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dimanche 28 août 2016

Les dégustations : L'Esprit Rhum, nouveautés 2016 - partie 1

Ici classés par puissance croissante, de gauche à droite.

Bonjour à tous,

Voici une séance de dégustation que j'ai beaucoup anticipée. La sortie de nouveautés chez l'embouteilleur indépendant breton L'Esprit Whisky & Rhum est un événement qui a été attendu un bon moment (et pas que par moi).

Pour vous resituer un peu les loustics, ils avaient déjà à leur catalogue, quelques bouteilles remarquées, avec par exemple un Black Rock full proof (et réduit, comme à leur habitude), qui avait marqué les esprits (jeu de mot interstellaire), mais aussi un Belize ou encore un rhum brésilien, et j'en passe. Bref pas forcément les rhums les plus "à la mode", mais avec une vraie identité.

Du coup, quand ils m'ont contacté pour me faire parvenir des échantillons de ces nouveaux rhums, j'ai accepté bien volontiers.

Au menu des réjouissances : Haïti avec Barbancourt (deux versions, une réduite, l'autre non), la Jamaïque avec Worthy Park, Trinidad avec Caroni et enfin La Guyane Anglaise avec un Diamond. Des origines classiques pour un embouteilleur indépendant (Barbancourt un peu moins même si on en a déjà vu quelques-uns), mais qui sont aussi de qualité.

Il est à noter qu'un certain nombre d'informations sont affichées sur les bouteilles (et les échantillons en l'occurrence). Nous avons, bien sûr, la distillerie et le pays d'origine mais aussi les dates de distillation et d'embouteillage, le numéro du fût, et pour finir : que la couleur est naturelle et qu'il n'y a pas eu de filtration.



Meilleur que les embouteillages officiels
C'est précisément par ce rhum d'Haïti, en version réduite (46%) que nous allons débuter les hostilités.

Au nez, cela a beau être réduit, l’alcool est présent mais accompagné de notes gourmandes. Ce qui me vient à l’esprit c’est le beurre, l’orange, la banane ainsi qu’une légère vanille. Il a un quelque chose de jamaïcain (sans doute ce côté beurre et banane comme sur certains Hampden, bien que moins intense). Il me rappelle aussi le Barbancourt de chez Silver Seal sorti il y a quelques temps et l’impression générale est chaleureuse.

En bouche, l’attaque est mesurée, l’alcool est moins présent. L’orange ouvre les hostilités et est rapidement rattrapée, puis largement dépassée, par des notes empyreumatiques bien marquées.

La finale est moyennement longue et est dominée par les notes brûlées, qui disparaissent après une minute et laissent place à une impression légèrement amère. Cette dernière s’atténue à son tour et est conjuguée cette fois-ci et pour finir, à un arôme cendré.


Un rhum pas inintéressant au profil aromatique relativement simple.




Et encore mieux...
Naturellement, pour continuer, dégustons la version brut de fût, à 66.2%, et voyons les différences.

Au nez, l’alcool n’est pas aussi présent qu’on aurait pu le penser (juste un peu plus que sa version réduite). On y retrouve d’ailleurs les mêmes arômes – avec un peu plus d’intensité – et une note empyreumatique déjà présente. Seule « vraie » addition, une touche torréfiée, de café, qui ajoute une couche de complexité supplémentaire bienvenue.

En bouche, l’attaque n’est pas trop alcooleuse, la puissance vient dans un second temps, et pas qu’un peu ; il y a aussi une très légère sucrosité. Le profil jamaïcain de ce rhum est encore accentué sur cette version full proof, de manière assez explosive.

La finale est plus longue que sur la version réduite mais suit exactement les mêmes étapes.

Oui, il est un peu plus intéressant que sa version réduite, mais a aussi une partie de ses défauts.
A noter que quelques gouttes d’eau font ressortir des notes végétales ainsi qu’une certaine fraîcheur.
Intéressant pour ceux qui ne connaissent pas cette facette de la fameuse distillerie d'Haïti.

Il est à noter que seul ce Barbancourt est présent en deux versions, les trois autres sont tous brut de fût.

dimanche 22 mars 2015

La Martinique, la Guadeloupe... et Louviers - Partie 1



Il y a quelques semaines, un certain Florent me contactait pour me parler d'un salon de dégustation de spiritueux, qui se tiendrait dans la mégalopole normande de Louviers et m'invita à m'y rendre.

De bonnes têtes de vainqueurs :)

Louviers est une petite ville de l'Eure (en Normandie) qui se trouve à une centaine de kilomètres de Paris.
Depuis 4 ans, elle est le théâtre en mars d'un salon de dégustation de spiritueux, avant tout de whiskies mais également, depuis deux ans, de rhums.

Bref, je vérifie mon agenda de ministre, évoque l'idée avec mon allemande de femme et l'idée devient réaliste et concrète.
Rendez-vous est pris pour le dimanche 15 mars !


