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dimanche 14 août 2016

Une journée bon pied, bon oeil (sur Marne)



Voilà une fois de plus ce que ça donne quand je n'ai pas d'inspiration pour le titre d'un article...

Un bien beau rebord de fenêtre.

Et de 1...
et de 2...
Une semaine après la fin des vacances, je me suis rendu à une soirée, à laquelle j'avais été invité quelques semaines plus tôt. Et encore je dis soirée, mais il s'agissait plus d'une journée entière ^^.
Journée dédiée au rhum et au partage entre amateurs.

Je n'ai rejoint les autres participants qu'en milieu d'après-midi, pour prendre congé vers minuit.
Je ne vous épargne pas le périple en transports en commun : une quinzaine de stations de trams, une dizaine de stations de métro et quelques stations de bus. Une heure et quart quand même, et encore ça c'était à l'aller, au retour, en loupant mon bus et en attendant le suivant, c'était plus proche des 1h45. Faut être motivé, ça tombe bien je l'étais :D

et de 3...
et de 4...

Je peux vous dire que ces sept heures passées à déguster et papoter parurent très courtes. J'ai pu goûter d'excellentes choses, dont certaines que je n'avais pas encore eu la chance de découvrir jusque-là. Il m'aurait cependant fallu quelques heures de plus pour faire un tour un peu plus large de l'impressionnante collection de notre hôte.


Oui, sans aucun doute, goûter un J.M. 1985 (ouverte pour l'occasion), un Saint James 1982 ou encore un Port Mourant 1975 de chez Berry Bros, c'est vraiment enrichissant et intéressant pour l'amateur que je suis.

et de 5...
et de 6...
Mais le véritable intérêt de ce genre d'évènement, c'est sans nul doute le partage, des discussions autour de cette passion commune. Passer plusieurs heures à papoter rhum (et les sujets sont nombreux) avec d'autres personnes tout aussi enthousiastes que soi, c'est le pied.

Sans la générosité de notre hôte un tel moment si agréable n'aurait pu être possible, alors un grand merci à lui, invétéré dénicheur de bouteilles égarées aux quatre coins de la France !


Pour ce qui du rhum, coups de cœur sur ce Saint James 1982, très complexe, très évolutif, que l'on peut garder un long moment dans son verre pour en apprécier toutes les facettes !
et de 7...
et de 8...
J'ai évidemment pu apprécier plein d'autres rhums d'exception (je comprends maintenant mieux la passion de certains pour J.M. :)), en agricoles mais aussi de Guyane Anglaise. J'ai même fait un rapide crochet sur un whisky, qui bien que bon (très très bon selon les connaisseurs du groupe), ne me détournera pas de mon amour pour la canne à sucre :).

Je voudrais remercier pêle-mêle plein de choses sans lesquelles cet après-midi/soirée, n'aurait pas été le même : LE mur, Ali Baba, le Caroni 1982 renversé, les merguez, les chats errants, Uber, Rihanna, la RATP, Jean-Michel le distillateur cubain de l'aile ouest, le liquide le plus rare : l'eau, le nez débouché, l'Affreux et sa main verte, le ketchup explosif...

Seul regret : avoir dû rentrer avant la fin et donc avoir dû louper quelques très bonnes choses de plus ^^

Et quelques Demerara...


dimanche 17 avril 2016

Mon Rhum Fest 2016 - partie 2



Vous vous en doutez, après les blancs, nous allons maintenant nous attarder sur les vieux, et il y en a beaucoup, des vieux !


Faisons donc, pour commencer, un petit tour par deux embouteilleurs indépendants, l'un écossais et l'autre danois ; deux fameuses nations du rhum :P


Le premier est Rum&Cane, dont on n'a pas trop entendu parler. Ils ont deux cordes à leur arc, avec un rhum de Grenade, le Six Saints et plusieurs single casks.
Ce rhum de Grenade est leur entrée de gamme en quelque sorte, et pour une entrée de gamme c'est plutôt réussi. Il est sans sucre ajouté et plutôt sec mais avec des arômes fruités au nez, banane et poire.

