salon de l'Agriculture, histoire d'acheter un kouign-amann et de voir s'il y a des choses intéressantes côté rhum.

Après une dégustation (toujours intéressante et agréable) chez Bielle, je remarque un peu plus loin, dans une vitrine, une bouteille inconnue au bataillon. Je demande à la très sympathique dame sur le stand si ce rhum de Tahiti est à déguster, et c'est après m'avoir donné une fleur de tiaré, qu'elle me sert discrètement quelques centilitres du breuvage (qui devait n'être ouvert que le lendemain) dans un petit gobelet en plastique. Et je dois dire qu'il m'a fait forte impression, avec une vraie identité olfactive. Ne reculant devant rien, je demande à cette très gentille hôtesse si elle peut m'en resservir un peu mais cette fois-ci dans le verre INAO offert le matin même aux jurés du concours.
En voilà encore deux méconnus
Et là, les arômes sont assez différents. Il n'est pas désagréable mais devient bien plus étrange ; si je vous dis fruits de mer au nez, ça vous fait envie ?
Bref un rhum que je suis curieux et impatient de regoûter ailleurs que dans un salon (d'autant plus que les odeurs de cuisine étaient vraiment omniprésentes).

C'est sur le chemin de la sortie que je tombe sur un stand qui proposait entre autre les rhums Darboussier, dont deux blancs, un 50° et un 59°. Le voilà le quatrième 59° après les trois de Marie-Galante.
Bon la fatigue venant, je n'ai pris aucun note de dégustation de ce deux rhums, dégustés l'un à la suite de l'autre. Cependant très bonne impression générale pour des blancs que l'on ne voit que rarement. L'un était plus intéressant sur le nez sur le jus de canne et l'autre sur la bouche et au niveau longueur.
Décidément ces blancs de Guadeloupe sont vraiment à découvrir et n'ont pas à rougir face à la plupart des leurs homologues martiniquais.


C'est sur cette ultime dégustation que s'achèvent ces deux journées dédiées, une fois de plus, au Rhum :)


dimanche 8 mars 2015

"Tâter le cul des vaches" au Salon de l'Agriculture - Bonus

Mon salon de l'agriculture côté rhum ne s'est pas réduit à ce que je vous ai raconté la semaine dernière.


Comme vous pouvez l'imaginer, la plupart des régions de France étant représentées, les départements et les territoires d'Outremer ne sont pas en reste. Plusieurs stands offraient des mets des îles, solides et liquides :) Vous serez surpris d'apprendre que je me suis plus intéressé à cette dernière catégorie.


La Martinique
Deux types de stands nous étaient offerts, les deux proposant des bouteilles à la vente et des boissons à consommer sur place. Mais certains étaient clairement plus axés sur l'aspect bar, avec leur lot d'amateurs utilisant leur coude de manière intensive.
Les autres étaient plus là pour vendre des bouteilles que des verres, même s'ils proposaient tous des dégustations de leurs produits.

On retiendra dans cette seconde catégorie deux lieux dédiés aux rhums de Martinique, l'un proposant des rhums de presque toutes les distilleries de l'île dans une ambiance plus "feutrée", même si ce n'est sans doute pas exactement l'adjectif qui convient étant donné le monde amassé devant le comptoir...

Je ne m'y suis pas attardé mais j'ai bien aimé l'idée de leurs vitrines mettant en exergue l'intégralité du terroir martiniquais de par leur sélection de bouteilles.


Le second stand dans le même style était celui dédié à Clément et JM.
Une ambiance assez "remarquable" avec un groupe de joyeux lurons qui essayaient de démontrer leurs talents de choristes.
Clairement à voir le visage et le côté "métronome" de certains, je me suis laissé dire que les bons produits servis par les charmantes hôtesses n'étaient pas étrangers à cette soudaine vocation chantante (il était environ 13h00 soit dit en passant).

