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dimanche 1 novembre 2015

Salon Club Expert 2015 - La grand-messe de Dugas - Partie 2


Retour au Musée des arts forains et à son lot de nouveautés (ou rhums sur lesquels je n'avais pas eu l'occasion de m'attarder jusque-là).


On change d'océan, pour nous rendre à l'Île Maurice et découvrir Chamarel et sa production.
Cette distillerie existe depuis assez longtemps pour nous offrir depuis peu un XO, mais prenons les choses dans l'ordre et commençons par les blancs. Et oui, il y en a deux, mais vous vous en doutez, différents l'un de l'autre (sinon pourquoi en faire deux ?).
Les deux sont élaborés à partir de jus de canne, alors où est la différence ? Elle se situe principalement dans la méthode de distillation.

J'aime beaucoup le design de leurs rhums vieux.

Le Classic est distillé sur colonne et se rapproche donc des rhums agricoles auxquels nous sommes habitués, même si l'embouteillage se fait ici à 42°. Du coup, on retrouve un nez de canne, assez frais et tirant sur les agrumes (citron). En bouche la canne est toujours là, accompagnée de notes florales. Bref il est agréable.

Le Double distilled est quant à lui distillé deux fois sur un alambic charentais. Son nez est plus lourd et très intense, porté sur le poivre ; un ensemble sympathique et intéressant. En bouche, c'est toujours gras mais je trouve qu'il lui manque quelque chose. La finale sera à nouveau poivrée. Très différent du Classic, mais pas mal non plus.

Il est toujours intéressant de voir que sur deux produits partant de la même base, le vesou, on parvient à obtenir des résultats totalement différents.
Je passe sur le VSOP et les liqueurs, connaissant le premier et n'étant pas intéressé par les seconds.


Le XO maintenant, relativement récent dans la gamme (il faut bien attendre les années nécessaires :)). Il est élevé en fûts neufs de chêne français et titre 43°.
Élément important, la matière première mise en vieillissement est un mélange des deux blancs décrits plus haut. C'est à la lecture de mes notes, que je me rends compte qu'ils ont chacun leur influence sur ce XO puisqu'au nez j'ai écrit : frais, boisé et poivré. Je pense en effet que le côté frais vient du Classic alors que le côté poivré vient du Double distilled. L'attaque est souple et la finale longue et fine sur le bois et le poivre. J'aimerais le regoûter celui-ci aussi.

Petit regret sur le stand, pas de single barrel 2008 ou 2009 à déguster. En ayant entendu beaucoup de bien j'aurais bien aimé y tremper les lèvres mais ça sera pour une autre fois.


Packaging réussi, moderne et rétro à la fois.
Deux "vraies" nouveautés maintenant, du côté des rhums anglo-saxons.

Le rhum (ou plutôt rum) Whisper, un gold rum, qui nous vient d'Antigua, petite île au nord de la Guadeloupe. C'est le résultat de la collaboration entre deux étudiants qui se sont lancés il y a deux ans dans cette aventure et un maître rhumier qui est l'expert de la bande (j'espère ne pas dire de bêtise).
On connait un tout petit peu Antigua pour son rhum, avec des marques telles que Cavalier ou English Harbour ; cette dernière produisant entre autre un 25 ans d'âge qui m'avait très agréablement surpris.
Nous sommes bien évidemment sur un rhum de mélasse, qui est élevé 2 ans en fût de bourbon.
Au nez, c'est gourmand, avec des arômes d'amande, de vanille, de coco, de miel et d'orange. L'attaque en bouche est douce sans être sucrée et la finale, moyennement longue est principalement sur le bois.
L'ensemble est agréable et plutôt bien fait ; non sans rappeler certains produits issus de la distillerie Travellers de Belize. Je leur souhaite bonne chance !
N°1 ? Ça se discute :P

Nouveauté chez Angustura ensuite, le N°1, oui c'est son nom. Il s'agit d'un rhum vieux de 16 ans vieilli dans deux types de fût différents (10 ans dans l'un puis 6 ans dans l'autre), j'imagine bourbon et cognac mais je n'en suis pas sûr.
Bon, je vais mettre ça sur le dos de mon palais (oui mon palais a un dos :P) vacillant à ce moment de la journée mais je l'ai trouvé sans intérêt et très sucré pour mon goût. Je passe.