Un autre embouteilleur indépendant, écossais cette fois

Le choix en termes de single casks, lui est assez vaste, avec sept ou huit rhums d'origines différentes.
Je n'en ai cependant dégusté "que" quatre.

"Pour commencer, un rhum des Philippines.
- De où ?
- Des Philippines.
- Pardon ?
- Des Philippines.
- Ca ne serait pas là d'où vient le Don Papa ?
- Si, tout à fait.
- Ah, mais tu as dû te régaler alors !
- Eh bien, à vrai dire, ce n'est pas si loin de la réalité que ça.
- Très drôle..."

Voilà un rhum au profil plutôt original et éloigné de son cousin que l'on connait. Seul point commun, l'orange, bien que moins présente ici, et surtout de manière moins liquoreuse. Ajoutez-y la cerise et des arômes empyreumatiques et vous avez un nez agréable.
En bouche c'est moins gourmand, les notes brulées sont très présentes et associées à d'autres, légèrement chimiques (plastique) et médicinales. La finale est longue sur ces mêmes notes médicinales et de réglisse.
Bref, intéressant :)

Des bouteilles bien reconnaissables
Leur Belize ensuite (donc de la distillerie Travellers), qui offre ce que l'on peut attendre d'un rhum de cette provenance, à savoir de la gourmandise, avec de la vanille, de la noix de coco et ici, un peu de pâte d'amande. C'est sympa, mais rien de neuf.

Je suis assez fan des rhums de Jamaïque, et j'ai donc sauté sur leur rhum de cette île, mais là je dois avouer que j'ai été déçu. Si ce n'est une banane relativement timide, pas de marqueurs jamaïcains ici. Si vous aimez ces rhums "puants" et très expressifs, passons à la suivante.

Et elle nous vient des Fidji, et là ça envoie ! Il m'a rappelé la version Berry Bros, si ce n'est que cette dernière est à plus de 60°. En réduit à 46°, eh bien on a toujours les mêmes arômes mais en peu plus abordable (la version Berry's pique un peu). Une bouteille pour les amateurs de finesse et de délicatesse... ou pas :p


En fait pas goûté
Allons maintenant faire une excursion au Danemark avec cette énigmatique marque qu'est Ekte.
A ma connaissance, personne n'avait même eu vent de l'existence de cet embouteilleur indépendant. Comme beaucoup je suis allé faire un tour sur le stand pour découvrir ce nouvel arrivant, au quelques douze bouteilles.
Ces rhums sont divisés en deux groupes, les assemblages et les single casks ; les deux ayant des identités visuelles très différentes.

Commençons par les bouteilles fines et allongées. Il y a six blends aux profils très variés. Ils offrent un dégradé, du rhum le plus doux à celui qui a le plus de caractère.
Je n'ai goûté que deux références de cet arc-en-ciel de saveurs (mon âme de poète qui parle - ou pas). Les deux plus secs et intenses. Le Aged and Geeky qui est un blend Guyana/Barbade/Jamaïque/Trinidad, sec, boisé et torréfié (surtout sur la finale), qui fait le boulot. Le Pungent and Geeky, blend Jamaïque/Barbade, est assez clairement sous l'influence de l'île de Bob Marley : intense, puissant (un peu plus fort en alcool d'ailleurs avec ses 47°), empyreumatique et aux marqueurs jamaïcains. Pas mal du tout, il faudrait voir le prix (j'y reviendrai).
Je regrette un peu de ne pas en avoir goûté plus, il aurait pu y avoir de bonnes surprises.

