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samedi 2 avril 2016

Habitation Velier, qu'es acò ? - partie 2


Photo defamille
Après la mise en bouche de la semaine dernière, nous y voilà donc, la dégustation de la plupart de ces rhums de l'Habitation Velier.

Allons-y dans l'ordre de dégustation.



Aaahhh... la Jamaïque...
Le Forsyths WP 502 (57°) pour commencer.
Petite explication de texte avant d'en venir à la dégustation en elle-même.
- Forsyths est le nom de l'alambic sur lequel ce rhum a été distillé.
- WP sont les initiales de Worthy Park, la distillerie de Jamaïque où cet alambic se trouve.
- 502 est le nombre de congénères mesurés dans ce rhum ; en gros plus ce chiffre est élevé plus le rhum sera expressif, et goûtu et 502 est un GROS chiffre :D Pour référence c'est environ deux fois plus que sur les rhums agricoles.
Autrement dit, vous avez déjà dans le nom de ce rhum plus d'informations que sur bon nombre d'étiquettes de rhum ^^

Comme l'a précisé Luca Gargano, lors de la présentation de ce rhum, il est le fruit d'une commande spéciale passée à la distillerie. En effet, le patron de Velier a voulu avoir un rhum dans la plus pure tradition jamaïcaine, avec comme élément prépondérant une longue fermentation, ici 3 mois ! Là aussi pour comparaison, la majeure partie des rhums ont une fermentation de moins de deux jours.

Précision importante, il s'agit d'un rhum blanc. La plupart des rhums à sortir sous le nom d'Habitation Velier sont blancs (pour l'instant). Cela peut surprendre mais cela permet de se frotter à l'expression "pure" d'un alambic et d'avoir le produit brut face à soi, avant "l'altération" du fût, ce qui est extrêmement intéressant.

Au nez, il est vraiment expressif. A peine le liquide versé dans les verres, la pièce a été envahie des parfums tellement typiques des rhums de Jamaïque : des esters à foison, ce côté colle-polycopié, la banane très mûre, voire pourrie... La dégustation des clairins un peu plus tôt dans la soirée m'a permis de leur trouver un parallèle sur le côté organique.
L'attaque en bouche est étonnamment douce et onctueuse. Les arômes qui se développent ensuite, cependant, sont dans la lignée du nez : jamaïcains. Ajoutez-y une pointe poivrée et vous avez une bouche intense et douce à la fois.
La finale, comme l'on peut s'y attendre, est très longue et n'est pas dépourvue d'une très légère sucrosité. Ce qui est impressionnant c'est qu'elle ne bouge pas et reste "stable" un bon moment.
Voilà un rhum qui ravira les amateurs de rhums de cette île et qui sera un excellent moyen de comprendre ce qu'est la typicité des rhums de Jamaïque.


AAAHH !!! LA JAMAÏQUE !!!
Le Forsyths WP 151 Proof (75.5°) en second.
Il s'agit en fait du même rhum que le précédent mais, comme vous l'aurez remarqué, au degré d'alcool plus élevé. C'est le degré traditionnel des rhums utilisés pour l'élaboration de certains cocktails.
Il est indiqué qu'il ne doit pas être bu pur et le symbole "produit toxique" (vous savez la petite tête de mort) est présent au dos de la bouteille ; voilà de quoi nous mettre en confiance :D

Au nez, nous avons une trame similaire à sa version réduite mais pas si proche que ça non plus. L'alcool est bien sûr plus présent mais il est aussi plus complexe. Des notes végétales et poivrées apparaissent. Il est également plus frais que son cousin à 57°. Drôlement sympa !
En bouche, il offre une sensation unique : il chauffe mais ne brûle pas, il s'évapore presque sur la langue, c'est très agréable. Les arômes sont parallèles à ceux de la version réduite mais avec une intensité accrue.
La finale est très longue et plus changeante. Elle offre plus de fraîcheur et une pointe empyreumatique se dessine.
Eh beh ! En dépit des avertissements placardés sur la bouteille, voilà un sacré champion !


Le moins jamaïcain des trois
Le Forsyths WP 2005 (10 ans et 57.8°) pour continuer.
Nous voici maintenant face à un rhum vieilli issu de la même distillerie que les deux précédents.
Un petit mot sur cette distillerie Worthy Park. Luca nous a expliqué qu'il s'agit de la plus vieille distillerie des Antilles mais dont la production a été suspendue pendant une cinquantaine d'année, jusqu'en 2005. Mount Gay à la Barbade serait la plus ancienne distillerie des Antilles n'ayant jamais arrêté son activité.
Ce millésime est donc le plus vieux de la distillerie depuis sa réouverture (puisque distillé en 2005).

Nous avons un nez très gourmand. Le fût est bien marqué, vanille et noix de coco sont de la partie. Des arômes fruités sont également présents, avec la poire, l'amande et la banane. Ajoutez-y une pointe poivrée et vous obtenez son profil. Profil qui est donc assez loin de la Jamaïque.
La bouche est plus sèche et moins gourmande que le nez. Le caramel brûlé, la réglisse. Le côté fruité n'est que sur l'attaque. Des notes empyreumatiques légères sont là aussi.
Comme au nez, la Jamaïque nous manque.
La finale est longue et nous offre un revival des deux premières étapes : réglisse, brûlé (dont le sucre brûlé), coco (qui revient) et enfin boisé.
Un rhum loin d'être aussi extrême et intense que les deux blancs mais qui compense cette relative faiblesse par une grosse gourmandise et une intéressante complexité.