Et donc nous y voilà, dimanche dernier, en route pour Louviers. Après un épisode Rouennais sur lequel je ne m'attarde pas, pour ne pas passer pour un vil individu (oui je sais, en disant ça j’attise votre curiosité mais je ne dirai rien :p), direction Louviers à une trentaine de kilomètres de là.
On se gare un peu au hasard et je rentre dans un troquet pour demander mon chemin vers les Caves voûtées du Moulin, de sympathiques habitués hauts en couleur me renseignent ; on a de la chance, nous ne sommes qu'à 3 minutes à pieds.

Après une petite frayeur (pas moyen de mettre la main sur les tickets) et à l'aide de la technologie moderne (j'ai pu les retrouver dans mes mails sur mon téléphone), nous pouvons enfin pénétrer dans le bâtiment qui abrite l'événement.
A l'entrée, on nous attache un petit bracelet en tissu au poignet et l'on nous remet un calepin présentant les différentes marques, un stylo (ce qui s'est avéré fort utile pour prendre des notes, même si vous vous en doutez, un professionnel de ma trempe avait bien entendu tout prévu - ou pas :P) et bien sûr, un verre.


Le terme "cave voûtée" désigne en fait... une cave voûtée. De rien.
C'est parti !


Tout d'abord je dois parler du lieu en lui-même, vraiment super sympa et bien choisi. Les caves voûtées donnent un cachet certain et offrent suffisamment de place pour permettre à un grand nombre d'exposants de présenter leurs produits. Une vraie ambiance s'en dégage !


Je fais un rapide tour du propriétaire et repère quelques marques bien connues.


Je jette mon dévolu sur Mezan pour commencer et débute par leur Long Pond 2000. Long Pond est une distillerie de Jamaïque qui produit des rhums habituellement assez expressifs et complexes ayant une profondeur intéressante. Là je dois avouer être un peu rester sur ma faim, peut-être les 40% d'alcool qui lui coupent un peu les ailes. Pas désagréable pour autant mais j'en attendais sans doute trop, je plaide coupable.
J'aurais bien voulu en goûter un ou deux autres mais pour une raison dont je ne rappelle pas (non je n'étais pas - encore - pompette) j'ai quitté leur stand.
Quoi qu'il en soit, j'ai entendu dire qu'il n'était impossible que Mezan sorte des bruts de fûts à l'avenir, voilà de quoi relancer mon intérêt pour cette marque.


Un peu plus loin je repère un grand barbu de ma connaissance et vais lui présenter mes respects. On papote un peu et il me parle des différentes distilleries représentées au salon. J'apprends qu'il travaille en fait sur le salon et s'occupe des rhums de tradition française distribués par Dugas (Trois Rivières, La Mauny ou encore Séverin). Rien qui m'intéresse - car je les connais déjà - sur ce stand, mais une sélection variée de blancs et de vieux présentant une belle variété de rhums des Antilles Françaises, parfaite pour faire découvrir nos rhums.
Il m'indique également où trouver le Bar aux Curiosités où se trouve Florent (oui, celui-là même qui m'avait contacté quelques semaines plus tôt). Ce sera ma prochaine étape.

Une étagère comme on aimerait en avoir chez soi :)

Je commence à jeter un œil à l'imposante étagère remplie de merveilles en tous genres, un très beau florilège de spiritueux : whiskies, rhums, mezcals... !
Comme vous pouvez vous en douter, c'est la seconde catégorie qui attire le plus mon attention.

La voici !
Je vois quatre rhums que je n'ai pas encore eu l'occasion de goûter, dont le Montebello 1982 dans sa carafe à ruban rouge bien reconnaissable.

Un groupe de personnes discutent non loin de là, je me rapproche et pense identifier mon hôte, et en effet c'est bien lui. On y va de nos très originaux "Salut Florent", "Salut Laurent" et on commence à papoter. Il m'explique un peu comment l'organisation s'est passée, quels distilleries/distributeurs ont pu venir, ainsi que sa philosophie de partage dans ce monde des spiritueux.

Et là comme pour illustrer son propos, il me sert un verre de ce Montebello 1982. Qu'est-ce qu'il nous raconte ? Premièrement il faut savoir que c'est un traditionnel et non un agricole. Objectivement c'est un produit de qualité qui offre une certaine fraîcheur, qui vient donner du peps et une longueur impressionnante. Malheureusement pour moi, il présente aussi cette saveur de caramel brûlé qui me dérange parfois sur certains rhums de Guadeloupe.
Je sais qu'il plairait à certaines de mes connaissances mais moi, ce n'est pas mon truc ; un peu comme les vieux Damoiseau (d'ailleurs pas si loin de celui-ci gustativement).


Après ce sympathique intermède, je repars dans la foule, pour aller y "picorer" les rhums qui m'intéressent, m'intriguent, que j'aime ou auxquels je veux donner une seconde chance.

Une bonne petite sélection ma foi
Etape obligée, de par la diversité de leur offre et la qualité des produits distribués : la table LMDW,
Pas question cependant de tout goûter, j'en connais déjà une bonne partie.