Long Pond, meilleure distillerie de Jamaïque ?
Les single casks maintenant. Là aussi je n'ai pu en goûter que deux, je suis resté sur la Jamaïque dont ils ont deux expressions, un 12 ans issu de la distillerie Monymusk et un 15 ans, venant lui, de chez Long Pond. Les deux sont bons, leur style particulier (comme un benêt je n'ai pas pris de note, mais mon souvenir est vraiment sur quelque chose typique de cette île). Les non amateurs de sensations fortes sont priés de circuler. J'ai également eu de bons échos sur d'autres de ces bouteilles. 
Tous ces single casks sont brut de fût et sans altération. Il me semble qu'ils sont partiellement vieillis sous les tropiques mais c'est à confirmer. Précision importante, toutes les informations nécessaires sont indiquées sur les étiquettes de ces bouteilles.
Nous avons donc affaire à des produits de grande qualité. La question suivante est : à quel prix ?
C'est un point qui a fait débat durant le Rhum Fest. Le problème c'est que l'on ne sait pas à l'heure actuelle à combien ils seraient vendus en France. En effet les seules indications de prix que l'on peut trouver sont ceux pratiqués au Danemark. Or les tarifs danois, principalement du fait des taxes sur les alcools, sont bien plus élevés que dans d'autres pays d'Europe. Alors oui, ils sont très élevés, allant environ de 150€ à 300€ mais il est dur de deviner leur coût une fois distribués en France.
A suivre.


Habillement reconnaissable (comme celui des hôtesses...)
Nous sortons du monde des embouteilleurs indépendants pour aller en Colombie, avec la marque Dictador.
Je ne m'étais jamais penché sur ces bouteilles opaques jusqu'à récemment.
Après avoir dégusté l'ensemble de leur gamme, je les vois comme une alternative à d'autres rhums de tradition espagnole, avec leurs arômes qui sortent un peu des (trop) classiques vanille et caramel.

En plus des arômes "courants", le 12 ans nous donne du café, le 20 ans de la noisette et de l'orange. L'Insolent de la noix, de l'orange, du café et du poivre tandis que le Perpetual apporte de la coco en plus du précédent mais en reste très proche.
L'ensemble ne donne pas une impression (très) sucrée et permet de découvrir d'autres arômes que ceux qui nous sont présentés par les poids lourds de ce marché des rons. Pour moi, pas à se damner non plus, vous l'aurez compris.


Je leur souhaite toute la réussite possible
Une petite curiosité maintenant, dégustée au bar des nouveautés, dont javais vaguement entendu parler auparavant et qui avait titillé ma curiosité : le rhum Matugga.
Ils ont deux bouteilles à leur arc : un gold rum et un spiced. Je n'ai dégusté que le premier.
Petite info sur ces rhums : ils sont élaborés à base de mélasse d'Ouganda et distillés en Angleterre, puis vieillis juste quelques semaines.

Niveau dégustation, il nous offre des arômes étonnants. Il est très expressif sur des notes médicinales (camphre) et torréfiées (chocolat noir). Ces arômes marqueront votre palais un long moment.

Un rhum qui sort vraiment de l'ordinaire, tant par son origine que par ses caractéristiques gustatives (même si ce n'est peut-être pas un modèle d'équilibre), intéressant !




Finissons cette seconde excursion au Rhum Fest (en attendant la troisième) avec des agricoles vieux, et pas des moindres.

J'y suis allé sans conviction et là : bonne surprise
Commençons par Saint James et deux nouvelles expressions de cette maison.
Le Cuvée Excellence pour débuter.
Un assemblage des rhums d'âges différents pour une moyenne de 6 ans.
Au nez, le boisé est présent de différentes manières, entre autre de par les fruits à coque. Il est gourmand et des notes mentholées amènent de la fraîcheur.
La bouche est moins boisée et trouve un bel équilibre.
Le fût revient sur la finale qui est relativement longue sur des notes torréfiées et de sucre roux. La fraîcheur est toujours présente.