Pas à rougir de son jeune âge
Le Foursquare 2013 (64°) ensuite.
On change de pays et d'alambic pour se confronter à ce très jeune rhum (2 ans passés en fût) de Barbade, qui, rappelez-vous, était déjà disponible au Whisky Live, si l'on demandait gentiment. Il avait fait une grosse impression aux dégustateurs pour un rhum si jeune.

Au nez c'est confirmé, gourmandise, boisé, fruits à coque (surtout la noix), la vanille et une petit quelque chose de poudre à canon. Très intéressant et relativement complexe, d'autant plus pour un 2 ans de vieillissement.
En bouche, l'attaque est douce et l'alcool vient ensuite. Ajoutez aux arômes sur nez, un côté torréfié et vous avez en bouche un rhum efficace et assez simple (loin d'être négatif ici).
Sur la finale, l'alcool se fait sentir et ressortent des notes terreuses/végétales, ainsi qu'une pointe de coco.
Un rhum qui confirme donc la première bonne impression. Je ne le trouve pas très complexe mais pas forcément facile pour autant à bien "identifier". De là à dire qu'il faudra d'autres dégustations (au Rhum Fest ?) pour l'apprivoiser et le cerner, il n'y a qu'un pas... Mais je suis prêt à faire cet effort ! Je suis comme ça moi ; abnégation, sérieux et professionnalisme, tout ça pour vous ;)


En voilà un bel alambic !
Et le Muller LL IV/3177 (59°) pour finir.
Nous voilà cette fois aux Antilles Françaises, plus précisément sur Marie-Galante et si l'on zoom encore, c'est chez Bielle que nous arrivons.
L'alambic utilisé (qui a donné son nom barbare à cette bouteille) n'est autre que celui qui nous a offert les excellents Rhum Rhums, blancs et vieux. Il est situé chez Bielle mais n'est utilisé, à ma connaissance, que pour les rhums PMG ; la production est très indépendante des autres rhums réalisés dans cette distillerie.
Cette expression est embouteillée à 59°, degré traditionnel pour les blancs de Marie-Galante.
Vient immédiatement en tête, presque inconsciemment, la nécessité de comparer ce Muller LL IV/3177 au Rhum Rhum PMG blanc à 56°. En effet, ils sont réalisés sur le même alambic, avec les mêmes cannes et à un degré très proche. C'est cependant un exercice qui ne pourra être réalisé qu'en se livrant à un face à face direct entre ces deux bouteilles. Basé sur mon souvenir relativement lointain du PMG 56°, cette nouvelle "eau-de-vie de canne" ne m'en a pas semblé si proche que ça. A confirmer. Et justement, qu'a donné la dégustation ?

Au nez, c'est fruité et intense, plus que frais. Le jus de canne, bien que présent, n'est pas omniprésent et tout puissant. Trois arômes m'ont frappé : la cerise, l'amande amère et les graines de fenouil. Un joli mélange, sans nul doute à compléter lors d'autres dégustations.
En bouche, l'attaque est plus fraîche que le nez ne nous laissait penser. Elle est cependant également fruitée et anisée (peut-être l'évolution du fenouil détecté au nez).
La finale est l'étape qui offre le plus de fraîcheur. Elle est longue (oui tous ces rhums ont des finales longues, pour ne pas dire interminables pour certains) et relativement citronnée.


Super design old school des bouteilles
Et voilà pour ce tour d'horizons de cette première fournée des rhums Habitation Velier, première fournée malheureusement privée du Port Mourant blanc, qui semblait alors être bloqué quelque part aux Pays-Bas lors de son transit ; espérons qu'il atteigne bientôt nos contrées.
Avec un peu de chance il sera arrivé pour le Rhum Fest à Paris, nous le saurons quand cet article sera publié :)


Maintenant parlons un court instant argent, monnaie sonnante et trébuchante, pépètes, flouze...
Les prix annoncés pour ces bouteilles étaient clairement l'un de leur point fort. Il y a quelques mois, avaient été communiqués des prix pressentis : entre 45€ et 75€. Or il semble maintenant que l'on se dirige plus vers une moyenne plus proche des 70€. Bien sûr cela serait contrariant. Cependant, j'attends de voir ces bouteilles chez les cavistes, car pour l'instant ce ne sont que des conjectures. De plus, il est compliqué (pour moi en tout cas), d'évaluer le prix de telles bouteilles, de par leur qualité gustative et leur caractère unique.


Une prière au Dieu du bon rhum sans doute :)

Pour finir, une petite citation de Luca Gargano, qui s'interrompant au beau milieu de sa présentation (alors qu'il nous fait un passionnant et succinct cours d'histoire sur le rhums et le whisky), interpelle une des convives (fort jolie) :
"Mais je vous ai déjà vue, vous êtes une actrice ? Un autographe ?"

Sacré Luca !






Retrouvez la première partie de cet article ici-même.

dimanche 17 janvier 2016

Le Rhumaton, le retour - partie 1



Vous vous en souvenez sans doute, il y a presque un an et demi, je vous avais fait le récit de cette journée intense, dédiée à la visite de mes cavistes préférés.

Ce temps est assez lointain et je ne jouis plus du luxe de pouvoir passer des journées entières à écumer mes boutiques de prédilection. Il m'est déjà difficile d'aller en visiter un, c'est pour dire ^^

Oui mais voilà, le département dans lequel je travaille a eu la bonne idée de fermer une semaine entre Noël et le Nouvel An. Ma première réaction : "Ah ben merde, je manque déjà de jours de congé et en plus je suis forcé d'en utiliser cinq...". Mais après un moment, je me suis dit que cela serait l'occasion de passer du temps avec l'ex-occupant de la poussette et, pourquoi pas, de retourner chez quelques cavistes ;)

Et les cavistes, ce n'est pas ce qui manque. Impossible de tout caser sur une journée, à moins d'être tout le temps pressé et stressé. Un plan commence donc à germer dans mon esprit : étaler ces visites sur deux jours, l'un en compagnie de Roudoudou et l'autre sans.
D'ailleurs, voilà un autre obstacle à cette activité : mon fils est beaucoup moins accommodant depuis qu'il n'est plus dans sa poussette (à dormir :p). Bon, je le comprends, ce n'est pas passionnant d'être dans un endroit où rien n'est intéressant (sauf de potentiels biscuits ou un poisson rouge :)).