Premier arrêt : Rum Nation Barbados, que je ne connaissais pas.
Sans aucun doute, nous sommes à la Barbade, on reconnait bien ce profil typique avec cependant deux particularités. Tout d'abord, c'est doux ; pas liquoreux ou écœurant mais légèrement sucré et je ne trouve pas que cela colle (à cause du sucre peut-être :p) avec la typicité Barbade. En revanche j'apprécie plutôt ce côté torréfié habituellement absent des rhums issus de ce pays. Au final un rhum pas mauvais, qui plaira à certains mais auquel je privilégierai par un exemple un R.L. Seales.

Second arrêt : Savanna 5 ans.
La maison Savanna se trouve à la Réunion et est une distillerie qui sort un nombre insensé de rhums différents : des traditionnels (à base de mélasse), des agricoles (à base de jus de canne), des grands arômes (un temps de fermentation long), des finitions (quelques mois passés dans des fûts ayant contenu d'autres alcools après le vieillissement principal), des bruts de fûts (le rhum étant mis en bouteille à son degré alcoolique naturel de sortie de fût)...
Je ne connais pas encore bien ce qu'ils font et je le regrette, il va falloir que je mette les papilles sur des bruts de fûts et des grands arômes. Si vous voulez en savoir plus sur Savanna, foncez là :
http://durhum.com/distillerie-savanna/
Les cheveux gris viennent d'un défaut de l'appareil photo bien entendu

J'ai quand même (re)goûté leur traditionnel 5 ans d'âge, une base dans leur gamme. Bon et bien je n'aime toujours pas ; pour moi la principale caractéristique gustative de ce rhum c'est le plastique brûlé (que je retrouve sur plusieurs rhums de la Réunion et auquel je ne me fais pas).
Cela ne me rebute absolument pas pour le reste de la gamme, d'autant moins quand j'entends le plus grand bien de certaines de leurs bouteilles.

Troisième arrêt : Clarin Sajous batch 2.
Déjà dégusté lors du Whisky Live en fin d'année dernière.
Je vous ai déjà parlé des clairins, ces rhums haïtiens on ne peut plus naturels, tout étant réalisé à l'ancienne.
Trois clairins sont trouvables par chez nous, tous trois sélectionnés et distribués par Luca Gargano qui est allé sur place, a visité bon nombre de distilleries et a choisi les trois plus intéressantes pour nous en faire profiter, ici en Europe.
Il y a déjà eu deux "batchs" (deux millésimes en quelque sorte), un en 2012 et un en 2013 pour chacun des trois (Sajous, Vaval et Casimir). Il s'agit ici du clairin Sajous 2013.
Je l'avais beaucoup aimé dans sa version 2012, très fraîche, sur le jus de canne et les agrumes.
Son petit frère est moins net, moins précis. Il se rapproche un peu du Vaval batch 1 mais sans être aussi attractif à mon goût. Il reste très expressif, trait commun à tous les clairins et reste un très bon rhum. Si vous n'avez jamais dégusté ces clairins, foncez, ils valent le détour.



To be continued...



dimanche 12 octobre 2014

Mon Rhum Live 2014 - Bonus

Bonsoir à tous !


La dernière fois, je vous ai fait le compte rendu de mes dégustations lors du Whisky Live. Mais cela ne suffirait pas à vous restituer mon expérience ; il y a un certain nombre d'autres choses dont je souhaite vous parler.



Cerise !
Avant tout, et j'en ai un peu parlé lors de mon précédent article, j'ai trouvé l'organisation de l’événement assez remarquable : un lieu très sympa, pas du tout l'impression d'être dans un métro aux heures de pointe, un choix tout à fait suffisant de rhums (et du reste), des petits plus, comme ces coupons qui donnaient droit à des cocktails gratuits, du pain (d'un des meilleurs boulangers de Paris) et d'autres petites douceurs, sans oublier des invités de marque, dont bien sûr Luca Gargano et monsieur Capovilla, dont j'ai d'ailleurs pu goûter une eau-de-vie de cerise (j'aurais dû en déguster plus...), mais aussi certains grands noms du monde du whisky.




Mais ce n'est pas tout !


Cette manifestation s'étendait sur trois jours et occupait trois étages de la Mutualité à Paris.
Au sous-sol : les non-whiskys, avec entre autre le rhum et c'est donc l'étage où j'ai passé le plus de temps.
Au troisième : les whiskys, je n'y ai même pas mis un pied, pas le temps et d'autres priorités.
Au cinquième : les masterclass, le bar VIP et les bar collectors.

Ne me demandez pas ce qu'il y avait aux autres étages, je n'en ai pas la moindre idée :P


Je n'ai pas grand chose à dire sur les masterclass, je ne les ai pas suivies... Le dimanche il y en aurait eu une susceptible de m'intéresser mais j'ai préféré consacrer mon temps limité à la dégustation.
C'était celui sur les clairins présenté par... Luca Gargano (oui je sais je fais une fixette ^^) et, théoriquement, les trois producteurs haïtiens des clairins mis en avant la semaine dernière (pour la petite histoire seulement un des trois a pu être présent, les autres étant bloqués à Haïti du fait d'une grève en France).

Je regrette un peu quand même. J'aime beaucoup ces clairins et puis Luca est toujours passionnant à écouter. Une prochaine fois !

