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dimanche 27 mars 2016

Habitation Velier, qu'es acò ? - partie 1


En voilà une excellente question !

Peut-être est-ce une maison d'hôte à côté de la rivière Demerara ? Un élevage de cannes à sucre en Haïti ? Une fabrique de pains de Gênes à Gênes ? Un domaine de vins bio en Toscane ? Un entrepôt désaffecté à Trinidad ? Un château à Versailles ? Un cottage sur la perfide Albion ? L'échoppe d'un tailleur de diamants ? Une distillerie au nom et aux coordonnées improbables ?

Ou pas.

Ce qui va me permettre de partiellement répondre à ces interrogations, ce sont quelques heures passées, avec une poignée d'autres privilégiés, en compagnie de Luca Gargano.
"En quel honneur ?", me direz-vous. Pour la meilleure raison qui soit : le lancement d'une nouvelle "gamme" de rhums de chez Velier, précisément sous ce nom d'Habitation Velier.
Rendez-vous est pris dans un restaurant du 17ème, non seulement pour ces nouveaux rhums mais aussi pour les clairins du batch 3 ainsi que le Caroni 17 ans. Je vous ai déjà parlé de ceux-ci lors de mon compte-rendu du dernier Whisky Live, je vais donc passer sous silence leur dégustation (en tout cas dans ce présent article).

A notre arrivée, une table sympathiquement "décorée" ;)

Bon nombre d'entre vous sont déjà au courant et doivent donc partager mon enthousiasme grandissant (le mot est faible, très faible) à l'idée de leur apparition sur les étagères des cavistes.

Pourquoi être aussi excité par ces nouveaux rhums à sortir ? Déjà parce que Gargano est derrière ; oui c'est déjà une excellente raison :P On sait que ça sera synonyme de qualité, mais regardons plus précisément les raisons de mon engouement (qui n'est pas que le mien).


Pour commencer, ce sont des pure single rums.

Première mise en carton de la bouteille !
Et là il est nécessaire de faire une parenthèse sur un sujet que j'ai déjà évoqué dans cet article, la classification Gargano.

Il s'agit d'une méthode de classification des rhums selon leur mode de distillation. Il propose de rassembler les rhums (quelle que soit leur origine) en quatre groupes.
- Pure single rum : 100% issu d'une double distillation sur alambic
- Single blended rum : un mélange de rhums distillés sur alambic et sur colonne traditionnelle (petite), mais d'une même distillerie (qui doit donc posséder alambic et colonne traditionnelle)
- Traditional rum : distillé sur colonne traditionnelle - on pensera notamment aux rhums de Martinique mais pas seulement
- Rums : tout le reste et donc principalement les rums distillés sur ces immenses colonnes qui font penser à des raffineries et dont le distillat est généralement très élevé en alcool (jusqu'à 95°) et donc très pauvre en éléments non-alcools, ces éléments qui donnent les arômes. Il faudra donc y ajouter du sucre, des arômes artificiels ou encore du glycérol pour obtenir un résultat qui flattera les papilles du consommateur.
Vous vous en doutez, il y a une notion qualitative sous-jacente. En ce qui me concerne, il y a les trois premières catégories, et il y a la quatrième, très loin derrière.

Continuons un moment sur cette parenthèse, qui en devient de moins en moins une. L'idée derrière cette méthode est d'offrir clarté et repères aux consommateurs et ainsi de permettre au R(h)um avec un grand "R" de s'épanouir.
Une biguine pour illustrer son arrivée en Martinique
En effet, sans points de repères, le consommateur lambda ne peut pas s'y retrouver et se dirigera vers des marques qui ont beaucoup investis en marketing, une belle bouteille, une publicité vue la veille, un gros chiffre devant refléter l'âge du contenu, un nom exotique... Vous vous en doutez, ces rhums ne sont pas forcément les meilleurs (euphémisme détecté) et leur achat se fait au détriment d'autres rhums, qui n'ont pas les mêmes moyens.
Pour s'y retrouver à l'heure actuelle et y comprendre quelque chose, il faut être intéressé par le sujet, se documenter, discuter avec d'autres amateurs éclairés, déguster... Une telle classification permettrait au plus grand nombre d'y voir plus clair.
C'est cette prise de conscience, qui permettra à l'industrie du rhum de suivre les traces du whisky. C'est d'ailleurs sur ce modèle que Luca Gargano a créé cette classification (pure single malt).
Vous trouverez également tout un tas d'informations dans cet article de DuRhum.


