dimanche 15 février 2015

C'est que ça prend de la place tout ça...



Si comme moi, vous avez commencé à acquérir des bouteilles de rhum depuis un moment, que vous dépensez trop pour votre passion et que vous ne faites pas les choses à moitié, alors vous êtes quelqu'un de bien ; mais surtout vous manquez de place pour ranger vos trésors liquides !


De la mélasse et encore de la mélasse.

Il y a quelques années, mes seules bouteilles de rhum (3 ou 4) étaient perdues au beau milieu de celle de vodka, whisky, porto, manzana et autre gin (cette fameuse bouteille de mauvais gin, qui a survécu à bon nombre de soirées et qui sera là pendant encore un bon moment...) dans un placard quelconque.

Et puis, il y a presque deux ans, j'ai attrapé ce virus de l'alcool de canne ! Là ça a commencé à sérieusement se compliquer niveau rangement.
Vous devez à ce moment-là faire face à plusieurs difficultés, telles que la place elle-même, l'organisation de vos bouteilles ou encore les négociations avec madame (ou monsieur) pour les mettre en valeur (et donc les mettre en plein milieu du salon ;)).

Je vais vous donner quelques astuces pour vous aider dans cette situation compliquée.


Tout d'abord, faites des choix.

Elles sont bien sécurisées, entre la grille et l'éléphant de garde
Vient un moment où vous n'aurez tout simplement plus la possibilité d'exposer toutes vos bouteilles sans que votre appartement ne ressemble au caviste du coin (même si ce caviste imaginaire aurait sacrément bon goût :D). Vous allez donc devoir choisir quelles bouteilles vous souhaitez exposer, généralement les meilleures/plus jolies, parce que quand même ça en jette !
Le meuble vitré est sans doute la meilleure option (et une des seules). Moderne ou ancien, c'est selon vos préférences et vos moyens ; j'ai la chance d'avoir les deux.
L'étagère achetée ou faite maison remplira également parfaitement cet office.


Choisissez bien la pièce où vos stockez vos bouteilles !

La chambre des enfants, par exemple n'est sans doute pas le meilleur endroit pour ça. Trop de risque de casse bien sûr ! Et accessoirement, mettre de l'alcool à portée de vos gamins n'est pas la meilleure chose à faire :P
La salle de bain n'est pas bonne pour la conservation : trop de changements de température pour le liquide et d'humidité pour les étiquettes.
La cuisine en bien trop dangereuse, votre rhum à 5000€ (moi, je n'en ai pas mais vous, je n'en doute pas ;)) risque de se retrouver dans un plat cuisiné par votre mari ou votre femme en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Attention à la chambre d'amis ! Ou plutôt attention aux amis que vous allez héberger dans cette chambre : vous allez devoir choisir uniquement des amis qui ne boivent pas d'alcool sous peine de voir vos bouteilles se vider sans vous ^^
La salle de séjour apparaît être le meilleur choix à tous points de vue.


En haut

Bon, vous avez votre pièce et votre meuble, bien joué !


Maintenant vous allez devoir vous posez la question de l'organisation de vos bouteilles.

Par style (français, anglais ou espagnol), par provenance (même chose que le précédent mais en plus poussé), bouteille ouverte ou bouteille fermée, taille des bouteilles ou encore couleurs des étiquettes (et alors, pourquoi pas ?! :D), vous avez des possibilités.




En bas
J'ai personnellement opté pour une solution proche de la première option. Dans mon armoire ancienne, j'ai les rhums de mélasse et dans le meuble plus moderne, les rhums de jus de canne.
Comme ça je sais où trouver quoi, et mine de rien ça aide lorsque l'on commence à avoir une tripotée de bouteilles.


Le souci : l'étagère à rhums agricoles offre une contenance limitée et ma réserve de Martinique ne cesse d'augmenter et de prendre une part plus importante dans ma collection. Je dis de Martinique car c'est sans nul doute de là que viennent la majeure partie de mes rhums élaborés à base de vesou (avec quelques bouteilles de Guadeloupe et d'autre d'Haïti, les fameux clairins). En deux mots : elle est pleine et me voilà bien dans la bagasse :(


Des espagnols (du moins au premier plan)
Du côté des industriels, j'ai récemment réorganisé tout ça et mis les - quelques - rhums de tradition espagnole ensemble (Guatemala, Puerto Rico, Pérou, République Dominicaine et autre Panama). Ce sont définitivement ceux que j'apprécie le moins ; ils sont trop doux/simples/sucrés/caramel à mon goût.