Le millésime 2001 ensuite (même forme de bouteille que le 2000 sorti il y a quelques temps et qui ne m'avait pas vraiment convaincu).
Le nez est très différent du Cuvée Excellence, il offre des notes florales capiteuses mais aussi des arômes de café, d'orange et de fruits (au sirop et confits). Gourmandise et complexité sont au rendez-vous.
C'est en bouche que le boisé apparaît et même assez nettement (il apporte même un aspect tannique). Les épices accompagnent le fût.
La finale est très longue et reste intense, sur le boisé et les fruits à coque. Elle n'est pas exempte d'une certaine fraîcheur. Après quelques minutes, des discrètes notes de bois mouillé se font sentir (seul bémol à mon avis, même si d'autres personnes pourront apprécier).

Deux Saint James simplement bons, en revanche je ne connais pas leurs prix. On peut les penser relativement bon marché - comme la plupart des rhums de cette maison - ce qui les rendrait d'autant plus attractifs.


Un des meilleurs rhums proposés cette année
Et donc pour finir, allons faire un tour chez Depaz avec leur millésime 2002.

Depaz est la distillerie de Martinique qui m'a fait arriver sur les rhums agricoles, avec lesquels j'avais beaucoup de mal, grâce à leur XO.
On peut regretter le manque de nouveautés proposées par cette maison tant leurs produits sont bons. Alors oui, de nouvelles bouteilles - le contenant - ont été adoptées pour la gamme mais ce n'est pas ce que j'appellerais une nouveauté (le contenu est annoncé comme le même, ce qui fait froncer quelques sourcils - n'ayant pas pu faire de comparatif, je ne vais pas me prononcer).
Donc cette année avec le blanc, dont je vous ai parlé la semaine dernière et ce millésime, c'est un peu la fête ^^

Et alors que donne-t-il ?
Le nez est riche et équilibré. Boisé, fruits à coque (noix), pâte d'amande, orange, pruneaux et un léger aspect minéral constituent son profil aromatique. La bouche est dans la même veine et offre un superbe équilibre. La finale est longue, boisée et toujours légèrement minérale.
Un superbe rhum agricole !


C'est ainsi que s'achève cette seconde partie de mon Rhum Fest 2016.
Rendez-vous pour la troisième et dernière !



Retrouvez la première partie ici : Mon Rhum Fest 2016 - partie 1


mardi 23 juin 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 2



On continue avec notre temps passé dans l'espace VIP et la dégustation de bien jolis flacons, ma foi.

Cette bague d'osier rend bien
J'ai eu le privilège de goûter à 8 autres rhums d'exception. Voilà ce qu'il y en a à retenir.

Le Zacapa Reserva Limitada 2014 tout d'abord.
Zacapa, je connais, le 15 ans, le 23 ans et le XO. Et dans l'ensemble ce n'est pas mon truc. Le sucre du 23 et du XO me dérangent tandis que le 15 ans, plus sec, n'a pas grand intérêt à mes papilles.
Mais voilà, ce Reserva Limitada affiche 45° au compteur, ce qui peut changer pas mal de choses principalement en donnant plus de peps que sur les versions plus douces.
Eh bien, cela se confirme. Certes on est toujours essentiellement sur la vanille et le caramel (ainsi que la noix) mais ses quelques degrés de plus lui donnent une pèche bienvenue ; pas si mal.




Le Santa Teresa Bicentenario ensuite. Voici donc ce que nous propose la marque Santa Teresa en rhum premium. Leur rhum "de base", n'est pas mal du tout, je me dis donc que celui-ci peut avoir du potentiel.
Au nez c'est gourmand (il donne l'impression qu'on va avoir quelque chose de sucré en bouche), sur le caramel, le café et la vanille. Le nez ne nous a pas trompé, il est sucré, trop sucré et également très café. Pas trop mon truc.