Bref, revenons-en à nos moutons. Vous l'aurez compris, l'appartenance à la famille des pure single rums est synonyme de qualité et d'authenticité.

C'est d'ailleurs toujours dans cette optique de clarté et de transparence que chaque bouteille arbore toutes les informations nécessaires à la compréhension du produit que l'on a en face de soi ; y compris un dessin de l'alambic sur lequel a été distillé chaque rhum (du plus bel effet).
Vous verrez à quel point c'est exceptionnel lorsque vous irez jeter un œil aux bouteilles chez votre caviste. En effet, la majeure partie des producteurs de rhums sont bien avares de ces informations, pourtant essentielles pour qui veut savoir ce qu'il achète et ce qu'il boit.


Pas Habitation Velier mais impatient aussi !
Ensuite, c'est le patron de Velier qui est lui-même allé dans les distilleries pour déguster et choisir, voire commander un rhum élaboré spécialement pour cette collection, mais j'y reviendrai.
La plupart des embouteilleurs indépendants ne vont pas dans les distilleries pour décider des rhums qu'ils vont embouteiller, ils passent par des intermédiaires, qui ont eux-mêmes achetés du rhum à ces distilleries sous forme de bulk (grosse quantité en "vrac") et qui vont ensuite les revendre à leurs clients.
Je vous invite à lire cet excellent article (en anglais) pour en savoir plus. Attention, cela ne veut pas dire que ces rhums sont mauvais, loin de là. Cependant il y a chez Velier cette démarche qui tend vers l'authenticité maximale du produit et il parait logique d'aller sur place, là où le rhum est élaboré, de parler avec les gens qui travaillent à sa conception, de voir où il a été vieilli...
Le choix de ces distilleries (et des pays où elles se trouvent) a été primordial. On y trouve la Jamaïque (Worthy Park), la Barbades (Foursquare), La Guyane Anglaise (Port Mourant) et Marie-Galante (Bielle). Quatre distilleries (et/ou alambics) aux produits de qualité et surtout à l'identité forte. 



A la dégustation, cela se confirme : nous avons affaire à des rhums très singuliers, reflétant des terroirs, des traditions et des distilleries, très marqués, extrêmement expressifs pour certains et tout simplement uniques.



Un retour sur ces dégustations à suivre...


mercredi 30 décembre 2015

Les goûts et les couleuvres


Un article un peu particulier pour vous aujourd'hui.

A la recherche d'informations pertinentes sur la bouteille.
Un article qui n'aurait sans doute pas vu le jour sans les nombreux débats qui ont animé la communauté du rhum ces derniers temps. Les détracteurs et les défenseurs s'en donnant à cœur joie. La passion a été au centre de ces échanges parfois... "animés".

Et je dois vous avouer ne pas savoir par quel bout aborder le sujet alors que je commence à écrire ces lignes.
L'objet de ce débat est la marque Don Papa.

Plusieurs articles, meilleurs que celui que je suis en train d'écrire, existent déjà sur le sujet :
- celui de Cyril "Durhum", que l'on ne présente plus, par-là
- la note de dégustation de Henrik "Rum Corner", en anglais dans le texte, : ici-même

Quand je dis ne pas savoir par où commencer c'est surtout parce que plein de critiques ont été formulées à l'encontre de cette boisson (j'évite le mot "rhum" à dessin). Je vais commencer par parler des deux principales.