A retenir : une carafe JM 1845 à 80€ ! Un confrère n'a pas hésité longtemps avant de ranger cette bouteille dans son paquetage.



Ce que c'est bon !
Parmi les marques bénéficiant de leur propre espace, nous avions cette année Bielle, célèbre distillerie de Marie-Galante, étant souvent considérée comme la meilleure de l'île (qui a dit, de toute la Guadeloupe ?).

Ils proposaient, entre autre, cette année leurs nouveautés pas encore sorties en métropole dont le Brut de Fût 2007. Je vous ai déjà parlé du 2003, qui est tout simplement exceptionnel, même si je déplore sa récente augmentation de prix ; ça ne m'a pas empêché d'en racheter une après la disparition prématurée de la première (à laquelle je ne suis pas étranger).

Quoi qu'il en soit j'avais pu goûter cette version 2007 chez A'Rhûm et il m'avait bien plu. Plus boisé que le 2003 mais toujours de très bonne qualité. Quand j'ai vu le prix, je n'ai pas hésité longtemps ! A 60€, c'était vraiment une affaire et je ne me suis donc pas privé (oui j'aurais même dû en prendre plusieurs...).


A 530€, en revanche, je ne me suis toujours pas pris la carafe 1994 brut de fût... Un jour, un jour... Un jour ? Un jour !



Plein de jolies choses !

Pour finir j'aimerais parler d'une boutique présente sur le salon : Rhums et Cocktails.

Ils ont pour l'instant deux boutiques, une à Nantes et une à Brest mais ont déjà pour projet d'en ouvrir une troisième dans l'est de la France.

Outre leur très large choix de bouteilles, dont quelques raretés, telles que le Séverin 10 ans ou encore la Cuvée Princesse de Trois Rivières (qui a fait le bonheur de quelques confrères ;)), ce qui m'a bien plu c'est la gentillesse, l'amabilité et la passion du patron. Vraiment super sympa et disponible !


Si vous êtes d'un autre coin de la France et ne voulez pas attendre qu'une boutique ouvre vers chez vous, vous pouvez visiter leur site internet de vente en ligne à cette adresse, qui est pas mal foutu :
http://www.rhums-cocktails.com/





Si je devais conclure sur mon expérience "Salon de l'Agriculture", je dirais que ça a été très intéressant et sympa de découvrir, non seulement le concours général agricole, mais aussi le salon en lui-même, que je ne connaissais pas.

Je ferai mon possible pour y retourner l'année prochaine, pour à nouveau faire partie du jury rhums et je vais aussi élargir mes possibilités pour aller déguster et juger d'autres produits, parce que, par exemple, goûter plein de magrets séchés, et bien ça me botterait bien aussi :)



dimanche 1 mars 2015

"Tâter le cul des vaches" au Salon de l'Agriculture

Aujourd'hui s'achève la je-ne-sais-combientième édition du Salon de l'Agriculture qui se tient Porte de Versailles à Paris.

Et pour la première fois cette année, j'y suis allé, ma présence devenant un événement majeur de cette manifestation d'envergure ;)
En plus, non pas une mais deux fois !


Le mercredi, en famille, principalement pour aller voir les animaux, titiller les lapins avec de la paille, s'extasier devant des bœufs de plus de deux tonnes (oh, la belle bête) ou encore se pâmer devant les bébés cochons parce que, quand même, c'est drôlement mignon des bébés cochons.
Je dis "principalement" du fait que quelques ti punchs et autres planteurs y sont passés, il ne faut quand même pas déconner :)


Mais ce qui m'amène à écrire cet article c'est mon expérience de la veille, le mardi 24, au matin.