Arrive ce moment où je me dis qu'il va être temps de rentrer chez moi. Je prends donc le chemin de la sortie tout en regardant de droite et de gauche pour voir si je n'aurai pas louper quelque chose.
C'est en repassant devant le stand HSE que je vois Cyril Lawson, le directeur commercial de la marque, rencontré la semaine précédente. J'en profite donc pour le saluer et lui faire part de ma déception de ne pouvoir déguster le finition Porto ou le millésime 2003. Il me fait discrètement comprendre que si j'attends cinq minutes il se pourrait que mon verre se remplisse de quelques centilitres de ce HSE finition Porto. Me voilà soudainement patient et plus si pressé que ça de rentrer chez moi :)
Pas de photo prise mais Cyril a pu m'envoyer celle-ci :)
Pour patienter, je goûte le blanc Titouan Lamazou "La Belle Heure", version 40°. Il est bon, très marqué canne et doux. Sans doute un peu trop pour moi, et je lui préfère sa version à 50°, qui n'est, selon moi, pas reconnue à sa juste valeur.

Mais le temps passe et hop, verre rempli et dégustation imminente, merci Cyril ;)
Voilà un nez gourmand et fin, porté sur des arômes de vanille, de fruits rouges (légers), de datte avec également une note d'orange et un boisé (bois frais/vert) que j'associe souvent à rhums vieux HSE. La bouche est gourmande et sèche à la fois avec une très légère note de poudre à canon. La finale est longue et boisée avec des tanins fins. L'ensemble est d'une grande finesse. Encore une à déguster en de meilleures conditions afin de confirmer ce fort potentiel !


Voilà ce qu'il y a à retenir des rhums que j'ai dégustés en cette journée du 5 octobre 2015.

Mais ce n'est pas pour autant la fin de ce salon. En effet, alors que je reprends à nouveau de chemin de la sortie, je fais une ultime pause pour saluer deux confrères amateurs que je croise régulièrement dans ce genre d'événements ou chez les cavistes. On échange rapidement sur nos expériences et découvertes de la journée et ils me disent que je ne peux partir sans passer au stand tenu par une blonde, que l'on aperçoit de dos de là où l'on se trouve, et qui présente non pas du rhum mais du cognac.
OMG!
Je n'y connais pas grand-chose en cognac (pour ne pas dire rien du tout) mais je leur fais confiance et vais donc demander à déguster, sur leurs conseils, le XO et le Hors d'Âge.
Je sors donc de la zone réservée aux rhums et reviens dans la première partie du lieu, dédiée entre autre aux vins et aux eaux-de-vie de vin.
Me voici, de manière assez inattendue, au stand de la maison Bache Gabrielsen et commence à discuter avec la dame en question.
Elle m'explique que leur XO est un assemblage d'une moyenne d'âge de 15 ans, rien que ça. Je penche mon nez sur le verre (très généreusement servi) et suis frappé par le fruité qui s'en dégage ! Il y a du pruneau, des raisins, de la prune, le tout légèrement poivré et peu marqué par le bois. La bouche est assez douce, sur les fruits frais à nouveau mais aussi les fruits à coque. La finale est longue et marqué par la noix, ce qui me plait beaucoup. Vraiment très bon.

OMFG!!!
Elle propose ensuite de passer au Hors d'Âge, je ne dis pas non :)
Alors qu'elle remplit mon verre, elle parle de ce cognac et explique qu'il s'agit là aussi d'un assemblage dont la plus vieille eau-de-vie date de 1917 et dont la la moyenne d'âge est de 55 ans... Ah oui quand même !
Prenez le XO, gardez la fraîcheur (qui m'a fait penser au pinot gris cette fois) et le fruité mais ajoutez-y des arômes plus boisés, de tabac et de cuir avec des épices douces en prime ; ça c'est pour le nez. En bouche, nous avons les épices et les fruits alors que la vivacité est toujours présente, assez incroyable pour un spiritueux de cet âge (pour moi en tout cas). La finale, longue, alterne entre les arômes fruités et ceux plus boisés.
Absolument délicieux.

Je lui demande le prix de ces délicieusetés et elle me donne le prix pro de chacune des deux. Ce qui a fini d'enfoncer le clou : 35€ pour le XO et 110€ pour le Hors d'Âge... Bon j'imagine qu'il faut au moins ajouter 50% pour arriver au prix dans le commerce mais je me dis que je vais peut-être bien faire une petite infidélité à mon eau-de-vie préférée sur ce coup-là :D


C'est après cette expérience inattendue et plus qu'agréable que j'arrive à atteindre la sortie sans nouvelle interruption et c'est ainsi que mon récit se termine.

A l'année prochaine Salon Club Expert !