Justement pour débuter :
"Ce n'est pas du rhum"
Souvent formulé par "C'est du sirop contre la toux". Il est vrai que gustativement on est assez loin d'un rhum et plus proche d'un liqueur d'orange à la vanille par exemple.
Cet alcool a le mot "rum" écrit sur la bouteille, est-ce justifié ? Dur à dire... La législation sur le rhum est large et énormément de produits très différents peuvent s'appeler ainsi. On pourrait s'arrêter là et donc ne pas penser plus loin ; je comprends que certains le fassent. Mais il me semble judicieux de se demander qu'est-ce qui fait d'un rhum... un rhum. Peut-on y ajouter tout ce qu'on veut sans en changer la nature même ? Peut-on en altérer le goût à l'extrême et toujours apposer le nom rhum sur la bouteille ?
Bien sûr il n'est pas facile de savoir ce qui est ajouté quand il n'y a aucune obligation de l'indiquer sur l'étiquette.
Et c'est là une autre critique dirigée contre le Don Papa.


Plus d'info intéressantes ici ? Non.
"Il n'y a aucune transparence"
Là, pas vraiment de débat, c'est vrai, il n'y a que trop peu d'informations à son sujet. On parvient à trouver la distillerie des Philippines dont il est issu ainsi que des données relatives au traitement des fûts dans lequel il est vieilli (a priori 7 ans) mais c'est à peu près tout.
A nouveau, la législation n'oblige en rien le producteur à indiquer ce qu'il ajoute dans son rhum, ce qui fait que certains ne se privent pas.
Ce problème ne concerne malheureusement pas que ce rhum et énormément de marques profitent de cette absence de réglementations (ou pour être plus précis de la non application des règles existantes, ce qui revient certes à la même chose in fine mais ce qui veut aussi dire qu'il y a déjà des textes) pour s'en donner à cœur joie et ajouter, par exemple, beaucoup de sucre voire de glycérine pour rendre leur produit plus flatteur.
Des analyses en laboratoire ont été réalisées afin d'en savoir plus sur sa composition, elles montrent, entre autre, la présence des deux éléments cités plus haut.
D'autres analyses sont brandies par les défenseurs de la marque, la plupart travaillant pour le distributeur français, Dugas. Les résultats de celles-ci montreraient, à l'inverse, qu'aucun n'ajout de glycérol n'a été détecté.


Afin de répondre à ces arguments, les défenseurs du breuvage ne sont pas en reste et y vont leur propre plaidoyer.

"Ce rhum permet à de nombreux cavistes de vivre"
Il est indiscutable que cette boisson se vend très bien et rapporte donc aux vendeurs. De là à dire que cela les fait vivre, c'est différent - les cavistes étaient quand même là avant son apparition. Mais oui ils ne doivent pas s'en plaindre.
Peut-être là alors ? Hmmm, non toujours pas.
En revanche ce qui m’ennuie personnellement, ce sont les cavistes qui essayent de le refourguer à tout va. Quand mon oncle explique à son caviste qu'il cherche un rhum pour son neveu qui est amateur et connaisseur et que celui-ci lui sort immédiatement un Don Papa, ben je trouve que c'est du foutage de gueule.


"Ce rhum permet à de nombreuses personnes de mettre un pied dans cet univers"
C'est en partie vrai. Ce qui est sûr c'est pas mal de monde ne connait pas le rhum (ou tout autre spiritueux) ou alors l'associe à de mauvais rhums blancs, tout sauf sucrés. Du coup quand ils trempent les lèvres dans cet alcool sirupeux et très porté sur l'orange, et qu'ils voient cette bouteille si séduisante, leur cerveau ne fait qu'un tour : c'est bon.
Maintenant, j'ai moi aussi mis un pied dans le rhum par l'entremise d'un rhum sucré, l'El Dorado 12 ans et j'ai ensuite évolué au fil du temps vers autre chose. Alors oui, cela peut permettre à certains de se frotter au Rhum et c'est pas mal. Mais il y en a aussi beaucoup d'autres qui pourraient remplir la même fonction (et qui auraient une goût de rhum).


Quelques rhums de qualité. Selon mes critères en tout cas, dont certains moins chers que le Don Papa.