Passée cette entrée, de bonnes choses vous attendent
Parmi les boutiques dans lesquelles je souhaitais me rendre il y avait entre autre L'Adresse Gourmande, qui comme vous le savez, n'est pas la plus proche, je la garde donc pour le deuxième jour.
Je voulais commencer par Juhlès, car c'est là où je ne m'étais pas rendu depuis le plus longtemps. Pour finir, je me dis que je vais passer chez Christian de Montaguère le premier jour parce que juste à côté il y a deux boucheries super bonnes et je voulais manger une super entrecôte :D
Ce qui nous laisse donc A'Rhum pour le second jour.

Me voilà donc avec un plan !


Jour 1
Métro ligne 13, puis ligne 4 (la fameuse ligne du rhum :)) et un Roudoudou passionné par les tunnels du métro. On sort à l'air libre et on parcourt les quelques 300 mètres qui nous séparent de notre objectif.
Petite frayeur à l'approche de la boutique quand de loin j'ai cru qu'elle était fermée, fêtes de fin d'année tout ça. Mais non tout va bien. Je rentre et vois au fond de la boutique le sympathique responsable spiritueux que je connais un peu.
Une des premières choses qu'il me dit : "Je n'ai plus de Velier."
Alors oui, petite déception, je ne venais pas que pour ça mais avais un petit espoir. Pas grave, je scrute les étagères à rhums et remarque deux ou trois choses qui m'intriguent, et toutes en dégustation :)
Un rhum de Marie-Galante embouteillé par un embouteilleur indépendant pour commencer. Il s'agit d'un Bielle mis en bouteille par un vigneron, sous le nom de Saut de l'Ange (je crois mais je ne retrouve rien sur le net à son sujet, donc si je me plante et que vous avez le nom correct, n'hésitez pas ! ;)). Bref, pas mal. Je n'ai pas vraiment reconnu du Bielle cependant. La bouteille était presque vide et cela pourrait être intéressant d'y goûter à nouveau mais comme il s'agit d'un embouteillage assez confidentiel, ça risque d'être compliqué.

J'adore ces étagères, et pas uniquement pour ce qu'elles supportent :)
J'ai pu ensuite déguster ou redéguster quelques embouteillages de la Distillerie de Paris (donc de Juhlès). Si vous n'en avez goûté aucun, n'hésitez pas, certains sont atypiques et intéressants.
Cette fois-ci, mon choix c'est porté sur leur embouteillage jamaïcain, que j'ai trouvé pas mal. Un assemblage de plusieurs distilleries de l'île, typé jamaïcain sans être extrême. Un prix raisonnable (attention quand même il s'agit d'un 50cl), ça fera un cadeau pour la belle-sœur \o/
Ajoutez-y une discussion sur les enfants et sur le Cognac et voilà 45 minutes bien agréablement remplies et une première bouteille dans la besace.


Et c'est reparti pour la ligne 4, arrêt Saint Placide, destination finale : Christian de Montaguère.

Mais avant tout, passage obligé par une boucherie que j'affectionne énormément : Le Bourdonnec. Ce blog n'étant pas un blog sur le bœuf, je vais faire court. C'est un des rares bouchers qui travaille la viande maturée, une viande qui "pourrit" 90 jours dans une atmosphère particulière, ce qui développe son goût et la rend plus tendre. Une fois les parties vertes et bleues enlevées (oui je sais, ça ne fait pas forcément rêver ^^), le résultat est simplement hallucinant. Malheureusement, mais assez naturellement, il faut y mettre le prix. S'ils n'ont pas d'entrecôte de prête, vous trouverez votre bonheur parmi toutes leurs autres succulences ! :)
Mais voilà, ô tristesse, ils étaient fermés en cette dernière semaine de l'année... Heureusement, j'ai mon plan B, une autre boucherie, dans la rue de l'Abbé Grégoire celle-ci, plus traditionnelle mais à la qualité des produits irréprochable. À moi (ou plutôt "à nous" vu la quantité que Roudoudou en a mangé) l'entrecôte d'environ 600g, persillée à souhait.


J'avoue, je recycle cette photo d'un autre article :P
C'est donc équipé pour reprendre des forces au déjeuner, que je dévore les quelques mètres qui me séparent de la boutique de l'Art de vivre au Caraïbes. C'est Jerry qui m’accueille (c'est d'ailleurs lui qui m'avait parlé de cette seconde boucherie). On papote de choses et d'autres alors que je scanne les étagères à merveilles. Et je vois un rhum dont j'ai beaucoup entendu parler mais que je n'avais pas dégusté à ce jour, le Foursquare Port Cask Finish. Et juste à côté, de la même distillerie de Barbade : le Doorly's 12 ans. Je me dis qu'il y a une chance qu'un des deux soient en dégustation. Eh bien non... Les deux étaient ouverts ! Cool :)
Pour rester sur la même gamme de prix, et ajouter une troisième bouteille à cette dégustation, je demande si le La Mauny Signature est également à déguster, et c'est le cas, parfait.

On débute par le Doorly's 12 ans ; il est dans la droite lignée du XO et en est proche. Typique de la Barbade, un rhum sec, boisé, équilibré et aux arômes délicats. Pour un prix très attractif, une trentaine d'euros.