En attendant, quelques photos prises par Luca à Haïti.

Il faut savoir que Luca Gargano est reporter pour National Geographic...


Je mets ça là parce que sinon je ne vais pas savoir qu'en faire :
Lorsque j'étais au stand Caroni, j'ai vu débarquer un gars, d'une petite soixantaine d'années, visiblement aviné ou plutôt whyskiné, aborder la jeune femme qui faisait la dégustation à grands coups de : "Servez-moi votre meilleur, mais vraiment le meilleur, le plus cher quoi." Et de lui agiter sous le pif son bracelet VIP, qui apparemment donne aussi le droit d'être grossier.
Elle lui sert bien gentiment ce qu'elle avait de meilleur, et après avoir bu son verre d'une traite, il s'en va sur un "Oui c'est bon, et vous êtes vraiment charmante mademoiselle."
Fallait que je mette ça quelque part, c'est fait.



Le bar VIP, réservé aux... VIP, ouais s't'original. Mais moi, contrairement à un certain nombre de personnes que je connaissais, je n'avais pris que le billet normal.
Bref, ce n'était pas pour moi étant donné mon bracelet de la mauvaise couleur.

Heureusement un confrère (merci JC :)) a pu me faire passer des verres depuis la "zone 51" sous les yeux désintéressés du vigile à l'entrée, dont certains pas mauvais du tout !
Et les rhums en questions n'étaient autres que les nouveaux embouteillages de Silver Seal, encore un autre embouteilleur italien de différents spiritueux, dont la qualité des produits n'est plus à démontrer et qui choisit toujours des étiquettes hautes en couleurs comme vous pouvez le voir sur cette photo qui suit.

Mes souvenirs (assez distants et flous) sont les suivants. Avant tout une gamme assez homogène dans la qualité. Le Panama est sur la douceur et est donc moins à mon goût. Le Barbade est typique de ce pays, et j'aime bien, ses arômes sont assez classiques mais contrairement au précédent, il est sec. Le Demerara (Guyane Anglaise)... je ne m'en rappelle pas, honte sur moi. Il ne m'a pas marqué en tout cas, ni en bien, ni en mal.

Et enfin le Barbancourt (Haïti), mon préféré des quatre. C'était déjà une surprise de voir un Barbancourt, embouteillé par Silver Seal, je ne pensais pas qu'ils vendaient certains de leurs fûts. Le 15 ans chez eux est d'un bon rapport qualité/prix mais je dois avouer que celui-ci m'a fait plus forte impression que le Barbancourt de... Barbancourt ^^ Reste à voir quel sera son prix.

Oh les zoulies couleurs !


J'ai d'ailleurs finalement pu rentrer au bar VIP, un confrère m'ayant prêté son badge presse (merci Cyril !), ce qui m'a permis non pas de goûter d'autres rhums mais de faire un peu plus ample connaissance avec d'autres amateurs du groupe Facebook "La Confrérie du Rhum", dont le géant à la barbe, la pourriture la plus vocale, le pharaon au gros objectif et enfin le Professeur du rhum ;)
Content de vous avoir rencontrés messieurs (et désolé pour ces surnoms ridicules :D).



À ce fameux 5ème étage, il y avait donc également les "bars collectors", un consacré au whisky, on s'en fout, et un consacré au rhum.

Et alors là mes amis, le terme "collector" était loin d'être usurpé ou galvaudé. Je n'ai pas la liste en tête mais il y avait des agricoles aussi bien que des traditionnels, avec par exemple un Caroni 1982, un Port Mourant 1974, un Saint James 1885 (vous avez bien lu !), du Neisson, du Trois Rivières, du JM et beaucoup d'autres, et bien sûr uniquement des millésimes hors du commun.



Quelques centilitres de Légende dans mon verre
Pour goûter à ce genre de pépites, il faut pouvoir mettre le budget. Il y avait un système de jetons vendus à l'extérieur du bar, à 5€ pièce. Pour savoir de combien vous alliez en avoir besoin il suffisait de regarder la carte, chaque rhum "coûtant" un certains nombre de jetons. Pour avoir un verre du Saint James cité plus haut, le plus cher de la carte, il fallait par exemple 10 jetons.


J'ai jeté mon dévolu sur un Skeldon 1973, rhum dont j'ai déjà parlé sur ce blog et que je n'aurai vraisemblablement jamais dans ma cave.
Et bien j'en ai eu pour mes 5 jetons ! Avant tout, la quantité servie (et mesurée) était tout à fait respectable et suffisait largement à apprécier le monstre.
Une couleur foncée, presque rouge laisse présager ce qu'il va offrir : quelque chose d'exceptionnel.
Et en effet, on n'est pas déçu : il y a de tout dans ce rhum, des fruits, du bois, du caramel, du tabac et des épices... Et le tout d'un équilibre et d'une puissance remarquables.