Le English Harbour 1981 est le prochain sur ma liste. On arrive là sur une bouteille qui vaut facilement 200€ et dont on entend très peu parler (bon signe ou mauvais présage, on va bien voir).
Voilà un nez, qui me plait déjà plus que les précédents, il nous offre des fruits rouges, de la noix et un boisé très agréable.
L'attaque m'a semblé moyenne, avec une première impression d'alcool et de sucre et donc un manque de saveurs. Mais cela s'améliore quand on le garde en bouche et sur la finale. Il donne entre autre, du bois, de la vanille et un côté empyreumatique que j'ai particulièrement apprécié. 
Dans l'ensemble un rhum élégant mais non sans personnalité.

Un français, un anglais et un espagnol

Un La Mauny 1998 avait également sa place sur l'étagère et j'ai eu envie de rafraîchir mon impression sur ce dernier (que j'avais eu l'occasion de goûter quelques mois auparavant).
Un nez assez complexe avec entre autre de la réglisse, du caramel cuit, de la réglisse et - malheureusement - ce boisé parfois présent sur certains vieux agricoles que je n'affectionne pas.
L'attaque est assez douce et la finale donne, là aussi, des saveurs empyreumatiques, mais comme au nez, ce boisé qui me gêne était bien présent.

Ma première impression est donc confirmée, un rhum de qualité mais pas à mon goût.


Me voilà donc dans cet espace VIP à siroter quelques très bons rhums quand une de mes connaissances essaye d'attirer mon attention par des signes de têtes, qu'il essaye de rendre discrets. Il y parvient et me demande de venir le voir, j'y vais.
Étiquette provisoire là aussi
Et là sur un ton de comploteur et à voix basse il me fait comprendre que toutes les bouteilles à découvrir ne sont pas sur les étagères. Ah ?
Il m'explique que deux bouteilles d'exception se trouvent en fait sous le bar et qu'il faut les demander très discrètement aux barmen pour avoir la chance d'en profiter. Ah ?
Il me dit ensuite de quels rhums il s'agit, le futur millésime de chez Saint James, un 2003 et surtout la carafe des 120 ans de chez Longueteau. Ah !

A mon tour de faire des signes cabalistiques au barman et à prendre un ton de comploteur. Quelques instants plus tard, j'ai donc quelques centilitres de Saint James 2003 dans mon verre, après qu'il se soit livré à de secrètes manipulations sous le bar.
Un nez boisé, avec de la réglisse et des épices. Pas mal mais pas vraiment mon truc non plus ; un peu déçu je suis.
Et là en bouche, une claque ! Certes, cela remonte à quatre semaines mais je me souviens encore de mon étonnement à avoir un produit vraiment super (et donc pas vraiment en adéquation avec le nez). L'attaque est souple (même si l'alcool est là) et la bouche fruitée, entre autre sur l'orange mais pas seulement (cela me donne envie de prendre le temps d'en apprécier toutes les subtilités). Le boisé est là, juste comme il faut. Je me suis fait cueillir ^^ 
Entre bouteille d'eau et carton :)


Je refais signe à mon "dealeur", qui cette fois me sert une petite quantité du Longueteau (tout ça sous le bar une fois de plus).

Là, je vous demande une minute, l'émotion me submerge à ce souvenir.
Je vais simplement retranscrire mes notes :
"Nez : un extra-terrestre. Extrêmement complexe. On retrouve un peu du XO mais en plus raffiné. Encore vif. Fruits rouges, bois, menthe, agrumes (orange amère), quelque chose de chaud, caramel.
Bouche : explosif, frais, doux, complexe, on y retrouve presque tous les éléments découverts au nez.
Finale : looooonnnnggggg"

Voilà, voilà, je ne sais pas quoi dire de plus, si ce n'est vous dire que ce rhum est un assemblage de quatre millésimes de cette maison, un par génération (1924, 1940, 1997 et 2006).
Je l'ai gardé dans mon verre pendant 45 bonnes minutes à l'apprécier.

C'est bon, c'est très très bon.
Il n'y a que quelques centaines d'exemplaires, chacun vendus à un prix élevé mais je ne suis pas loin de penser que ce rhum vaut son prix :)



C'est ainsi que s'est terminée mon expérience VIP... Difficile de continuer après ça.


