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mardi 23 juin 2015

Mon Rhum Fest 2015 - partie 2



On continue avec notre temps passé dans l'espace VIP et la dégustation de bien jolis flacons, ma foi.

Cette bague d'osier rend bien
J'ai eu le privilège de goûter à 8 autres rhums d'exception. Voilà ce qu'il y en a à retenir.

Le Zacapa Reserva Limitada 2014 tout d'abord.
Zacapa, je connais, le 15 ans, le 23 ans et le XO. Et dans l'ensemble ce n'est pas mon truc. Le sucre du 23 et du XO me dérangent tandis que le 15 ans, plus sec, n'a pas grand intérêt à mes papilles.
Mais voilà, ce Reserva Limitada affiche 45° au compteur, ce qui peut changer pas mal de choses principalement en donnant plus de peps que sur les versions plus douces.
Eh bien, cela se confirme. Certes on est toujours essentiellement sur la vanille et le caramel (ainsi que la noix) mais ses quelques degrés de plus lui donnent une pèche bienvenue ; pas si mal.




Le Santa Teresa Bicentenario ensuite. Voici donc ce que nous propose la marque Santa Teresa en rhum premium. Leur rhum "de base", n'est pas mal du tout, je me dis donc que celui-ci peut avoir du potentiel.
Au nez c'est gourmand (il donne l'impression qu'on va avoir quelque chose de sucré en bouche), sur le caramel, le café et la vanille. Le nez ne nous a pas trompé, il est sucré, trop sucré et également très café. Pas trop mon truc.

Le English Harbour 1981 est le prochain sur ma liste. On arrive là sur une bouteille qui vaut facilement 200€ et dont on entend très peu parler (bon signe ou mauvais présage, on va bien voir).
Voilà un nez, qui me plait déjà plus que les précédents, il nous offre des fruits rouges, de la noix et un boisé très agréable.
L'attaque m'a semblé moyenne, avec une première impression d'alcool et de sucre et donc un manque de saveurs. Mais cela s'améliore quand on le garde en bouche et sur la finale. Il donne entre autre, du bois, de la vanille et un côté empyreumatique que j'ai particulièrement apprécié. 
Dans l'ensemble un rhum élégant mais non sans personnalité.

Un français, un anglais et un espagnol

Un La Mauny 1998 avait également sa place sur l'étagère et j'ai eu envie de rafraîchir mon impression sur ce dernier (que j'avais eu l'occasion de goûter quelques mois auparavant).
Un nez assez complexe avec entre autre de la réglisse, du caramel cuit, de la réglisse et - malheureusement - ce boisé parfois présent sur certains vieux agricoles que je n'affectionne pas.
L'attaque est assez douce et la finale donne, là aussi, des saveurs empyreumatiques, mais comme au nez, ce boisé qui me gêne était bien présent.

Ma première impression est donc confirmée, un rhum de qualité mais pas à mon goût.


Me voilà donc dans cet espace VIP à siroter quelques très bons rhums quand une de mes connaissances essaye d'attirer mon attention par des signes de têtes, qu'il essaye de rendre discrets. Il y parvient et me demande de venir le voir, j'y vais.
Étiquette provisoire là aussi
Et là sur un ton de comploteur et à voix basse il me fait comprendre que toutes les bouteilles à découvrir ne sont pas sur les étagères. Ah ?
Il m'explique que deux bouteilles d'exception se trouvent en fait sous le bar et qu'il faut les demander très discrètement aux barmen pour avoir la chance d'en profiter. Ah ?
Il me dit ensuite de quels rhums il s'agit, le futur millésime de chez Saint James, un 2003 et surtout la carafe des 120 ans de chez Longueteau. Ah !