En effet, deux mois plus tôt, j'avais décidé de tenter ma chance pour faire partie du jury du Concours Général Agricole. Vous savez, ces gens qui mangent de l'andouillette, du fromage de tête voire des tripouillettes (mot totalement inventé par moi mais je voulais un mot de trois syllabes se finissant en "ette" :P) et qui décernent des médailles aux meilleurs de ces produits.
Et bien ces gens font la même chose avec le rhum, et là ça m'intéresse tout de suite beaucoup plus (attention j'aime beaucoup l'andouillette aussi !).

J'ai donc dû remplir un formulaire de candidature dans lequel j'ai fait tout mon possible pour me vendre :
"Je suis passionné... J'ai plein de bouteilles... J'ai un blog..." Tout ça, tout ça.

Après quelques jours d'attente, je reçois un email : vous avez été retenus pour être juré au concours Rhums et Punchs du mardi 24 février à 9h30. Alors oui, ça peut sembler un peu tôt pour boire du rhum mais en fait ça ne passe pas trop mal et comme on dit "Si tu bois du rhum le matin, tu n'es pas un alcoolique, tu es un pirate".
Et plus sérieusement les papilles sont plus vierges et pas influencées par les différents aliments ingurgités tout au long de la journée (même si manger un petit quelque chose au petit déjeuner est grandement recommandé avant d'entreprendre une telle dégustation !).

Fermés
Quoi qu'il en soit, je suis bien content de pouvoir découvrir quelque chose d'inédit.


Après plusieurs semaines d'attente et un jour de congé posé, me voilà fin prêt à participer à l'événement.

J'ai de la chance, j'habite à cinq minutes à pieds du centre des expositions ; je m'y rends donc tranquillement, direction le Hall numéro 2 où tout va se passer.


A peine arrivé, je reconnais plusieurs confrères et on se rassemble naturellement pour papoter tout en faisant la queue pour recevoir notre badge et quelques petits cadeaux.
C'est avec une enveloppe pleine de petites choses sympathiques en main que nous attendons le début des hostilités. Il y a, entre autre, le badge qui permet d'accéder à l'espace de dégustation sur lequel est indiqué le numéro de la table à laquelle chacun est assigné, et qui déterminera donc le type de produit à tester, mais je vais y revenir.
Ouverts
Après quelques minutes, mouvement de foule : les portes sont ouvertes. On y va !

Je découvre l'espace dédié et me fraye un chemin entre les tables où différents pâtés et rillettes s'exposent fièrement (il n'y a pas que le rhum qui sera jugé ce matin) et arrive en vue de tables recouvertes de bouteilles toutes identiques par la forme mais certaines remplies de rhum blancs, d'autres de rhums vieux ou encore de rhums arrangés/punchs.
Je peux vous dire qu'à ce moment-là, je n'espère pas me retrouver à devoir goûter des punchs. Ce n'est pas que je n'aime pas ça mais cela m'enthousiasme clairement moins que le rhum et devoir tester entre cinq et huit produits sucrés (voire hyper sucrés) ne m'emballe pas outre mesure.


Bref, je pars en repérage afin de trouver ma table, la RHU-18. Je ne tarde pas à tomber dessus et ai la bonne surprise de me trouver devant des rhums blancs (j'étais tout aussi intéressé par tester des rhums blancs que des rhums vieux). En revanche il n'y a que quatre bouteilles, alors que la plupart des tables alentour en ont plus, jusqu'à une dizaine dans certains cas.
Je regarde les bouteilles de plus prêt et peux y lire, outre le numéro de la table et le code d'identification de la bouteille, la catégorie à laquelle ces rhums appartiennent : "Rhum blanc agricole avec indication géographique de 59°". Ah !

Les concurrents dans les starting blocks !
Qu'avons-nous en face de nous ? Premièrement, comme je l'ai dit, un rhum blanc. Ensuite, et heureusement pour moi, c'est un agricole, les blancs de mélasse étant rarement très intéressants (même s'il y a des exceptions). Pour ce qui est de la mention "indication géographique", j'imagine qu'il s'agit de rhums tous issus de la même région. Et enfin, ils titrent à 59° d'alcool. Là immédiatement je pense Marie Galante ; c'est à ma connaissance le seul endroit où sont produits des rhums de ce degré. Problème : il n'y a que trois distilleries sur l'île, et nous avons quatre bouteilles sur la table, étrange.