Les rhums de tradition anglaise, eux, sont de l'autre côté (Barbade, Jamaïque, Trinité-et-Tobago et bien sûr, Guyane Anglaise avec les rhums que vous savez ;)).

Là j'ai encore un peu de place, ça se remplit moins vite côté mélasse que côté agricole, ou plutôt, je triche, vous allez voir pourquoi sur les photos suivantes ^^.


Mais voilà, à un moment vous voudrez avoir quelques bouteilles en double, voire plus, histoire d'avoir des réserves. C'est alors mission impossible pour faire rentrer ça dans vos armoires et sur vos étagères. Vous allez donc devoir ruser.

Un Bally et un Cadenhead perdus derrière des pulls :D

Mon truc à moi : utiliser des espaces imprévus. J'avais trop de place dans mon placard à vêtements et maintenant, je manque de place pour mes vêtements. Ils se sont faits coloniser par mes bouteilles.

Mes autres alcools ont carrément été relégués à un endroit caché à la vue de tous et ne voient que très rarement la lumière du jour (non, ils ne sont pas dans mes toilettes...).

Et un Malecon perdu au milieu des Demerara de Velier :)
J'ai dû enlever un paquet de trucs pour que les bouteilles soient visibles, des dossiers (qui n'ont rien à faire là non plus...), des pulls et un jogging.
La profondeur du placard est là pour faire marcher votre imagination fertile :D
Et sinon, je pense que je viens d'écrire la plus longue légende de photo de l'histoire des légendes de photo !

Et ce n'est pas fini ! Ou allez-vous mettre vos rhums arrangés et vos samples ?!
Personnellement j'ai dû réquisitionner encore un autre petit placard pour ces derniers.

Des Ti'arrangés de Ced' bien sûr et quelques autres faits maison, plus un magazine bien connu dans le fond :)


Il y en a partout ! Et je suis bien content ! Ma femme sans doute un peu moins et elle est bien gentille de me laisser faire ;)






dimanche 25 janvier 2015

2014, une année variée, diversifiée... bref, riche - Partie 3

Reprenons notre exploration de l'année qui vient de s'achever, au travers de mes achats marquants.



Septembre - "Les rhums La Mauny, La Mauny... Han han !"

Elle attend une grande occasion pour être ouverte.
C'est sur un air de pub des années 80 que je reprends mes blagues à deux balles pour ce dernier article de la série.

Je suis né en 1979. Du coup, les rhums produits cette année-là me sont chers et si je peux mettre la main dessus, je ne m'en prive pas.
J'avais déjà parlé dans un de mes articles ("Ces petites choses que l'on cherche") des rhums de 1979 qui me font de l’œil, et ceux que j'ai déjà ; le La Mauny fait partie de cette seconde catégorie. Il est bien sagement rangé dans mon armoire à malice avec ses petits camarades agricoles.
Je n'en ai, pour l'instant, pas des masses de cette année, du coup, pourquoi celui-là plutôt qu'un autre ?
Pour deux raisons bien simples. La première, cette bouteille, contrairement à d'autres millésimes 1979, se trouve encore relativement facilement (même si la trouver à un prix raisonnable est un peu plus compliqué). Il suffit d'explorer les méandres des sites de vente en ligne sur internet.
Ça, c'est la raison "pratique", mais ce n'est pas la principale.
J'ai eu la chance de goûter ce rhum ! Merci encore à Eric et Freddy :)
Et, dans mon souvenir, il est tout simplement éblouissant. D'une très grande finesse, mais sans être doux, et d'une très grande complexité (sans parler de son évolutivité dans le verre - je l'avais gardé une heure et il n'avait eu de cesse de se modifier et de révéler de nouveaux arômes).
Autrement dit, l'année à laquelle ce rhum a été distillé n'est pas la seule raison pour laquelle je l'ai acheté, gustativement c'est une perle !



Octobre - "Un rhum qui sent le goudron et le caoutchouc. Pourquoi achèterais-je ça ?!"

Je ne vous en reparlerai pas en 2015 ;)
Vous vous doutez bien, qu'une fois de plus je vais vous parler Caroni.
Je me devais d'intégrer un de ces rhums de Trinidad dans cette rétrospective étant donné la place qu'ils ont occupé dans mon année dégustative et la place grandissante qu'ils prennent sur mes étagères.
La bouteille qui rentre dans la liste des 12 est le Caroni de Rum Nation.