A mon tour de faire des signes cabalistiques au barman et à prendre un ton de comploteur. Quelques instants plus tard, j'ai donc quelques centilitres de Saint James 2003 dans mon verre, après qu'il se soit livré à de secrètes manipulations sous le bar.
Un nez boisé, avec de la réglisse et des épices. Pas mal mais pas vraiment mon truc non plus ; un peu déçu je suis.
Et là en bouche, une claque ! Certes, cela remonte à quatre semaines mais je me souviens encore de mon étonnement à avoir un produit vraiment super (et donc pas vraiment en adéquation avec le nez). L'attaque est souple (même si l'alcool est là) et la bouche fruitée, entre autre sur l'orange mais pas seulement (cela me donne envie de prendre le temps d'en apprécier toutes les subtilités). Le boisé est là, juste comme il faut. Je me suis fait cueillir ^^ 
Entre bouteille d'eau et carton :)


Je refais signe à mon "dealeur", qui cette fois me sert une petite quantité du Longueteau (tout ça sous le bar une fois de plus).

Là, je vous demande une minute, l'émotion me submerge à ce souvenir.
Je vais simplement retranscrire mes notes :
"Nez : un extra-terrestre. Extrêmement complexe. On retrouve un peu du XO mais en plus raffiné. Encore vif. Fruits rouges, bois, menthe, agrumes (orange amère), quelque chose de chaud, caramel.
Bouche : explosif, frais, doux, complexe, on y retrouve presque tous les éléments découverts au nez.
Finale : looooonnnnggggg"

Voilà, voilà, je ne sais pas quoi dire de plus, si ce n'est vous dire que ce rhum est un assemblage de quatre millésimes de cette maison, un par génération (1924, 1940, 1997 et 2006).
Je l'ai gardé dans mon verre pendant 45 bonnes minutes à l'apprécier.

C'est bon, c'est très très bon.
Il n'y a que quelques centaines d'exemplaires, chacun vendus à un prix élevé mais je ne suis pas loin de penser que ce rhum vaut son prix :)



C'est ainsi que s'est terminée mon expérience VIP... Difficile de continuer après ça.


Mais j'ai pris mon courage à deux mains, retrouvé mon frère et nous sommes parti vers des rons. Vous le savez ce n'est pas forcément mon truc mais mieux vaut garder son palais disposé et entraîné à tous les rhums, entre autre pour continuer à apprendre.


Pas convaincu dans l'ensemble
Nous sommes donc allé du côté de Botran pour déguster leur 15 ans et leur 18 ans.
Le premier est gourmand sur la vanille, le caramel mais aussi boisé et avec un touche de café.
Le second est plus sec, plus boisé et plus long.
Je n'ai été convaincu ni par l'un, ni par l'autre.


Deuxième stand avec moult rons : celui où AH Riise était en dégustation. Je vais passer rapidement sur ce stand n'ayant rien trouvé à mon goût (si ce n'est le Mulata 15 ans que je connaissais déjà et qui est très boisé/bourbon).
Caracas Club, un ron de 7 ans du Venezuela ; très sur l'amande et doux.


Trop, trop, trop
Relicario de République Dominicaine, élaboré à 50% à partir de mélasse et à 50% à partir de vesou. Cela n'apporte malheureusement pas grand-chose. Cependant voilà un ron relativement sec, qui peut offrir une certaine alternative aux rons plus sucrés.
Esclavo, un solera 12 ans, très doux (sans être trop sucré), surtout sur la vanille... pas mon truc.


J'ai ensuite fait la singulière expérience de goûter les rhums AH Riise, deux finishs différents, ainsi que leurs solera 25 et 30 ans.

Ce sont les rhums les plus sucrés qu'il m'ait été donné l'occasion de tester, la bouteille vous colle aux doigts... Et c'est dommage ; il y a des choses intéressants dans ces rhums : un côté fermier/fumé sur le porto finish, un arôme d'abricot sur le Sauternes finish et une certaine complexité sur les vieilles solera. Mais voilà, trop, trop, trop de sucre, à vous en anesthésier la bouche.



Oui, joli design
Pour finir sur les rons, un représentant de Colombie, à la belle bouteille : La Hechicera. La représentante de la marque était très intéressante et donnait des explications qui permettaient de comprendre un peu ce qui se passe derrière la "simple" bouteille. Le nez est très boisé, dans un style bourbon. En bouche, le bois est moins présent et se fait manger par le caramel ; il est également moins sec que le nez ne laissait penser. Rien d'exceptionnel.