Mais j'ai pris mon courage à deux mains, retrouvé mon frère et nous sommes parti vers des rons. Vous le savez ce n'est pas forcément mon truc mais mieux vaut garder son palais disposé et entraîné à tous les rhums, entre autre pour continuer à apprendre.


Pas convaincu dans l'ensemble
Nous sommes donc allé du côté de Botran pour déguster leur 15 ans et leur 18 ans.
Le premier est gourmand sur la vanille, le caramel mais aussi boisé et avec un touche de café.
Le second est plus sec, plus boisé et plus long.
Je n'ai été convaincu ni par l'un, ni par l'autre.


Deuxième stand avec moult rons : celui où AH Riise était en dégustation. Je vais passer rapidement sur ce stand n'ayant rien trouvé à mon goût (si ce n'est le Mulata 15 ans que je connaissais déjà et qui est très boisé/bourbon).
Caracas Club, un ron de 7 ans du Venezuela ; très sur l'amande et doux.


Trop, trop, trop
Relicario de République Dominicaine, élaboré à 50% à partir de mélasse et à 50% à partir de vesou. Cela n'apporte malheureusement pas grand-chose. Cependant voilà un ron relativement sec, qui peut offrir une certaine alternative aux rons plus sucrés.
Esclavo, un solera 12 ans, très doux (sans être trop sucré), surtout sur la vanille... pas mon truc.


J'ai ensuite fait la singulière expérience de goûter les rhums AH Riise, deux finishs différents, ainsi que leurs solera 25 et 30 ans.

Ce sont les rhums les plus sucrés qu'il m'ait été donné l'occasion de tester, la bouteille vous colle aux doigts... Et c'est dommage ; il y a des choses intéressants dans ces rhums : un côté fermier/fumé sur le porto finish, un arôme d'abricot sur le Sauternes finish et une certaine complexité sur les vieilles solera. Mais voilà, trop, trop, trop de sucre, à vous en anesthésier la bouche.



Oui, joli design
Pour finir sur les rons, un représentant de Colombie, à la belle bouteille : La Hechicera. La représentante de la marque était très intéressante et donnait des explications qui permettaient de comprendre un peu ce qui se passe derrière la "simple" bouteille. Le nez est très boisé, dans un style bourbon. En bouche, le bois est moins présent et se fait manger par le caramel ; il est également moins sec que le nez ne laissait penser. Rien d'exceptionnel.



Finissons par quelque chose d'un peu plus enthousiasment (pour moi en tout cas), le Bologne Black Cane.
Un rhum agricole blanc de Guadeloupe, élaboré à partir d'une unique variété de canne à sucre : la canne noire (oui vous qui êtes bilingues, vous comprendrez donc pourquoi il s'appelle Black Cane :P).
Nous avons là un rhum intéressant, agricole sans aucun doute mais avec un nez aussi sur la réglisse et peut-être moins frais que d'autres. En bouche, l'attaque est douce, même sucrée. Les agrumes rendent ce rhum plus frais en bouche que le nez ne nous laissait croire.
Un agricole très expressif, réussite de chez Bologne !


vendredi 6 juin 2014

Soirée éphémère avec Luca Gargano - partie 2 : l'aventurier

Nous avons vu que les convives de cet événement ont pu déguster de très belles choses, mais pour moi, là n'a clairement pas été l'intérêt principal de cette soirée. Ce qui a fait de ces deux heures un moment inoubliable (du moins pour moi), c'est Luca Gargano lui-même, ses innombrables anecdotes et aventures ainsi que la manière qu'il a de les raconter.

Je le vois donc là derrière la table où la dégustation de déroulera. La cinquantaine, les cheveux grisonnants, tenue décontractée... Vous avez demandé la classe, ça tombe bien, elle vient d'arriver d'Italie :).
Lui-même
Il se présente brièvement puis nous explique le déroulement de la dégustation.
Je crois qu'à partir de ce moment-là, j'ai eu un sourire un peu niais et ce jusqu'à la fin de la soirée.