Le Port Finish ensuite (même distillerie : Foursquare), lui aussi pour une trentaine d'euros. On retrouve les caractéristiques de la Barbade mais avec la gourmandise en plus. En effet, il n'est pas dénué de douceur (sans être sucré) ni d'un certain fruité. Un rhum agréable, qui pourra faire la transition entre des rhums sucrés et d'autre plus secs, et qui pourra satisfaire autant les amateurs que les débutants.
C'est celui que j'ai ramené chez moi et il aura exactement cette double fonction. Là aussi une trentaine d'euros, décidément... Et, que ce soit l'un ou l'autre, ce sont des rhums sans aucun ajout. Richard Seale (patron de cette distillerie) est un fervent défenseur des "vrais" rhums, vierges d'additifs.

Le line up du jour
Fin de la dégustation avec un des derniers La Mauny sorti, le Signature. Je vous en ai déjà parlé dans cet article. Un VO (3 ans de vieillissement), qui n'a pas à rougir devant certains de ses grands frères et qui peut se déguster pur, ce qui est rare pour un "simple" VO. Bref, impression confirmée à cette seconde dégustation : une vraie complexité, une relative douceur et les repères agricoles bien présents.
Et là encore un petit prix !

Cette excursion chez Christian de Montaguère permet, une nouvelle fois, de montrer qu'il existe nombre de rhums de qualité à prix réduits. Ces trois-là en sont de parfaits exemples.


C'est ainsi que s'achève cette première journée.


dimanche 22 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 1


Samedi 7 novembre, 00h51. Un mail arrive dans ma boîte. Envoyeur : Christian de Montaguère. Objet : invitation pour une rencontre avec Luca Gargano. Réaction dans la tête de Laurent : "Tatata tata tata" (sur un air de samba).

On est parti pour passer une bonne soirée !

Je lis brièvement l'email et comprends donc qu'il y une soirée organisée dans la boutique de Christian pour rencontrer Luca Gargano, le patron de Velier (embouteilleur indépendant et importateur italien), et aussi bien plus que cela.
J'ai déjà écrit un article sur ma première rencontre avec le monsieur il y a presque un an et demi de cela, dans lequel j'avais eu du mal à ne pas laisser transparaître mon enthousiasme.
Cette fois-ci le flyer nous annonce la dégustation de clairins (ces fameux rhums blancs de pur jus de canne d'Haïti), du Libération (j'imagine le 2015), ce rhum agricole de Marie Galante élaboré sur alambic dans la distillerie Bielle avec l'aide de Gianni Capovilla, et enfin une surprise. Et moi j'aime bien les surprises, surtout quand elles ont un rapport - même éloigné - avec Velier ;)

Quand il sert il ne fait pas semblant :)
Cette fois-ci je ne fais pas mon boulet et pense à réserver ma place pour cette soirée qui s'annonce exceptionnelle.


Jeudi 12, date fatidique, je me mets en route depuis le boulot et arrive presque à l'heure sur les lieux. Je peux donc, pour une fois, assister au début de - ce qu'on pourrait appeler - la master class.

Et là... Par où commencer ?

Vous le savez, j'adore les r(h)ums by Velier ; les Demerara bien sûr, je vous l'ai suffisamment rabâché (et je ne me priverai pas d'en rajouter des couches à l'avenir ;)), mais aussi les clairins, les Caronis (de plus en plus) et les Libération. Malgré ça je vais plutôt commencer par ce qui m'a le plus marqué : Luca, ses histoires et ses projets.

Et, là aussi, par où commencer ?

Dix-huit ans, un Luca aux cheveux longs devient manager des ventes des rhums Saint James pour l'Italie et parvient à doubler les ventes, entre autre grâce à une idée révolutionnaire pour l'époque, récompenser le meilleur commercial par un voyage en Martinique (alors qu'habituellement ces voyages étaient organisés en Champagne ou du côté de Cognac, voire en Ecosse pour les plus aventureux).
C'est à cette époque qu'il découvre les Antilles... et les antillaises, sur un air de biguine :)

Quelques années plus tard, il rachète la société Velier dont il augmente le chiffre d'affaire année après année pour en faire ce que l'on connait aujourd'hui.

Sur un tabouret pour les 2 dissipés du fond
Bien sûr quelques autres étapes clefs sont à mentionner : 
- La découverte de la distillerie Caroni, que je vous ai déjà raconté, mais que je pourrais écouter encore et encore tant elle est passionnante.
- La rencontre avec Yesu Persaud, qui deviendra son mentor, voire même son père de rhum et sa prise de participation chez Demerara Distillers Limited. Ces deux éléments lui donneront accès à certains fûts d'exception et lui permettront de réaliser des embouteillages remarquables, voire légendaires (qui a dit Skeldon ?).
- Le voyage à Haïti, la découverte d'un pays hors du commun où l'agriculture n'a pour ainsi dire pas évolué depuis deux cents ans et où les produits sont au delà du bio. Bien sûr, cela est allé de pair avec la visite de très nombreuses distilleries (ou guildiveries comme on dit là-bas) - il faut savoir qu'il y en a plusieurs centaines sur l'île - et la sélection des trois clairins désormais commercialisés par Velier : Sajous, Vaval et Casimir.