Finissons par quelque chose d'un peu plus enthousiasment (pour moi en tout cas), le Bologne Black Cane.
Un rhum agricole blanc de Guadeloupe, élaboré à partir d'une unique variété de canne à sucre : la canne noire (oui vous qui êtes bilingues, vous comprendrez donc pourquoi il s'appelle Black Cane :P).
Nous avons là un rhum intéressant, agricole sans aucun doute mais avec un nez aussi sur la réglisse et peut-être moins frais que d'autres. En bouche, l'attaque est douce, même sucrée. Les agrumes rendent ce rhum plus frais en bouche que le nez ne nous laissait croire.
Un agricole très expressif, réussite de chez Bologne !


dimanche 15 juin 2014

L'exploration continue - Partie 1

Chers lecteurs,

Vous avez déjà pu suivre une partie de aventures et découvertes rhumesques lors de mes précédents articles.
Une chose sur laquelle j'ai insisté (et vous feriez mieux de vous y faire, c'est pas près de s'arrêter :p) est l'évolution de mon goût et de mes goûts. En commençant par des traditionnels sucrés, puis des traditionnels moins sucrés et plus boisés, puis des bruts de fûts toujours traditionnels et enfin des agricoles (blancs et vieux). J'insiste sur le fait que ça ne veut pas dire que je ne bois désormais que des agricoles, loin s'en faut. Je pense être à peu près sur du 50/50 traditionnel, agricole dans mes achats à l'heure actuelle.

Après mon anniversaire et la multiplication par deux de mes demerara de chez Velier, je suis passé par une phase, que j'appellerais, de diversification. A cette période, je ne suis pas encore versé dans les agricoles, qui restent exceptionnels dans la cave. Cela ne m’empêchera pas de découvrir et de tester beaucoup de choses sur cette fin d'année 2013 et début 2014.

Vide, comme quoi elle est pas si mal :)
Le mois de décembre a vu l'acquisition de quatre bouteilles très éloignées les unes des autres.
Je me souviens qu'après être passé à des choses plus sèches (moins sucrées), j'avais à nouveau envie de me procurer un rhum gourmand. Je suis donc passé chez mon caviste (je n'en avais qu'un à l'époque), A'Rhums avec les indications suivantes pour aider les profilers que sont Freddy et Aurélien :
"Bonjour, j'aimerais un rhum gourmand mais qui s'éloigne un peu des arômes classiques."
Après quelques dégustations, je suis reparti ce jour-ci avec le Diplomatico single vintage 2000. Alors oui, je sais, Diplomatico... J'ai développé une certaine allergie à cette marque - assez bêtement je dois dire - avant même d'avoir goûté leurs produits, cette sorte de réaction épidermique que je peux avoir lorsqu'on parle d'un produit qui devient extrêmement populaire et qui a beaucoup de succès. En effet, par défaut, j'ai tendance à prendre la position opposée, sans réelle raison. Bref, cette bouteille était la première de leur gamme que je goûtais et elle répondait parfaitement à mes attentes du moment (sucré sans être écœurant tout en étant assez équilibré et long).
En passant, j'ai d'ailleurs pu goûter plus récemment le "fameux" Reserva exclusiva, trouvable absolument partout et sans grande surprise je l'ai trouvé trop sucré. Il est facile d'abord et il n'est pas bien compliqué de comprendre pourquoi il rencontre ce franc succès.
En revanche, je ne comprends toujours pas comment un collègue à moi me disait récemment être un amateur de whisky et trouver ce rhum à son goût. J'ai l'impression qu'il est aux antipodes de ce qu'un amateur de whisky peut aimer, mais je ne m'y connais que très peu en whisky.


Mon premier mais pas le dernier !