C'est à cet instant que la soirée commence ; non pas la dégustation en elle-même mais les histoires de Luca. Il est absolument captivant à écouter raconter son Expérience, ses expériences rhumesques, que ce soient ses rencontres avec de grands personnages du rhum (dont Yesu Persaud évidemment, l’homme qui lui a permis de choisir certains fûts de demerara chez DDL) mais pas seulement (Fidel Castro par exemple) ou encore son parcours professionnel et passionnel.
D’une certaine manière, il apparait comme une espèce de golden boy du rhum ^^.
Il débute sa carrière très tôt (18 ans) et se fait immédiatement remarquer. Il fait ses armes chez Saint James où il remporte un concours de commerciaux et part en Martinique tous frais payés dès la première année. C’est à ce moment qu’il tombe amoureux, non seulement des Antilles, mais aussi du rhum (et des antillaises ;)).
C’est quelques années plus tard, à l’âge de 27 ans, qu’il rachète Velier, alors une petite entreprise, dont il va tourner l’activité vers les rhums. Il commencera dans un premier temps par importer des marques en Italie/Europe. Puis il passera à la sélection, au vieillissement et à la mise en bouteille de ses rhums à la fin des années 90.

Si il y a bien quelque chose qu'il est impossible de ne pas percevoir c'est bien sa passion pour le rhum et les hommes qui le font. Il a un profond respect pour ces visionnaires qui se sont engagés à l'aveugle dans le vieillissement de leurs rhums ; ces hommes qui ont fait le pari de faire vieillir très longtemps certains de leurs millésimes sans aucune assurance du résultat et qui nous offrent aujourd'hui parmi les plus beaux rhums au monde.

Que dire encore de cette aventure extraordinaire qu'a été la découverte de la distillerie Caroni, laissée à l'abandon mais encore pleine de trésors inestimables. Il s’était alors mis en tête de visiter énormément de distilleries partout dans le monde pour son projet d’écriture (qu’il nous a confié en train d’être finalisé, j’ai hâte !). Arrivé à Trinidad, il se met à la recherche de la Caroni, se rend à l’endroit où elle est censée se trouver et arrive devant un « champ d’herbes hautes » qui masque partiellement une clôture et un portail fermé. Ce ne sera qu’après avoir discuté avec la « gardienne » des lieux, qu’il comprendra ce qui se passe : la distillerie est fermée et il devra aller voir les autorités pour avoir la permission d’y rentrer puis d’acheter une partie des fûts y étant toujours stockés, en effet, ils étaient encore là, dormant (et vieillissant). Ces fûts sont les derniers de Caroni jamais produits et il n’y en aura pas d’autres. Autant dire que si vous aimez ces arômes très particuliers et très marqués de tabac et de cuir (boite à cigare comme on dit), vous avez intérêt à ne pas laisser passer les bouteilles encore disponibles !
A noter aussi les photos qui habillent ces bouteilles, il s'agit des photos prises lors de la découverte de l'endroit et qui immortalisent d'une certaine manière ces moments incroyables :)
Je n'ai que celle-là à la maison mais d'autres arborent des photos des herbes hautes citées plus haut (oui cette légende est un peu longue :P)

Il en va de même pour sa dernière "folie" en date, les clairins d'Haïti, pays magnifique de par son aspect sauvage et presque originel. Il lui faudra plusieurs heures de pistes pour parvenir jusqu'à une distillerie perdue dans la nature et pouvoir charger à la main les fûts dans le 4x4.


Rencontrer l'homme à l'origine (ou plutôt à la conclusion) de mes rhums préférés fut un véritable privilège et un grand plaisir. Je suis heureux d'avoir pu le remercier d'être la raison pour laquelle je me suis intéressé à des rhums de qualité et ce depuis la dégustation de son UF30E.
La bête !

Je le refais ici : merci Monsieur Gargano !