Il y en a un paquet d'autres histoires et de détails truculents, qui lorsqu'ils sont racontés par ce personnage, prennent toute leur saveur. Il y a un côté one man show dans ses apparitions, qui les rendent encore plus passionnantes, vivantes, intéressantes et drôles.
Si vous avez l'occasion de voir Luca Gargano, ne manquez pas ça, même sans les rhums, ça vaut le détour ! :)



Les deux premiers d'une longue série.
Alors, et les rhums justement ? A quoi avons-nous eu droit ce soir-là ?
Eh bien, comme annoncé, on commence par un clairin. Le Sajous, du batch 3. J'ai eu l'occasion d'y goûter lors du Whisky Live et ce n'est pas mon préféré sur les trois de cette dernière fournée mais il reste très expressif et typique de ces rhums pur jus haïtiens découverts il y a environ deux ans. Un bon début de dégustation.
C'est le seul auquel nous avons eu droit ce soir-là et ce n'est pas bien grave vu la suite des hostilités.


La suite, justement avec le Libération 2015 sous ses deux versions. Je vous en ai également parlé dans mon article relatant mes aventures Whisky Liviennes. Les deux sont bons et plus boisés que leurs prédécesseurs ; ma préférence reste du côté du 2012 version intégrale (brut de fût) mais cette version plus âgée de presque trois ans se défend plutôt bien.


Tout est sur l'étiquette
Nous avons ensuite eu droit à un rhum de la Barbade.
J'avais déjà pu y tremper les lèvres il y a quelques semaines et je ne peux que confirmer que, malgré son jeune âge (même pas trois ans), il est étonnamment "abouti". Un rhum qui méritera une dégustation posée pour en apprécier pleinement les qualités !

Ce rhum fait partie de la série, à sortir, Habitation Velier, qui comprendra des rhums d'horizons différents. La Jamaïque (avec entre autre un blanc à la fermentation de 3 mois (!) ainsi que des vieux) qui produit des rhums tellement expressifs et typés, définitivement parmi mes origines préférées du rhum.
La Barbade donc, avec la distillerie Foursquare, dont le patron Richard Seal est un fervent défenseur de rhums authentiques et vierges de tout ajout. Parmi les rhums classiques de cette distillerie vous avez par exemple le RL Seales 10 ans, et sa forme de bouteille si caractéristique ; c'est pour moi un bon rapport qualité prix qui vous donnera une bonne idée des rhums de ce pays (et bien sûr un rhum sans aucun additif).
La Guyane Anglaise, avec un très intriguant Port Mourant (alambic en bois) blanc !
Et enfin Marie Galante avec l'alambic qui sert déjà à l'élaboration des rhums Libération.
Si vous voulez voir toutes ces jolies - et informatives - étiquettes, c'est par-là : http://www.velier.it/prodotti/ricerca-e-selezioni-gargano/habitation-velier

J'ai HÂTE ! :)


To be continued...


dimanche 8 mars 2015

"Tâter le cul des vaches" au Salon de l'Agriculture - Bonus

Mon salon de l'agriculture côté rhum ne s'est pas réduit à ce que je vous ai raconté la semaine dernière.


Comme vous pouvez l'imaginer, la plupart des régions de France étant représentées, les départements et les territoires d'Outremer ne sont pas en reste. Plusieurs stands offraient des mets des îles, solides et liquides :) Vous serez surpris d'apprendre que je me suis plus intéressé à cette dernière catégorie.


La Martinique
Deux types de stands nous étaient offerts, les deux proposant des bouteilles à la vente et des boissons à consommer sur place. Mais certains étaient clairement plus axés sur l'aspect bar, avec leur lot d'amateurs utilisant leur coude de manière intensive.
Les autres étaient plus là pour vendre des bouteilles que des verres, même s'ils proposaient tous des dégustations de leurs produits.

On retiendra dans cette seconde catégorie deux lieux dédiés aux rhums de Martinique, l'un proposant des rhums de presque toutes les distilleries de l'île dans une ambiance plus "feutrée", même si ce n'est sans doute pas exactement l'adjectif qui convient étant donné le monde amassé devant le comptoir...

Je ne m'y suis pas attardé mais j'ai bien aimé l'idée de leurs vitrines mettant en exergue l'intégralité du terroir martiniquais de par leur sélection de bouteilles.


Le second stand dans le même style était celui dédié à Clément et JM.
Une ambiance assez "remarquable" avec un groupe de joyeux lurons qui essayaient de démontrer leurs talents de choristes.
Clairement à voir le visage et le côté "métronome" de certains, je me suis laissé dire que les bons produits servis par les charmantes hôtesses n'étaient pas étrangers à cette soudaine vocation chantante (il était environ 13h00 soit dit en passant).

A retenir : une carafe JM 1845 à 80€ ! Un confrère n'a pas hésité longtemps avant de ranger cette bouteille dans son paquetage.



Ce que c'est bon !
Parmi les marques bénéficiant de leur propre espace, nous avions cette année Bielle, célèbre distillerie de Marie-Galante, étant souvent considérée comme la meilleure de l'île (qui a dit, de toute la Guadeloupe ?).

Ils proposaient, entre autre, cette année leurs nouveautés pas encore sorties en métropole dont le Brut de Fût 2007. Je vous ai déjà parlé du 2003, qui est tout simplement exceptionnel, même si je déplore sa récente augmentation de prix ; ça ne m'a pas empêché d'en racheter une après la disparition prématurée de la première (à laquelle je ne suis pas étranger).

Quoi qu'il en soit j'avais pu goûter cette version 2007 chez A'Rhûm et il m'avait bien plu. Plus boisé que le 2003 mais toujours de très bonne qualité. Quand j'ai vu le prix, je n'ai pas hésité longtemps ! A 60€, c'était vraiment une affaire et je ne me suis donc pas privé (oui j'aurais même dû en prendre plusieurs...).


A 530€, en revanche, je ne me suis toujours pas pris la carafe 1994 brut de fût... Un jour, un jour... Un jour ? Un jour !