Je regrette seulement de ne pas avoir eu plus de temps pour le laisser évoluer plus longuement :)




Voilà, c'est sur cette expérience unique que s'achève mon récit de ce Whisky Live 2014.


dimanche 5 octobre 2014

Mon Rhum Live 2014 - Les dégustations

Ça fait déjà une semaine ; une semaine que j'ai passé une excellente après-midi au Whisky Live - mais pour le rhum :)


Je dois dire que j'y allais sans trop en attendre et ce pour plusieurs raisons.
Avant tout du fait que ce soit un salon - principalement - consacré au whisky mais également du fait du prix élevé du ticket d'entrée ; 40€ pour un jour pour un billet normal (et non pas un billet VIP). Je veux dire par là que je ne voyais pas vraiment comment ce prix allait être "justifiable" pour l'amateur de rhum que je suis.

J'avais tout faux et je vais vous expliquer pourquoi :D



Me voilà donc en route pour cet événement parisien, qui avait lieu cette année encore à la Mutualité dans le 5ème arrondissement. J'y vais le deuxième jour, le dimanche (ça dure jusqu'au lundi mais cette dernière journée n'est accessible qu'aux professionnels) et y retrouve un petit groupe d'amateurs de spiritueux.

Petite difficulté à l'entrée (non pas avec la poussette cette fois :P) étant donné qu'on ne peut pas avoir de sac avec soi (si ce n'est un truc modèle réduit, dans le genre sac à dos pour playmobil). Heureusement je n'avais rien de vital avec moi si ce n'est mon portefeuilles et mon appareil photo qui ont tous deux finis dans mes poches, alors que le sac, lui, s'est retrouvé au vestiaire (gratuit).

Nous voilà prêts à affronter la foule, armés de notre petit livret explicatif remis en échange du billet d'entrée. Bien foutu le livret en question. Il nous permet, entre autre, de voir que les alcools non-whisky sont au niveau -1 ; "Super, ils nous mettent à la cave..." ai-je pensé - oui il m'arrive d'être un peu bête.

Nous descendons la volée de marches et arrivons dans une pièce spacieuse et loin d'être bondée. On repère les lieux, avec les nouveaux Demerara par ici, les Clairins par-là, les agricoles à côté etc...

Et là ze couestionne : par quoi commence-t-on ? Notre réponse à cette question : plus ou moins suivre un chemin logique de dégustation, avec donc pour débuter les traditionnels (mais pas les monstres de Velier ;)).

L'Île Maurice bien représentée :)

Premier stand : New Grove. Si vous suivez mes aventures depuis le début, vous savez que leur 8 ans a été une de mes premières bouteilles et qu'il m'avait particulièrement plu à l'époque. C'était donc l'occasion d'y retremper mes lèvres mais aussi de goûter au reste de leur gamme, y compris le single cask, tiré à très peu d'exemplaires et qui me faisait de l’œil depuis bien longtemps.

On entame la dégustation par le blanc, agréable surprise ! Question rhums blancs, pour moi il n'y a pas photo, il y a ceux issus du pur jus de canne et... pas grand-chose d'autre. Mais là, je l'ai trouvé plus intéressant et aromatique que les autres traditionnels que j'avais pu goûter jusqu'alors ; toujours pas au niveau des agricoles pour autant, mais bien.
Nous avons fait l'impasse sur le spiced (sorte de rhum aromatisé et sucré dans la plupart des cas, destiné à la mixologie - terme pompeux pour dire "à faire des coktails") et sommes directement passé au 5 ans, en fait un assemblage de 5, 6 et 7 ans, les deux derniers étant là pour arrondir les angles. Il est encore jeune cependant et manque, pour moi, de rondeur et de complexité ; je suis certain que certaines personnes le préféreront au 8 ans, question de plaisir personnel (non, pas celui-là...).
Le 8 ans justement ; toujours agréable. Il est vrai que l'évolution de mes goûts m'a amené vers des rivages un peu plus puissants et complexes mais j'ai pu tout à fait comprendre pourquoi il m'avait plu à l'époque avec ce boisé bien présent.
Vient enfin le moment de déguster ce single cask (fût unique) tiré à très peu d'exemplaires, moins de trois cents je crois.
Et bien au final, légèrement déçu (mais j'en attendais sans doute trop). Bien qu'il soit vieilli 9 ans, je le trouve plus proche du 5 ans que du 8 ans. Le côté brut de fût (presque 50°) est sympa et lui donne encore plus de longueur mais je lui ai trouvé un côté trop jeune en bouche. Tant pis.


