dimanche 11 janvier 2015

2014, une année variée, diversifiée... bref, riche - Partie 1

Bonne année ! Mais surtout bonne santé, c'est important la santé, tout ça tout ça...


Avant de nous attaquer à cette année qui débute, c'est le moment de faire un point sur l'année qui vient de s'achever.
Pas question de vous faire un résumé exhaustif de ce qu'il s'est passé, d'autant que vous avez déjà eu droit à bon nombre d'articles vous narrant mes aventures tout au long de l'année.

Je me suis dit que j'allais vous parler de certains rhums que j'ai achetés en 2014 et qui me semblent assez important ou représentatifs de mes goûts du moment ainsi que de mon évolution rhumesque.



Haïti, l'autre pays du rhum
Janvier - "Sans clairin ni trompette"


Commençons donc par le commencement et attaquons cette rétrospective revisitée (avec du croquant et du fondant - pardon pour cette "blague" que personne ne comprendra et c'est tant mieux) par un rhum blanc, normal nous sommes au début, à l'origine ;)

Ou plutôt qu'un rhum, un clairin, le Sajous, mon tout premier "rhum" d'Haïti. Je me souviens qu'il m'avait impressionné de par son intensité aromatique, comme un rhum agricole blanc sous amphétamines. Il s'agit également de mon tout premier alcool non vieilli - le premier d'une série qui ne cesse de s'agrandir.

C'était une introduction à ces produits très brut et très nature ; je n'avais pas encore idée de ce à quoi pouvait ressembler un Casimir batch 1, c'est dire, à rien d'autre existant sur cette planète :D



Un rhum breton, ou presque ;)



Février - "Don Jose de la Vega de la Plancha una Cerveza por Favor"

Nous continuons notre voyage dans le temps avec un "petit" embouteilleur indépendant de qualité et français qui plus est : Whisky & Rhum. Cette maison rennaise nous propose sa gamme "L'Esprit", chaque référence étant présentée en brut de fût et en version réduite (à 46%).
J'ai acheté ce rhum du Panama en version full proof, ce qui lui donne clairement une profondeur et une pèche décuplées.

Ce qui m'a plu chez lui c'est son côté gourmand qui est contrebalancé par cette puissance amenée par ses 57.8° ; le parfait dessert/digestif. Moi qui ai toujours besoin d'une petite note sucrée après un repas, eh bien ce rhum peut faire remplir ce rôle. Sucré, long, noix de coco.
Tout ça à un prix raisonnable... Que demander de plus ? :)




La remplaçante :)
Mars - "Oh la Bielle bleue !"


Voilà encore une de mes premières bouteilles d'agricole. Je pense qu'avec le Depaz XO (mon premier agricole), c'est la bouteille qui m'a définitivement converti au style français.

Je parle ici du Bielle brut de fût 2003, qui est pour moi le meilleur de tous les rhums venant de cette distillerie (si on met de côté le 1994, 17 ans...). Il parvient à associer puissance et douceur, est exceptionnellement long et ne vous écœurera jamais ; oui votre bouteille risque de passer vite, la mienne s'est comme par magie retrouvée vide, plus tôt dans l'année.
Ajoutons à cela que vous pouviez facilement trouver cette bouteille à moins de 70€. Bon, malheureusement, depuis qu'il y a un nouveau distributeur en métropole, on ne la trouve plus à moins de 80€ chez nos cavistes, dommage.

Soulignons la qualité des blancs de cette distillerie également, leur 59° est vraiment très bon en ti punch (tout de même avec modération du fait du degré d'alcool).

Pour finir, il est à noter que cette bouteille est (et vraisemblablement restera) une des rares de Guadeloupe (ici Marie-Galante pour être précis) que je possède, préférant généralement les rhums de Martinique.




<3
Avril - "Vous êtes Velier ? Non je suis balance."

Je vous ai déjà rebattu les oreilles avec la bouteille qui suit.

Premier brut de fût, premier Velier, première grosse claque, premier rhum au nom improbable...
Vous l'aurez deviné, je veux parler de l'UF30E, bouteille presque impossible à trouver aujourd'hui.
Il s'agit ici de la troisième (et dernière - oui quand même, non mais parce qu'il ne faut tout de même pas exagérer) bouteille que j'ai pu me procurer (à l'occasion de la boutique éphémère Velier). C'est vraiment le genre de bouteille que vous voudrez doubler voire tripler dans votre cave afin d'en garder de côté pour vos vieux jours, même si, oui c'est un budget.

Rhum superlatif que celui-ci, avec plus de 60% d'alcool, une part des anges très élevée, une puissance, une évolutivité et une richesse hors du commun ; une bombe gustative !