Plein de jolies choses !

Pour finir j'aimerais parler d'une boutique présente sur le salon : Rhums et Cocktails.

Ils ont pour l'instant deux boutiques, une à Nantes et une à Brest mais ont déjà pour projet d'en ouvrir une troisième dans l'est de la France.

Outre leur très large choix de bouteilles, dont quelques raretés, telles que le Séverin 10 ans ou encore la Cuvée Princesse de Trois Rivières (qui a fait le bonheur de quelques confrères ;)), ce qui m'a bien plu c'est la gentillesse, l'amabilité et la passion du patron. Vraiment super sympa et disponible !


Si vous êtes d'un autre coin de la France et ne voulez pas attendre qu'une boutique ouvre vers chez vous, vous pouvez visiter leur site internet de vente en ligne à cette adresse, qui est pas mal foutu :
http://www.rhums-cocktails.com/





Si je devais conclure sur mon expérience "Salon de l'Agriculture", je dirais que ça a été très intéressant et sympa de découvrir, non seulement le concours général agricole, mais aussi le salon en lui-même, que je ne connaissais pas.

Je ferai mon possible pour y retourner l'année prochaine, pour à nouveau faire partie du jury rhums et je vais aussi élargir mes possibilités pour aller déguster et juger d'autres produits, parce que, par exemple, goûter plein de magrets séchés, et bien ça me botterait bien aussi :)



dimanche 5 octobre 2014

Mon Rhum Live 2014 - Les dégustations

Ça fait déjà une semaine ; une semaine que j'ai passé une excellente après-midi au Whisky Live - mais pour le rhum :)


Je dois dire que j'y allais sans trop en attendre et ce pour plusieurs raisons.
Avant tout du fait que ce soit un salon - principalement - consacré au whisky mais également du fait du prix élevé du ticket d'entrée ; 40€ pour un jour pour un billet normal (et non pas un billet VIP). Je veux dire par là que je ne voyais pas vraiment comment ce prix allait être "justifiable" pour l'amateur de rhum que je suis.

J'avais tout faux et je vais vous expliquer pourquoi :D



Me voilà donc en route pour cet événement parisien, qui avait lieu cette année encore à la Mutualité dans le 5ème arrondissement. J'y vais le deuxième jour, le dimanche (ça dure jusqu'au lundi mais cette dernière journée n'est accessible qu'aux professionnels) et y retrouve un petit groupe d'amateurs de spiritueux.

Petite difficulté à l'entrée (non pas avec la poussette cette fois :P) étant donné qu'on ne peut pas avoir de sac avec soi (si ce n'est un truc modèle réduit, dans le genre sac à dos pour playmobil). Heureusement je n'avais rien de vital avec moi si ce n'est mon portefeuilles et mon appareil photo qui ont tous deux finis dans mes poches, alors que le sac, lui, s'est retrouvé au vestiaire (gratuit).

Nous voilà prêts à affronter la foule, armés de notre petit livret explicatif remis en échange du billet d'entrée. Bien foutu le livret en question. Il nous permet, entre autre, de voir que les alcools non-whisky sont au niveau -1 ; "Super, ils nous mettent à la cave..." ai-je pensé - oui il m'arrive d'être un peu bête.

Nous descendons la volée de marches et arrivons dans une pièce spacieuse et loin d'être bondée. On repère les lieux, avec les nouveaux Demerara par ici, les Clairins par-là, les agricoles à côté etc...

Et là ze couestionne : par quoi commence-t-on ? Notre réponse à cette question : plus ou moins suivre un chemin logique de dégustation, avec donc pour débuter les traditionnels (mais pas les monstres de Velier ;)).

L'Île Maurice bien représentée :)

Premier stand : New Grove. Si vous suivez mes aventures depuis le début, vous savez que leur 8 ans a été une de mes premières bouteilles et qu'il m'avait particulièrement plu à l'époque. C'était donc l'occasion d'y retremper mes lèvres mais aussi de goûter au reste de leur gamme, y compris le single cask, tiré à très peu d'exemplaires et qui me faisait de l’œil depuis bien longtemps.

On entame la dégustation par le blanc, agréable surprise ! Question rhums blancs, pour moi il n'y a pas photo, il y a ceux issus du pur jus de canne et... pas grand-chose d'autre. Mais là, je l'ai trouvé plus intéressant et aromatique que les autres traditionnels que j'avais pu goûter jusqu'alors ; toujours pas au niveau des agricoles pour autant, mais bien.
Nous avons fait l'impasse sur le spiced (sorte de rhum aromatisé et sucré dans la plupart des cas, destiné à la mixologie - terme pompeux pour dire "à faire des coktails") et sommes directement passé au 5 ans, en fait un assemblage de 5, 6 et 7 ans, les deux derniers étant là pour arrondir les angles. Il est encore jeune cependant et manque, pour moi, de rondeur et de complexité ; je suis certain que certaines personnes le préféreront au 8 ans, question de plaisir personnel (non, pas celui-là...).
Le 8 ans justement ; toujours agréable. Il est vrai que l'évolution de mes goûts m'a amené vers des rivages un peu plus puissants et complexes mais j'ai pu tout à fait comprendre pourquoi il m'avait plu à l'époque avec ce boisé bien présent.
Vient enfin le moment de déguster ce single cask (fût unique) tiré à très peu d'exemplaires, moins de trois cents je crois.
Et bien au final, légèrement déçu (mais j'en attendais sans doute trop). Bien qu'il soit vieilli 9 ans, je le trouve plus proche du 5 ans que du 8 ans. Le côté brut de fût (presque 50°) est sympa et lui donne encore plus de longueur mais je lui ai trouvé un côté trop jeune en bouche. Tant pis.