D'autres rhums italiens ; il n'y a pas que Velier dans la vie. Quoi que... ? :P
Second stand : Rum Nation.
Voilà un autre embouteilleur italien, oui il y a en plusieurs, les italiens sont plutôt bons en ce domaine. J'en ai quelques-uns à la maison mais encore aucun d'ouvert, voilà donc l'occasion de tester un peu leur gamme.
Là, je me dis, on va commencer par le blanc et finir par le Caroni ; tout faux !
Le Barbados anniversaire tout d'abord. On reconnait le style des Barbades que j'aime beaucoup, même si là je lui ai trouvé un manque d'intensité, un peu trop doux, pas sucré attention.
Voilà ensuite un Demerara (région de Guyane anglaise mais vous devriez le savoir depuis le temps que je vous en parle), le Solera N°14. Pas grand-chose de solera pour moi dans ce rhum - ce qui n'est pas forcément un mal. Un côté plus franc et moins subtil que le précédent avec des arômes plus marqués avec par exemple du tabac. Toujours pas vraiment mon truc, rien d'exceptionnel.
Le Caroni pour continuer, ces rhums de Trinidad si particuliers par lesquels je ne suis toujours pas entièrement convaincu. Eh bien celui de Rum Nation est plus abordable que les Velier. La principale différence : il est "sucré". Bon, ce n'est pas une bombe de sucre non plus mais il n'est pas sec comme ses homologues d'autres embouteilleurs. Pas mal donc.
Et enfin, ce Jamaïcain blanc. Avant de l'avoir dans le verre j'étais vraiment très surpris que le représentant de la marque nous suggère de finir par celui-ci, surtout après un Caroni, qui pour moi signifie souvent "saturation des papilles".
Bon... Il avait évidemment raison ce brave monsieur. Non seulement ce rhum non vieilli était-il légèrement plus fort en alcool que le Caroni mais ses arômes étaient tout bonnement hallucinants pour moi. Du jamais vu dans les rhums blancs traditionnels ; puissance, richesse, complexité, évolutivité. En deux mots : fort bien ! J'essaierai de le regoûter chez un caviste pour être définitivement fixé.

Aller simple pour la Thaïlande.
Bon on se dit qu'il est temps d'aller voir les créations Velier.
Mais en chemin, nous voilà attirés par un rhum d'une marque encore inconnue : Chalong Bay.
Nous nous y arrêtons et sommes abordés par les sympathiques personnes représentant la marque. Ils nous expliquent qu'il s'agit un rhum thaïlandais (ah quand même !), plus précisément distillé à Phuket (ah quand même !²) et que la canne à sucre est justement originaire du sud-est asiatique et qu'il est donc logique de produire du rhum de cette région du monde.
Nous dégustons et je suis surpris : des saveurs de rhum agricole, alors que sans avoir vérifié, je m'attendais à un rhum issu de mélasse. Je demande donc confirmation, et oui, voilà un rhum fait à partir de jus de canne. Et surtout, voilà un rhum pas mal du tout. Seul bémol en ce qui me concerne, un petit manque de puissance avec ses petits 40°.

Nous sommes curieux et posons pas mal de questions, voilà les quelques informations que nous avons pu glaner. Leur principal débouché est la Thaïlande et ils commencent toujours à s'attaquer au marché européen. Ils ont plein de projets, avec des versions plus fortes en alcool et des rhums vieillis - franchement, j'ai hâte :)


Nous ne pouvions pas faire l'impasse sur le stand d'à côté : Bielle.

Bielle est une distillerie de Guadeloupe, ou plus précisément de Marie-Galante. Toute la gamme en dégustation, ça promet. Connaissant le 2006 et le brut de fût 2003 (tout simplement excellent mais dont le prix a malheureusement récemment augmenté !), je décide de tester le blanc (à 59°, réputé pour faire les ti'punchs), l'Ambré, pas très intéressant et enfin le millésime 1998 (la carafe à droite sur la photo).
Je suis mitigé sur cette dernière. La puissance est bonne, le nez est intéressant, l'attaque en bouche est bien, mais voilà, la finale ne me plait pas et la finale c'est important, c'est ce qui dure... Je pense que cela vient du boisé, qui est trop marqué du fait du long séjour du rhum dans les fûts mais aussi de la nature du bois utilisé. J'ai déjà trouvé ce goût, qui n'est pas au mien, dans le Trois Rivières 8 ans, le Saint James 15 ans ou encore le Longueteau XO. Il va falloir que je me renseigne sur des potentiels points communs entre ces rhums.
Pour la petite histoire, juste hors champ sur la photo (à droite) était exposé le fameux Bielle millésime 1994, qui m'avait tellement séduit le jour où j'avais eu la chance d'y tremper les lèvres. Malheureusement, celle-ci n'était pas en dégustation :(


Prochain arrêt : Haïti. Et également le premier stand Velier. Depuis l'année dernière, l'embouteilleur italien propose trois clairins différents.
Le clairin est un alcool de canne à sucre. Son élaboration est tout à fait semblable à celle du rhum si ce n'est qu'il n'est pas raffiné après la fermentation. De plus, cette gamme est "plus que bio", puisqu'il n'y a aucun produit chimique utilisé sur la canne et que toute la récolte se fait à la main (et le transport par des bœufs). Ils sont embouteillés à leur dégré naturel.
Je connais bien ces trois clairins, puisque j'ai une bouteille de chaque de l'année dernière. Les trois ont des profils aromatiques bien marqués et très différents ; ils s'échelonnent du Sajous, le plus proche d'un rhum blanc agricole, jusqu'au Casimir, d'une intensité remarquable - certains amateurs ne jurent que par lui, je le trouve personnellement "trop". Ses arômes de truffe et de litchi "pourri" sont écœurants à mon goût. Et entre les deux, le Vaval, finalement mon préféré des trois, qui présente un bel équilibre.
Bon et bien, surprise, cette année, les revoilà, mais ce sont en fait de nouveaux millésimes et leurs identités gustatives en sont totalement modifiées. Aucune n'a l'exubérance du Casimir précédente version par exemple. En revanche pas de surprise, ils sont bons :D
Il va falloir que je les déguste à nouveau afin de me les (ré)approprier ; cela ne devrait pas trop me demander d'efforts ou de sacrifices ;)