Une autre belle chose à voir au Musée des Arts Forains.

vendredi 20 juin 2014

L'exploration continue - Partie 2

Nous revoilà donc en ce début d'année 2014, pour retracer mon parcours sensoriel :)


Je vous avais laissé sur ma découverte du rhum blanc.

S'en ai suivi une période où j'étais à la recherche de sensations fortes et donc de bruts de fûts.
L'habituelle formule prononcée en arrivant chez A'Rhûm :
"Je cherche un un brut de fût qui soit atypique."
Ils m'avaient déjà joué la carte Caroni quelques semaines auparavant, il a donc fallu trouver autre chose.
Mieux vaut être préparé !
Aurélien me parle alors d'une bouteille qu'il apprécie particulièrement et qui en effet répond parfaitement à mon envie du jour. J'essaye quelques rhums et en arrive à la bouteille en question : le Fijian 9 ans de chez Berry Bros (embouteilleur anglais plus connu pour ses whiskys). Déjà, un rhum des Fidji, jamais goûté jusque-là, je suis donc déjà intéressé.
Il me verse un verre. Au nez, tout sauf de la douceur ; l'alcool est présent, il a quelque chose de floral sur le capiteux ; sont également assez présentes des notes d'encaustique (oui ça fait pas forcément rêver je sais) et un côté minéral. Bref, compliqué, intéressant, pas très flatteur et puissant.
En bouche, c'est du costaud ! Le nez nous le laissait présager, ça se confirme, et pas qu'un peu.
Il y a beaucoup de choses à décoder, une fois la puissance de l'alcool atténuée - personnellement je serais bien dans l'embarras si je devais faire des notes de dégustation sur ce rhum. Ce que je peux dire c'est que la complexité et l'évolutivité sont ses grandes forces (bien sûr le côté brut de fût vient accentuer ces traits). Pour ne rien gâter, le final est très long et plus doux.
C'est un rhum à boire avec parcimonie. Ma bouteille se vide lentement, il faut que je sois d'humeur adéquate pour le boire et dans ces moments-là j'ai toujours autant de plaisir à le déguster.

Ça c'est fait !


Mais ça n'a pas étanché ma soif (haha) de sensations fortes. Deux semaines plus tard, je vais chez Christian de Montaguère. C'était ma deuxième visite des lieux.
Avant de passer à mes achats du jour, laissez moi vous parler un peu de cette boutique.
Première chose qui saute aux yeux : c'est spacieux !
Ne serait-ce que du fait qu'elle soit sur deux étages (rhums vieux et gastronomie antillaise au rez-de-chaussée, rhums blancs, rhums arrangés, produits de beauté - uniquement des caraïbes - et livres au premier étage) aide à rendre l'endroit plus aéré. Heureusement que les rhums vieux sont au rez-de-chaussée, parce qu'avec la poussette, pas évident de monter ^^
Le lieu porte bien son nom : "Christian de Montaguère - L'art de vivre aux Caraïbes". Il est très agréable d'y aller pour le rhum et d'en ressortir non seulement avec une bouteille (voire plus, selon la capacité de chargement de la poussette :D) mais aussi avec un livre, une boite de pâtes de fruit (que je recommande chaudement) ou encore un petit pot de pâte de piment, le tout sur fond de musique des îles.
Je reviendrai sans doute plus longuement sur cette boutique dans un futur article.


Me voici donc pour la seconde fois dans le temple des produits caribéens. Première chose : cela fait plaisir d'être reconnu (bon la poussette doit aider là aussi :)) et d'être traité comme un habitué dès sa deuxième visite.
Je commence par regarder les bouteilles en exposition. J'aime toujours me livrer à ce petit exercice, pour le plaisir des yeux mais surtout pour apprendre.
Rapidement on me demande si j'ai besoin de renseignements. Il se trouve que quelques jours auparavant j'avais lu plusieurs articles sur la marque l'Esprit et que ce que j'en avais lu m'intriguait beaucoup : un embouteilleur indépendant français (basé à Rennes) qui fait chacun de ses rhums en deux versions, brut de fût et réduit à 46° (oui ça reste raisonnable :)). Si vous vous souvenez, j'ai pu le rencontrer, ainsi que son épouse, lors du Rhum Fest et ça n'a fait qu'encore accroître mon engouement pour cette marque !
"Fumé"
"Sucré"
Je demande donc si les bouteilles de cette marque sont en dégustation (je savais qu'elles étaient en vente, les ayant vu sur les étagères). Bonne nouvelle : c'est le cas de trois d'entre elles en brut de fût.
Je goûte donc l'Epris du Brésil, qui non sans être intéressant, n'était pas dans mon envie de puissance du moment, étant trop léger et d'une certaine manière, trop frais. Je passe ensuite au Don José du Panama : un équilibre très intéressant entre l'alcool et le côté sucré, je prends ! Et enfin, le Black Rock (rien à voir avec World of Warcraft) de la Barbade. Une surprise m'attend et elle me saute à la figure dès que j'hume le liquide doré : il se dégage de ce rhum des notes fumées. Ce n'était définitivement pas quelque chose avec lequel j'étais familier sur des rhums ; sur des whisky oui mais pas sur des rhums. Cet aspect "tourbé" se confirme en bouche. Un truc que je ne connais pas, intéressant et agréable, pas le choix : je prends !
Un peu pareil que le Fidjian : je dois être dans les bonnes conditions pour le boire et quand c'est le cas, c'est le pied :)