D'autres rhums italiens ; il n'y a pas que Velier dans la vie. Quoi que... ? :P
Second stand : Rum Nation.
Voilà un autre embouteilleur italien, oui il y a en plusieurs, les italiens sont plutôt bons en ce domaine. J'en ai quelques-uns à la maison mais encore aucun d'ouvert, voilà donc l'occasion de tester un peu leur gamme.
Là, je me dis, on va commencer par le blanc et finir par le Caroni ; tout faux !
Le Barbados anniversaire tout d'abord. On reconnait le style des Barbades que j'aime beaucoup, même si là je lui ai trouvé un manque d'intensité, un peu trop doux, pas sucré attention.
Voilà ensuite un Demerara (région de Guyane anglaise mais vous devriez le savoir depuis le temps que je vous en parle), le Solera N°14. Pas grand-chose de solera pour moi dans ce rhum - ce qui n'est pas forcément un mal. Un côté plus franc et moins subtil que le précédent avec des arômes plus marqués avec par exemple du tabac. Toujours pas vraiment mon truc, rien d'exceptionnel.
Le Caroni pour continuer, ces rhums de Trinidad si particuliers par lesquels je ne suis toujours pas entièrement convaincu. Eh bien celui de Rum Nation est plus abordable que les Velier. La principale différence : il est "sucré". Bon, ce n'est pas une bombe de sucre non plus mais il n'est pas sec comme ses homologues d'autres embouteilleurs. Pas mal donc.
Et enfin, ce Jamaïcain blanc. Avant de l'avoir dans le verre j'étais vraiment très surpris que le représentant de la marque nous suggère de finir par celui-ci, surtout après un Caroni, qui pour moi signifie souvent "saturation des papilles".
Bon... Il avait évidemment raison ce brave monsieur. Non seulement ce rhum non vieilli était-il légèrement plus fort en alcool que le Caroni mais ses arômes étaient tout bonnement hallucinants pour moi. Du jamais vu dans les rhums blancs traditionnels ; puissance, richesse, complexité, évolutivité. En deux mots : fort bien ! J'essaierai de le regoûter chez un caviste pour être définitivement fixé.

Aller simple pour la Thaïlande.
Bon on se dit qu'il est temps d'aller voir les créations Velier.
Mais en chemin, nous voilà attirés par un rhum d'une marque encore inconnue : Chalong Bay.
Nous nous y arrêtons et sommes abordés par les sympathiques personnes représentant la marque. Ils nous expliquent qu'il s'agit un rhum thaïlandais (ah quand même !), plus précisément distillé à Phuket (ah quand même !²) et que la canne à sucre est justement originaire du sud-est asiatique et qu'il est donc logique de produire du rhum de cette région du monde.
Nous dégustons et je suis surpris : des saveurs de rhum agricole, alors que sans avoir vérifié, je m'attendais à un rhum issu de mélasse. Je demande donc confirmation, et oui, voilà un rhum fait à partir de jus de canne. Et surtout, voilà un rhum pas mal du tout. Seul bémol en ce qui me concerne, un petit manque de puissance avec ses petits 40°.

Nous sommes curieux et posons pas mal de questions, voilà les quelques informations que nous avons pu glaner. Leur principal débouché est la Thaïlande et ils commencent toujours à s'attaquer au marché européen. Ils ont plein de projets, avec des versions plus fortes en alcool et des rhums vieillis - franchement, j'ai hâte :)


Nous ne pouvions pas faire l'impasse sur le stand d'à côté : Bielle.

Bielle est une distillerie de Guadeloupe, ou plus précisément de Marie-Galante. Toute la gamme en dégustation, ça promet. Connaissant le 2006 et le brut de fût 2003 (tout simplement excellent mais dont le prix a malheureusement récemment augmenté !), je décide de tester le blanc (à 59°, réputé pour faire les ti'punchs), l'Ambré, pas très intéressant et enfin le millésime 1998 (la carafe à droite sur la photo).
Je suis mitigé sur cette dernière. La puissance est bonne, le nez est intéressant, l'attaque en bouche est bien, mais voilà, la finale ne me plait pas et la finale c'est important, c'est ce qui dure... Je pense que cela vient du boisé, qui est trop marqué du fait du long séjour du rhum dans les fûts mais aussi de la nature du bois utilisé. J'ai déjà trouvé ce goût, qui n'est pas au mien, dans le Trois Rivières 8 ans, le Saint James 15 ans ou encore le Longueteau XO. Il va falloir que je me renseigne sur des potentiels points communs entre ces rhums.
Pour la petite histoire, juste hors champ sur la photo (à droite) était exposé le fameux Bielle millésime 1994, qui m'avait tellement séduit le jour où j'avais eu la chance d'y tremper les lèvres. Malheureusement, celle-ci n'était pas en dégustation :(


Prochain arrêt : Haïti. Et également le premier stand Velier. Depuis l'année dernière, l'embouteilleur italien propose trois clairins différents.
Le clairin est un alcool de canne à sucre. Son élaboration est tout à fait semblable à celle du rhum si ce n'est qu'il n'est pas raffiné après la fermentation. De plus, cette gamme est "plus que bio", puisqu'il n'y a aucun produit chimique utilisé sur la canne et que toute la récolte se fait à la main (et le transport par des bœufs). Ils sont embouteillés à leur dégré naturel.
Je connais bien ces trois clairins, puisque j'ai une bouteille de chaque de l'année dernière. Les trois ont des profils aromatiques bien marqués et très différents ; ils s'échelonnent du Sajous, le plus proche d'un rhum blanc agricole, jusqu'au Casimir, d'une intensité remarquable - certains amateurs ne jurent que par lui, je le trouve personnellement "trop". Ses arômes de truffe et de litchi "pourri" sont écœurants à mon goût. Et entre les deux, le Vaval, finalement mon préféré des trois, qui présente un bel équilibre.
Bon et bien, surprise, cette année, les revoilà, mais ce sont en fait de nouveaux millésimes et leurs identités gustatives en sont totalement modifiées. Aucune n'a l'exubérance du Casimir précédente version par exemple. En revanche pas de surprise, ils sont bons :D
Il va falloir que je les déguste à nouveau afin de me les (ré)approprier ; cela ne devrait pas trop me demander d'efforts ou de sacrifices ;)