Et si vous pensiez qu'UF30E est un nom étrange, sachez que la distillerie dont provient cette merveille est Uitvlugt en Guyane Anglaise ; vous devrez donc convenir que UF30E ce n'est pas si mal que ça comme nom ;)




To be continued...






dimanche 28 décembre 2014

Une - autre - très sympathique soirée entre confrères

Bonsoir à vous, les amateurs de bonnes choses ! 


Un mur qu'on aimerait avoir chez soi :)
Au début du mois j'ai eu l'occasion d'être convié à une soirée dégustation avec d'autres membres de la Confrérie de Rhum (le groupe Facebook) à la boutique d'Odéon de la Maison du Whisky.

En deux mots, la Maison du Whisky (LMDW pour les intimes) est une entreprise qui importe, distribue et vend (dans ses quelques enseignes) principalement des spiritueux.
Comme vous êtes malins, vous aurez deviné qu'ils sont spécialisés dans le whisky, bien vu ! Heureusement pour moi, ils ont à leur catalogue tout un tas d'autres spiritueux : cognac, calvados... Et bien sûr, rhum !
C'est justement cette boutique tout à côté d'Odéon à Paris, qui offre le choix le plus varié, avec au rez-de-chaussée et au sous-sol le magasin à proprement parler et un espace dégustation au premier étage. J'ai d'ailleurs hésité à appeler cet article : "La ligne 4 ou ma route du rhum - 4ème arrêt : Odéon", mais cet article porte plus sur la soirée que sur la boutique en elle-même.


Rendez-vous était donc donné juste après la fermeture du magasin pour les privilégiés du soir. L'idée : déguster des rhums de chez Velier (plus besoin que je vous présente cette honorable maison italienne ;)) ; je prends !



Deux des nouveaux demerara.
Simplement une très jolie photo !
Un petit mot tout de même pour vous dire que dans l'après-midi avait lieu une dégustation de quelques-uns de ces rhums, ouverte au public. Il y a un certain nombre de dégustations du genre à la boutique d'Odéon, renseignez-vous, ça peut valoir le coup (et il y a de tous les spiritueux, pas que du rhum).
Je n'ai pu que profiter de quelques minutes de cet évènement, juste le temps de me voir offrir un clairin Sajous sur glace, et pourquoi pas ?



Après avoir salué quelques confrères que j'avais déjà pu rencontrer lors d'autres événements, direction le premier étage, c'est là que ça va se passer.

Je vois un petit peu se qui se trouve sur la table : des clairins, des Caronis, des Demerara... Bon bon bon, ça va bien se mettre tout ça :D

Le Daniele en pleine contemplation.
Mais avant de passer à la dégustation, nous attendons notre maître de cérémonie : Daniele (prononcez à l'italienne : Daniélé).

Daniele travaille chez Velier et j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de parler avec lui à plusieurs reprises ; quelqu'un de passionnant, qui a vécu de nombreuses expériences rhumesques et qui en connait un rayon.



Ça remplit, ça remplit... ça remplit ;) 
Bien sûr, Raoul et ses camarades de LMDW seront également là pour s'assurer que tout se passe bien (comprendre : que les verres soient toujours pleins ;)).

Je vais également profiter de la présence d'un confrère photographe pour illustrer cet article de photos d'une bien meilleure qualité que d'habitude :D (comment ça, c'est pas dur ?!). Il va y en avoir un paquet !


Merci à Cig Cigar ;)


Les trois côte à côte.
Nous ouvrons les hostilités par Haïti et un de ses clairins : le Sajous version 2013. Ces clairins sont définitivement super intéressants. Rappelons que ce sont des rhums (blancs) élaborés à partir de jus de canne (et pas de mélasse) qui offrent des arômes très intenses qui viennent principalement du temps de fermentation très long. Velier nous présente depuis l'année dernière des clairins de trois distilleries différentes : Sajous, Vaval et Casimir. Ces premiers millésimes (2012) ont des profils très différents les uns des autres (que dire de l'extrême Casimir ?!) et ma préférence allait au Vaval, que je trouvais le plus équilibré des trois, avec une très belle proposition à mi-chemin entre les caractéristiques d'un pur rhum agricole et des arômes rares et riches de fruits et de truffe, autrement dit, à la jonction du Sajous et du Casimir.

Les 2013 sont pour moi moins éloignés les uns des autres mais toujours exceptionnels de richesse aromatique.