Je pose mes affaires et vais faire un tour des tables pour voir là où mes connaissances sont assignées. Il y a un peu de tout : rhums blancs non agricoles, rhums blancs agricoles AOC, rhums vieux agricoles de plus de 4 ans, punchs ananas, shrubbs... Il y en a pour tous les goûts.

Je retourne à ma place (non sans m'être moqué du confrère, qui va devoir goûter sept rhums arrangés d'affilée :P) et je vois que ça s'est rempli : mes cinq co-jurés sont arrivés.
Afin de briser la glace, nous faisons un tour de table des présentations et je me rends compte que nous avons un panel très varié et à la fois très complet : trois amateurs avertis (dont moi), un connaisseur en armagnac et en pelardon (si je me souviens bien) - oui le fromage - une spécialiste des rhums français de par son poste au sein d'un organisme étatique dédié aux DOM TOM et enfin un expert ayant un rapport encore plus direct avec le rhum du fait de son implication directe avec l'AOC Martinique.

On parle, on parle, un des commissaires du concours passe à notre table et nous rappelle comment la dégustation va se passer ; on parle, on parle, toutes les autres tables entament leurs premières bouteilles et nous... on parle :D

Ce n'est encore que quelques minutes plus tard que nous allons finalement nous atteler à notre tâche. Et justement cette tâche, en quoi consiste-t-elle ? Chacun des rhums va être testé et évalué par chacun des jurés sur cinq critères : couleur, limpidité, impression olfactive, impression gustative (1ère impression), impression gustative (longueur). Chacune de ces caractéristiques se verra attribué une "note" sur cinq (de insuffisant à excellent) et le rhum recevra une note globale sur vingt. Ces notes sont individuelles, chaque juré décidant selon ses propres goûts, expérience et préférences de l'évaluation à donner.
J'insiste sur la notion d'évaluation personnelle. Il est extrêmement difficile de ne pas se laisser influencer par les commentaires des autres sans même nécessairement s'en rendre compte. Un peu à la manière d'un arôme que l'on détecte (ou que l'on croit détecter) uniquement parce que quelqu'un l'a mentionné. Un tel "phénomène" aurait la fâcheuse conséquence d'uniformiser les appréciations et notations des uns et des autres.

Il est à noter que déguster des rhums "sérieusement" est nettement plus compliqué, quand au même endroit, il y a aussi une dégustation de saucisse de Morteau. Parce que c'est bon la saucisse de Morteau mais ça sent drôlement fort le fumé... ^^

Gros plan sur les étiquettes (et des arrangés dans le fond)
Une fois les quatre rhums dégustés (nous avons de l'eau, du pain et des crachoirs pour aider nos papilles), le président de la table, désigné au préalable de manière collégiale, va recueillir les notes sur 20 et faire une moyenne. Nous voilà donc avec un classement. Nous pouvons alors décider si nous souhaitons donner une médaille (ou plusieurs mais la limite est normalement fixée à 30% du nombre de bouteilles en lice, dans notre cas, nous ne pouvions donc donner qu'une médaille) ainsi que son métal. Il est donc tout à fait possible de ne pas attribuer de médailles si le jury estime qu'aucun des produits ne le mérite.

Une fois ce choix difficile effectué (toute la table doit être d'accord), le président recueille et synthétise les commentaires des uns et des autres afin de donner un feedback au producteur.



C'est avec le sentiment de devoir accompli que nous nous séparons, non sans de chaleureuses poignées de main et que nous partons chacun de notre côté retrouver nos connaissances afin de recueillir leurs impressions et ainsi rendre cette matinée encore plus enrichissante :)