"S'il n'était pas bon, il n'aurait pas autant de succès"
Ça se saurait si succès était synonyme de qualité.
Le problème ici est la notion de "qualité" justement ; comment la définir ? S'agit-il principalement de la matière première utilisée, du processus d'élaboration (fermentation, distillation...), de l'utilisation la plus réduite possible de machines, de non ajouts quels qu'ils soient, du type de culture : raisonnée voire bio ou encore simplement du goût ?
Je ne vais pas me risquer à tenter de répondre à cette question mais ce que l'on peut voir c'est sa complexité et ses nombreuses ramifications. Il semble évident que choisir un unique élément pour définir la qualité est simpliste.
Dernière tentative : un chien-rat... bon tant pis.
Pour faire un parallèle - qui a ses limites - McDo a beaucoup de succès mais tout le monde s'accorde à dire qu'il ne s'agit pas de nourriture de qualité.


"La douceur de certains rhums peut provenir des fûts utilisés"
Oui, la douceur de certains rhums peut provenir des fûts utilisés (comprenez des fûts qui ont contenu précédemment un alcool qui pourrait adoucir le rhum durant son vieillissement). Mais soyons sérieux, ce n'est pas le cas ici présent. Et ce n'est d'ailleurs pas ce que disent les défenseurs du Don Papa. Ce breuvage est bien trop sucré pour que seuls les fûts utilisés expliquent ce côté liqueur.
Il est important de se poser la question : "Est-ce mal d'ajouter du sucre à un rhum ?". Je pense que la réponse est non, bien que personnellement je n'apprécie plus les rhums sucrés, qui ne sont plus à mon goût (la plupart du temps). Je pense que ce n'est pas un problème en ce sens qu'un certain public apprécie ces alcools très sucrés, mais alors il faut clairement le dire, l'indiquer, l'écrire !
Je ne pense pas être un défenseur intégriste de la transparence mais là quand même, indiquer ce qui est ingéré me semble tout simplement être du bon sens.



Je n'ai certainement pas fait le tour de la question; je n'ai que couché sur le papier les quelques pensées qui me trottaient dans la tête.

Vous aurez compris - j'imagine - que je ne suis pas un grand fan de cette marque et je pense que vous savez également que cela ne va rien changer à son succès.
Cependant, cet article me permet aussi de saluer les efforts de plus en plus nombreux d'un certain nombre d'acteurs du monde du rhum, qui tentent tant bien que mal d'encourager une plus grande transparence de la part des producteurs ainsi qu'une prise de conscience et un désir critique de la part des consommateurs.
L'écho trouvé est encore limité mais, pour le bien du Rhum, je souhaite sincèrement que producteurs et consommateurs prennent conscience de l'importance d'une plus grande clarté.


dimanche 29 novembre 2015

Une soirée italienne aux Caraïbes - partie 2


On continue notre exploration de l'éventail des rhums proposés par Velier et on arrive donc naturellement à Trinidad pour une autre exclusivité : le Caroni 17 ans.
Nous connaissions déjà le 12 ans et le 15 ans ; le premier étant très "sévère", très typé Caroni et le second plus gourmand et pas uniquement sur des arômes d'hydrocarbures, de caoutchouc et de goudron. Connaissant un peu mes goûts vous vous doutez sans doute que c'est au second que va ma préférence. Et bien ce 17 ans est plus dans la veine du 15 ans, ce qui me plait. Il était en dégustation Whisky Live, aux côtés des "fameux" single casks 2000 et je dois dire qu'il m'a peut-être plus plu que ces SC qui déchaînent les passions (des collectionneurs) !

Un line up de toute beauté !

Bon là on est à un moment de la soirée où l'ambiance est plus décontractée et on pense pouvoir rentrer chez nous après cette dernière belle bouteille.

Eh bien non ! Encore une surprise ! Et pas des moindres.
J'aimerais pouvoir retranscrire l'électricité qui a parcouru le parterre d'amateurs lorsque nous avons compris qu'une bouteille restait à déguster. Les pronostics et conjectures y sont allés bon train, certains noms ont circulé à demi-mot comme si personne n'osait trop y croire.
"Cela doit être un second Caroni, un des single cask du Whisky Live, je ne vois pas ce que cela pourrait être d'autre !"
- Ça ou le Millenium, tu sais le magnum à étiquette rouge.
- Peut-être mais je pense plutôt à ce Diamond 1999 nouvelle version - encore un où on ne sent pas l'alcool en dépit des watts !"
Tout le monde avait tort.