Les bouteilles au fond sont ouvertes :D
En plus de nous parler des rhums en eux-mêmes, Daniele nous raconte Haïti et c'est captivant : un quelque chose de Paradis perdu.
Un pays épargné par beaucoup des travers de l'industrialisation et de la modernité, une nature vierge, des habitants très accueillants et des produits les plus naturels possibles.


Sur la photo de gauche, en plus des trois bouteilles sur lesquelles je vais revenir, l'ordinateur portable sur lequel Daniele nous a montré bon nombre de photos d'un de ses voyages à Haïti et surtout, bien sûr, des distilleries, ce qui nous donna une idée des conditions dans lesquelles ces rhums (clairins) sont élaborés.
On ne peut s'empêcher de faire le lien entre ces arômes végétaux et fruités et le pays dont ils sont issus, on boit un petit peu d'Haïti !


En parlant d'Haïti, Daniele nous a transporté sur place de par ses anecdotes mais il nous a aussi bien fait marrer avec ces histoires de "koko" et de "zozo" (je vous laisserai vous renseigner sur ce que c'est :p), comme en témoignent les photos suivantes :


"De ce poids-là."


"De cette taille-là."
"De cette forme-là."
  
"De cette puissance-là."

Bref.^^

Le Caroni en question (et un ptit truc)
Suite de la dégustation, nous passons aux Caronis en commençant par un rhum qui n'est composé qu'en petite partie de Caroni : le Papalin. En effet il s'agit d'un assemblage de trois rhums, l'un cubain, le second du Venezuela et le troisième, donc, de Trinidad. L'ensemble a donc trois influences différentes et est assez doux. C'est un bon rhum équilibré pour entrer dans les spiritueux de canne de qualité.

Après cette entrée en matière, nous passons au Caroni 1996 version réduite à 55°. Il est excellent, bien supérieur, selon moi, à la version 1994 de 18 ans. Son boisé est très présent mais sous différentes formes, tels que les fruits secs et c'est définitivement un des Caronis les plus agréables qu'il m'ait été donné de boire. Je devrais pouvoir mettre la main sur une version non réduite prochainement, j'ai hâte de voir ce que ça peut donner.

Je ne m'étends pas trop sur Caroni ayant consacré les quatre derniers articles de mon blog à cette distillerie. Mais en deux mots : des rhums atypiques pour amateurs avertis, qui une fois domptés peuvent offrir ces sensations uniques. Il m'aura fallu du temps mais ça y est je les ai apprivoisés et j'espère pouvoir déguster de vieilles bouteilles (surtout les Velier) !



Mon téléphone avec la photo des samples de la boutique éphémère.
Dernière étape du voyage : la Guyane Anglaise et plus précisément la région de Demerara.

Nous avons pu goûter deux des nouveaux embouteillages : Le Diamond 1999 et le blend (assemblage) Diamond and Port Mourant 1995. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de ces rhums ; lors de ma visite à la boutique éphémère où certains de ces rhums étaient disponibles en avant premières (ils n'étaient alors pas encore mis en bouteille) et également lors du Whisky Live il y a quelques mois.

Et des cigares ;)
Confirmation de mes impressions d'alors, le Diamond 1999 n'est pas trop à mon goût, je le trouve un peu âpre, comme trop marqué par le bois.

Je lui préfère le blend, qui pour moi est mieux réussi et plus équilibré entre le distillat et l'influence du fût.

Cependant sur les quatre sortis à la rentrée, ce sont les deux autres (pas en dégustation ce soir-là) auxquels vont ma préférence, le Uitvlugt 1997 et le second blend, le Enmore and Port Mourant 1998 (n'hésitez pas à lire la critique détaillée et très bien écrite : http://durhum.com/enmore-port-mourant-1998/).


De la bogossitude un peu partout (et je ne parle pas (que) de moi :P Hahaha... hum, désolé)


C'est sur ces belles choses et beaucoup de discussions entre amateurs que s'est achevée cette soirée à LMDW, mais qui s'est ensuite prolongée dans un tout nouveau bar à cocktails du second arrondissement : le Mabel.

J'avais déjà pas mal entendu parler de cet endroit et de son vaste choix de rhums, ainsi que ses "vrais" cocktails originaux, pas des trucs à deux ou trois ingrédient, non, de véritables créations gustatives.

J'avais une photo de mon cocktail du soir, mais la qualité plus que médiocre (pour ne pas dire totalement pourrie) de cette dernière m'a dissuadé de vous la montrer - croyez-moi c'est pour votre bien !


Je vais plutôt finir par deux photos marrantes pour conclure cet article et essayer de vous transmettre l'ambiance qui a régné durant cette soirée :)

Merci à Raoul (malgré son gilet ;))
Saurez-vous reconnaître les rhums cachés sur cette photo ? :)