Résultat des courses : trois bruts de fût en deux semaines. Bien ça !


Nous voilà fin février et deux achats pointent encore le bout de leur nez.
Retour chez A'Rhûm.
Après les politesses, nous en venons aux questions traditionnelles : envie du jour et budget.
"Je voudrais essayer des rhums différents que ce que j'ai actuellement à la maison, sur des prix aux alentours de 50€".
Il faut que j'essaye le haut de gamme
Ce jour-là j'ai pu essayer beaucoup de choses différentes (c'était un peu l'idée faut dire ^^).

Pour commencer le Chamarel V.O. Mon second rhum de l'Île Maurice, le premier était le New Grove 8 ans qui m'avait laissé un bon souvenir. Rétrospectivement, je ne sais pas trop pourquoi j'ai acheté cette bouteille :D Ou plutôt, si, je sais pourquoi mais je n'estime pas que ce fut une bonne raison. Je venais de faire la connaissance du rhum agricole et je voulais en savoir plus mais sans vraiment me lancer complètement. Or ce rhum est un agricole, mais à double distillation, ce qui a tendance à modifier le goût et à masquer, sinon à supprimer, les caractéristiques gustatives particulières des rhums réalisés à base de vesou. Rester le cul entre deux rhums n'a rien amené de bon, ni de mauvais à vrai dire ; ce Chamarel n'est juste pas franchement à mon goût, ce qui ne m'empêche pas de vouloir goûter les versions vieillies plus longuement.
Il va falloir que je l'ouvre ^^


Le même jour et dans un autre style un rhum Jamaïcain de l'embouteilleur indépendant Renegade. Maison britannique plus spécialisée en whiskys mais qui s'est frottée à un certain nombre de rhums avec succès. Mes souvenirs sont désormais assez lointains comme je n'ai toujours pas ouvert cette bouteille. Mais mes notes de dégustation (ben oui, parce que je prends des notes de dégustation et elles s'avèrent très utiles, je conseille tout le monde qui se lance dans ce genre d'aventure de faire de même, dès le début) de l'époque indiquent : fruité, pierre à fusil et légèrement fumé. Je dois dire que sur le papier, si en effet ces arômes sont là, alors il va drôlement me plaire et confirmer mon impression lors de mon achat. Je vous tiendrai au courant :)


Et pour finir, une bouteille que j'ai terminée très récemment : le Mount Gay Extra Old de la Barbade.
Juste bien :)
Alors non, les petites malins au sens de l'humour discutable, je vous arrête tout de suite, ça n'a rien à voir avec deux cow boys isolés sur une montagne.
Mount Gay et la plus ancienne marque de rhum encore en activité (depuis 1703 au moins) dans le monde. Leur gamme est composée de 5 rhums : le Silver (leur rhum blanc), l'Eclipse (bonne base à cocktail selon moi), le Black Barrel (que j'avais pu goûter au rhum Fest et qui ne m'avait pas laissé une grande impression avec un goût de banane trop présent), l'Extra Old et enfin le 1703 (leur haut de gamme pour un peu plus d'une centaine d'euros la bouteille).
C'est le côté classique mais sec qui m'a plu chez le Extra Old, on y retrouve des arômes boisés mais sans le sucre présent sur beaucoup d'autres références. De plus, il plait aussi beaucoup aux gens qui ont déjà un pied dans les spiritueux mais qui ne connaissent pas le rhum en particulier.
Un confrère amateur me disait récemment qu'il trouve ce rhum un peu écœurant à terme ; d'un certain côté je suis d'accord et je recommanderais de ne boire que de très petits verres. Je ne pourrais pas passer la soirée juste avec cette bouteille. En revanche boire un ou deux centilitres de ce rhum parmi d'autres, alors là je dis oui !