Au moment où j'écris cette légende, je suis en train de finir ma bouteille :)
Sur le stand contigu sont présentés les "fameux" Rhum Rhum nés de l'association de plusieurs grands talents du monde des spiritueux : Bielle - Capovilla - Velier.
Je vous ai déjà parlé de certaines de ces bouteilles sur mon blog et je ne vais pas trop m'y attarder.
L'idée de Luca Gargano (l'instigateur du projet) était avant tout de créer une eau-de-vie de canne d'une très grande qualité, c'est pour ça qu'il a choisi Bielle (réputé pour ses excellents rhums et la qualité de leur canne à sucre) et Vittorio Gianni Capovilla, expert en eaux-de-vie de fruits (certaines de ses créations étant d'ailleurs également en dégustation au Whisky Live). Les savoir-faire conjugués de ces trois "associés temporaires" ont naturellement donné un résultat tout bonnement exceptionnel.
Le rhum blanc est un des meilleurs que j'ai pu goûter et est disponible en deux versions, la verte, réduite à 41° et la orange au degré naturel de 56°. C'est cette dernière qui vaut vraiment le détour, elle offre plus de complexité et de puissance que sa version "light".


Des langoustes...
Avec une telle matière première, vous ne serez pas surpris, les rhums vieillis sont de petites merveilles. Ils portent le nom poétique de Libération 2010 et Libération 2012 (il devrait y avoir un Libération 2015 en fin d'année prochaine), le précieux liquide étant libéré de son fût.
Le 2010, qui commence à être dur à trouver, n'était malheureusement pas dégustation, en revanche le 2012, lui aussi sous ses deux formes, était bien là.
Et là aussi ma préférence va au brut de fût (59.8°). La pierre à fusil et la poudre y sont très présentes et c'est ça que je lui trouve de si agréable. La bouteille n'est pas donnée, on se rapproche des 100€ mais je ne regrette vraiment pas mon achat d'il y a bientôt un an.
Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment hâte de découvrir le prochain Libération !


Merci à Jean-François pour la photo (j'ai réussi à paumer les miennes...)

Nous y sommes ! Le moment d'aller goûter les nouveaux/futurs embouteillages de demerara de chez Velier.
Quatre étaient présentés et pas tous les mêmes que j'avais pu découvrir lors de mes visites à la boutique éphémère il y a plusieurs mois. Cependant au moins un point commun : dégustation faite par le passionné et très sympathique Daniele :)
Proposés aujourd'hui : un Diamond 1999, un Uitvlugt 1997 et deux blends, un Diamond & Port Mourant et enfin un Enmore & Port Mourant.
Ma préférence va à l'Uitvlugt, dans lequel je retrouve certains traits caractéristiques de ces Demerara que j'aime tant, si je devais le rapprocher d'autres, je dirais : mélange de l'Enmore 1995 et du Diamond 1981. Si je devais critiquer quelque chose, je dirais qu'il manque un peu d'originalité. Mais son équilibre me fera l'acheter sans aucun doute.
Le Diamond, à l'inverse, est celui qui m'a le moins convaincu. Y domine un goût de tabac, que j’apprécie par ailleurs lorsqu'il est présent en périphérie des caractéristiques principales ; ici, il est trop présent pour moi. Il y a aussi de la fumée (oui ça reste dans le thème ^^).
Je dois avouer ne pas me rappeler exactement les deux blends... Honte sur moi. Ce dont je me souviens, c'est que j'ai préféré le Enmore & Port Mourant. Dans tous les cas, je vais devoir regoûter tout ça ! :)
Une manière de résumer : j'ai préféré les non Diamond ^^


Les trois, avec pas mal d'infos. Et non, ceci n'est pas mon ombre, mais un effet artistique ! :P
On reste, pour finir, chez Velier, mais on change de pays ; à nous Trinidad !
Deux (au moins) futurs embouteillages vont sortir de la distillerie Caroni dans les mois (semaines ?) qui viennent. Un 1998 et un 2000.
Pour être plus précis, un single cask 2000, à 70°, nom d'un petit bonhomme en mousse ! Et un millésime 98, potentiellement embouteillé en brut de fût (64.5°) ainsi qu'en version réduite à 55°.
Peut-être est-ce moi qui me fait de plus en plus à la typicité Caroni, ou bien ces deux-là étaient-ils meilleurs que certains autres que j'ai pu goûter, quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé.
J'y ai retrouvé les arômes Caroni mais avec plus de complexité. Maintenant, c'était la fin de journée et surtout la fin de dégustation, mes souvenirs sont... moins frais :D
Ils ont d'ailleurs apparemment eu beaucoup de succès dès le samedi, car les quantités restantes dans les bouteilles étaient vraiment minimes et du coup, pareil dans les verres, un peu dommage.