Christian revient de l'arrière-boutique avec la bouteille en question et ses tentatives pour la cacher étant veines, nous avons pu voir du vert sur la boîte. A ce moment-là, on a su ! Et l'excitation est encore montée d'un cran.
La dernière ;(

Le fameux Diamond & Versailles 1996 !
En voilà un que je n'ai pas encore dégusté (vous vous rappelez cette master class que j'ai loupée à un cheveu ?) :)
Il est bon, même s'il n'est pas évident après tant de rhums si expressifs d'en avoir une idée précise, mais étrangement, là n'est pas - le seul - intérêt de cette bouteille. En effet, c'est le dernier embouteillage d'un rhum de DLL par Velier. Il n'y en a qu'un peu plus de 500 bouteilles et Luca n'est pas sûr de savoir qu'en faire, les vendre, les garder, les ouvrir pour ce genre d'occasion, les donner à l'homme à la poussette... :D
Une fois de plus il utilise une comparaison très imagée :
"Si un soir vous rentrez chez vous et que votre femme vous dit : "C'est la dernière nuit que nous passerons ensemble.", que faites-vous ?" Et c'est un peu cette impression qu'il a avec cette bouteille : que faire ?


Il reste une chose, et pas des moindres, dont je veux vous parler : la classification des rhums que Luca (et d'autres, dont Richard Seale) essaye de faire adopter par les amateurs et les producteurs (dans la mesure du possible).

La passion qui parle !
Le rhum souffre d'un mal bien compliqué à guérir : le manque de clarté et de transparence.
La majeure partie des bouteilles ne donne pas tellement d'informations sur l'élaboration du rhum qu'elle contient, voire presque aucune.
Que cela veut-il dire ? Que le consommateur ne sait pas ce qu'il achète et ne peut donc faire la différence entre un produit de qualité et un produit purement marketing. Est-ce un problème me direz-vous, le goût d'un rhum n'est-il pas LE critère qui importe ?
Je répondrais que ce n'est pas si simple. Pour moi il est important d'avoir la possibilité de savoir ce que je bois et ce que je consomme en général. C'est exactement pareil pour la nourriture : l'origine des produits, des ajouts ou encore des exhausteurs de goût... Je veux savoir.
Une fois ces informations disponibles, je peux alors faire mon choix et si je veux, en connaissance de cause, acheter un produit retouché et pas naturel, alors c'est en effet mon choix.
La qualité et l'authenticité sont pour moi primordiales mais il est très dur de savoir ce que l'on boit. Cela devrait pourtant être facile d'avoir de telles informations, cela devrait aller de soi. Mais non.


Je ne me laverai plus jamais :D
Tout ça pour dire qu'une classification ne serait pas du luxe et que chaque initiative qui permettrait d'y voir ne serait-ce qu'un peu plus clair, serait la bienvenue.
En l'occurrence celle proposée a pour critère principal le mode l'élaboration ou plus précisément de distillation.
J'ai un peu peur de dire des bêtises mais je vais vous dire ce dont je me rappelle.
Quatre "sortes" de rhum nous sont proposées :
- Pure single rum : intégralement distillé sur pot still (alambic)
- Single blended rum : mélange (blend) de pot still et de colonne traditionnelle (plus petite au nombre de plateaux limité, comme celles utilisées aux Antilles Françaises)
- Rum : distillé sur colonne traditionnelle
- Industrial Rum : distillé sur les colonnes multiples modernes et donc tout le reste, clairement la catégorie la plus large en nombre de bouteilles.

Il y a également d'autres facteurs pris en compte, mais moins explicitement cités dans la classification Gargano, tels que la provenance de la matière première ou encore le degré d'alcool en sortie de distillation.
Espérons que cette initiative trouve écho chez les amateurs et les professionnels. En attendant, certains rhums arborent déjà fièrement leur pedigree et vous pourrez savoir quand ils sont été mis en fût, leur âge, la matière première utilisée, l'absence d'ajouts ou encore s'il y a eu filtration ou non... Privilégiez ces bouteilles qui prônent la transparence, qui n'ont rien à cacher et qui ne mentent pas (ne serait-ce que par omission).


Soyons des amateurs/consommateurs éclairés !