Au moment où j'écris cette légende, je suis en train de finir ma bouteille :)
Sur le stand contigu sont présentés les "fameux" Rhum Rhum nés de l'association de plusieurs grands talents du monde des spiritueux : Bielle - Capovilla - Velier.
Je vous ai déjà parlé de certaines de ces bouteilles sur mon blog et je ne vais pas trop m'y attarder.
L'idée de Luca Gargano (l'instigateur du projet) était avant tout de créer une eau-de-vie de canne d'une très grande qualité, c'est pour ça qu'il a choisi Bielle (réputé pour ses excellents rhums et la qualité de leur canne à sucre) et Vittorio Gianni Capovilla, expert en eaux-de-vie de fruits (certaines de ses créations étant d'ailleurs également en dégustation au Whisky Live). Les savoir-faire conjugués de ces trois "associés temporaires" ont naturellement donné un résultat tout bonnement exceptionnel.
Le rhum blanc est un des meilleurs que j'ai pu goûter et est disponible en deux versions, la verte, réduite à 41° et la orange au degré naturel de 56°. C'est cette dernière qui vaut vraiment le détour, elle offre plus de complexité et de puissance que sa version "light".


Des langoustes...
Avec une telle matière première, vous ne serez pas surpris, les rhums vieillis sont de petites merveilles. Ils portent le nom poétique de Libération 2010 et Libération 2012 (il devrait y avoir un Libération 2015 en fin d'année prochaine), le précieux liquide étant libéré de son fût.
Le 2010, qui commence à être dur à trouver, n'était malheureusement pas dégustation, en revanche le 2012, lui aussi sous ses deux formes, était bien là.
Et là aussi ma préférence va au brut de fût (59.8°). La pierre à fusil et la poudre y sont très présentes et c'est ça que je lui trouve de si agréable. La bouteille n'est pas donnée, on se rapproche des 100€ mais je ne regrette vraiment pas mon achat d'il y a bientôt un an.
Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment hâte de découvrir le prochain Libération !


Merci à Jean-François pour la photo (j'ai réussi à paumer les miennes...)

Nous y sommes ! Le moment d'aller goûter les nouveaux/futurs embouteillages de demerara de chez Velier.
Quatre étaient présentés et pas tous les mêmes que j'avais pu découvrir lors de mes visites à la boutique éphémère il y a plusieurs mois. Cependant au moins un point commun : dégustation faite par le passionné et très sympathique Daniele :)
Proposés aujourd'hui : un Diamond 1999, un Uitvlugt 1997 et deux blends, un Diamond & Port Mourant et enfin un Enmore & Port Mourant.
Ma préférence va à l'Uitvlugt, dans lequel je retrouve certains traits caractéristiques de ces Demerara que j'aime tant, si je devais le rapprocher d'autres, je dirais : mélange de l'Enmore 1995 et du Diamond 1981. Si je devais critiquer quelque chose, je dirais qu'il manque un peu d'originalité. Mais son équilibre me fera l'acheter sans aucun doute.
Le Diamond, à l'inverse, est celui qui m'a le moins convaincu. Y domine un goût de tabac, que j’apprécie par ailleurs lorsqu'il est présent en périphérie des caractéristiques principales ; ici, il est trop présent pour moi. Il y a aussi de la fumée (oui ça reste dans le thème ^^).
Je dois avouer ne pas me rappeler exactement les deux blends... Honte sur moi. Ce dont je me souviens, c'est que j'ai préféré le Enmore & Port Mourant. Dans tous les cas, je vais devoir regoûter tout ça ! :)
Une manière de résumer : j'ai préféré les non Diamond ^^


Les trois, avec pas mal d'infos. Et non, ceci n'est pas mon ombre, mais un effet artistique ! :P
On reste, pour finir, chez Velier, mais on change de pays ; à nous Trinidad !
Deux (au moins) futurs embouteillages vont sortir de la distillerie Caroni dans les mois (semaines ?) qui viennent. Un 1998 et un 2000.
Pour être plus précis, un single cask 2000, à 70°, nom d'un petit bonhomme en mousse ! Et un millésime 98, potentiellement embouteillé en brut de fût (64.5°) ainsi qu'en version réduite à 55°.
Peut-être est-ce moi qui me fait de plus en plus à la typicité Caroni, ou bien ces deux-là étaient-ils meilleurs que certains autres que j'ai pu goûter, quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé.
J'y ai retrouvé les arômes Caroni mais avec plus de complexité. Maintenant, c'était la fin de journée et surtout la fin de dégustation, mes souvenirs sont... moins frais :D
Ils ont d'ailleurs apparemment eu beaucoup de succès dès le samedi, car les quantités restantes dans les bouteilles étaient vraiment minimes et du coup, pareil dans les verres, un peu dommage.


Conclusion des dégustations : vraiment très bien ! Pas mal de choses à tester, pas trop de monde aux stands et beaucoup de gens passionnés pour vous faire découvrir leurs produits.
C'est sûr, j'y retournerai l'année prochaine :)