Conclusion des dégustations : vraiment très bien ! Pas mal de choses à tester, pas trop de monde aux stands et beaucoup de gens passionnés pour vous faire découvrir leurs produits.
C'est sûr, j'y retournerai l'année prochaine :)


vendredi 6 juin 2014

Soirée éphémère avec Luca Gargano - partie 2 : l'aventurier

Nous avons vu que les convives de cet événement ont pu déguster de très belles choses, mais pour moi, là n'a clairement pas été l'intérêt principal de cette soirée. Ce qui a fait de ces deux heures un moment inoubliable (du moins pour moi), c'est Luca Gargano lui-même, ses innombrables anecdotes et aventures ainsi que la manière qu'il a de les raconter.

Je le vois donc là derrière la table où la dégustation de déroulera. La cinquantaine, les cheveux grisonnants, tenue décontractée... Vous avez demandé la classe, ça tombe bien, elle vient d'arriver d'Italie :).
Lui-même
Il se présente brièvement puis nous explique le déroulement de la dégustation.
Je crois qu'à partir de ce moment-là, j'ai eu un sourire un peu niais et ce jusqu'à la fin de la soirée.

C'est à cet instant que la soirée commence ; non pas la dégustation en elle-même mais les histoires de Luca. Il est absolument captivant à écouter raconter son Expérience, ses expériences rhumesques, que ce soient ses rencontres avec de grands personnages du rhum (dont Yesu Persaud évidemment, l’homme qui lui a permis de choisir certains fûts de demerara chez DDL) mais pas seulement (Fidel Castro par exemple) ou encore son parcours professionnel et passionnel.
D’une certaine manière, il apparait comme une espèce de golden boy du rhum ^^.
Il débute sa carrière très tôt (18 ans) et se fait immédiatement remarquer. Il fait ses armes chez Saint James où il remporte un concours de commerciaux et part en Martinique tous frais payés dès la première année. C’est à ce moment qu’il tombe amoureux, non seulement des Antilles, mais aussi du rhum (et des antillaises ;)).
C’est quelques années plus tard, à l’âge de 27 ans, qu’il rachète Velier, alors une petite entreprise, dont il va tourner l’activité vers les rhums. Il commencera dans un premier temps par importer des marques en Italie/Europe. Puis il passera à la sélection, au vieillissement et à la mise en bouteille de ses rhums à la fin des années 90.

Si il y a bien quelque chose qu'il est impossible de ne pas percevoir c'est bien sa passion pour le rhum et les hommes qui le font. Il a un profond respect pour ces visionnaires qui se sont engagés à l'aveugle dans le vieillissement de leurs rhums ; ces hommes qui ont fait le pari de faire vieillir très longtemps certains de leurs millésimes sans aucune assurance du résultat et qui nous offrent aujourd'hui parmi les plus beaux rhums au monde.

Que dire encore de cette aventure extraordinaire qu'a été la découverte de la distillerie Caroni, laissée à l'abandon mais encore pleine de trésors inestimables. Il s’était alors mis en tête de visiter énormément de distilleries partout dans le monde pour son projet d’écriture (qu’il nous a confié en train d’être finalisé, j’ai hâte !). Arrivé à Trinidad, il se met à la recherche de la Caroni, se rend à l’endroit où elle est censée se trouver et arrive devant un « champ d’herbes hautes » qui masque partiellement une clôture et un portail fermé. Ce ne sera qu’après avoir discuté avec la « gardienne » des lieux, qu’il comprendra ce qui se passe : la distillerie est fermée et il devra aller voir les autorités pour avoir la permission d’y rentrer puis d’acheter une partie des fûts y étant toujours stockés, en effet, ils étaient encore là, dormant (et vieillissant). Ces fûts sont les derniers de Caroni jamais produits et il n’y en aura pas d’autres. Autant dire que si vous aimez ces arômes très particuliers et très marqués de tabac et de cuir (boite à cigare comme on dit), vous avez intérêt à ne pas laisser passer les bouteilles encore disponibles !
A noter aussi les photos qui habillent ces bouteilles, il s'agit des photos prises lors de la découverte de l'endroit et qui immortalisent d'une certaine manière ces moments incroyables :)
Je n'ai que celle-là à la maison mais d'autres arborent des photos des herbes hautes citées plus haut (oui cette légende est un peu longue :P)

Il en va de même pour sa dernière "folie" en date, les clairins d'Haïti, pays magnifique de par son aspect sauvage et presque originel. Il lui faudra plusieurs heures de pistes pour parvenir jusqu'à une distillerie perdue dans la nature et pouvoir charger à la main les fûts dans le 4x4.


Rencontrer l'homme à l'origine (ou plutôt à la conclusion) de mes rhums préférés fut un véritable privilège et un grand plaisir. Je suis heureux d'avoir pu le remercier d'être la raison pour laquelle je me suis intéressé à des rhums de qualité et ce depuis la dégustation de son UF30E.
La bête !

Je le refais ici : merci Monsieur Gargano !