Ayant déjà fait un article de dégustation de cette bouteille, je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais c'est clairement une bouteille qui m'a réconcilié avec ces rhums si particuliers. Il possède ce qui fait d'un Caroni un Caroni, mais y ajoute la gourmandise par différents éléments, qui le rendent bien plus abordable et bien moins austère (image erronée que je pouvais avoir il y a quelques temps).
Une vraie réussite, avec un seul petit bémol sur le finish, qui nous présente une vanille trop présente, qui prend le pas sur les autres saveurs.
Ce n'est pas nécessairement le préféré de mes Caroni mais il a joué un rôle majeur dans l'évolution de mes goûts et c'est ça qui est important.



Novembre - "Un des favoris à mon cœur"


Elle ne va plus faire long feu...
Comme j'aime bien les grands écarts, on en refait un et on repasse à un autre extrême du spectre avec un rhum blanc agricole, et de Martinique encore une fois.
Le Cœur de Canne de la Favorite.
Je vous disais que le HSE millésime 2010 était mon rhum préféré pour les ti punchs, eh bien celui-ci est tout aussi bon et je bois l'un comme l'autre avec tout autant de plaisir.
La distillerie La Favorite est une entreprise "familiale" qui est surtout connue pour ses très vieux millésimes avec leur cuvée spéciale de la Flibuste et leur cuvée d'exception Privilège, toutes deux d'au moins 30 ans ! Cela donne des rhums d'une grande douceur et d'une grande complexité, je leur préfère d'ailleurs les plus récentes réserves du Château qui ont plus de pèche.
Quoi qu'il en soit, leur Cœur de Canne est également doux (pour ses 50°) et nous offre des arômes de canne fraîche, d'agrumes et de fleurs blanches. Un rhum blanc équilibré, parfait en ti punch (et pas mauvais non plus sec ;)).

Le ti punch étant devenu de plus en plus important dans mon expérience rhumesque, c'est tout naturellement que cette bouteille prend l'avant dernière place du retour en arrière sur 2014.



Décembre - "Saint Etienne, saint patron des pavetiers et du bon rhum "

Une autre de mes plus belles prises à ce jour !
Pour conclure cette rétrospective 2014, une autre très jolie bouteille, le HSE millésime 1998 en 70cl.

Une particularité qui m'a fait hésiter à la faire intégrer la liste, je n'y ai jamais goûté !
Pourquoi se retrouve-t-elle là alors ?
Rassurez-vous ce n'est pas complètement au hasard ;)

Il y a plusieurs raisons à cela.
Tout d'abord, c'est un agricole de Martinique de millésime 1998 brut de fût. Cette année a été particulièrement propice à l'élaboration de rhum dans les Antilles Françaises. Bref, cela fait déjà quatre éléments qui me plaisent : agricole, Martinique, 1998 et brut de fût.

Ensuite HSE - pour Habitation Saint Etienne - est une distillerie qui fait des rhums que j'apprécie énormément, et comme je vous le disais la semaine dernière, c'est à l'heure actuelle la marque de rhums agricoles la plus représentée dans ma collection.

Cette bouteille est désormais très dure à trouver, seules quelques centaines ont été produites et elles ont vite "disparu". A l'heure actuelle, vous devrez beaucoup chercher et être chanceux pour mettre la main dessus, sans parler du prix. J'ai donc été doublement chanceux d'en trouver deux sur un site allemand ; triplement chanceux de les trouver à un prix super raisonnable et quadruplement chanceux d'avoir de la famille en Allemagne, le site ne livrant pas à l'international \o/

Finalement, quand je dis que je n'ai pas goûté à ce rhum, c'est vrai, mais il y a un "mais". En effet, ce rhum a eu une seconde version, en bouteille de 50cl, vieillie deux ans de plus et celle-là j'ai pu la goûter. Je l'avais déjà trouvé très agréable, alors quand vous ajoutez à cela que la version 70cl est reconnue comme étant meilleure par tous les amateurs ayant pu faire la comparaison...

Pour finir, comme ultime argument, les notes de dégustation de mon confrère DuRhum, superbement écrites : http://durhum.com/hse-1998/.



Voilà comment s'achève ce flash-back sur l'année passée, en espérant que cela vous aura plu ! :)