Après ce retour aux sources, j'étais mûr pour essayer de nouvelles choses. Et c'est deux semaines plus tard, que j'ai fait la connaissance de l'univers des Caroni.
"Bonjour, j'aimerais un rhum qui n'a rien à voir avec tout ce que j'ai pu goûter jusqu'alors mais tout en restant sur du traditionnel et de la puissance."
Aurélien ma dirigé ce jour-là vers ces rhums très lourds de Trinidad, en me précisant qu'il s'agit de rhums Velier (il sait me prendre par les sentiments le bougre !). Je déguste donc et me rend compte que cela répond totalement à ma requête du jour : quelque chose de différent. Et comment !
Honnêtement, je ne peux pas dire que ce soit ma tasse de thé. Ma bouteille est encore pleine aux 3/4 et n'est pas prête d'être finie. Cependant je suis quand même reparti avec, pour au moins avoir un Caroni dans ma cave, je pense que c'est un must. Pour vous donner une idée, les Caroni développent des arômes de cuir, pneu, tabac, hydrocarbures... Oui c'est différent :)
Depuis j'ai eu l'occasion d'en goûter d'autres (de chez Velier et de chez Bristol Classics) et je dois avouer qu'ils m'ont plus plu, avec un côté moins monolithique, "prends ça dans ta gueule". Sans doute donc une piste à explorer, mais il faudrait que je fasse ça vite, vu que les stocks réduisent dangereusement.
Et de 5 !



La suivante n'est pas super originale mais a eu le mérite d'augmenter mes stocks de demerara : le Diamond 1996 (ben oui de chez Velier...). Il s'agit du 16 ans et non du 15 ans ; ouais parce que pour faire simple ils ont sorti deux Diamond 1996, c'est sûr ça aide :P Bref un demerara plus vanillé que les autres, mais qui présente toujours les mêmes qualités dont j'ai déjà parlé : un boisé qui se mêle bien aux arômes du rhum, une puissance et une longueur en bouche impressionnantes. Je ne sais même plus ce que j'ai demandé ce jour-là en arrivant à la boutique, de toute manière j'ai dû me laisser écarter du droit chemin par leur vitrine de bouteilles de collection où ce trouvait ce Diamond ^^
Mon premier amour agricole




Il y a ensuite eu cette fameuse première bouteille de rhum agricole décrite dans un autre article : le Depaz XO, un petit bijou. Pour ce qui est de ma demande du jour, je n'avais certainement pas demandé de l'agricole mais ça ne m'a pas empêché de partir avec !



Le mois de janvier verra deux éléments importants dans mon histoire du rhum : mes premières bouteilles de rhum blanc (et j'ai pas commencé par n'importe quoi comme vous allez le voir) et ma découverte de la boutique de Christian de Montaguère !

Du potentiel dans ces clairins

Les rhums blancs... Je les avais toujours imaginés juste bon à faire des cocktails et autres rhums arrangés, bon ben sans grande surprise j'avais tort. Certains sont faits pour ça et d'autres sont élaborés dans un esprit de dégustation. Vous allez penser que je fais vraiment un blocage sur Velier (ou vous n'aurez pas tort) mais ce sont des produits de chez Velier qui m'ont fait me rendre compte du potentiel des rhums non-vieillis (la couleur ambrée des rhums vient de leur temps passé en fût - vieillissement - et parfois de l'ajout de caramel).

Le premier alcool blanc de canne à sucre à s'être retrouvé dans ma cave a été le clairin Sajous d'Haiti. C'est un clairin élaboré à partir de jus de canne et non de mélasse, un agricole d'une certaine manière donc, et non un rhum, mais je dois avouer que la différence est très mince : un temps de fermentation du vesou plus long puisqu'il peut atteindre jusqu'à une douzaine de jour alors que la plupart des rhums ont un temps de fermentation du jus de canne environ de 48h.
Gargano + Capovilla = succès


Peu de temps après j'ai pu déguster et être séduit par le Rhum Rhum PMG, qui s'est donc également retrouvé sur mes étagères. Il s'agit de la version non vieillie du superbe Libération 2010, puis 2012 (et bientôt 2014).
Comme pour les autres rhums, nous avons le choix pour les blancs entre traditionnels et agricoles. Et là, autant pour les rhums vieux, je me peux trouver mon bonheur dans les deux familles, autant pour les rhums blancs, ma préférence va sans conteste aux agricoles, qui sont plus riches et intéressants. De manière générale ils sont bien plus végétaux en bouche, ils sont frais et épicés et présentent (naturellement) les arômes du jus de canne.








To be continued...